THÉORIES PHYSICO-CHIMIQUES
leucocytes en premier lieu, mais aussi certaines cellules fixes de l’économie.
Cette théorie cellulaire de l'immunité à rencontré une forte opposition de la part des savants allemands qui ne voulaient admettre que l’action exclusive des humeurs bactéricides dans la défense de l’organisme contre les bactéries. Mais, depuis quelques années, un nouveau courant d'idées s’est fait jour en Allemagne en faveur de la conception phagocytaire ; il s'est développé àlasuite des travaux de Wright, qui a fait intervenir l’action des opsonines dans la production de l’immunité. Pour Wright, les opsonines sont des substances solubles contenues dans les sérums normaux et les sérums spécifiques, et ayant pour rôle de préparer les microbes à la digestion leucocytaire, d'exagérer la phagocytose et de la rendre plus efficace. D’après les études récentes, les opsonines des sérums normaux ne seraient autres que l’alexine, issue des leucocytes. L'opsonine des sérums spécifiques, appelée encore bactériotropine par Neufeld, ne se distinguerait pas des sensibilisatrices (Levaditi e et Inmann).
Wright, par sa théorie, eut donc le mérite de remettre à l’ordre du jour l'étude des propriétés phagocytaires des leucocytes et d’avoir fait accepter par les Allemands l’activité du globule blanc, qu'ils affectaient d'ignorer jusqu'alors.
Bref, La théorie des opsonines a été le trait d'union entre la théorie phagocytaire et la théorie du pouvoir bactéricide des humeurs.
THÉORIES PHYSICC-CHIMIQUES.
Théorie des « chaînes latérales » d’Ehrlich.
A la théorie cellulaire, que d’aucuns considéraient comme trop exclusive, Ehrlich, se basant surtout sur la présence, dans les humeurs d'animaux vaccinés, de principes d'ordre vraisemblablement chimique, substitua une (héorie moins vitaliste et de nature physico-chimique.
Cette théorie s'appuie en même temps sur la loi dé l « hyperrégénération » et sur l’analogie existant entre l'assimilation des matières nutritives et certains phénomènes observés au cours de limmunisation.
Pour Ehrlich, la molécule protoplasmique offre certaines analogies avec les groupements de la chimie des corps aromatiques. Comme ces derniers, cette molécule possède un groupement central, néces-
CR AR ER, roi ESS EE 56: : IMMUNITÉ.
saire à la vie et caractéristique du fonctionnement spécifique de la cellule, et des chaînes latérales, véritables récepteurs vis-à-vis des divers principes en état de dissolution dans les humeurs. En vertu de leurs affinités chimiques et spécifiques, elles attirent certains de ces principes, surtout les principes nutritifs ; elles les fixent et permettent à la cellule de se les assimiler. Une substance alimentaire serail ainsi fixée par les chaines latérales et, après avoir subi les
modifications indispensables à son assimilation, serait rejetée par
la cellule sans que cette dernière soit altérée.
ll se passe pour les toxines un phénomène analogue. Pour Ehrlich, la molécule de toxine serait constituée par deux groupes : un premier, toxique, groupe toxophore ; un second, non toxique, groupe
haptophore, dont
une partie serait
soudée au groupe
Groupe toxophore __ toxophore ; l’au- F7 haptophore tre serait libre, mais pourrait se fixer sur les ré-
-entitoxine nes latérales de
ñ la molécule vi- 2 vante, pour permettre l’action de
Cellule
Toxine fixée à /'entitoxine
(neutralisation) la toxine (fig. 15h Si la cellule est Fig. 15, — Récepteurs de premier ordre. saturée par les
groupes toxophores, elle est mise hors d’ activité : quand cette saturation s'opère sur un grand nombre d'éléments cellulaires de l'organisme, la mort s'ensuit. Par contre, si la saturation est incomplète, la cellule, pour régénérer les récepteurs devenus inactifs, en forme d'autres, mais elle Les régénère en excès, comme certains animaux inférieurs régénèrent en excès les organes locomoteurs qu'ils ont perdus (loi de Weigert).
L'excès étant inutile au fonctionnement de la cellule, cette dernière rejette les récepteurs en excès et les déverse dans le sang et les humeurs de l'organisme. Ces récepteurs libres constilueraient les antitoxines.
Survienne maintenant une nouvelle dose de toxine, elle rencontrera les récepteurs libres (antitoxines), auxquels les groupes hapto-
phores $e fixeront immédiatement. 11 en résulte que le groupe
(a Récepteur détaché libre cepteurs ou chaî-