‹ Précis de bactériologie (volume 2)Chapitre 29 sur 164 · PRÉVENTIVES · texte numérisé non relu

PRÉVENTIVES

Richet et Héricourt ont montré les premiers que le sang défibriné de chien vacciné contre le Staphylocoque, injecté à déslapins, ‘préservait ces derniers contre l’action pathogène de ce germe. Pfeiffer reprit les mêmes expériences avec le Vibrion chlolérique : le sérum de cobayes vaccinés contre le Vibrion de Koch'était préventif pour des cobayes neufs.

L'immunité ainsi conférée rentre dans le cadre de limmunité passive.

L'action préventive ne-s’exerce pas, comme on a pensé, sur les microbes eux-mêmes, mais, d'après Metchnikoff, sur l’organisme en général. Ce. savant a montré qu’elle s'accompagne d'une leucocytose et d’une phagocytose énergique : il l’attribue à une action stimulante ou à des substances qu'il a dénommées $stimulines, contenues dans le sérum des animaux vaccinés, et différentes des agglutinines et des fixateurs.

Ainsi donc, dans l’immunité acquise, comme dans l’immunité naturelle, les phénomènes observés sont superposables à ceux que l’on COnStUtE dans la résorption des éléments Jigurés ; ils sont étroitement liés à la phagocytosé.

De nombreuses objections ont été opposées à cette conception : parmi elles, signalons celle de Flügge, quiadmettait bien le rôle des LT mais, selon lui, ils n’englobaient que des microbes morts, déjà détruits par les humeurs. Metchnikoff s’attacha à lutter CUntre cette opinion et démontra que les bactéridies: englobées étaient bien vivantes et mêmes viruléntes :

Il inocule dans la chambre antérieure de l'œil d’un lapin vacciné de la bactéridie charbonneuse ; il prélève de l'humeur aqueuse et constate que les bactéridies sont phagocytées. Une culture en goutte péndante lui montra qu'elles se développaient ; inoculées à uu. animal réceptif, elles conféraient le charbon.

Dans le phénomène de Pfeiffer, les granules ensemencés donnent

à la culture du Vibrion cholérique. Dans ses expériences montrant

ke LE

NOTIONS SOMMAIRES SUR LE MÉCANISME DE L'IMMUNITÉ. 53 la phagocytose des spirillés de la fièvre récurrente, Metchnikoff a constaté leur mobilité.

Puis les spores du tétanos et du charbon englobées dans les phagocytes restent vivantes pendant des mois entiers, maissont arrêtées dans leur développement. Il en est ainsi tant que les phagocytes conservent leur intégrité. S'ils souffrent, les spores germent et provoquent l'infection.

Enfin certains germes englobés vivants restent non seulement vivants, mais peuvent y croître et s’y multiplier. C’est le cas de la tuberculose, de la lèpre, etc.

Iimmunité contre les toxines. — L'immunité contre les toxines peut être naturelle ou acquise.

Immunité naturelle. — On connait de multiples exemples de résistance naturelle de certains animaux à l'action nocive de produits chimiques comme aussi à l’action du venin des serpents. En matière d’immunité contre lestoxines, l'exemple de larésistance de la poule à la toxine tétanique est classique; elle peut recevoir impunément des quantités énormes de ce poison sous la peau, dans les veines, dans le péritoine.

On a attribué cette résistance à un pouvoir antitétanique naturel de ses humeurs. Or, Vaillard a montré que, mélangés à la toxine tétanique, le sanget le sérum de cet animal ne possédaient aucune propriété neutralisante. Les animaux qui le reçoivent contractent le tétanos comme les témoins.

Get état réfractaire de la poule peut d’ailleurs être perdu si l'inoculation de toxine est pratiquée dans le cerveau ; en ce cas, elle présente un tétanos typique.

A cet exemple, ajoutons celui du rat, insensible à l’action de la toxine diphtérique et dont le sérum est dépourvu d’antitoxine ; une injection intracérébrale minime le fait succomber rapidement Dans ces faits, si la toxine inoculée sous la peau, dans les veines ou le péritoine, ne peut arriver jusqu'aux centres nerveux, elle doit en être empèchée par une barrière, constituée peut-être par les leucocytes. Ce qui semble le démontrer, c’est le:fait suivant : |

Chez la poule qui a reçu la toxine tétanique, on peut retrouver cette dernière, notamment dans le sang, Eñprovoquant un exsudat aseptique (avec de la gluten-caséine notamment) dans une cavité séreuse, on remarque que l’exsudat, très riche en leucocytes,’ est beaucoup plus tétanigène que le sérum. D'ailleurs, linjection de ‘toxine provoque -une hyperleucocytose manifeste (Metchnikoff).

Pär cet exemple comme: par d’autres encore, Metclinikoff est

enclin à penser que l’'immunuité naturelle contre les toxines relève encore d’une action leucocytaire.

Immunité acquise. — Des animaux qui ont recu à plusieurs reprises des doses croissantes de toxine tétanique, diphtérique, etc., sont vaccinés au bout d'un certain temps contre ces toxines. Leur sérum acquiert en général un pouvoir antitoxique considérable ; on a donc attribué à l’antitoxine l’immunité ainsi conférée. Mais cette

conception ne peut être généralisée, car le sérum d'animaux vacci-

nés n’est pas toujours antitoxique.

L'étude de l’immunité acquise contre divers poisons a montré à Metchnikoff et à ses élèves le rôle défensif qu’opéraient les léucocytes en absorbant et transformant ces poisons. En effet :

Calmette injecte dans les veines de lapins 0#,2 de sulfate d'atropine ; illes saigne et recueille séparément, par centrifugation, le plasma et les globules blancs. Il injecte alors le plasma d'une part, les leucocytes de l’autre, dans le cerveau de lapins neufs : le plasma donne une réaction insignifiante ; les leucocytes, au contraire, provoquent des phénomènes graves pouvant entraîner la mort. Donc l’atropine est arrêtée et absorbée par les leucocytes. Lombard démontre le mème fait en injectantle plasma et les leucocytes dans la circulation chez le chat.

Chez les lapins accoutumés à l’arsenic, Besredka injecte du

trisulfure d’arsenic dans le péritoine. Au bout d’un certain temps, il se produit une hyperleucocytose abondante, où les macrophages sont bourrés de grains de ce sel insoluble qui finissent par être digérés totalement. En diminuant la réaction phagocytaire par l'injection de grains de carmin, que les leucocytes sont occupés à englober, l'animal présente des troubles graves auxquels il succombe. Avec des sels arsenicaux solubles, il obtient des résultats analogues. D'autre part, l'injection de ces sels dans le cerveau provoque la mort avec une dose cent fois moindre.

Il était permis d'envisager de la même facon le mécanisme cellulaire de l’immunité acquise contre les toxine:.

C'est ce que pense Metchnikoff, qui attribue aux phagocytes un

rôle de défense accusée non seulement contre les microbes, mais aussi contre les toxines. Pour lui, ce rôle serait dévolu surtout aux macrophages plus qu'aux microphages.

Pour Melchnikoff et son école, tous les phénomènes d'immunité

naturelle ou acquise contre les microbes et les toxines se résument donc dans la phagocytose; les phagocytes les englobent et les détruisent. À ce rôle de défense prennent part de nombreuses cellulés, les

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