‹ Précis de bactériologieChapitre 107 sur 197 · RE ER ES EE · texte numérisé non relu

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Avec cette technique, dans la grande majorité des cas, l'expérience est nette ; l'hémolyse est nulle dans les tubes 1 et 2; dans le tube 3, l'hémolyse est complète. Le résultat est alors positif.

Toutefois, il arrive que le sang ne se dissout pas dans le premier tube: c’est que le sérum ne renferme pas assez de complément ou d'ambocepteur hémolytique pour les hématies du mouton.

On remédie à ces inconvénients de la façon suivante :

(1) Presse médicale, 7 juillet 1919.

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19 On commence par supposer que le sérum est trop pauvre en ambocepteur (peut-être même complètement dépourvu). Dans ce cas, on se servira des mêmes tubes, et on ajoutera dans chacun d’eux 0€,1 d'ambocepteur lapin-mouton préalablement titré. Les tubes seront placés de nouveau à 370, et onlira le résultat après vingt à trente minutes. Si l'absence d'hémolyse est réellement due à l'absence ou à l'insuffisance de l'ambocepteur, le deuxième tube ne tardera pas à s’hémolyser. Le résultat sera positif ou négatif, suivant que dans les premiers tubes l'hémolyse sera nulle ou complète.

29 Mais si le troisième tube témoin n'hémolyse pas, malgré l'adjoncltion de l'ambocepteur, c’est que, très probablemen', le sérum du malade manque de complément. Il faudra donc le compléter en ayant recours au complément de cobaye. On disposera l'expérience comme dans le tableau I, en ayant soin d'ajouter à chaque tube, en plus des ingrédients mentionnés dans ce tableau, 0°t,1 de complément de cobaye (sérum fra's) dilué au cinquième (une partie sérum + #4 parties eau salée). Avec cette modification, l'expérience doit fournir un résultat précis ; si elle ne réussit pas, c’est que le sérum contient des substances anti-hémolytiques, et que nul autre procédé, même le Wassermann type, ne pourra nous renseigner sur sä valeur, au point de vue du sérodiagnostic de la syphilis.

En général, la première modification fournit des indications précises dans plus de 90 p. 100 des cas, de sorte qu'on n’est obligé de recourir au complément de cobaye que 2 à 3 fois sur 100.

Procédé de Noguchi. — Noguchi emploie un système hémolytique antihumain (au lieu d’antimouton) ; le complément et l’ambocepteur hémolytique sont représentés par des papiers d'une surface déterminée, imbibés de chacune de ces substances, chaque carré de papier en contenant toujours une quantité fixe. Les globules sanguins sont ceux du malade.

En 1918, Noguchi à préconisé une deuxième méthode dans laquelle, supprimant encore le sérum de cobaye, il utilise le complément du sérum humain. Le sang du malade et du sérum antihumain sont les seuls élé- ments nécessaires à la réaction :

Chaque réaction comporte deux tubes dans lesquels on verse, dans l’un, 0cc,1 d’antigène et la solution physiologique à 9 p. 1.000 ; dans l’autre, le tube témoin, la solution saline seulement, de façon à avoir 1c,3 (l’antigène utilisé par Noguchi est l’'émulsion saline au dixième de la fraction, insoluble dans l’acétone, de lipoïde de tissus dissous dans l’alcool méthylique pur à raison de 3 p. 100). Porter une demi-heure au bain-marie à 37°, puis, dans chaque tube, ajouter 0°c,1 d'une suspension à 10 p. 100 de globules rouges lavés et 0,1 d'une dilution de l’ambocepteur antihumain égal à une unité hémolytique. Secouer les tubes, les porter encore au bain-marie à 370 pendant une demi-heure en les agitant encore à deux ou trois reprises. Laisser alors à la température de la chambre pendant une demi-heure avant de lire les résultats.

En cas d’hémolyse incomplète dans le tube témoin, ajouter une seconde unité d’ambocepteur et remettre à l’étuve; si l’hémolyse ne se produit pas, ajouter alors 0cc,1 de sérum humain frais négatif. Les résultats de cette réaction seraient parallèles à ceux qu'on obtient avec la réaction de Wassermann.

Réactions de précipitation.— Procédé de Porges. — Porges mélange dans des tubes 0c°,2 du sérum à examiner avec 1 centimètre cube d’une émulsion de lécithine à 1 p. 100. On porte ce mélange pendant cinq heures

à l'étuve à 370. Dans les cas positifs, il se forme, d’après l’auteur, un précipité débutant par la surface. La plupart des sérums syphilitiques donneraient un résultat positif; cette opinion a été contredite par plusieurs auteurs.

En raison des différences qu’on observe suivant les divers échantillons de lécithine, Porges a proposé encore de remplacer cette dernière par le glycocho!'ate de soude.

Procédé de Klaussner. — A 0°,2 de sérum, Klaussner ajoute 0,7 d’eau distillée. Après quelques heures de séjour à la température ordinaire, un précipité se formerait si le sérum est syphilitique. Mais les résultats sont très inconstants.

Procédés de Bruck. — Trois procédés, dont deux à retenir :

49 A L’ACIDE NITRIQUE. — L'addition d'acide nitrique à un sérum normal produit un précipité qui se redissout quand on ajoute de l’eau distillée ; il persiste quand le sérum provient d’un syphilitique.

Pour effectuer la réaction : ajouter à 0,5 de sérum frais non chauffé 2 centimètres cubes d’eau distillée et 0,3 d’acide nitrique à 25 p. 100. Par agitation, rendre uniforme le précipité formé ; puis laisser déposer pendant dix minutes à la température de la chambre.

Ajouter 16 centimètres cubes d’eau distillée à 159, mélanger en renversant à plusieurs reprises ; laisser reposer dix minutes et mélanger de nouveau. Si le sérum est syphilitique, un fin précipité blanc persiste ; s’il ne l’est pas, le milieu devient transparent.

Les résultats ne concordent pas toujours avec ceux de la réaction de Wassermann. Mlle Magot et Rubinstein n'ont trouvé une concordance que de 70 p. 100.

29 A L’ACIDE LACTIQUE. — Méthode basée sur l'action des acides organiques sur les globulines des sérums chauffés. À l’aide d’une solution d'acide lactique “1 4 p. 1000 on prépare des dilutions qu'on fait agir sur des sérums certainement positifs; on choisit la plus faible donnant un précipité net avec le sérum syphilitique (0,2 de sérum chauffé + 2 centimètres cubes d'acide dilué). Dans les expériences de Bruck, la dilution était de 9 centimètres cubes d'acide lactique et 60 centimètres cubes d’eau distillée neutre.

Procédé de Sachs et Georgi. — Ce procédé utilise la propriété que possède la cholestérine (Sachs, Desmoulière) d’intensifier et de rendre régulière la floculation obtenue en mettant en présence des extraits d’organes et des sérums syphilitiques. Sachs et Georgi ont ainsi utilisé des extraits cholestérinés préparés comme suit :

Extrait de-cœur:dé bœuf. 430. 100 cent. cubes. AICDOLA NDS ERREUR 200 —- Ghofestérine à M1£p:100, 4, D on 13 —

Cet extrait est dilué au moment de lemploi par parties égales d’eau physiologique; on mélange et on ajoute à nouveau # volumes d'eau physiologique.

A 0cc,5 de l’émulsion opalescente, mais claire, ainsi obtenue on ajoute 1 centimètre cube du sérum à examiner, chauffé et dilué à 1 p. 100. Placer à l’étuve pendant deux heures, puis séjour de dix-huit à vingt heures à la température du laboratoire.

Si le sérum est syphilitique, un précipité se forme, qui se dépose ; si la

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syphilis n'est pas en cause, le sérum reste opalescent, mais sans trace de précipité.

D’après Sachs et Georgi, dans 95 p. 100 des cas on obtient la concordance avec la réaction de Wassermann. Wollman a confirmé ces résultats ; mais ce procédé ne permet pas d'apprécier l'intensité de la réaction.

Procédés de Meïinicke. — D’après Meinit ke, il se produirait, dans la réaction de Wassermann, une combinaison entre les globulines du sérum (au contact de l'émulsion d’organes) et les lipoïdes de l'extrait. Dès lors le précipité formé dans les sérums syphilitiques doit être, comme les lipoides, insoluble dans ‘es solutions salines ; celui des sérums normaux (globulines seules) doit être soluble en milieu salé. D'où deux méthodes :

19 PROCÉDÉ A L'EAU. — À 0C,2 de sérum chauffé à 55° (une heure), ajouter 1,5 d'extrait d'organe dilué avec de l'eau distillée. Agiter et mettre à l’étuve, Après une heure, ajouter 2°°,5 d’eau distillée à 37° ; mélanger, reporter à l’étuve (seize heures).

Les sirums négatifs précipitent ; les sérums positifs sont opalescents, mais transparents.

29 PROCÉDÉ Au NaCI. — Diluer à 1/8, avec de l’eau distillée, de l’extrait alcoolique d’organe.

Dans deux tubes, verser 02,2 de sérum chauffé à 55° pendant quinze minutes ; à l’un ajouter 0,8, à l'autre 1 centimètre cube d'extrait dilué.

Etuve pendant vingt à vingt-quatre heures : un précipité se forme dans les deux tubes. Agiter et ajouter dans chacun 1 centimètre cube de solution salée (entre 1,4 et 2,4 p. 100). Si le précipité persiste, le sérum est celui d'un syphilitique ; il se montre à un degré plus ou moins marqué, qui permet d'apprécier l'intensité de la réaction.

Réactions de coagulation. — Nous ne reliendrons ici que le procédé de Vernes.

Procédé de Vernes. — La méthode est baste sur ce que les substances colloïdales provoquent la floculation des sérums en général, mais le rythme de la floculation diffère suivant le cas : on otserve un déplacement, un décalage (Wollman) des zones de floculation suivant qu'il s’agit ou non d'un sérum syphilitique. Il est plus ou m'ins accusé avec les réactifs utilisés. Vernes à choisi le péréthynol : extrait de cœur de cheval, préparé Comme suit :

Le cœur frais de cheval est haché et traité par l'alcool absolu pendant soixante minutes, puis desséché à 370, et broyé. On épuise au Soxhlet 30 grammes de la poudre obtenue avec 250 grammes de perchlorure d'éthylène ; nouvelle dess'ecation à 370. On épuise par 200 centimètres cubes d’alcool absolu. On filtre sur papier et on ramène au titre de 45 grammes d’extrait sec par litre. Get extrait est dilué de telle façon que le degré d’opalescence obtenu corresponde à un numéro d’une échelle diaphanométrique. L'agent hémolytique cest du sérum frais de porc.

Voici comment s'effectue la réaction :

Le sérum à examiner est chauffé à 55° pendant vingt minutes, puis distribué dans deux tubes (0€c,2 par litre). Dans le premier, on verse 0°,8de la suspension de péréthynol : dans le deuxième (témoin), L®,8 d’eau physiologique ; on üjoute 0cc,8 de sérum de porc titré en présence de péréthynol.

Étuve à 370 : une heure quinze. Ajouter des hématies de mouton.

Etuve pendant vingtminutes, c’est-à-direle tempsnécessaire à l'hémolyse complète dans les tubes témoins. On note à l’aide d’une échelle colorimétrique la teinte du tube contenant le péréthynol.

Agglutination du Tréponème. — D'après Jeanselme et Touraine, le diagnostic de la syphilis pourrait être assuré par la recherche de l’agglutination, en opérant de la façon suivante :

On racle des plaques muqueuses riches en Tréponèmes. Le produit de raclage est placé en lame et lamelle dans le sérum à examiner. Les Tréponèmes sortent du tissu pour se répandre dans le sérum. Si ce sérum est syphilitique, les{Tréponèmes présentent uue mobilité anormale ; les movvements deviennent convulsifs et les germes prennent des formes variérs. Peu après, certaines s’incurvent et réunissent leurs extrémités; puis l'agglutination se produit, les amas revêtant une disposition stellaire.

Faible à la période du chancre, cette agglutination deviendrait plus forte à la période secondaire, pour faiblir à nouveau à la période tertiaire.

Cuti-réaction.

Noguchi à récemment fait connaître un procédé de diagnostic, calqué sur la cuti-réaction à la tuberculine de Von Pirquet (Voy. p. 768); c'est la luétine-réaction, ou cuti-réaction obtenue à l’aide de cultures de Tréponèmes, tuées à 60° (luétine). On injecte par la voie dermique 7 centièmes de centimètre cube d’un mélange de Tréponèmes de diverses origines. Voici ce qu’on observe :

Chez les sujets non syphilitiques, vingt-quatre heures après la piqûre, apparaît un léger érythème qui disparaît en quarantehit heures. Telle est la réaction négative.

Chez les syphilitiques, quand la réaction est positive, elle revêt trois aspects :

Forme papuleuse : papule rouge, indurée, surélevée, de 7 à 10 millimètres de diamètre, disparaissant en général en sept à dix jours, parfois deux à trois semaines.

Forme pustuleuse : tout d'abord une papule indurée se développe, puis, après quatre à cinq jours, une véritable pustule, accompagnée de prurit, Cette pustule se rompt, se recuuvre d’une croûte écailleuse qui tombe ultérieurement, laissant au-dessous d’elle une petite cicatrice avec pigmentation durant plusieurs mois.

Forme torpide : l'élément papuleux, puis pustuleux, n'apparaît qu’au bout de deux à trois semaines après l'injection.

D'après les faits recueillis jusqu'alors, la luétine-réaction est absente lors des accidents primitifs et secondaires; elle est presque constante dans Les « cas chroniques ou latents » et dans la syphilis héréditaire. Elle est inconstante dans la syphilis cérébro-spinale, le tabes et la paralysie générale; dans cette dernière, elle semble: être négative si Le processus syphilitique est en évolulion.

Les résultats de cette réaction sont indépendants de ceux que donne la réaction de Wassermann. Elle peut manquer, alors que

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cette dernière est positive, et inversement. D'autre part, sous l'influence du traitement, alors que la réaction de Wassermann diminue, la luétine-réaction persiste et même augmente.

Avec la syphiline (extrait de foie syphilitique), Nicolas et Favre auraient obtenu des réactions nettes dans les cas de syphilis avérée,

Lœper, Desbouis et Durieux ont employé, en intradermo-réaction. le glycocholate de soude (I à Il gouttes d’une solution à un vingtième et à un cinquantième). À un cinquantième, des sujets non syphilitiques ne présentent aucune réaction. Chez les syphilitiques, on obtiendrait au point d'inocu.ation un érythème lenticulaire, on un nodule saillant, gros comme un grain de millet ou une lentille.

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