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CHAPITRE LXXII

Les Amibes ont fait l’objet de fort nombreuses études.

Diverses variétés en ont été décrites, mais, parmi elles, deux nous intéressent plus particulièrement: ce sont l’Amibe dysentérique, qui joueun rôlepathogène spécifique dans certäine variété de dysenterie, et l’'Amibe vulgaire du côlon, que l’on oppose habituellement à la première, car elle vit à l’état normal dans le tube digestif, mais à l’état saprophytique.

AMIBE DYSENTÉRIQUE.

C'est à Lambl que revient le mérite d’avoir signalé, en 1859, la présence d’amibes dans lesselles humaines; mais la première description de l’amibe dysentérique est due à Lôüsch, qui, en 1875, la désigna à tort sous le nom d’'Amœba coli. Plus tard, en 1891, Councilman et Lafleur lui attribuent nettement un rôle pathogène et lui donnent le nom d’Amæba dysenteriæ. Puis Koch, Kartulis, Kruse et Pasquale, Quincke et Roos, Schaudinn poursuivent son étude. Schaudinn notamment admet l'existence de deux amibes, l’une pathogène (Entamæba histolytica), l'autre saprophyte (Ent. col).

La preuve en fut fournie surtout par la découverte des kystes tétragènes que Viereck, en 1907, opposa à ceux d’Ent. coli. Il est vrai que cet auteur crut se trouver en présence d’une amibe différente d'Ent. histolytica ; il la nomma Ent. tetragena ; Hartmann l’appela Ent. africana.

Ce n’est que depuis peu de temps, à la suite des travaux de Walker, Hartmann, Whitmore etc., qu'on finit par admettre qu’Ent. histolytica et Ent. tetragena étaient identiques, mais représentaient des types différents d’une seule et même amibe : Ent. dysenteriæ, qui pouvait revêtir, dans sa forme végétative, des aspects variables suivant son cycle évolutif. En effet Les travaux récents montrèrent

AMIBE DYSENTÉRIQUE. 925

nettement que, dans les selles mucoso-sanguinolentes des crises aiguës d'’amibiase intestinale, et dans le pus des abcès amibiens viscéraux, Cette amibe présentait toujours le type histolytica que Schaudinn avait fait connaitre. Vers la fin des crises dysentériques, apparaissent des formes fetragena qui leur survivent et peuvent persister, en même temps que des kystes de ces parasites, après la guérison complète.

En définitive, il semble résulter des dernières recherches sur l’amibe dysentérique que «seules les amibes du type tetragenaet les kystes font partie deson évolution cyclique, et que les amibes du type histolytica sont des formes aberrantes, apparaissant d'une facon passagère au moment des crises dysentériques, et ne rentrant pas dans lecycle normal du parasite » (Mathis et Mercier).

D’autres amibes furent rencontrées accidentellement dans l'intestin humain; devant leur diversité le problème s’est posé de l’unicité ou.de la pluralité de l’amibe dysentérique. On est d'accord actuellement pour lerésoudre dans lesens de l’unicité.

A cette question se rattachent les travaux récents de Walker, Darling, Craig, Mathis et Mercier, Wenyon, Dobell etJepps, etc.

La description de l’amibe dysentérique doit donc comprendre :

10 Les formes végétatives, types tetragena et histolytica.

20 Les formes de dégénérescence.

39 Les formes enkystées (kystes).

Formes végétatives.

Aspect microscopique. — Entamæba tetragena (Viereck).— Cette amibe spécifique ne se rencontre que dans les selles diarrhéiques des sujets atteints d’amibiase intes- REY tinale chronique, ou convalescents d’amibiase . : aiguë.

Aspect du parasite vivant. — Ce parasite | se montre sous la forme d'une masse protoplas- | mique de forme plus ou moins irrégulière, mais généralement ovalaire, mesurant de 20 à 25 y de diamètre (fig. 317). Elle est constituée par un

endoplasme et un ectoplasme, bien que la dis- lis. FE a D . . . . , maæevuateitragen«a Vitinction soit beaucoup moins réelle que dans ere (Vierecl

le type istolytica (p. 927).

L'endoplasme ést finement granuleux et présente de grandes vacuoles dépourvues de contractilité. Il contient des débris alimentaires, quelques microbes, mais aucun Globule rouge. Il possède un noyau vésiculeux dont la situation varie ; il est central ou plus ou

moins excentrique, et mesure # à 5p. de diamètre. Il renferme des granulations réfringentes formant couronne et accolées contre la

membrane nucléaire, eten son centre, un caryosome, dont la partie entrale est occupée, d’après Hartmann, par un centriole.

Fig. 318, — Amibe de la dysenterie (fixatioù : sublimé alcoolo-acétique ; coloration : hématoxyline ferrique).

a et b = type tetragena ; ce = type histolytica (Mathis).

L'ectoplasme se réduit le plus souvent à une zone périphérique plus claire, d'aspect homogène. -

Cette amibe est douée de mouvements, mais paresseux el peu accusés ; elleémet lentement des prolongements pseudopodiques.

AMIBE DYSENTÉRIQUE. 927

Aspect après fixation et coloration. — Sur les préparations colorées par des procédés électifs comme celui d'Heidenhain (Voy. p. 928), le one présente nettement une structure alvéolaire ; le noyau est entouré d'une membrane mince, renforcée à l’intérieur par des granulations volumineuses fortement teintées en noir ; autour du caryosome central se détache un cercle relié à la membrane nucléaire par des trabécules, ou bien achromatiques, ou bien contenant de très fines granulations disposées en couronne. L'aspect général est celui d’une roue. Enfin au centre du caryosome se trouve le centriole qui fixe intensément la laque ferrique (1).

Entamæba histolytica. — Ce type d'amibe dysentérique ne se rencontre que dans les selles muco-sanguinolentes d’amibiase intestinale aiguë ou subaiguë, et dans le pus des abcès amibiens du foie, du poumon, du cerveau.

A état vivant. — Masse protoplasmique plus volumineuse que chez Ent, tetragena, oscillant entre 25, 40 et même 50 y. Cette masse, ronde ou ovale ou piriforme quand elle Fig. 319. — ÆEntamæba histolytica vivante est au repos, est nettement (Schaudinn).

divisée en deux parties :

L'une sombre, granuleuse : l’'endoplasme, qui contient des débris cellulaires et alimentaires, et surtout des hématies, logées dans des vacuoles. Ces hématies peuvent être tellement nombreuses que l’endoplasme en est littéralement bourré ; on perçoit enfin parfois un noyau rond pourvu d’un nucléole; il n'est pas toujours visible, surtout si l’endoplasme contient beaucoup de vacuoles et de globules rouges.

L'autre portion du corps amibien est claire, transparente, réfringente : c'est l’ectoplasme.

Un caractère primordial de l'Entamæba histolytica vivante est sa mobilité : examinée dans une selle dysentérique, entre lame et lamelle, à la température du laboratoire, les mouvements qu’elle

(i) 11 semble que l'on puisse rapporter à Ent. dysenteriæ une autre variété d’amibe, décrite par Elmassian sous le nom d'Ent, minuta : amibe de petites dimensions (10 à 20 y) avec un endo et un ectoplasme peu nettement séparés, pouvant contenir quelques hématies ; elle est peu mobile et possède un noyau visible seulement après coloration, On la rencontrerait de préférence dans les formes frustes ou chez les convalescents,

présente sont actifs et très prononcés, à ce point qu'on ne peut suivre ses contours quand on veut la dessiner à la chambre claire. En un point de l’ectoplasme, le parasite émet un pseudopode, souvent en forme de doigt de gant ; puis un autre prend naissance en un point opposé ; puis ils se retirent alors que d’autres apparaissent ailleurs. L’endoplasme estmoins mobile ; néanmoins, on le voit s’étirer, S'étrangler, se renfler tour à tour, et les éléments cellulaires qu'il contient semblent subir l’action d’un courant qui les entraîne d’un bout à l’autre du parasite; par instants, on croirait assister à la coulée d'une substance en fusion.

Ces mouvements ne font pas progresser l’amibe; ils s'effectuent sur place; au bout de quelques heures, ils se ralentissent, puis cessent ; en même temps l’amibe prend une forme ronde, et la distinction entre l’endo et l’ectoplasme n’est plus perceptible ; le parasite est uniformément granuleux, et le noyau devient plus nettement visible.

Sur frottis colorés. — L'amibe est alors plus ou moins arrondie. La séparation entre l’endo et l’ectoplasme est en général difficilement perceptible, sauf toutefois chez certains éléments surpris par la fixation au moment de l’émission d’un pseudopode; l’ectoplasme se manifeste alors sous l’aspect d’une zone excentrique claire et homogène. L'endoplasme est nettement alvéolaire et contient des hématies présentant des teintes plus ou moins foncées suivant le degré de la digestion dont elles ont été l’objet.

Le noyau ne diffère pas essentiellement de celui de Ent. tetragena : il estcependant moins riche en chromatine, et lesgranulations accolées à la face interne dela membrane d’enveloppe sont moins abondantes et moins volumineuses. Le caryosome peut ne pas être visible.

Coloration. — L'amibe dysentérique est assez difficile à fixer et à colorer. Les procédés ordinaires ne donnent que de mauvaises préparations où les parasites sont extrêmement déformés. Il faut donc employer des procédés spéciaux qui seuls permettent de respecter les détails de leur structure.

Frottis. — Méthode d’Heidenhain à l’hématoxyline ferrique. — C'est assurément le procédé de choix :

. FixarioN. — Fixer, avant dessiccation, dans le liquide suivant, chauffé aux environs de 500 :

Solution saturée de sublimé.......... 2 parties. AICOO! ABSOLUE inner ee partie.

Acide acétique....ss...sasescsoscscre là END MOURIR total.

Disposer les frottis à plat, la face enduite en dessous, dans un récipient contenant le fixateur.

AMIBE DYSENTÉRIQUE. 929

Après dix minutes de séjour, rincer à l’eau, puis faire passer dans la série des alcools suivants : alcool à 40° (dix minutes), alcool à 700 iodé (quinze minutes), alcool à 900 (vingt minutes), alcool à 40° (quinze minutes). Laver ensuite à l’eau distillée et colorer.

On peut encore utiliser pour la fixation le liquide de Bouin-Duboscq :

Acide pierique cristallisé.+s...,....... GE 1 gramme, Formol du commerce à 40 p. 100...... . 60 cent. cubes. ses ec e de emas cos o de 10 —

Au moment de l'emploi, ajouter à 100 centimètres cubes de ce mélange 7 centimètres cubes d'acide acétique glacial.

Inmmerger la préparation pendant vingt minutes; faire agir ensuite l’alcool à 709, puis à 30°, Rincer à l’eau et colorer.

CoLoRATION. — Imm rger la préparation, pendant deux heures, dans la solution suivante de fer ammoniacal :

RMC AMMOnIACAl Sn... 014 4 grammes, LE A MINE ARENA AR EEE Mer LU0LCent.ccUDeS.

Laver à l'eau distillée, et colorer pendant douze à vingt-quatre heures dans la solution « mürie » d’hématoxyline :

HÉMALOZYIINES DUCISSIDES RS 400 0 +00 0 0 0 1 gramme. MIA aDE OI. SR ER. terre MALONCENL: CUP,

Laisser dissoudre, puis ajouter :

Hu distilléef,,. sine sosce. ns ss. 190: cent. cubes.

La préparation est no re : laver à l'eau et différencier par la même solution d’alun de fer que précédemment, mais diluée à moitié; suivre la différenciation sous le microscope pour obtenir des images nucléaires

nettes.

Quand on juge la différenciation suffisante, laver à l’eau distillée et

colorer durant quelques secondes à laide d’une solution aqueuse d’éosine à 1 p. 100. Laver de nouveau et faire agir la séme des alcools, le xylol. Monter au baume.

Par cette méthode, Le protoplasma amibien est rose; Les autres éléments ont la teinte décrite plus haut.

AUTRES MÉTHODES DE COLORATION. — Signalonsles méthodes connues utilisées pour les hématozoaires en général : celles de Romanowski, Laveran, Giemsa, Leishman, etc. qui, inférieures à la précédente, donnent des images difficiles à interpréter.

La coloration de Tribondeau par l’hémalun à l’argent-éosine donnerait, d'après Carles, de meilleurs résultats :

Fixer le frottis humide par un séjour d’une heure dans le liquide de Bouin (Voy. plus haut); on peut encore fixer à l’alcool à 70°, ou mieux à l’aide d’une solution d'acide chromique à 1 p. 100 (quelques secondes).

Doprer et SAcQuéP£E. — Bacteriologie, 2° édit. 9

Colorer pendant deux minutes dans la solution d'hématéine à l'argent : Hématéine à l'argent (sol. alcoolique})..... 10 grammes. Alun:de :potasses Re are CR UNE A —

Hau/distillée/noutie, RE 200 .

Laver à l’eau. Traiter ensuite par une solution alcoolique d’éosine pendant quinze à vingt secondes. Laver. Sécher. Observer.

Coloration des amibes dans les coupes. — Fixer par l'alcool, ou le sublimé acétique. Colorer par : HÉMATÉINE-ÉOSINE. — Le protoplasma est rose, le noyau violet.

HÉMATÉINE ET FUCHSINE PICRIQUÉE (Van Gieson). — Protoplasma coloré en jaune fauve, noyau violet brunâtre. Ce procédé donne d’excel-

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Fig. 320. — Coupe d’intestin dysentérique. Amibes dysentériques (coloration de Mallory et Wright).

lentes préparations si la fixation a été effectuée au sublimé acétique.

THIONINE-ACIDE OXALIQUE (Mallory et Wright). — Fixer par l'alcool. Colorer pendant cinq minutes par une solution aqueuse, saturée de thionine. Différencier par une solution d'acide oxalique à 1 ou 2 p. 100; suivre la différenciation au microscope ; l’arrêter dès que les noyaux prennent une teinte violacée. Laver. Déshydrater, etc.

AMIBE DYSENTÉRIQUE. 931

Le protoplasma est bleuté; le noyau est rouge ou violet, alors que celui des leucocytes environnants et bleu foncé (fig. 320).

PrcRo-INDIGO-CARMIN (Borrel). — Fixation nécessaire par le liquide de Flemming. Colorer tout d’abord pendant dix minutes par une solution aqueuse saturée de rauge-magenta, puis pendant quatre minutes par la solution suivante :

Solution aqueuse satyrée d'acide picrique....... se — — — de carmin et indigo.......

Laver, déshydrater, xylol.

Les aï'h-s sont grisâtres, limitées par un contour bleu; l’ectoplasme et l'endoplasme sont nettement distincts: l’ectoplasme prend l’aspect d’un fin réticulum ou d’une substance hyaline bleutée ; l’endoplasme, granuleux, est rouge, bleu ou gris suivant le degré de la décoloralion ; le noyau est violet ou rougeûtre.

Ces procédés sont certes capables de faire percevoir les amibes dans les coupes et de les distinguer des autres éléments cellulaires avec lequels elles pourraient être confondues, mais ils ne mettent pas suffisamment en évidence Îles détails histologiques que le suivant fournit avec netteté.

HÉMATOXYLINE FERRIQUE (Heidenhain). — Fixerau sublimé acétique. Colorer comme pour les frottis (Voy. plus haut). Protoplasma à peine teinté; son contour est nettementindiqué par une ligne bleu noir ; le noyau montre des grains de chromatine de même teinte.

Formes de dégénérescence.

On rencontre parfois dans les selles de dysentériques, à côté des

formes précédentes, des aspects qui ont été diversement interprétés, surtout comme représentant des phénomènes de reproduction, et qui traduisent en réalité des formes de dégénérescence. . Telles Les figures de bourgeonnement décrites par Schaudinn sous le nom de kystes exogènes; telles encore les figures montrant des amibes dont les noyaux ont subi des phénomèmes de caryolyse, pouvant faire penser à un état chromidial. En d’autres, il semblerait, d'après Hartmann, qu'onassiste à la copulation de deux noyaux; il revint dans la suite sur cette affirmation, pour estimer qu'il s'agissait uniquement de figures de dégénérescence.

Formes enkystées (kystes).

Aspect microscopique. — Les kystes d’Ent.dysenteriæ, examinés à l’état frais, semontrentsous la forme de petites sphères d’aspect

légèrement granuleux, de teinte grisâtre; ils sont limités par une membrane d’enveloppe lisse à double paroi et présentant des dimensions comprises entre 10 et 15 p. Suivant le stade de leur évolution, ils présententun à quatrenoyauxassezdifficilementperceptibles, ilest vrai, et des bâtonnets réfringents. Ces détails de leur structure sont plus nettement observés sur les préparations fixées et colorées.

Après fixation et coloration : ils présentent l'aspect général précédent ; leurs dimensions sont cependant un peu réduites, en raison de la fixation qui amène une rétraction de 2 y à 2u.,5. À l’état sec, donc, ils mesurent 10 & à 11u,5.

Suivant la division établie par Mathis et Mercier, ils seront décrits sous trois aspects : kystes mürs, en voie de développementeten dégénérescence, ces trois aspects pouvant se trouver dans les selles en proportion variable suivant leur degré d'évolution au moment de leur élimination avec les déjections.

Kystes mûrs. — Les kystes mûrs contiennent quatrenoyaux (1); ceux-ci ont un diamètre de 1u,5 à 23,5 ; ils sont pourvus d’une couronne de granulations teintées en noir, bordant la face interne de la membrane nucléaire, et d’un amas central de fins granules sidérophiles (caryosome).

Le cytoplasma estencore pourvu de masses oblongues d’une substance sidérophile, réfringente à l'étatfrais, mais se colorant en noir intense par la laque ferrique. Ces masses, désignées sous le nom de chromidies, de chromidium, de bâtonnets chromidiaux, sont dénommées « bätonnets sidérophiles » par Mathis ; cet auteur estime en etfet qu'elles ne dérivent pas du noyau, mais exclusivement du cytoplasme.

A côté de ces formes typiques, il existe des formes atypiques : certains kystes mûrs présentent en effet des dimensionsinférieures ou supérieures. D'après Mathis et Mercier, ils n’existent que dans la proportion de10 à 15 p.100 duchiffre totaldes kystes à quatre noyaux. D'autres enfin sont dépourvus de chromidium (10 p. 100 environ).

Kystes en voie de développement. — Ces kystes, qui ont les mêmes dimensions que les kystes mûrs, n’ont pas encore quatre noyaux; ils n’en possèdent qu'un ou deux, chiffre qui correspondaux différentes étapes de la division nucléaire avant d'arriver au stade quadrinucléé complet ; certainsmême en possèdent trois, la division d’un des noyaux au stade binucléése trouvant en retard sur la mitose de son congénère.

(1) Kuenen et Swellengrebel auraient rencontré des kystes d'Ent. dysenteriæ possédant plus de quatre noyaux. Il n'est pas prouvé que ces kystes n'aient pas appartenu à d’autres amibes.

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Comme dans les kystes mûrs, le chromidium, habituellement présent, peut faire défaut.

KHystes en dégénérescence. — Enfin des kystes en dégénérescence peuvent s’observer dans la proportion de 3 à 10 p. 100. Quand

Fig, 321. — Kystes à 4 noyaux d'Ent. dysenteriæ après coloration (Mathis).

1. Kyste à un noyau et vacuoles ; 2, Kyste uninucléé avec bâtonnets sidérophiles ; 3 et 4. Première division nucléaire; 5. Slade à deux noyaux ; 6 et 7. Deuxièmes divisions nucléaires ; 8 et 9. Kystes tétragènes.

la dégénérescence atteint le noyau, la chromatine de ce dernier se condense, puis se fragmenteets’émiette. Quand elle atteint Le cytoplasma, elle se traduit par la formation de vacuoles, qui peuvent se fusionner pour fizurer une grande vacuole ronde ou ovale, rejetant le chromidium:et les noyaux à la périphérie. Coloration. — La coloration des kystes s'obtient de préférence par la méthode d’Heidenhain avec surcoloration par l’éosine qui montre le cytoplasma coloré en rose, et la chromatine nucléaire en

noir ; même teinte noire opaque et homogène pour les pérennes ame

Ce procédé; quiexige vingt-quatre heuresau moins, a étérendu plus rapide à la suite des modifications apportées par Walker (Voy. Diagnostic).

Enfin, bien que la coloration soit imparfaite, on peut utiliser pour un examen extemporané, les procédés indiqués par Mathis, à la solution de lugol, ou à l’hématoxyline seule après fixation par l'acide osmique. Mais ils ne sauraient remplacer les premiers, qui seuls peuvent montrer les détails de structure nécessaires.

De nombreux auteurs se sont efforcés d'obtenir des cultures de l’'Amibe dysentérique. |

Signalons, à titre documentaire, les essais d’Auerbach, Vivaldi, qu opérèrent en milieu liquide. Celli et Fiocca se servirent de milieux au fucus crispus, Schardinger de macération de foin, Kartulis de macération de paille. Sur £es milieux, les Amibes qui cultivent sont des Amibes banales,

Musgrave et Clegg ont emplové une gélose peu nutritive, préparée comme suit : eau, 1000; gélose, 20; extrait de bœuf, 0,3 à 0,5. Après alcalinisation, on coule en boîtes de Petri. Ils ont ainsi obtenu des cultures impures d'Amibes diverses et croient avoir réalisé la culture de l'Amibe dysentérique ; les kystes de cette dernière auraient, à la suite de l'ingestion, conféré la dysenterie amibienne expérimentale au chat et mème à l’homme. Ces résultats sont intéressants et mériteraient d'être confirmés.

Par un procédé identique, Lesage a cultivé des Amibes, mais leur nature dysentérique est douteuse. Enfin, en ensemencçant les selles dysentériques dans un extrait de leucocytes, il a observé encore des cultures d’Amibes probablement saprophytes.

En un mot, la culture de lAmibe dysentérique reste à découvrir.

Dans tous ces essais, la culture amibienne n’est jamais pure; pour se développer, elle a besoin d’une culture satellite de microbes banaux dont elle se nourrit.

Mode de reproduction. - Les notions quel’on possède actuellement sur le mode de reproduction d’Ent. dysenteriæ sont assez restreintes: elles ont d'ailleurs été et sont encore l’objet de multiples discussions. Néanmoins, à la suite des travaux de Schaudinn, Hartmann, Craig, Mathis et Mercier, un certain nombre dLénbre elles nat acquises.

Schaudinn avait affirmé que la reproduction s s’effectuait par division et par bourgeonnement. Schaudinn lui-même, ainsi qu’Hart-

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mann, Craig, etc., qui avaient admis ce dernier mode, ont reconnu ultérieurement leur erreur.

Il semble bien, d'après Hartmann, puis Mathis et Mercier, que la reproduction de l’amibe végétative ne s'effectue que par division simple : comme Wenyon l'avait observé chez Ent. muris, quand le noyau va se diviser, le centriole commence à s’étirer en haltère; puis le caryosome s’allonge pour figurer un fuseau avec grains chromatiques disposés en rangées longitudinales: les centrioles-fils s’écartent l’un de l’autre. En définitive toute la formation nucléaire s'étire en forme de biscuit, et la division s’opère.ll s'agirait donc d’une mitose s’effectuant sous la membrane nucléaire, une mésomitose (Charton). La division du cytoplasma n’a été vue par aucun auteur. « Cependant, la présence dans nos préparations de petites amibes, dontles noyaux ontles mêmes dimensions que ceux des amibes binucléées, ne laisse aucun doute sur la réalité de ce phénomène qui doit s’accomplir très rapidement » (Mathis et Mercier).

Job et Hirtzmann ont admis que ladivision pouvait s'effectuer aussi par la schizsogonie; autour de grains chromatiques, ces auteurs ont observé une condensation protoplasmique ; lamibe, présentant alors des figures de « morula », serait constituée par plusieurs masses protoplasmiques individualisées, pourvues, en leur centre, d’un grain chromatique ayant la valeur d’un noyau, Il s'agirait donc, dans l'espèce, d’amibes filles qui s'individualiseraient dans la suile pour former les jeunes amibes,

Enfin ces jeunes amibes résultant du premier ou du deuxième mode pourraient, d'après ces auteurs, se reproduire par bourgeonnement.

Mathis et Mercier s'élèvent contre celte conception et font remarquer que les figures de « morula » doivent être interprétées, avec Hartmann, Darling, Craig, etc., comme des figures de dégénérescence. Les amibes filles qu'ils auraient constatées correspondaient sans doute à de petites amibes limax ou des flagellés altérés, et seraient étrangères au cycle d'Ent. dysenteriæ.

De même aussi les figures de bourgeonnement (sporogonie) seraient également, ainsi que l'avait signalé Hartmann, des figures de dégénérescence.

Bref, Ent. tetragena, contrairement à Enf. coli, ne se reproduirait que par division simple. Quant au type Aistolytica, il aurait perdu, d'après Mathis et Mercier, le pouvoir de se multiplier. Ces auteurs n'ont jamais constaté, dans cette forme, « d’aspects susceptibles d’être interprétés comme se rapportant à une phase de division nucléaire ».

Enkystement. — Après un certain temps de vie végétative, le parasite s'enkyste : l’amibe qui va s'enkyster s'immobilise et prend une forme sphérique. Le cytoplasma reste alvéolaire, mais le noyau subit des modifications. D’après Hartmann, une partie de la chro-

matine nucléaire est expulsée dans le cytoplasma. Puis ce dernier se contracte, le noyau augmente de volume, les granulations chromatiques se fusionnent pour former les bâtonnets chromidiaux sidérophiles. (IL est vrai que pour Chatton, chez une amibe du singe, leschromidies seraient élaborées par le cytoplasma et préexisteraient aux modifications nucléaires).

En même temps, le parasite s'entoure d'une mince membrane d’en veloppe : le kyste est alors constitué ; puis le noyau se divise en deux, et chacun des noyaux ainsi formés se divise à nouveau en deux : division pas toujours synchrone, ce qui explique la présence, parfois constatée, de kystes à trois noyaux.

Ces kystes, uniquement sexués, sont des kystes gamogoniques (Mathis et Mercier) alors que les kystes d’Ent. coli sont, les uns sexués (gamogoniques), les autres asexués (schizogoniques).

Cycle évolutif d’Ent. dysenteriæ. — Voici, d’après Mathis et Mercier, comment on peut se figurer l’évolution du parasite :

Des kystes sont ingérés par un sujet sain : ils donnent naissance chacun à quatre amibes qui se forment par individualisation d'une masse cytoplasmique autour de chacun des noyaux. La mise en liberté des amibes s'effectue vraisemblablement dans la région initiale de l'intestin grêle.

Chaque amibe se multiplie alors par division simple. Puis après quelque temps elles s’enkystent à nouveau. Il est impossible, dans l’état actuel de nos connaissances, de déterminer siceskystes peuvent être de sexualité différente. D’après Mathis et Mercier, d’ailleurs, ils n'assureraient en aucune facon la pullulation du parasite chez l'hôte où ils se sont formés. «Il doivent être nécessairement rejetés dans le milieu extérieur, puis ingérés, pour poursuivre leur évolution ».

Tel est le cycle, pour ainsi dire normal, d'Ent. dysenteriæ, dont le type tetragena peut ainsi évoluer silencieusementetindéfiniment dans l'intestin humain.

Mais si, au cours de celle évolution, certaines conditions nouvelles, encore mal déterminées, se produisent, un certain nombre d'Ent. tetragena setransforment pour prendre le type histolytica, et restent sous cet aspect tant que ces conditions persistent. Quand ces dernières prennent fin, les formes histolytica disparaissent progressivement pour laisser la place aux Ent. tetragena. Mathis et Mercier estiment d’ailleurs que celles-ci ne disparaissent Jamais, même dans les crises de dysenterie. En effet, sur un même sujet qui présente des selles dysentériques constituées par des glaires sanguinolenteset des matières diarrhéiques, l'examen des premières montre

AMIBE DYSENTÉRIQUE. 937

une prépondérance marquée des formes histolytica; quant aux secondes, elles ne révèlent que des tetragena. Ent. histolytica n’est donc qu’une forme «aberrante» et passagère, étrangère au cycle évolutif normal d’Ent. tetragena.

Vitalité. — Résistance. —- Onsait peu de choses sur la vitalité d'Entamæba dysenteriæ. Dans l'intestin, cependant, elle doit être grande, témoin les récidives multiples qu'elle provoque sans nouvelle contamination. Les examens histologiques montrent qu’elle vit à

Ent. tetragena. en dehors des crises dsentériques

ES lype hstolylca

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Fig. 322, — Cycle évolutif d'Entamæba dysenteriæ (d'après Mathis et Mercier).

l’état de latence dans les couches profondes du gros intestin, son activité se réveillant à la moindre cause occasionnelle.

Quand l’Amibe sous la forme végétative est tombée dans le milieu extérieur, elle est peu résistante aux agents atmosphériques, à la chaleur, à la dessiccation ; ellesuccombe en quelques heures. Le kyste figure en réalité sa forme de résistance. Celle-ci varie suivant les facteurs auxquels ilestexposé; sous l'influence de la dessiccation, la résistance est très limitée ; l'humidité au contraire permet sa conservation pendant au moins quinze jours et peut-être davantage (Penfold, WoodcocketDrew, etc.).KuenenetSwellengrebel ont de même démontré leur résistance à l’action de l’eau, ce qui concorde avec la notion de l’origine hydrique de la dysenterie amibienne en bien des circonstances.

Les mêmes auteurs ont signalé que dans les matières fécales la

résistance des kystes est indiscutable, mais moins marquée que dans l’eau

Musgrave et Clegg, puis Strong ont étudié l’action des antiseptiques sur les cultures qu’ils ont cru obtenir : l’amibe résiste peu aux solutions de formol et de quinine, les kystes ne sont détruits que par les solutions de potasse et de soude à 20 p. 100.

Dans les selles, l’acide borique ne possède aucune action; par contre, le sublimé, l'acide osmique, lessolutions d'acides minéraux et surtout le chlorhydrate neutre de quinine arrêtent instantanément les mouvements du parasite ; Le permanganate de potasse, le bleu de méthylène sont moins efficaces (H. Vincent); les expériences de Ronald Ross ont montré que les solutions de sels d’émétine ont, in vitro, une action amibicide énergique.

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