‹ Précis de bactériologieChapitre 123 sur 197 · MANIFESTATIONS PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

MANIFESTATIONS PATHOLOGIQUES

L'Amibe dysentérique donne naissance à des lésions présentant diverses localisations.

Dans sa localisation intestinale, la plus fréquente, elle engendre une

DYSENTERIE AMIBIENNE EXPÉRIMENTALE. 939

dysenterie spéciale, caractérisée par la formation d’ulcères profonds, à bords décollés, surplombant les régions atteintes. Parfois elle porte ses atteintes sur l’appendice (appendicite amibienne décrite par Harris, Kartulis, Musgrave). |

De l'intestin elle peut coloniser dans le foie pour déterminer l’hépatite dite dysentérique, ou'grand abcès tropical du foie, dans les poumons, dans la rate (Kartulis), dans le cerveau (Kartulis, Legrand et Axisà).

Dans tous ces viscères, l’'Amibe provoque tout d’abord de la nécrose des tissus qu’elle envahit. Dans ces abcès nécrotiques, l’'Amibe seule est perceptible, et Le Lissu nécrosé est vierge de tout autre germe: plus tard, survient la suppuration vraie,qui, dans l'intestin, s'ouvre dans la cavité digestive pour produire les ulcères décrits; dans le foie, le poumon, Le cerveau, les abcès peuvent s’ouvriren dehors de l'organe, dans les séreuses environnantes. Le pus se forme sous l’influence du développement des germes banaux apportés par l’Amibe (aérobies et anaérobies).

DYSENTERIE AMIBIENNE EXPÉRIMENTALE.

Le chat, le chien, le singe peuvent, dans certaines conditions, contracter la dysenterie amibienne expérimentale; le jeune chat est assurément l’animal le plus sensible; le chat adulte est plus résistant. Les rongeurs sont généralement considérés comme réfractaires. Chatton cependant a réussi à infecter le cobaye.

Pour la réaliser, on peut se servir des selles ou de pus d’abcès du foie, contenant des Amibes vivantes, ou des mêmes produits desséchés contenant des kystes.

Téchnique. — Injection intrarectale. — A l'aide d’une pipette mousse, on introduit dans lerectum d’un jeune chat 0cc,5 de selles dysentériques ou de pus hépatique. L'injection d'une quantité plus grande risque de provoquer l'intolérance rectale, auquel cas l’animal rejette Le produit injecté, et l’inoculation reste négative.

Ingestion. — On mélange des selles contenant les parasites à du hachis de viande, le chat l’ingère très facilement. L’inoculation réussit d'autant mieux que le produit amibifère contient des kystes qui résistent à l’action nocive du suc gastrique.

Symptômes etlésions. — Chez le chat, deux à trois jours après l’inoculation ou l’ingestion, l'animal présente de la diarrhée muqueuse ou mucoso-sanglante; dans les selles, on observe des Amibes mobiles, gorgées de globules rouges. Les jours suivants,

les symptômes s’exagèrent, puis le chat devient abattu et triste ; son poil se hérisse. IL finit par succomber le dixième ou le quinzième jour.

À l’autopsie, on constate, au niveau du. gros intestin, les lésions caractéristiques de la dysenterie amibienne humaine, débutant par la nécrose, se continuant par des abcès et des ulcères en bouton de chemise; à leur niveau, les Amibes sont facilement décelables.

Chez certains chats adultes qui guérissent spontanément de leur dysenterie, on a pu constater l'existence d’abcès du foie, où les Amibes fourmillent comme dans l’hépatite suppurée humaine. k ,

Chez le cobaye, l'injection intrarectale d’Amibes végétatives, comme aussil'ingestion de kystesmürs détermine des lésions indiscutables ducæcum, mais sans apparition du syndrome dysentérique. Les altérations constatées consistent en réactions hyperplasiques, épithéliales et conjonctives (Chatton).

AMIBE VULGAIRE DU COLON (Entamæba coli).

Entamæba coli est un hôte banal de l'intestin ; elle ne possède aucun pouvoir pathogène. L’inoculation intrarectale ou l’ingestion de selles qui la véhiculent ne provoque aucun phénomène morbide.

Comme l’amibe pathogène, Ent. coli se montre sous l’aspect d’une forme végétative et d’une forme enkystée.

Forme végétative.

La forme végétative d'Ent. coli se présente sous l'aspect d’une masse protoplasmique de dimensions variant généralement de 10 à 50 & (Casagrandi et Barbagallo);

Sn. elle est le plus habituellement de 20 à 25 pu; mais les résultats des mensurations sont tellement variables d’une amibe à l’autre que la taille ne peut servir de base au diagnostic. |

A l’état de repos, il est impossible de constater une différence entre un endo et un ectoplasme.

+ Mais à l’occasion des mouvements très lents dont

Fig. 323. — Ent. elle est l’objet, la distinction est possible; on per-

CATEat ais Soit en effet la formation de pseudopodes de forme

très variable : il s’agit tantôt de simples points assez limités, tantôt

de hernies semi-sphériques ayant comme base toute la largeur de l’amibe.

Page 1