GÉNÉRALITÉS
MORPHOLOGIE
Classification. — L'Hématozoaire du paludisme est un protozoaire appartenant à la classe des sporozoaires télosporidés, et au genre Plasmodium (Hæmamæba) de l’ordre des Hémosporidées. ce dernier étant voisin de ceux des Grégarines et des Coccidies.
Ce parasite affecte trois types différents que certains considèrent comme trois espèces distinctes : Plasmodium vivaæ, agent de la tierce bénigne; PI. malariæ qui provoque la fièvre quarte; PI. præcox ou falciparum, qui provoque la fièvre dite tropicale, ou tierce maligne, ou fièvre estivo-autumnale des auteurs italiens.
Cycle évolutif. — Ces trois types morphologiques présentent
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des caractères évolutifs semblables; le cycle qu ‘ils parcourent est double; on connaît en effet (fig. 33%) :
410 Un cycle as tué et endogène (schizogonie) qui s'effectue en totalité dans l’intérieur des hématies. Voici comment il s'opère :
Les parasites sont inoculés à l’homme par la femelle de certains moustiques (Anopheles claviger, maculipennis, bifurcatus, etc.), dans le corps desquels ils subissent une évolution identique; intrcduits dans l'organisme à la faveur de la piqûre, ils passent dans la circulation, puis s’attaquent aux hématies dans l’intérieur desquelles ils s'introduisent et se développent sous l'aspect d’une petite amibe arrondie que l’on désigne sous le nom de schizonte; quand elle s'accroît, cette amibe, mobile, émet des pseudopodes, devient corps amiboide, et augmente de volume aux dépens du globule rouge parasilé.
Au bout d'un certain temps, variable suivant le type envisagé, le schizonte se divise, et se montre sous l’aspect d’un corps arrondi, segmenté en huit, dix, douze ,seize mérozoïîtes, qui se disposentautour du centre de l’élémentet donnent à ce dernier l’aspect d’une rosace; ce sont les corps en rosace, témoins de la schizogonie proprement dite. Quand ils sont parvenus à maturité, l’hématie parasitée éclate, puis le corps en rosace se dissocie et les mérozoïtes sont mis en liberté dans le sang circulant; chacun de ces derniers va atteindre un globule rouge et Le cycle se renouvelle d’une façon identique.
Quand le cycle précédent s’est reproduit un certain nombre de fois, certains d’entre eux subissent une nouvelle modification morphologique : ils se transforment en corps arrondis dans le cas de PI. vivax et de PI, malariæ, falciformes dans le cas de PI. præcox ou falciparum ; ce sont les gamètes.
Ces gamètes, dont on connaît les éléments mâles et femelles, sont {rès résistants à la quinine, et peuvent persister des mois et même des années. [ s semblent donc se comporter comme de véritables formes de résistance ; mais sous l'influence d’un facteur déprimant, la résistance de l'organisme se trouvant en déficience, le gamète sort de sa période de latence ; de nouveaux schizontes se forment à ses dépens par bipartition du noyau primitif du gamète femelle en deux noyaux nouveaux : l’un reste indifférent, l’autre se segmente pour donner lieu à un corps en rosace, dont les mérozoiles néoformés se désoudent et, une fois mis en liberté, vont parasiter des hématies. C'est le cycle classique de la schizogonie qui recommence. Cette évolution particulière rentre dans le cadre de la parthénogénèse, notion qui explique la production habituelle
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des rechutes de paludisme, et la propriété que possèdentles gamètes d'entretenir ainsi la chronicité de la ma'adie.
Enfin ces gamètes, dont le rôle est assurément capital, interviennent encore dans l’évolution sexuée de l'Hématozoaire.
20 Un cycle seœué et exogène (sporogonie), expression d’une reproduction véritable s’effectuant uniquement dans le corps du moustique par copulation des gamètes.
Quand le moustique suce le sang d’un paludéen, il absorbe en même temps les éléments parasitaires qui s’y trouvent.
Les formes végétatives, schizontes el Corps en rosace, ne se développent pas et succombent rapidement. Mais les gamètes mâles (microgamétocytes) et femeïles (macrogamètes) poursuivent leur évolution dans le corps de l'insecte. |
Du noyau des microgamétocytes s’échappent dés flagelles ou microgamètes, filaments très ténus (corps flagellés), qui gagnent la périphérie de l'élément et, doués d’une mobilité extrême, se détachent du parasite qui leur a donné naissance pour s'échapper dans le plasma sanguin et se diriger vers un macrogamète.
Le microgamète s'approche du macrogamète (élément femelle), qui pousse à sa rencontre une élevure, sorte de pseudopode. Ce
Fig. 330. — Enkystement de l'Hématozoaire dans la Fig. 331. — Zygote mûr avec ses corps paroi gastrique du moustique (Ross). falciformes ou sporozoïtes (Grassi).
pseudopode happe le microgamète, qui pénètre dans l’intérieur du macrogamète et le féconde (fig. 340).
Ce macrogamète, une fois fécondé, change de forme et prend, environ douze heures après, une forme allongée, vermiculaire, poussant une sorte de bourgeon à l’une de ses extrémités. C'est l'ookinète, véritable œuf mobile. Doué de mouvements, il s'insinue entre les cellules épithéliales de la muqueuse gastrique du
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moustique, puis se transforme en un kyste pigmenté (zygote), qui atteint, quarante-huit heures après l'infection de l'hôte nouveau, les dimensions d'un globule rouge ; il siège dans la musculeuse; son volume augmente à tel point que le troisième jour il est six fois plus gros; il fait alors hernie dans la cavité du corps du moustique (fig. 330), et son protoplasma se divise en kystes filles ou sporoblastes (Schaudinn et Lühe), qui se divisent en corps falciformes ou sporozoîtes (fig. 331). Quand il est arrivé à maturité, la paroi du zygote se rompt (fig. 332); les sporozoïtes devenus libres envahissent la cavité générale de l’insecte, et de là, grâce aux mouvements dont ils sont animés, se rendent dans les glandes salivaires (fig. 333), où ils se groupent les uns à côté des autres, formant comme une palissade.
Si le moutisque porteur de sporozoïtes dans les glandes salivaires pique un sujet sain, il les inocule ; ces nouveaux éléments pénètrent