CARACTÈRES SPÉCIAUX A CHACUN DES TROIS TYPES MORPHOLOGIQUES
Plasmodium vivax.
(Synonymes : Plasmodium malariæ, var. tertiania, Celli el San Felice 1891; Hæmamæba malariæ, var. magna, Laveran 1900).
C'est le type morphologique qui correspond à la tierce bénigne; son cycle évolutif a une durée de quarante-huit heures, comprise entre le moment où le mérozoïte pénètre dans l’hématie et devient ainsi schizonte, et celui où des mérozoïtes nouveaux sont mis en liberté à la suite de la division totale du schizonte.
Schizonte. — Le mérozoïte qui va parasiter le globule rouge s'applique contre ce dernier avec une extrémité eftilée qui lui permet de pénétrer à son intérieur (fig. 337, 1).
Une fois devenu endoglobulaire (fig. 337, 2), le schizonte mesure 2 à 3u, ilest annulaire, maisovalaire ; le cyloplasma trèsneltement visible, teinté en bleu et contenant déjà du pigment malarique, est disposé en arc; le noyau, punctiforme, est coloré en rouge vif et situé au côté opposé du cytoplasma; il se divise parfois en deux noyaux, de volume inégal.
Un globule rouge peut être parasité par deux ou trois schizontes. Après ce premier stade qui dure douze heures environ, des transformations apparaissent, portant sur le parasite et sur l'hématie qui le contient.
970 | HÉMATOZOAIRE DU PALUDISME.
Le schizonte prend alors un aspect vermiculaire : le cytoplasma s'allonge (fig. 337, 4) ; il est animé en même tempsqu'’on observe de mouvements amiboïdes très actifs : le parasite émet en effet en tout sens des pseudopodes qui font constamment varier la ligne de son contour; son aspect rappelle à ce moment, d’après A. Billet, celui d’une hémogrégarine, d’où le nom de stade hémogrégariniforme qu'il a donné à cette phase de son évolution.
Son développement se poursuivant, le parasite, gêné, s’incurve (fig. 337,5) puis sereplie,si bien queses deuxextrémitésse rapprochent l’une de l’autre (fig. 337, 6). Parallèlement, le noyau, la vésicule nutritive et la vésicule nucléaire augmentent de volume. A cette époque, le schizonte semble présenter une forme arrondie ; son pigment devient de plus en plus abondant et se groupe par petits amas épars ; le parasite a atteint, vers la trentième heure, les dimensions de 8 u à 8u.,5.
L'hématie parasilée subit en même temps des modifications importantes : Va
Le globule rouge s’hypertrophie, son accroissement se trouvant en rapport direct avec celui du schizonte ; il peut atteindre jusqu'à 12 y. Il se déforme à la suite de la production d’encoches périphériques; il se décolore sous l’influence de l'absorption de l’hémoglobine par le parasite; enfin il contient des granulations arrondies, d’abord fines, à peine perceptibles, puis de plus en plus apparentes et abondantes au point de masquer en partie le schizonte. On ne peut les déceler qu'après coloration ; elles prennent une teinte rouge violacé foncé. Ce sont les granulations de Schüffner ; différentes des granulations de Maurer (Voy. type præcox), elles sont caractéristiques et spéciales aux globules rouges parasités par l’'Hématozoaire de la tierce bénigne.
Vers la trente-sixième heure on assiste alors au processus schizogonique proprement dit :
Le schizonte s'immobilise et s’arrondit; la vésicule nutritive disparaît, d’où rétraction du schizonte; le noyau devient énorme et prend un aspect étoilé (fig. 337, 7). Il se divise en deux, puis quatre, puis huit, puis seize noyaux; les grains de pigment s'amassent au centre du cytoplasma pour y constituer en définitive une masse granuleuse compacte ; le contour du parasite se festonne tandis que les noyaux vont se ranger vers la périphérie et se disposent généralement en deux zones concentriques ; on assiste ensuite insensiblement à la segmentation du schizonte, chaque segment se trouvant constitué par une petite masse protoplasmique qui s’est condensée autour d’un caryosome, et représentant un mérozoïte. Le schizonte