MODE D'INFECTION
IL estactuellementbien établi que Glossina palpalis estl’hôte intermédiaire, qui assure le plus fréquemment la propagation de la trypanosomiase humaine. D’après Roubaud, ce transport du virus peut être mécanique dans un certain nombre de cas (le pouvoir infectant ne serait pas alors supérieur à quarante-huit heures); mais il est le plus souvent consécutif à une évolution de longue durée dans le corps de l’insecte. Pour lui, l'introduction de Trypanosomes dans l'organisme des glossines serait suivie de deux phénomènes :
10 Culture banale dans l'intestin moyen, due à la présence du sang ingéré; elle est fugace et disparaît quand la mouche est soumise au jeûne;
20 Développement de longue durée pouvant amener une infection de tout le tube digestif, même de la trompe. C'est au moment où la trompe contient des Trypanosomes que la glossine est infectante.
D’après Tante, Glossina morsitans jouerait en certaines régions un rôle identique.
Enfin G. Martin, Lebœuf, Roubaud, ayant observé en des régions d’endémicité de maladie du sommeil l’absence de glossines, ont été tentés d'incriminer certains moustiques, notamment les Stegomyia et les Mansonia, qui pourraient jouer le même rôle.
De nombreux animaux sont réceptifs à Tryp. gambiense : cheval, chèvre, mouton, singe, lapin, cobaye, rat, souris.
Parmi les singes, les cynocéphales sontréfractaires; les macaques au contraire, sontsensibles. D’après Thiroux, Cercopithecus ruer pré-, sente une sensibilité toute particulière. Chez ces animaux, l’inoculation sous cutanée ou intraveineuse est suivie d’une infection rappelant d'assez près la trypanosomiase de l'homme; l’animal héberge de nombreux Trypanosomes dans son sang.
Par injection intrarachidienne, on peut reproduire la maladie du sommeil (Brumpt, Bruce).
Le rat blanc est un réactif très sensible, surtout après l'injection péritonéale ; après quinze jours d’incubation, les parasites sont perceptibles dans le sang ; chez eux, l'infection dure trois mois environ, se terminant par la guérison ou la mort.
DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE. 1045
Chez le lapin,le cobaye, les bovidés, les équidés, etc., les Trypanosomes abondent dansla circulation; mais l'infection revêt une allure lente et peut même ne s'accompagner d'aucun trouble appréciable.
Enfin la réalisation expérimentale de la trypanosomiase humaine peut être effectuée, chez le singe notamment, par la piqüre de glossines ayant sucé du sang de malades infectés (Bruce et Nabarro).
DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE DE LA TRYPANOSOMIASE HUMAINE.
Le diagnostic de la trypanosomiase humaine n’est souvent possible qu’à la faveur de la recherche du parasite ; cette dernière peut être complétée par l’examen des propriétés du sérum.
Recherche du parasite. — Examen du sang. — Prélever le sang par piqûre à l'extrémité du doigt, de préférence pendant un accès fébrile. L’examiner ensuite entre lame et lamelle. Cet examen à l'état frais permet de voir les Trypanosomes vivants et d'observer leurs mouvements. Comme ils sont parfois peunombreux, il est bon de prolonger la recherche pendant dix à vingt-cinq minutes avant de pouvoir se prononcer d'une façon ferme et de parcourir la préparation à l’aide d’une platine mobile qui permet d’en scruter successivement toute l'étendue.
L'examen à l'état frais fait encore percevoir un phénomène important pour le diagnostic : c'est l’auto-agolutination des hématies ; les globules rouges sont réunis en effet en amas, formant comme des îlots au milieu du plasma sanguin. Cette auto-agglutination peut même s’observer à l’œil nu, la préparation entre lame et lamelle présentant un aspect grenu particulier.
La recherche peut être effectuée après étalement, dessiccation, fixation et coloration. Pour la coloration, employer les procédés de Giemsa (fig. 356), Leishman, Laveran.
Si les Trypanosomes sont rares, il convient de faire des préparations épaisses, en dissolvant l’hémoglobine par l'acide acétique à 4 p. 100 (Laveran).
A l’aide de ces méthodes simples, on obtient habituellement des résultats positifs dans 32 à 38 p. 100 des cas; quelques auteurs ont
pu les obtenir dans 50 p. 100.
L'examen du sang après centrifugation donne une proportion plus
élevée : 90 à 95 p. 100.
Prélever le sang par ponction d’une veine du pli du coude à l’aide d’une aiguille de platine stérilisée. Le sang est recueilli directement dans un tube à centrifugation contenant préalablement 1 centimètre cube de solution
1016 | TRYPANOSOMES.
citratée. 10 centimètres cubes de sang sont ainsi soumis à trois centrifugations successives.
Par une première centrifugation, on sépare la plus grande partie des globules rouges du plasma qui renferme alors les globules blancs, les Trypanosomes et souvent des filaires. Dans ce but, G. Martin et Lebœuf conseillent d'arrêter la centrifugation vers la septième minute et de vérifier de minute en minute le moment où la séparation en deux couches est à peu près distincte. Pour qu’elle soit favorable à l'examen, la partie liquide doit tenir en suspension quelques nuages d'hématies.
Décanter et soumettre le liquide à une deuxième centrifugation pendant dix minutes. Le sédiment obtenu contient des leucocytes, une petite quantité de globulesrouges, toutesles filaires et parfois quelques rares Trypanosomes
Enfin, après une troisième centrifugation de vingt minutes de ce liquide encore décanté, on obtient un dépôt qui contient quelques leucocytes et
kématies et les Trypanosomes restés en suspension lors de la deuxième centrifugation.
On prélève alors le sédiment qu’on observe entre lame et lamelle ou après coloration.
Louis Martin opère plus simplement : 5 centimètres cubes de sang prélevés par ponction veineuse sont recueillis dans un volume égal d'eau physiologique additionnée de 1 p. 100 d’oxalate de potassium. Centrifuger énergiquement. La couche des hématies est surmontée d’une légère couche blanchâtre de leucocytes où se trouvent les Trypanosomes. Recueillir cette couche à l’aide d’une pipette effilée, et examiner comme précédemment.
Examen du suc ganglionnaire. — L'examen doit porter sur un ganglion nettement hypertrophié. Après asepsie de la région, on immobilise le ganglion entre le pouce et l’index-de la main gauche ; de la main droite, on ponctionne à l’aide d’une aiguille de seringue. L’aiguille introduite comprime le ganglion pour en exprimer le suc qui monte par capillarité. Retirer l'aiguille ; refouler le contenu à l’aide d’une seringue bien sèche, etexaminer à l’état frais entre lame et lamelle la ou les gouttes obtenues. On peut aussi faire des étalements que l’on colore par les procédés décrits.
Les Trypanosomes peuvent être abondants ourares sans raison appréciable. En cas de résullat négatif, il est bon de renouveler la recherche sur d’autres groupes ganglionnaires. C’est dans les ganglions cervicaux qu'ils se trouvent en général en plus grand nombre.
G. Martin et Lebœuf ont enregistré par cette technique 91 p. 100 de résultats positifs.
Examen duliquide céphalo-rachidien.— Par une ponction lombaire, recueillir 20 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien ; ce dernierpeutêtre louche ou clair. Centrifuger. Décanter le liquide ; là l’aide d’une pipette effilée, puiser Le culot de centrifugalion ;examiner sur lame à l’état frais ou après dessiccation et coloration.
Outre des lymphocytes et des grands mononucléaires, on constate des Trypanosomes, dont le nombre varie suivant les cas.
TRYPANOSOMA BRUCEI (TR. DU NAGANA). 1017
Inoculations. — Lesrésultats des recherches précédentes peuvent rester négatifs, et le Trypanosome être cependant présent. Les inoculations à l'animal, en faisant porterla recherchesur une plus grande quantité du produit à expertiser, permettent de mettre en évidence le parasite resté introuvable par les méthodes directes.
Inoculer sous la peau ou dans le péritoine, de préférence au Cercopithecus ruber, 20 centimètres cubes de sang, 10 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien. Après une incubalion de sept à vingt-quatre jours, Thiroux et d’Anfreville ont ainsi obtenu des résultats positifs dans des cas où l'examen direct avait échoué, même après centrifugation.
La découverte du Trypanosoma gambiense dans un organisme, par l’une quelconque de ces méthodes, impose le diagnostic de trypanosomiase.
Examen des propriétés du sérum. — Ces recherches peuvent être complétées par la recherche de la réaction trypanolytique et du phénomène de l'attachement dont il a été question plus haut.
TRYPANOSOMA BRUCEI (TR. DU NAGANA).
Le nagana est une infection trypanosomiasique qui atteint, en Afrique centrale, le cheval, l’âne, le bœuf, le chien.
Morphologie. — Trypanosoma Brucei est long de 20 à 30 sur 4u,5 à 2u,5 de large. IL est mobile. L’extrémité postérieure est arrondie ; le protoplasma contient des granulations chromatiques ; le noyau ovoide est central ; la membrane ondulante est fortement plissée ; le flagelle est long et robuste.
Il se multiplie par division binaire longitudinale.
Dans le sang des animaux injectés, observé in vitro, les parasites s'accolent entre eux pour figurer des rosaces, dans lesquelles ils se touchent par l’extrémité postérieure, les flagelles se trouvant à l’extérieur. Cette agglutination s'effectue plus rapidement à la suite de l’addition de sérum d'animal immunisé (Nocard).
Culture. — Le parasite pousse assez bien à 250 dans l’eau de condensation des tubes de gélose-sang de Novy et Mac Neal. Les Trypanosomes y sont groupés deux par deux, réunis par leur extrémité postérieure ; plus tard ils sont agglomérés en rosace.
Action pathogène expérimentale. — L'inoculalion souscutanée, intraveineuse, intrapéritonéale, de sang riche en Trypanosoma Brucei reproduit facilement l'infection et entraîne la mort chez le singe, le chien, lerat, la souris, Le lapin, le cobaye, le cheva
1018 TRYPANOSOMES.
chez le bœuf, le mouton et la chèvre, l'infection prend une allure chronique qui peut aboutir à la guérison.
Modedetransmission.— La propagation de l'infection s'effectue par l'intermédiaire des mouches tsetsés ou glossines.
Immunité. — Les animaux qui guérissent du nagana sont vaccinés contre de nouvelles atteintes; injecté à des animaux neufs, leur sérum protège ces derniers contre l’action pathogène du Tr. Brucei.
D'après Laveran, le sérum humain possède un pouvoir préventif et curatif relatif. Chez des animaux infectés, l'injection de sérum humain fait disparaitre momentanément les Trypanosomes. Inoculé à titre préventif, il peutretarder le développement du parasite, mais il ne l'empêche pas.
TRYPANOSOMA EQUIPERDUM (DOURINE).
La dourine est une affection spéciale au cheval. Elle se propage par le coit. Son asent pathogène spécifique est Trypanosoma equiperdum, découvert pir Rouget en 1884.
Morphologie. — Long de 25 à 28 y, large de 2 uw, il présente une extrémité postérieure bifide ; le protoplasma est dépourvu de granulations : noyau médian, membrane ondulante bien plissée. Mobilité assez accusée avec mouvements de translation.
Li multiplication s'effectue par division binaire longitudinale.
Tous les essais de culture ont échoué.
Action pathogène expérimentale. — On peut infecter les animaux sensibles (souris, rat blanc, lapin, chien, cheval, âne) par inoculation souscutanée, intraveineuse, intrapéritonéale de sang trypanosomifère, ou de sérosité sanguinolente recueillie au niveau des organes génitaux externes ; de même encore il suffit de déposer sur une muqueuse excoriée la sérosité en question.
Ces faits montrent comment s'effectue la propagation par contact.
Chez le cheval, l’inoculation sous-cutanée reproduit trait pour trait la maladie contractée naturellement : œdème au point inoculé, production de plaques indurées au niveau de la région costale, de la croupe, de l’encolure, etc., anémie, paraplégie, accès épileptiformes.
Le singe, le cobaye, les bovidés, les oiseaux sont rétractaires.
lmmunité. — D'après Rouget, le sang d'animal infecté, recueilli à la période ultime de la maladie, possède pour la souris un pouvoir préventif, mais est dénué de propriétés curatives.
TRYPANOSOME DU SURRA (TR. EVANSI).
Le surra est une trypanosomiase qui sévit dans l'Inde, en Indo-Chine, aux Philippines, chez le cheval, l'âne, le chameau, l'éléphant. Le Trypanosome, agent pathogène de cette infection, a été découvert
TRYPANOSOME DU MAL DE CADERAS (TR. EQUINUM). 1019
par G. Evans en 1880. Il est morphologiquement semblable à Trypanosoma Brucei (fig. 357). Les cultures sont plus difficiles à obtenir qu'avec ce dernier.
Il est transmis par l'intermédiaire de certaines mouches (tabanides stomoxes); on ignore toutefois s’il peut se multiplier dans l'organisme de ces mouches, comme Trypanosoma Brucei dans celui des glossines.
Laveran et Mesnil ont montré que des chèvres vaccinées contre le
nagana étaient sensibles au Trypanosome du surra, au mêmeTtitre que les animaux neuls.
TRYPANOSOME DU MAL DE CADERAS (TR. EQUINUM).
Le mal de Caderas, ou maladie de la croupe, sévit sur les chevaux en Amérique du Sud.
Trypanosoma equinum, son agent pathogène, décrit par Elmassian, est
"&; ÿ A, 1 4 Pl » x:
ten f és CIS ÿ { LS Fig. 357, — Trypanosoma Evansi Fig. 388. — Trypanosoma equinum (surra). (mal de Caderas),
long de 20 à 25 y, large de 3 à 4 y. Identique à Trypanosora Evansi et Trypanosoma Brucei, 11 en diffère cependant par la petitesse de son centrosome (fig. 358).
On observe avec lui les phénomènes d’agglutination ?n vitro.
Le parasite est inoculable aux animaux suivants : singe, chien, chat, cobaye, souris, lapin, équidés. Les bovidés, le porc, le mouton et la chèvre sont moins sensibles.
La spécificité de ce Trypanosome peut se mettre en évidence dans les recherches d’immunité croisée avec les Trypanosomes de la dourine et du nagana. Des animaux vaccinés par ces derniers restent s-nsibles à l’action de Trypanosoma equinum.
Laveran et Mesnil ont montré le pouvoir préventif du sérum humain
+020 TRYPANOSOMES.
sur l'infection expérimentale par ce parasite. Son action curative est très limitée.
TRYPANOSOME DU RAT (TR. LEWiSl).
Le Trypanosome du rat a été découvert par Lewis en 1878. Il est fréquent chez Mus ratus, Mus decumanus, Mus rufescens. Sa présence dans le sang de cet animal ne provoque aucun symptôme morbide, sauf parlois à la suile d’inoculations expérimentales.
Morphologie. — Examiné à l’état frais, Trypanosoma Lewisi se montre sous l'aspect d’un corps aplatiet fusiforme: il est souvent enroulé sur lui-même ; il est extrêmement mobile ; il traverse rapidement le champ des préparations, la flagelle en avant, comme une flèche, d’où l’expression consacrée de « mouvement en flèche ».
Après coloration, on perçoit un protoplasma finement granuleux noyau ovalaire occupant le tiers antérieur du corps ; membrane ondulante,
Fig. 3.9. — Trypanisoma Lrivisi du rat,
1,2, 2’, différentes phases de la division; 3, multiplication par rosaces ; 4, formes jeunes
(d’après Laveran et Mesnil).
incolore, limilée par le flaselle, qui se teinte en lilas, comme le noyau et le centrosome.
Reproduction. — Les figures de multiplication s’observent de préférence dans l’exsudat péritonéal du rat inoculé avec du sang trypanosomifère depuis cinq à huit Jours.
Le parasite augmente tout d'abord de volume, puis le centrosome se rapproche du noyau; noyau ct centrosome se divisent: la base du !aglle, puis tout le flagelle se clivent; ilen résulte deux flagelles; le protoplasma se divisé ensuite, pour donner lieu à deux parasites jeunes, qui ultérieurement peuvent suivre la même évolution (fig. 359).
On connaît un autre mode de reproduction : le Trypanosome s’arrondit et se montre sous laspect d’un corps sphérique muni de plusieurs
AUTRES TRYPANOSOMES. 1021
flagelles ; les noyaux, centrosomes, flagelles se divisent; la périphérie de la masse protoplasmique se festonne, puis celle-ci se segmente pour figurer une rosace dont les éléments se dessoudent et représentent, une fois libres, des parasites filles qui évoluent ensuite vers le stade adulte et peuvent se diviser suivant le premier mode.
Cultures. Des cultures repiquables s'effectuent en milieu de Novy et Mac Neal à 240. On y rencontre des formes rondes on allongées, fusiformes, ou piriformes, enfin des formes en rosace.
Injectées au rat, ces cultures produisent l'infection sanguine.
Agglutination. — Dans le sang conservé à la glacière, des amas apparaissent vers le deuxième jour, formant des rosaces où les éléments sont attachés par leur extrémité non flagellée,
Cette agglutination est pour ainsi.dire instantanée et totale quand on ajoute au sang trypanosomé du sérum de cheval, de poule, de chien, de lapin, ou mieux encore du sérum de rats immunisés. Les amas se dessoudent quelques heures après la production du phénomène (Laveran et Mesnil).
Expérimentation. — Les inoculations sous-cutanées, intraveineuses, intrapéritonéales, chez le rat, reproduisent l'infection ; les parasites apparaissent dans le sang après trois à quatre jours (résultats négatifs chez les autres animaux). Le rat peut encore s'infecter par la voie gastrique.
Mode d'infection. — Le rat se contamine très probablement par la voie gastrique, en ingérant les cadavres des rats infectés. Les puces joueraient ainsi un rôle de transmission. Prowazek à incriminé Hæmatopinus spinulosus.
Immunité. — Un rat anciennement infecté résiste à des inoculations ultérieures. Son sérum, surtout s'il a reçu plusieurs injections, est doué de propriétés préventives chez l’animal neuf; mais il ne possède aucun pouvoir curatif.
AUTRES TRYPANOSOMES.
On connait encore d’autres trypanosomiases sévissant chez l'homme et.les animaux en Afrique, dans l'Inde, etc.
Signa'Ons :
Trypanosoma Theileri qui se rencontre chez les bovidés de l'Afrique australe.
Trypanosoma dimorphon (Dutton et Todd) s’observe en Sénégambie chez les chevaux ; très semblable à Trypanosoma Brucei, il'se fait remarquer par son extrémité postérieure très élargie, qui le fait ressembler à un tétard.
Trypanosoma Cazalboui, découvert par Cazalbou chez les équidés et bovidés atteints de Souma.
T'rypanosoma Pecaudi, qui, au Soudan, infecte leschevaux et les bestiaux atteints de Baleri.
Trypanosoma Congolense, qui, d'après Broden, infecte les moutons el les bovidés dans les régions de Léopoldville et Brazzaville.
Mentionnons encore T'rypanosoma Cruzi auquel Chagas attribua en 1909 une foule d'infection aiguëset chroniques atteignant notamment des enfants en Amér que du Sud (maladie de Chagas). Ce Trypanosome est transmis par Conorhinus megistus qui l'ingère; dans son estomac il prend une forme immobile qui reprend sa mobilité dans l'intestin; il est évacué par
1022 TRYPANOSOMES.
les déjections. Il infecte à coup sûr les vertébrés dès qu’il est en contact avec une muqueuse quelconque (buccale, oculaire, rectale) ou plus rarement en traversant l'épiderme.
Brumpt a constaté que trois espèces de punaises (C. lectularius, C. rotundatus, C. Boueti) et un acarien (Ornithodorus moubata) jouaient un rôle, mais moins important que Conorhinus megistus, dans les épidémies de maison.
Ce trypanosome est inoculable aux vertébrés. Le chat et le tatou contractent l'infection dans les conditions naturelles.
L'inoculation est suivie d’une pénétration du parasite dans les fibres musculaires et les fibres cardiaques, les cellules de la névrog ie, etc., où il prend la forme Leishmania. De là, il gagne les viscères; quatre à cinq jours après, il commence à prendre l'aspect classique des Trypanosomes et envahit la circulation où il revêt la forme jeune; ce n’est qu’au bout de huit jours qu’apparaissent les formes adultes.
Chagas a pu cultiver Tryp. Cruzi sur gélose-sang.
Enfin on connaît maintenant les Trypanosomes des Oiseaux (Trypanosoma avium), des Verlébrés à sang froid (Batraciens, Poissons, Reptiles, ete.)
AUTRES TRYPANOSOMES.
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