VIRUS D’UNE VARIÉTÉ DE DIPHTÉRIE AVIAIRE
Ce virus, découvert par Bordet, se rapproche du précédent par ce fait qu'il traverse les filtres, mais peut être décelé au microscope. Il est l’agent pathogène, non de la diphtérie aviaire, mais d'une variété de cette dernière (on sait en effet que la formation de fausses membranes sur les muqueuses des poules ressortit à l’act:on pathogène de germes différents).
Ce microbe atteint les limites de la visibilité; Bordet le décrit sous l'aspect d'éléments granuleux réunis en amas, se colorantbien par le Giemsa et l'encre de Lôffler, prenant généralement l’aspect
1028 MICROBES ULTRAMICROSCOPIQUES.
d'un point ou de bâtonnets {très grèles. L’ensemencement sur gélosesang d’une émulsion de fausse membrane recueillie sur la nictitante d'une poule atteinte donne l'aspect suivant :
Il n'existe pas de culture apparente : la surface de la gélose prend seulement une teinte noirâtre. On gratte cette surface à l’aide d’un fil de platine et l’on porte ce dernier dans une gouttelette d’eau; celle-ci, mise en contact avec une muqueuse grattée préalablement, reproduit la maladie.
Carmvath estime que ce germe est identique à celui de l’épithélioma contagieux des oiseaux qu'il a pu reproduire après inoculation à la crête avec le virus recueilli dans des cas de diphtérie aviaire analogues à ceux que Bordet a décrits.
Ce sont Les beaux travaux de Ch. Nicolle, Conor, Comte et Conseil qui ont récemment fait connaître la nature étiologique véritable du typhus pétéchial.
Reproduction expérimentale. — Ces auteurs ont tout d'abord établi l’inoculabilité du typhus exanthématique au singe (chimpanzé et macaque). Le chimpanzé est plus réceptif que les macaques.
On reproduit à coup sûr l'infection chez le chimpanzé en lui inoculant sous la peau ou dans le péritoine, # à 5 centimètres cubes ou même parfois seulement O0c,5 à 1 centimètre cube de sang d'homme atteint de typhus. Après une incubation de huit jours environ, la température s'élève brusquement, s’abaisse Ie lendemain, puis remonte les jours suivants, pour constituer un plateau durant huit à dix jours; puis la défervescence s'établit assez rapidement. Les symptômes sont assez modérés : on note de l’inappétence, l'animal est triste, le poil est hérissé, les yeux sont injectés. Enfin une éruption se déclare, à la face principalement, rappelant trait pour trait l'éruption du typhus humain.
On observe tous les degrés d'intensité, depuis les cas bénins, frustes, jusqu'aux formes les plus graves. se terminant par la mort.
L’inoculation à un animal neuf du sang d'animal infecté reproduit les mêmes phénomènes.
Le sang est virulent dans les premières heures de la fièvre; il l’est encore au deuxième jour de la convalescence.
Ch. Nicolle a observé des faits identiques avec le bonnet chinois, mais seulement après passage du virus humain par le chimpanzé. A retenir qu'il a pu conférer l’immunité au bonnet chinois avec le
sang recueilli deux jours avant le début de la fièvre. Le virus serait donc présent dans le sang à cette période.
Bien qu’à un moindre degré, le cobaye est également réceptif au virus du typhus (Ch. Nicolle, Conseil et Conor).
Quand on injecte à cet animal (voie péritonéale) des quantités variables (8, 6, # centimètres cubes) de sang virulent d’un typhique, on constate que les fortes doses déterminent la mort en quelques jours après un certain degré d'amaigrissement, de l’hypothermie ef parfois des paralysies.
Avec de faibles doses (2 à 3 centimètres cubes), à part une légère perte de poids, on ne constate aucun symptôme apparent; mais si l’on prend régulièrement la température, on observe qu'après une incubation de dix à douze jours, l'animal présente de la fièvre continue, comparable à celle que montrent les singes inoculés; l’animal survit en général à cette infection expérimentale légère.
Bref, le typhus du cobaye se résume dans une simple élévation de température qui ne dure que quelques jours.
11 s’agit bien de l'infection spécifique, car :
1° Le sang d’un cobaye ainsi infecté se montre virulent pour le singe et peut fournir une longue série de passages alternatifs par les cobayes et les singes.
20 Un singe infecté avec le sang d’un malade contracte l’immunité vis-à-vis de l’inoculation ultérieure d’un virus passé par le cobaye.
Des faits identiques ont été relevés au Mexique par Gavino et Girard et confirmés par d’autres auteurs.
Pendant la période fébrile, non seulement le sang, mais tous les viscères (même après lavage prolongé à l’eau physiologique des vaisseaux dont on a ainsi chassé le sang), rate, foie, capsules surrénales, moelle osseuse, cerveau, glandes salivaires, muscles sont virulents. Une plus grande virulence semble appartenir au sang pendant les deux premiers jours, puis aux organes vers le troisième jour.
À noter que certains cobayes ainsi inoculés restent apyrétiques, et cependant leur sang se montre virulent vers le seizième ou dix-septième jour.
Enfin, chez le lapin, Ch. Nicolle et Blaizot ont observé le typhus expérimental à la suite d’injections intraveineuses de deux centitimètres cubes d’émulsion de capsules surrénales de cobaye au trente-sixième passage. Il ne se traduit, comme chez ce dernier, que par de la fièvre : mais la durée de la période d’incubation est plus variable : elle peut atteindre trente-quatre jours, d’où la nécessité d'observer les animaux au moins pendant un temps équivalent.
1030 MICROBES ULTRAMICROSCOPIQUES.
Tous ces résullats d'ordre expérimental furent confirmés par de nombreux auteurs.
Répétées en des régions diverses, ces expériences montrèrent partout l’unité de nature du typhus exanthématique et permirent même de lui assimiler certaines infections mal cataloguées comme le « Tabardillo du Mexique » (Anderson et Golberger, Ricketts et Wilder), comme aussi la maladie de Brill observée aux États-Unis.
Mode de transmission. — Ch. Nicolle, Comte et Conseil ont démontréqueletyphusexanthématique se disséminaitetse transmettait par les poux (Pediculus vestimenti). Leurs études épidémiologiques le leur avaient fait supposer; l’expérimentation le prouva nettement.
On fait piquer par des poux des singes infectés; on dépose les insectes sur des singes neufs; après une incubalion de plusieurs jours ces derniers présentent une atteinte typique de typhus expérimental. Le pou ne devient infectant que du cinquième au septième jour après Le repas infectant. Le virus subirait donc dans l'organisme de l’insecte une évolution particulière, pouvant seule lui conférer ce pouvoir.
Ces notions sont admises par tous les auteurs; elles ont été confirmées par les résultats heureux de la prophylaxie par le seul épouillage.
Reste à savoir comment se fait l’'inoculation par le pou. Quelques auteurs estiment qu'elle est due à la piqûre du pou infecté. D’autres pensent qu'elle s'effectue par les déjeclions des parasites qui, riches en virus, arriveraient à souiller spécifiquement des excorialions produites à l’occasion du grattage provoqué par la démangeaison.
Après épilation du ventre d'un cobaye, Mueller et Urizio pratiquèrent de petites scarifications et badigeonnèrent la région ainsi lésée avec une émulsion de déjections de poux infectés sur l'homme. L'animal présenta au bout de dix jours les phénomènes fébriles caractéristiques du typhus expérimental, ainsi que le prouvèrent plusieurs passages positifs sur d’autres cobayes avec le sang de l’animal en expérience,
Nature du virus. — Nombreuses ont été les recherches destinées à déterminer la nature de l'agent pathogène du typhus exanthématique. Nombreux sont aussi les germes que l’on a été tenté d’incriminer comme devant jouer ce rôle.
Gotschlich a trouvé dans Les hématies une espèce de piroplasme ; Thoinot et Calmette ont décelé dans le sang des flagelles. Brühl et Dubief ont isolé des vo’es respiratoires un diplocoque, Hlava un streptobacille, Plofz un bacille ovoïde, etc. Aucun de ces parasites n'a pu être cons'déré comme l'agent spécifique de cette infection.
Certaines recherches ont cependant attiré récemment l'attention d’une façon plus particulière :
En 1910, Ricketts et Wilder ont décelé, dans le sang de malades atteints de typhus exanthématique, un bâtonnet court, immobile, disposé souvent en diplobacille, se colorant davantage à ses extrémités,
Ce germe n'était pas cultivable dans les milieux ordinaires. En outre, les auteurs constatèrent constamment sa présence dans le contenu intestinal des poux infectés par succion du sang des typhiques, alors que les fèces des poux normaux ne le montrèrent que très rarement et contenaient au contraire une grande quantité de bacilles de nature banale.
Gavino et Girard au Mexique, von Prowazek à Belgrade décrivirent des microorganismes analogues.
En 191%, Edm. Sergent, Foley et Vialatte ont mis en évidence, chez les poux recueillis au cours d'une épidémie de typhus, des bacilles analogues : coccobacilles à aspect bipolaire, disposés par paires ou même par chaînettes ; ils ne les ont vus que dans les élevages de poux ayant donné à des sujets sains le typhus exanthématique; par contre, leur absence a été la règle chez les poux non inrectés.
Ch. Nicolle, Blanc et Conseil retrouvent en Tunisie le même germe chez 5 p.100 des poux récoltés dans une région indemne de typhus depuis deux ans. D’après eux, il ne peut être l'agent du typhus.
Da Rocha Lima et von Prowazek (1916) ne les rencontrent que chez les poux infectés sur des typhiques ; il leur donnent le nom. de Rickettsia Prowazeki, et déclarent qu'ils représentent l'agent spécifique du typhus. Mêmes conclusions de Nüller, de Tüppfer et Schüssler, d'Otto el Dietrich.
On estime en général, avec Brumpt, qui a constaté ces bactéries dans l’organisme de poux recueillis sur des prisonniers allemands en des régions indemnes de typhus, qu'elles n'ont aucun rapport avec la spécificité du typhus; si elles peuvent se rencontrer dans le sang de certains typhiques, c’est qu'elles ont sans doute été inoculées par le pou sans avoir d'action pathogène ; elles peuvent être un simple témoin de l’infestation pédiculaire du malade.
Ch. Nicolle a pensé que le virus typhique pouvait être un virus invisib'e : L'examen du sang des malades et des animaux infectés expérimentalement n'a révélé en effet à Ch. Nicoile la présence d'aucun microorganisme ; les résultats fournis par le microscope et l’ultramicroscope restent négatifs. Il en est de même de l’hémoculture.
1032 - MICROBES ULTRAMICROSCOPIQUES.
De plus, le sérum oblenu par simple coagulation, injecté au bonnet chinois après filtration, se montre immunisant et peut-être virulent. À lui seul, ce fait paraît suffisant à Ch. Nicolle pour démontrer que le virus pourrait traverser les filtres.
Par contre, le sérum obtenu par centrifugation, injecté aux animaux sains après filtration, n’est ni virulent, ni immunisant; ces expériences négatives peuvent s'expliquer par ce fait que les débris cellulaires contenus dans le sang défibriné colmatent les pores du filtre. Et de fait, en séparant par centrifugation les divers éléments constitutifs du sang, Ch. Nicolle a constaté que les leucocytes étaient assurément les plus virulents; le plasma l’est beaucoup moins, et, s’il possède encore quelque virulence, ce doit être à la faveur des débris leucocytaires qu’il véhicule; les globules rouges lavés sont dénués de virulence. Pour lui, le virus doit être contenu dans les leucocytes. Ces derniers présentent d’abord fréquemment des lésions dégénératives pouvant être en rapport avec la présence du parasite. D'ailleurs une dose minime de ces éléments détermine une infection rapide et grave.
En 1919, à l’occasion du typhus qui sévit à Marseille, Borrel, Cantacuzène, Jonesco Mihaesti et Nasta décrivirent chez le pou nourri de sang de typhique un cocco-bacille encapsulé Gram-négatif, se colorant principalement par le Giemsa ou le panchrome; les cultures sur gélose de Bordet se montrèrent sous la forme de colonies opalines et transparentes, avec un aspect filant caractéristique. Ils retrouvèrent ce germe à l'autopsie de plusieurs typhiques, au niveau des méninges (frottis et ensemencement). Les auteurs se gardent bien d'affirmer leur rôle spécifique.
Immunité. — Une première atteinte de typhus confère chez le singe une immunité solide, quel qu’ait été Le mode d'infection ; mais il faut que la maladie ait été grave. Si elle a été légère, l’immunité n’est pas sûrement obtenue. Elleest exceptionnelle quand l'injection virulente n'a été suivie d'aucune réaction fébrile apparente.
La même immunité s’observe chez le cobaye guéri du typhus expérimental.
Cette propriété a été utilisée par divers auteurs pour établir, à l’aide des épreuves d’immunité croisée, la nature typhique d’affections diverses présentant une certaine analogie avec le typhus classique (expériences d’Anderson et Goldberger sur la maladie dite de Brill, observée aux États-Unis), de même aussi l'identité spécifique des cas de typhus de provenances les plus diverses. C'est ainsi que Ch. Nicolle a pu déterminer l'identité du virus balkanique de la retraile de Serbie et du virus africain ; Netter et Blaizot
arrivèrent à des conclusions semblables en ce qui concerne le virus africain et le virus parisien.
Propriétés agglutinantes du sérum des malades. — En 1915, Weilet Félix isolèrent de l'urine d’un malade atteint de typhus pétéchial un bacille qu'ils identifièrent avec le Proteus vulgaris ; bacille court, mobile, Gram-négatif, liquéfiant la gélatine, faisant fermenter les milieux glucosés, saccharosés, maltosés et mannités, et produisant de l’indol.
Ce germe, qu'ils dénommèrent Proteus X?, était agglutiné par le sérum du malade à 1/200. Ils retrouvèrent le même microbe dans neuf autres cas, et constatèrent les mêmes propriétés agglutinantes du sérum de plusieurs typhiques. Au cours de leurs recherches, ils isolèrent une variété de Proteus qu'ils désignèrent sous le nom de Proteus X1°, semblablel'aux précédents, mais douée d’une agglutinabilité beaucoup plus marquée : 1/2009, En raison de ce caractère spécial, c’est le germe qu'ils utilisèrent de préférence à tout autre, et qui fut distribué dans tous les laboratoires.
Chez le typhique, cette agglutination commence à apparaître habituellement vers le quatrième ou sixième jour de l'infection ; elle subit ensuite une marche ascensionnelle, dont le maximum se manifeste vers Le moment de [a chute de la température, puis elle diminue d'intensité pour ne disparaître qu'après plusieurs semaines ou plusieurs mois. On peut la voir s'élever couramment à 1/400 et 1/800 dans les cas légers ; dans les cas graves, elle peut atteindre les taux de 1/1 000, 1/4000, 1/6 000 et même 1/10 000.
Ces recherches ont fait naître di interprétations émises sur la signification de cette agglutination et sur sa nature.
On estima tout d’abord qu'elle avait une haute valeur ren Weil et Félix, puis Friedberger conclurent au rôle spécifique joué par le Proteus dans l’étiologie du typhus.
De graves objections s'opposent à cette conception. En effet : outre que ce Proteus ne se retrouve pas dans tous les cas de typhus exanthématique, Sacquépée et de Lavergne ont pu constater chez des blessés de guerre la prêsence d'un germe identique et réagissant comme le Proteus X1° vis-à-vis du sérum des typhiques.
De plus, l’inoculation des cultures du Proteus X® au singe reproduit une infection qui n’a rien de comparable avec le typhus exanthé.matique expérimental.
Puis, quand on inocule simultanément au cobaye le virus exanthématiqueetune demi-anse deculture de Proteus sur gélose, on détermine deux maladies distinctes qui évoluent à dix ou douze jours d'intervalle : aussilôt après l'injection, l'animal présente de la
1034 MICROBES ULTRAMICROSCOPIQUES.
fièvre et une infection qui dure quelques jours ; il guérit, puis'après une incubation de douze jours après l’inoculation, une nouvelle élévation de température apparaît, mais relevant cette fois du virus typhique.
L'expérience peut être conduite encore de la façon suivante : on injecte au cobaye du sang virulent de typhus ; douze jours après, on observe chez lui la fièvre caractéristique, à la suite de laquelle l'animal devient réfractaire à une réinjection de sang virulent. On lui inocule alors une anse de culture de Proteus X® qui amène la mort, comme chez les témoins.
Ou encore :
On vaccine le cobaye contre Proteus X® avec une faible dose de ce dernier, puis on lui injecte du virus typhique : la vaccination préalable ne le préserve pas de l’action pathogène de ce dernier.
Enfin, on peut aussi injecter préventivement au cobaye du sérum anti-X1° qui le protège contre une inoculation de ce germe, mais nullement contre le typhus expérimental.
Ces expériences sont donc de nature à montrer nettement que Proteus X1% n'intervient en rien dans la détermination spécifique du typhus exanthématique.
Cette agglutination pouvait alors être considérée comme celle d'un germe jouant un rôle d’association secondaire ou même de symbiose avec le virus spécifique inconnu; hypothèse insoutenable, car le sérum des typhiques ne contient aucun anticorps visà-vis du Proteus, alors que ce dernier développe nettement une sensibilisatrice dans le sang du singe ou de l’homme qui en ont recu expérimentalement sous la peau. 11 ne saurait donc s’agir que d'une agglutinine hétérologue.
De quelle nature est donc cette agglutinine, etcomment apparaîtelle dans le sérum des malades ?
Ch. Nicolle avait déjà noté que le sérum de typhiques agglutinait parfois à un taux assez élevé Le M. melitensis ; il avait d’ailleurs pensé en tirer parti pour le diagnostic bactériologique du typhus. On fit la même remarque pour certaines races de pyocyanique ; puis on se prit à observer que chez des malades atteints de typhus, et ayant présenté auparavant des fièvres typhoïde ou paratyphoïde, le sérum, qui agglutinait déjà cette catégorie de germes, les agglutinait davantage au cours de l'infection exanthématique ; il se produit donc, en l'espèce, un renforcement de cette agglutination au cours du typhus pétéchial. On peut dès lors supposer que les agglutinines du Proteus, qui existent normalement à des dilutions plus élevées dans le sérum de tout sujet normal, subissent ce
même renforcement sous l'influence du virus du typhus exanthématique.
Diagnostic bactériologique.— Le diagnostic par les moyens delaboratoire peut être d’un secours puissantdansles cassporadiques, dans les cas frustes, enfin quand l'affection prend des allures anormales. 11 peut être réalisé par plusieurs méthodes.
19 Inoculation au cobaye. — Prélever 2? à 3 centimètres cubes de sang dans la veine du malade au moment de la période fébrile ; les injecter dans le péritoine de deux à trois cobayes.
Observer ces animaux qui, s’il s’agit d’un cas de typhus, présentent après dix à douze jours d’incubation une fièvre continue de quelques jours.
Il convient d’expérimenter au moins sur deux animaux, car certains d'entre eux font un typhus apyrétique.
Ce procédé a l'inconvénient de fournir une réponse tardive : il est actuellement avantageusement remplacé par le suivant :
20 Réaction de Weil-Félix. -—- 1° Emulsionner dans 2 centimétres cubes d’eau physiologique une culture sur gélose de Proteus X1°, âgée de dix-huit heures.
2° Préparer une série de tubes à agglutination, dans lesquels on verse 1 centimètre cube de dilution du sérum à examiner à 1 p. 50, 4 p.100, p. 200, p. 300, p. 400, p. 500 et plus s’il en est besoin.
3° Verser dans chacun | goutte de l’'émulsion microbienne ; bien mélanger sérum et culture.
4° Porter à l’étuve à 37° pendant deux heures, puis à la température du laboratoire ; après dix-huit heures on observe les résultats.
L'examen ne peut être dit « positif » que si l’agglutination se produit au moins à { p. 100 ; au-dessous de ce taux il n’a aucure valeur ; en ce cas recommencer le prélèvement de sang deux à trois jours après, et ainsi de suite ; en cas de typhus on assistera ainsi, par l'établissement d’une courbe, à la marche ascensionnelle du pouvoir agglutinant du sérum du malade,
Cette épreuve peut servir aussi à poser un diagnostic rétrospectif, l’agglutinalion survivant un certain temps à la défervescence ; elle peut présenter un grand intérêt pour la prophylaxie.
39 Réaction d’Ascoli. — Braunasignalé la possibilité d'établir un diagnostic par la réaction des thermoprécipitines, décrite par Ascoli pour la diagnose de la peste et du charbon :
0cc,5 de liquide céphalo-rachidien du malade prélevés à l’acmé de l'affection sont additionnés de 2 centimètres cubes d'eau physiologique. On porte à l’ébullition pendant cinq minutes au bain-marie. Filtrer jusqu’à clarification complète.
1036 MICROBES ULTRAMICROSCOPIQUES.
Même opération avec un liquide céphalo-rachidien de sujets non atteints de typhus.
On fait couler Le long des parois des tubes contenant ces liquides quelques gouttes du sérum du malade, et, comme témoin, du sérum de sujet normal ou atteint d’une tout autre infection.
D'après l'auteur, s’il s’agit de typhus exanthématique, on décèle au contact des deux liquides la formation d'un trouble sous forme d'un anneau.
Sérothérapie. — Le sérum de l’homme convalescent de typhus et du singe guéri du typhus expérimental possède des propriétés préventives vis-à-vis de la maladie humaine et de l'infection expérimentale. Ce pouvoir peut être mis en évidence avec le sérum recueilli entre les dixième et douzième jours qui suivent la défervescence; après ce délai, il s’atténue rapidement pour disparaitre après quinze à vingt jours.
Pour Legrain et Raynaud en 1895, Legrain et Treille en 1910, le sérum des convalescents serait doué de propriétés (h-rapeutiques ; une ou plusieurs injections sous-cutanées abaiïssent la température, calment les troubles cardiaques et généraux, et transforment un typhus grave en un typhus bénin. Sur quarante malades ainsi traités, ils n’ont enregistré que trois décès. Cette méthode paraissait donc riche en espérances. Cependant, Ch. Nicolle et ses collaborateurs n’ont pu confirmer ces résultats {(hérapeutiques.
En 1916, Ch. Nicolle et Blaizot ont tenté d'obtenir un sérum curatif en vaccinant l'âne et le cheval à l’aide de produits virulents ; ils ont-procédé par inoculations intraveineuses de dépôts leucocytaires de 5 centimètres cubes de sang de cobaye infecté, puis d’émulsions de rate et de capsules surrénales virulentes et broyées.
Les essais chez l'animal montrent que le sérum ainsi préparé est doué de propriétés préventives et curatives. | Chez le singe et le cobaye, l’inoculation simultanée de sérumvirus n'est suivie d'aucune élévation de température, alors que
les témoins contractent Le typhus.
Injecté pendant la période d'incubation, le sérum s'oppose au développement de l'infection ; au premier et au deuxième jour de la fièvre, il l’arrête ; ultérieurement son action est lente, parfois douteuse et même nulle.
Chez l’homme, ils ont constaté tout d'abord une réduction importante de la mortalité (1 décès sur 38 cas), puis une amélioration nette dans chaque cas particulier, caractérisée par : 40 la chute rapide de la température ; 20 la diminution des signes cérébraux et