VIRUS DE LA FIÈVRE TACHETÉE DES MONTAGNES ROCHEUSES
des escarres ; 3° l'amélioration rapide l’état général, et la réduction de la durée de la convalescence ; 4° l’absence totale de complications.
Le traitement doit être précoce; les injections (de 10 à 20 centimètres cubes sous la peau) doivent être renouvelées quotidiennement jusqu’à la défervescence.
VIRUS DE LA FIÈVRE TACHETÉE DES MONTAGNES ROCHEUSES (Spotted Fever).
La fièvre tachelée des montagnes rocheuses présente de grandes analogies avec le Tabardillo ou typhus exanthématique du Mexique. Elle s’en distingue cependant par les propriétés de son virus.
Cette affection est transmissible expérimentalement à l’homme, de même au cobaye et au singe.
Chez le cobaye, qui y est très sensible, l’infection commence à se manifester, après deux à quatre jours d’incubation, par une fièvre continue, de l’æœdème des testicules et du scrotum, une hémorragie scrotale sous-cutanée, et enfin, fréquemment par une éruption de taches confluentes, rappelant celles de la maladie humaine. A l’autopsie, on constate en outre de l’hypertrophieet de la congestion des ganglions, de la rate et de la moelle osseuse.
Le singe présente des symptômes analogues auxquels s'ajoutent la cyanose de la face et de l'injection conjonctivale.
Ricketts qui a bien mis ces faits en évidence, a pu déterminer le siège du virus. Il existe dans le sang et les viscères, mais, dans ces derniers, il semble lié à la présence du sang. Dans le sang, il semble exister aussi bien dans le plasma qu'au contact avec les globules, qui restent virulents après une dizaine de lavages.
ll ne semble pas, d’après les expériences de l’auteur, que le virus traverse les filtres. Le sang filtré, injecté à forte dose, tue bien le cobaye, mais par toxicité.
11 paraît être assez labile, puisqu’un chauffage à 50° pendant une demi-heure lui enlève tout pouvoir pathogène ; à 00 il le conservé pendant quinze jours.
Le germe inconnu se transmet par plusieurs variétés de tiques : Dermacentor venustus, D. modestus, D. marginatus. Les mâles et les femelles sont des agents de propagation indiscutables. Les expériences de transmission d'homme à cobaye, et de cobaye à cobaye sont des plus démonstratives.
Injecté pendant la période d’incubation, le sérum des malades peut prévenir l'infection expérimentale à condition d'intervenir au plus tard au troisième jour après l’inoculation infectante.
1038 MICROBES ULTRAMICROSCOPIQUES.
L'action curative est assez faible ; quand l'injection thérapeutique est effectuée de bonne heure, elle atténue cependant l'intensité de l'infection.
Enfin Ricketts a tenté avec succès des essais de vaccination par sérum-virus.
D'après Anderson et Goldberger, les cobayes ne sont nullement protégés par le sérum de typhiques. |
D'ailleurs un singe guéri de typhus expérimental, ayant donc l’immunité vis-à-vis de cette dernière infection, prend une infection aractéristique à la suite de l’inoculation du sang de spotted fever. Ces constatations prouvent la différence de nature qui existe entre ces deux affections; d'ailleurs le typhus se propage par le pou et la spotted fever par les tiques. |