ANALYSE QUALITATIVE
en détail celui de H. Vincent et ferons connaître ensuite quelques autres procédés assez répandus.
Procédé de H. Vincent. — Culture en milieu phéniqué à 419,5. — En milieu phéniqué, à température relativement élevée, le Colibacille se développe mieux et plus vite que les autres germes.
1° On ensemence l’eau à doses croissantes.
a. Dans cinq tubes, on verse 10 centimètres cubes d’eau peptonée à 1 p. 100 et salée à 0,5 p.100; à chacun des tubes on ajoute l’eau en expertise à dose respective de 0,05, Occ,10, 0cc,25, Occ,50 et 1 centimètre cube.
b. Dans deux autres tubes renfermant 20 centimètres cubes d’eau peptonée salée, on ensemence respectivement 2 centimètres cubes et 5 centimèêtres cubes.
c. Dans cinq ballons, on verse l’eau à analyser à dose de 10 centimètres cubes, 20 centimètres cubes, 50 centimètres cubes, 100 centimètres cubes et 200 centimètres cubes. On ajoute à chaque ballon la solution suivante,
stérilisée, mais non filtrée :
HE TTL LS R ES 50 grammes.
DR NS DA A nt etui lue D « » oo 25 — Re es ou 5 oo 0 + 100 ——
à dose telle que la cul'ure renferme 1 p.100 de peptone; par exemple, 2 centimètres cubes de la solution pour 100 centimètres cubes d’eau à
analyser.
20 À chaque tube ou ballon, on ajoute de lacide phénique, en propor-
tion de 0,85 p. 4 000.
On obtient très simplement cette proportion en ajoutant, pour 2 centimètres cubes du mélange, I goutte au trentième de solution phéniquée
3° Après avoir mélangé bien exactement, on porte à l’étuve à 419,5. Au bout de quatorze à seize heures, on examine les cultures.
Si le B. coli s’est développé, il existe un trouble net et uniforme. Quelques microbes peuvent se développer dans le même temps, mais sous un autre aspect : trouble léger (Streptocoque court, Bacille immobile liquéfiant la gélatine), trouble léger avec voile (Bacillus subtilis, Bacillus mesentericus). :
On réensemence alors à nouveau le liquide trouble en bouillon phéniqué ; au besoin, on procède à un troisième passage. Au bout de quatre à cinq heures, même si la culture du deuxième ou troisième passage est demeurée limpide, on la repique sur bouillon simple, bouillon lactosé carbonaté, bouillon au rouge neutre, lait tournesolé.
La culture en bouillon simple apparaît dès quatre à cinq heures ; on la réensemence sur pomme de terre, agar et gélatine.
On complète enfin l'identification du microbe par l'examen microscopique (forme, coloration, réaction au Gram, mobilité, cils) et par ja recherche de l'indol.
49 Ce procédé permet de dénombrer facilement le Colibacille, Si, par exemple, on trouve du Colibacille dans les récipients ensemencés avec 06,5 et plus, sans en trouver dans les tubes ensemencés avec moins de 0%,5, on conclut que l’eau renferme 2000 Colibacilles par litre.
Procédé d’Eijkmann. — Ce procédé est basé sur deux propriétés différentes : d'une part, comme l'a montré Rodet, le Colibacille végète à haute température ; d'autre part, il fermente la glucose.
Le milieu d’Eijkmann comporte, p. 100, 10 grammes de peptone, 10 grammes de glucose et 5 grammes de sel marin.
On ensemence l’eau dans la soiution précédente, à raison de 100 centimètres cubes d’eau pour 15centimêtres cubes de solution. On porte à 460, Au bout de vingt-quatre heures, s’ilexiste du Colibacille, le milieu donne des gaz. On réensemence alors sur milieux d'isolement.
Ce procédé paraît infidèle. Quoi qu’en pense Eijkman, il ne paraît pas démontré que tous les Colibacilles provenant de l'organisme d'animaux à sang chaud fermentent la glucose à 46°.
Procédé de Savage. — Basé sur la réduction du rouge neutre.
À 1000 centimètres cubes de bouillon, on ajoute:
Péptone’ Defresne RER 20 grammes.
Sel marin, .,,:. Go RE 20 — Glucose 0.0.0... 0e0.0.0e 00.600909 °0e.0e 5 SE
Puis 5 centimètres cubes de rouge neutre à 5 p. 100.
On ensemence et porte à 37°; s’il existe du Colibacille, après vingtquatre heures, le milieu est fluorescent et jaune verdâtre.
La valeur du procédé est discutée. Braun et J. Courmont le recommandent. D’après Sicre, H. Vincent, Rochaix et Dufourt, un certain nombre de microbes autres que le Colibacille provoquent la même réaction : Bacille paratyphique B, Bacille fluorescent putride, Bacille pyocyanique, uro-bactéries ; mais la présence de ces bactéries n’est guère moins suspecte que celle du Colibacille. Certains Colibacilles ne donnent pas la réaction dans les conditions indiquées.
Procédé de Lacomme. -- Lacomme combine les procédés d’'Eijkman et de Savage. On ensemence sur milieu d’'Eijkman, additionnéau moment de l'emploi de XII gouttes (au 20° de centimètre cube) de solution de rouge neutre par tube de 15 centimètres cubes. Chaque tube est ensemencé avec 100 centimètres cubes d’eau. On porte à 450-460.
On obtient en vingt-quatre heures la réaction caractéristique : fluorescence, production de gaz.
Procédé de Grysez et Pierret. — On ensemence l’eau en bile glucosée, en dilution moyenne de 10 grammes de bile et 0er, 5 de glucose pour 100 grammes du mélange (milieu + eau à analyser). Le Colibacille trouble et fait fermenter après quarante-huit heures à 370.
TECHNIQUE. — Préparer les trois mélanges suivants :
À. Bile, 414 c.c. glucose, 02r,55 ; eau, 89 c.c. B. Bile, 45 c.c.; glucose, 08r.75; eau, 85 cc. GC. Bile, 20 c.c.; glucose, 1 gr.; eau, 80 c.c.
ANALYSE QUALITATIVE, AA Ensemencement de l’eau :
Ensemencer 1 cc. d'eau dans 10 c.c. du milieu A ; DS 5 c.c. — os B ; 40 c.c. —— —- CG,
Porter quarante-huit heures à 37°. Les tubes troublés et fermentés sont réensemencés en milieu de Barsiekow lactosé, en bouillon au rougeneutre lactosé, en eau peptonée. Examiner après vingt-quatre heures d’étuve Aa
Sont considérés comme renfermant un colibacille type, les tubes qui à la fois donnent de l’indol, rougissent et coagulent le Barsiekow, virent et fermentent le rouge neutre lactosé.
GC. Recherche des microbes pathogènes. — Voy. Recherche du Bacille typhique ; Recherche du Bacille dysentérique ; Recherche du
D. Autres procédés. — Recherche des anaérobies. — H. Vincent préconise la recherche des anaérobies; ces microbes font en effet partie de la flore intestinale et des produits de putréfaction : leur présence dans les eaux peut servir à indiquer une contamination accidentelle.
Les eaux pures ne renferment pas d'anaérobies stricts, alors qu’on peut en rencontrer 50 et plus par centimètre cube dans les eaux souillées, La recherche des anaérobies est surtout indiquée pour les eaux de puits, citernes et rivières.
On emploie le tube de Vignal (Chap. X[) : Peau à analyser est ensemencée à la dose de 1/10 à 1 centimètre cube dans le milieu suivant :
CUIRNE Ari ee et nier es ne 6 « 100 à 200 grammes. Gincog ee 41 HORS 10 = Chlorure de sodium.............. 5 2 SEC M PR Se 0e à ee oo 5 — CT PR NN RTS TPS 4 000 —
Additionner de sulfo-indigotate de soude au moment de l'emploi.
Sont seules comptées comme anaérobies strictes les colonies floconneuses ou faiblement granuleuses.
Recherche des bactéries thermoshiles. — Elle à été proposée par H. Vincent: les thermophiles font partie de la flore intestinale habituelle.
L'eau est ensemencée en bouillon, et la culture est portée quarante-huit heures à 56°. Seuls les thermophiles se développent à cette température.
Expérimentation physiologique. — Sous ce nom, Bonjean recommande l’inoculation à l’animal d’une culture globale de l’eau.
On ensemence en bouillon 10 centimètres cubes d'eau; après quatre jours d’incubation à 350, la culture obtenue est inoculée à dose de 0,3 dans le péritoine du cobaye. On suit attentivement l'animal : la température est prise d’abord d’heure en heure, puis matin et soir. Les grands écarts de température, la formation d’abcès, etc., indiquent d'ordinaire la présence de bactéries virulentes, qui tuent l’animal. A l’autopsie, on ensemence le sang et les organes.
Ce procédé décèle des microbes virulents : Colibacille, Bacille pyocyanique, Bacillus anthracis, Staphylocoque, Tétragène, ete,
HI, — Interprétation des résultats.
Dans l'interprétation des résultats de l'analyse bactériologique, il faut tenir compte des diverses évaluations fournies par les recherches quantitatives et qualitatives.
L'analyse quantitative a longtemps été employée à peu près seule pour l’appréciation des eaux potables.
Il est bon de connaître les estimations établies par Miquel :
0 à 10 germes par cen'imètre cube.. Eau excessivement pure. 10 à 100 — — .. — très pure.
100 à 1 000 -— — sa 1 PUurE
1000 à 10 000 — — .. — médiocre.
10600 à 100 000 -— — -. — impure.
100 000 et au delà — -—- .… —" très Impuré,
Sans être prises à la lettre, ces estimations sont encore utilisables actuellement.
Mais il est indispensable de joindre aux résultats de la numération ceux de l'analyse qualitative ; nous avons exposé plus haut pourquoi. Actuellement, cette analyse qualitative se base, en grande partie, pour les expertises courantes, sur la recherche du Bacille coli et des bactéries de la putréfaction.
En ce qui concerne le Bacille coli, H. Vincent propose les estimations
suivantes :
10 000 à 50 000 Bacilles coli par litre. — Eau profondément souillée par les matières fécales; dangereuse pour la boisson (eau d’égout, eaux de rivière).
1 000 à 10 000 — —- . — Eau mauvaise ou très mauvaise, Impropre à la boisson (eau de rivière, de puits contaminés; ete.)
100 à 4 000 — — .— Eau suspecte, tantôt en période d'infection légère, tantôt au début ou au déclin d’une contamination plus grande.
50 à 100 —— — . — Eau passable ou médiocre. A surveiller.
10 à & 0 — . — Eau d'assez bonne ou de bonne quali'é,
0 — — . — Eau pure ou très pure.
L'interprétation des résultats peut être, suivant les cas, très simple ou très délicate. Elle est très simple, quand l’eau est franchement bonne ou franchement mauvaise :
Une eau qui renferme moins de 1 0)0 germes par centimètre cube et moins de 50 Colibacilles par litre est bonne.
FLORE BACTÉRIENNE DES EAUX. 1113
Une eau qui renferme plus de 10 000 germes par centimètre cube, avec plus de 1 000 Colibacilles par litre est mauvaise.
L'interprétation est aussi assez facile quand les chiffres trouvés pour la numération globale et pour la numération du Colibacille sont à peu près parallèles. Si l’on trouve, par exemple, 2000 germes par centimètre cube avec 200 Colibacilles par litre, on conclura que l’eau doit étre surveillée, car elle est susceptible d’être sérieusement contaminée d’un moment à l’autre.
Certains résultats sont plus embarrassants ; on peut trouver beaucoup de Colibacilles et peu de microbes, ou inversement.
En pareil cas, on apportera la plus grande attention à la présence et au nombre des bactéries ordinairement véhiculées avec les matières fécales, spécialement les diverses bactéries de la putréfaction ; leur présence ou leur absence pourra orienter le jugement dans un sens ou dans l’autre. |
On n’oubliera jamais que les résultats trouvés et l'interprétation qui en résulte sont valables exclusivement pour l’échantillon soumis à l'examen ; ils n’entraîinent aucune conclusion sur la valeur de la même eau à d’autres époques et en d’autres circonstances.
L’appréciation définitive ne peut être basée que sur plusieurs analyses faites aux diverses saisons et dans des circonstances météoriques différentes, toutes les autres condilions restant les mêmes.