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MICROBES ANAÉROBIES

abondant, il se forme un nuage grisâtre, tacheté d’amas noirâtres. La culture est plus marquée vers la partie superficielle de la zone d’anaérobiose.

En gélatine glucosée, les colonies sont noires, non liquéfiantes.

Toutes les cultures exhalent une odeur très fétide; elles dégagent peu de gaz.

La vitalité en cultures est assez grande, un mois environ.

DIPLOCOCCUS RENIFORMIS.

Le Diplococcus reniformis (Cottet) à été signalé dans les abcès urineux ét les abcès du foie.

Sa morphologie rappelle celle du Gonocoque : c'est un diplocoque en grain de café, ne prenant pas le Gram. Il est immobile.

Il donne en deux jours, en gélose sucrée, des colonies lenticulaires petites, transparentes.

Il est assez vivace; trois mois environ en cultures.

Inoculé sous la peau du cobaye, il provoque un abcès.

STAPHYLOCOCCUS PARVULUS,

Le Slaphylococcus parvulus (Veillon et Zuber) paraît assez répandu ; on ’atrouvé en effet dans Fappendicite, la gangrène pulmonaire, les pleurésies putrides, les otites, les abcès urineux, l'infection puerpérale,

C'est un coccus plus petit qué le Staphylocoque doré, disposé en amas ou en diplocoques; il ne prend pas le Gram.

Les colonies isolées en gélose sucrée sont cuboïdes, légèrement jaunâtres. La culture se fait également en bouillon (trouble avec dépôt) eten gélaline (colonies brunâtres, sans liquéfaction}. Les cultures sont fétides.

Jnoculé au cobaye et au lapin, sous la peau, il produit un abcès.

STAPHYLOCOQUE DE JUNGANO.

Ce microbe est un agent des infections urinaires et des inflammations oculaires.

Il se présente sous forme de cocci très petits, prenant le Gram.

Les colonies en gélose sont, au début, petites et luisantes, après deux O1 trois Jours ; puis elles se foncent au centre.

Il pousse en bouillon (trouble), de même qu'en gélatine, sans liquéfier. Il ne donne pas de gaz.

Sa vitalité est prononcée ; elle persiste deux mois en cultures.

MICROCOCCUS FŒTIDUS.

Le Micrococcus fœtidus (Veillon) se rencontre dans les suppurations gangréneuses (angine de Ludwig, etc.}, les otiles, les cholécystites suppurées, les pleurésies putrides, les bartholinites, les infections puerpérales. On le trouve en outre à l’état normal dans l'urètre et dans le vagin.

Dans les exsudats, il se présente en cocci isolés ou diplocoques. En bouillon, il donne de courtes chaïnettes.

Il est immobile, se colore facilement et prend le Gram.

STREPTOCOQUES ANAÉROBIES. « 720

En gélose sucrée, les colonies isolées apparaissent en vingt-quatre à trente-six heures; elles sont rondes, blanchâtres, assez grosses.

En bouillon sucré, on observe des grumeaux; le liquide demeure clair. L'odeur est fétide; peu ou pas de gaz.

Il n'y a pas de culture en gélatine.

Le pouvoir pathogène est variable. Inoculé sous la peau du cobaye, il produit un abcès ou de la gangrène à marche envahissante et mortelle.

STREPTOCOQUES ANAÉROBIES.

Certains microbes présentent la morphologie du Streptocoque, mais sont strictement anaérobies. Citons les Streptocoques isolés par Graf et Wittneben de divers abcès ; le Streptocoque de Sternberg; le Streptococcus anaerobius micros, rencontré par Lippmann dans des infections biliaires. Ces divers microbes poussent bien sur bouillon et gélose, à l'abri de l'air. L'un de nous (Sacquépée) a également rencontré un Streptocoque strictement anaérobie dans les plaies dites cadavériques.

CHAPITRE L CHARBON SYMPTOMATIQUE. — BOTULISME BACILLUS BIFIDUS BACILLUS CHAUVÆI (CHARBON SYMPTOMATIQUE).

Le Bacillus Chauvæi a été décrit par Arloing, Cornevin et Thomas (1879), comme l'agent spécifique du charbon symptomatique

Fig. 266. — Bacillus Chauvæi (Sérosité de tumeur charbonneuse).

des bovidés. IL présente des analogies étroites avec le Vibrion septique. Le degré de parenté des deux microbes est discuté. Nous résumerons à la fin du chapitre les principaux éléments de la discussion.

MORPHOLOGIE

Caractères microscopiques. — Le Bacillus Chauvæise présente sous forme de Bacilles rectilignes, mesurant 5 à 8 » de long sur 1 y de large (fig. 266).

A la surface des séreuses des animaux inoculés, les Bacilles sont parfois disposés bout à bout, mais les éléments de la chaînette sont peu nombreux et sont tous égaux entre eux, contrairement à ce qui se passe pour le Vibrion septique (Leclainche et Vallée).

Spores. — Le Bacillus Chauvæi forme des spores, aussi bien dans les cultures que dans l'organisme. Chez l'animal, les spores peuvent manquer - a lors jué l'infection évolue très vite. Elles sont.disposées tan- A tôt à une extrémité, tantôt dans la continuité (aspect en massue ou en fuseau).

Mobilité, cils. — Le Bacille est mobile, mais seule- .

ment en l'absence d'oxygène :

(au centre des préparations).

La mobilité est due à des cils (en moyenne cinq à six).

Coloration. — Le Bacillus Chauvrinse colore: facHement RARE par les procédés habituels. 1! ee prend le Gram.

Les spores et les cils se colorent par les procédés spé- Caux.

Caractères généraux. — Les cultures se font exclusi- oi ee vement à l'abri de l'air. La se ee température optima de développement est 37. ig. 267 et 268, — Bac. Chauvæi. Colonies

Bouillon Martin. — C’est isolées en gélose glucosée profonde, le milieu de choix (Leclainche et Vallée). En bouillon Martin frais (moins de six jours) et stérilisé par filtration, la culture est abondante. En quinze heures, le

liquide est déjà trouble, il se dégage des gaz; après vingt-quatre heures, apparaissent des flocons ; après quarante-huit heures, le milieu est clair, tandis que le fond est tapissé d’un dépôt blanc, granuleux. La culture dégage une odeur de beurre rance.

Bouillon ordinaire, frais. — Les caractères sont les mêmes que ci-dessus, mais très atténués ; la culture reste pauvre.

Gélatine. — Ex Piqures. — Il se forme en profondeur, le long de la strie, une culture granuleuse, blanchâtre, qui émet de courts prolongements latéraux (aspect de chenille). Le milieu est pes il est souvent fragmenté par des gaz.

CoLoNIES ISOLÉES. — Elles sont arrondies, blanchâtres.

Gélose. — Les colonies isolées ressemblent un peu à celles du Bac. perfringens : masses arrondies ou lenticulaires biconvexes, à bords nets ou mousses, présentant souvent de petites excroissances (fig. 267 et 268).

Lait. — Le lait est d'abord coagulé, puis la caséine est dissoute, et le milieu devient transparent.

PROPKRIÉTÉS BIOLOGIQUES.

Vitalité. — Comme tous les microbes sporulés, le Bacillus Chauvæi est très résistant à la chaleur. Dans les cultures âgées de quatre jours, les spores résistent à une demi-heure de chauffage

à 90-930; elles sont tuées par l'éxpORReSS 1009 pendant quelques minutes.

Beaucoup d'expériences concernant la virulence imp'iquent a fortiori la persistance de la vitalité. La dessiccation n’a guère d'influence; le suc des tumeurs charbonneuses, desséché, demeure três virulent pendant plus de deux ans(Arloing, Cornevin et Thomas); des fragments detumeur, conservés dans du papier, sont encore virulents après dix ans (di Mattei:. La virulence persiste au moins six mois dans les tumeurs putréfiées.

Réactions biochimiques.— Le Ba:ilius Chauvæi fermente la glucose et la lactose.

Il donne des traces d'indol.

Il attaque légèrement le blanc d'œuf cuit.

Réactions à l'égard des sérums. — Le Bacillus Chauvæi est agglutiné par le sérum des animaux infectés, de même que par le sérum des animaux inoculés (Leclainche et Vallée). Le taux d’ agglutination oscille entre 1 p. 200 et 1 p. 1000. Le sérum spécifique n’a pas d'action sur le Vibrion septique.

Dans les conditions naturelles. — Le Bacillus Chauvæi est naturellement pathogène pour le bœuf, le buffle, le renne, plus rarement pour le mouton, la chèvre et Le porc, exceptionnellement pour le cheval.

Le charbon symptomatique est avant tout une maladie des bovidés. Il est endémique dans certaines régions, surtout aux Etats-Unis, au Transvaal et, sous le nom de mancha, en Argentine. En France, il se rencontre surtout en Auvergne, dans le Limousin, le Berry et le Jura. La mortalité est parfois considérab'e, atteignant jusqu’à 14 p. 10) de l'effectif.

Dans les régions infectées, la maladie respecte les bêtes autochtones âgées de plus de quatre ans, mais e:le ne respecte pas les bêtes importées, même âgées.

Bradsot du mouton. — On désigne sous le nom de bradsol une maladie épizootique du mouton, sévissant en Norvège et en Écosse. Les lésions rappellent le charbon symptomatique. Le microbe, étudié par Nielsen, paraît bien voisin du B. Chauvæi, dont il ne diffère que par sa virulence expérimentale plus étendue ; il est en effet pathogène non seulement pour le veau, le mouton, le porc et le cobaye, mais encore pour le pigeon, la poule et la souris.

Action pathogène expérimentale. — Virulence. — La virulence des tissus ou sérosités pathologiques est très marquée et se conserve pendant longtemps, comme nous l'avons vu ci-dessus. Dans les cultures, au contraire, la virulence baisse rapidement.

On peut atténuer la virulence par le chauffage; on crée ainsi des virus atténués, utilisés pour la vaccination (Voy. plus loin).

Inversement, on peut augmenter la virulence d’un germe atténué en injectant en même temps de l’acide lactique ou acétique, ou des microbes inoffensifs (Bacillus yrodigiosus), ou en traumatisant le point d’inoculation.

L'injection des spores seules est inoffensive.

On peut inoculer soit des cultures jeunes en bouillon Martin, soit le suc des tumeurs charbonneuses, ou la poudre d’Arloing (Voy. ci-dessous) additionnée d’une trace d'acide lactique ; soitenfin le sang des animaux infectés, après l'avoir laissé deux jours à 370.

Animaux réceptifs. — Le bœuf, le mouton, le cobaye sont très sensibles ; le lapin l’est beaucoup moins. Le chien, la souris, les oiseaux sont réfractaires.

Chose remarquable, le bœuf est infiniment moins sensible à l’inoculation intraveineuse qu'à l’inoculation sous-cutanée. Une dose de virus considérable (jusqu'à 6 centimètres cubes de suc musculaire) provoque seulement des accidents passagers curables, lorsqu'elle est inoculée dans les veines; mais si une parcelle du

liquide inoculé passe dans le tissu cellulaire, il se produit en ce point une «tumeur » rapidement mortelle (Arloing, Cornevin et Thomas).

L'inoculation sous-cutanée, chez le bœuf, peut être cependant inoffensive quand elle est pratiquée dans un tissu très dense (extrémité de la queue). Lorsque le tissu est lâche, il se produit une tumeur charbonneuse, présentant les mêmes symptômes et la même évolution rapidement mortelle que dans la maladie natureHe.

Le mouton et le cobaye réagissent de même que le bœuf à l’inoculation sous-cutanée.

Inoculation sous-cutanée ou intramusculaire au cobaye. — Oninocule d'ordinaire dans les muscles de la cuisse. En vingt-quatre heures, il se développe une véritable tumeur charbonneuse: tuméfaction chaude, douloureuse, crépitante, très étendue. L'animal meurt en un à trois jours. S

À l’autopsie, on trouve au niveau de la tumeur un tissu musculaire noirâtre, surtout au centre, et comme semé d’alvéoles dus à la présence de gaz. Autour, le tissu cellulaire est infiltré par un œdème rougeûtre, très étendu, avec bulles de gaz. Les tissus dégagent une odeur butyrique. Il existe de l’hypertrophie des ganglions; le foie est souvent un peu gros. On retrouve les Bacilles dans la tumeur et sur le péritoine ; ils sont très rares dans le sang.

D'après Leclainche et Vallée, les cultures en bouillon Martin donnent une toxine, qui est à son maximum au cinquième jour. Cette toxine est résistante à la chaleur; elle est détruite en quarante-huit heures par une large aération; elle est en grande partie retenue par les filtres. L’une de ses propriétés les plus remarquables est la rapidité de son action : l'injection intraveineuse de cultures simplement décantées, non filtrées, tue le lapin en cinq minutes à cinq heures, à dose de 2 à 5 centimètres cubes; elle peut tuer le cheval en dix minutes, à dose de 6 centimètres cubes.

Eisenberg, par un procédé analogue (cultures daus un mélange de bouillon Martin et de sérum de lapin; décanter et centrifuger), obtient une toxine qui tue le lapin à dose de 1 à 9 centimètres cubes par inoculation intraveineuse.

Grassberger et Schattenfroh ont également préparé une toxine active sur le cobaye, le lapin, de même que sur des animaux réfractaires : souris, chien.

M. Nicolle, Césari et Mile Raphaël ont obtenu une toxine soluble, quine diffère pas de la toxine du vibrion septique (Voy. Vibrion septique).

VACCINATION

On peut vacciner les animaux par inoculation de toxines, ou de bacilles virulents, ou de virus atténués.

À. Immunisation par les toxines.,— Roux a réussi à vacciner les .cobayes en leur inoculant soit des cultures de quinze jours stérilisées par

VACCINATION. 131

le chauffage (trois inoculations intrapéritonéales de 40 centimètres cubes à deux jours d'intervalle), soit la sérosité charbonneuse filtrée.

B. Immunisation par les baciiles virulents, — À; loing, Cornevin et Thomas ont vacciné le bœuf par injections intraveineuses. Maisle procédé est dangereux (Voy. ci-dessus) et ne peut être généralisé en pratique.

Procédé de Thomas. — La méthode de Thomas est mal connue. D'après Nocard et Leclainche, elle consiste à insérer dans un trajet borgne pratiqué au toupillon un fil imprégné de virus ; on laisse le fil à demeure. Le virus provient de grenouilles ; le paisage par les grenouilles diminuela virulence. Gette technique aurait été utilisée largement dans la pratique, sans inconvénients sérieux.

C. Immunisation par les virus atténués. — Procédé d Arloing, Cornevin et Thomas. — C’est le procédé le plus employé encore à l'heure actuelle.

Il comporte l'emploi de deux vaccins atténués par la chaleur. Les tumeurs charbonneuses sont triturées avec un peu d’eau, filtrées sur linge, séchées en couche mince à 370. La poudre obtenue, additionnée de deux fois son poids d’eau, est chauffée à sec en couche mince, pendant sept heures: à 100-1040 pour le premier vaccin ; à 90-940 pour le deuxième vaccin.

Ces vaccins sontlivrés par paquets de dix doses au moins. Au moment de l'emploi, on broie le vaccin dans un mortier stérile, en ajoutant peu à peu la quantité d’eau nécessaire pour 10 centimètres cubes; on filtre sur linge stérile. On inocule chaque fois 1 centimètre cube au toupillon. Les deux inoculations sont faites à huit à dixjours d’intervalle. Il ne faut vacciner que les bovidés âgés de huit mois au moins.

Les vaccinations ont été pratiquées par ce procédé sur une large échelle. Les résultats d'ensemble sontsatisfaisants ; l'inoculation elle-même est peu dangereuse (les pertes ne dépasseraient pas 0,25 p.1 000 d’après Strebel), et les animaux f{raités ne prennent presque jamais le charbon. Il ÿ a eu cependant quelques mécomptes à ce dernier point de vue; aussi Arloing a-t-il ultérieurement recommandé de praliquer les doubles inoculations trois fois pour chaque animal, à huit mois, vingt mois et trente-deux mois.

La poudre d’Arloing est très impure. Elle doit son efficacité à son état pulvérulent et aux impuretés qu'elle renferme : ces deux conditions empêchent la phagocytose et permettent la germination de quelques spores, ce qui assure une infection bénigne vaccinante (Leclainche et Vallée).

Vaccin de laboratoire (Leclainche et Vallée). — Pour les essais de laboratoire, Leclainche et Vallée préparent des vaccins purs. Le sang d’animaux infectés est mis quarante-huit heures à l'étuve, puis séché en couche mince à 37°; la poudre obtenue est additionnée de son poids d’eau, séchée, puis soumise pendant sept heures au chauffage à sec à 1020 (premier vaccin) ou à 92° (deuxième vaccin).

Procédés de Kitt et de Nôrgaard. — La poudre, préparée comme dans le procédé d'’Arloing, est atténuée par chauffage dans la vapeur d’eau à 98-1000 (Kitt)ou à 93-950 (Nürgaard) pendant six heures. Une seule inoculation suffit. Ce procédé paraît avoir donné satisfaction aux États-Unis.

D. Immunisation par séro-vaccination. — Procédé de Leclainche et Vallée. — Les auteurs ont tout d’abord essayé dé vacciner avec des cultures pures : on inoculait une culture de quatre à cinq jours atténuée par chauffage à 70° pendant deux heures (premier vaccin), puis une petite dose de culture non chauffée (deuxième vaccin); le procédé ayant amené quelques accidents, Leclainche et Vallée ont proposé ensuite le procédé suivant.

On inocule d’abord le sérum (Voy. ci-dessous) à dose de 15 ou 20 centimètres cubes, suivant l’âge. Au bout de quatre à cinq jours, on injecte 1 centimètre cube de culture atténuée par chauffage à 65-700 pendant trois heures.

SÉROTHÉRAPIE.

Les premiers essais de Kitt (1893) ont été confirmés depuis. On peut employer pour l'obtention des sérums thérapeutiques le cheval, le mouton, le bœuf ou la chèvre. Les inoculations sont pratiquées à l’aide de doses croissantes de cultures virulentes ou de virus naturel (Kitt, Arloing, Leclainche et Vallée) ou à l’aide de la toxine (Grassberger et Schattenfroh). Dans leurs grandes lignes, les résultats obtenus par les divers expérimentateurs sont concordants.

Le sérum est préventif pour le cobaye, à dose variable (1 à 5 centimètres cubes, Leclainche et Vallée), mais cette immunité passive ne dure que huit jours. Il est préventif également pour le mouton (Kitt, Arloing).

Mélangé au virus, le sérum protège l’animal (cobaye, mouton, bovidés) contre l'infection; mais l’immunité ainsi conférée est très éphémère, et la méthode ne peut être utilisée pour la vaccination.

Les propriétés curatives, nuiles à l’égard du cobaye qui succombe trop vite (Leclainche et Vallée), sont manifestes à l'égard du mouton, qu’on peut sauver en inoculant le sérum dans les veines jusqu’à neuf heures après l'injection virulente (Kitt, Arloing).

RAPPORTS ENTRE LE B. CHAUVÆI ET LE VIBRION SEPTIQUE.

Les deux germes possèdent beaucoup de propriétés communes, spécialement en ce qui concerne l’anaérobiose, la morphologie, les propriétés culturales, l’action pathogène sur le cobaye, les lésions constatées dans les maladies naturelles.

Cette analogie doit-elle faire conclure à l'identité? La question est discutée.

Les dualistes, spécialement Leclainche et Vallée, Kilasato, Kitt, considèrent les deux germes comme diflérents, et se basent essentiellement sur les caractères suivants.

Contrairement au Vibrion septique, le B. Chauvæi ne se montre

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dans l'organisme que sous la forme bacillaire, jamais sous la forme filamenteuse, spécialement à la surface du foie du cobaye.

Le lapin, sensible au Vibrion septique, est réfractaire au B. Chauvæi. |

Inversement, Le bœuf, sensible au B. Chauvæi, est réfractaire au Vibrion septique.

Les animaux, vaccinés contre le B. Chauvæi, demeurent quand mème sensibles au Vibrion septique.

Le sérum anti-symptomatique est incapable de protéger les animaux contre le Vibrion septique.

Des sérums agglutinants, très actifs sur le B. Chauvæi, n’agissent pas sur le Vibrion septique; et inversement, mutatismutlandis, pour les sérums agglutinant le Vibrion septique.

Les unicistes, Roux, Duenschmann, plus récemment M. Nicolle, Césari et Mile Raphaël, pensent au contraire que les deux germes sont identiques. Ils se basent surtout sur les réactions d'immunisation.

+ Des animaux, vaccinés contre le B. Chauvæi, se sont montrés réfractaires au Vibrion septique.

Les sérums actifs contre le Vibrion septique sont également actifs contre le B. Chauvæi.

A ces expériences contradictoires, les dualistes Les plus autorisés, Leclainche et Vallée, objectent la probabilité de contaminations accidentelles; « la souillure par le Vibrion septique des cadavres des cobayes morts de charbon symptomatique est rapide et presque certaine ». Ces auteurs sont convaincus que les résultats différents des leurs sont dus à ce qu'il a été utilisé, pour les vaccinations, des virus à la fois symptomatiques et septiques.

BACILLUS BOTULINUS.

Le Bacillus botulinus (Van Ermengem) est l'agent des empoisonnements alimentaires désignés sous le nom de bolulisme.

Morphologie. — (C’est un Bacille Le plus souvent rectiligne, à bouts arrondis, long de 4 à 9u. Il présente des spores presque toujours terminales. Il est légèrement mobile, se colore facilement et prend le Gram.

Cultures.— L’optimum de développement est aux environs de 22e,

En gélatine glucosée, après quatre à six jours, les colonies sont transparentes, arrondies, jaune brun; elles sont formées de grains animés de mouvements visibles à un faible grossissement, surtout à la périphérie. La gélatine se liquéfie peu à peu; il se dégage des

gaz, les colonies deviennent ensuite plus opaques, et les bords sont festonnés. ,

En bouillon glucosé, on obtient un trouble uniforme avec dégagement gazeux et od ur butyrique. Le lait n’est pas coagulé.

Vitalité. — La vitalité est considérable, un an environ.

Action pathogène expérimentale. — Le Bacillus botulinus ne végète guère dans l'organisme animal; inoculé, il provoque une phagocytose très énergique. Il est peu pathogène pour le lapinetle cobaye.

Toxines. — Les cultures filtrées sont nettement toxiques; la toxine reproduit les principaux symptômes de la maladie naturelle. Chez le chat, animal de choix, l’inoculation de Oce,5 de toxine provoque de l’aphonie, du ptosis, de la mydriase ; l'animal succombe en huit à dix jours. La toxine lue la souris à dose de 0€cc,000 09,3 après avoir provoqué des paralysies (Landmann).

D'après Brieger et Boer, elle est très vite détruite par les alcalis, l'alcool, les agents d’oxydation, le chauffage à 800 (trente minutes).

Siège. — Le Bacillus botulinus a été rencontré dans les aliments altérés, causes de botulisme. Il provient certainement d’une infection FA Aie

Van Ermengem, Rümer ont noté la coexistence de microbes aérobies (sarcines, B. subtilis), qui absorbent l'oxygène et fav? risent l’anaérobiose.

Sérothérapie. — On peut obtenir un sérum antitoxique en immunisant la chèvre par des injections de toxine (Kempseer):

BACILLUS BIFIDUS.

Le Bacillus bifidus (Tissier), bien que ne paraissant pas être pathogène, doit être connu, car il constitue k majeure partie de la flore intesti-

nale des nourrissons élevés au sein

/ & ; < (Tissier). SR Ve Cest un microbe très polymorphe; NV Ve ‘ dans les cultures jeunes, il se présente N En K d'ordinaire sous forme de Bacille RE ; ; assez mince, eftilé aux extrémités; Ve — dans les cultures vieilles, on trouve en re outre des formes filamenteuses, ou 2, | Pas vésiculeuses, ou bifurquécs (fig. 269). y le Le 2. bifidus est immobile; il prend

F | le Gram.

Les colonies isolées en gélose de Veillon sont les unes lenticulaires, blanchâtres, présentant un prolonge-

ment sur une face: les autres, ovoïdes.

Le lait est coagulé. Le Bacillus bifidus fermente la glucose et la lactose.

Fig. 269. — Bacillus bifidus.

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