CHAPITRE LI
L'agent spécifique de la lèpre a été découvert par Hansen. Il se rencontre en abondance dans tous les produits lépreux. Certains caractères le rapprochent du Bacille tuberculeux.
MORPHOLOGIE
Aspect microscopique. — Dans les tissus ou les excrétions, le Bacille de Hansen se présente comme un bâtonnet, à bouts arrondis, droit ou incurvé, de $ à 6 & sur 0u,5 (fig. 279). Après coloration, on voit souvent des vacuoles dans l’intérieur du protoplasma et des renflements (spores?) aux extrémités.
Coloration. — Mêmes caractères que le Bacille tuberculeux. Il y a toutefois quelques différences de détail.
Comparé au Bacille de Koch:
a. Le Bacille de la lèpre se colore plus facilement, même par les solutions colorantes aqueuses, contrairement au Bacille de Koch.
b. IL résiste beaucoup plus longtemps aux décolorants énergiques (une heure à l'acide nitrique au tiers par exemple, Babés).
c. Il reste coloré par la méthode de Gram habituelle, alors que le Bacille de Koch ne se colore qu’au Gram prolongé (Voy. Méthode de Much, p. 746).
d. Il reste coloré par la méthode de Baumgarten, qui ne colore pas le Bacille de Koch.
Méthode de Baumgarten. — 1° Colorer pendant cinq minutes, à froid, avec le violet aniliné ;
2° Décolorer par la soluti in:
PRO PADRQIUS E Lee unis couv 10 cent. cubes.
2 CLS HOT ARMES PRE ACRE 4 cent. cube,
Laver, sécher, monter, Seul le Bacille de la lèpre est coloré en violet. Le Bacille de Koch
n’est pas coloré.
Ces différences n'ont rien d'absolu. Le bacille vieilli résiste mal aux décolorants. D’après Jeanselme, ce n’est pas d’après leurs réactions de coloration qu'on peut distinguer le Bacille de Koch et le Bacille de la lèpre.
Bacilles vivants et bacilles morts. — Les bacilles morts retiennent moins les colorants (Unna). On peut mettre le fait en évidence :
Colorer au bleu Victoria, décorer à l'acide nitrique faib'e (1 p. 100),
Fig. 279. — Bacille de la lèpre dans le mucus nasal.
recolorer à la safranine. Les bacilles vivants sont teints en bleu sur le fond jaune des bacilles dégénérés.
GULTURES.
Il n’est pas certain qu’on ait réussi jusqu'à maintenant à obtenir des cultures du Bacille lépreux. Les essais ont toujours été pratiqués en partant de produits riches en bacilles.
a. Beaucoup d'auteurs ont tenté cette culture et annoncé des résultats : citons Neisser, Bordoni-Uffreduzzi, Ducrey, Babès, et bien d'autres. Il paraît établi que le microbe obtenu était en réalité ou le Bacille tuberculeux, fréquemment associé au Bacille de la lèpre, ou quelque Bacille acido-résistant. Le Streptothrix leproides de Neycke est sans doute aussi un acido-résistant.
Spronck aurait réussi une première culture sur pomme de terre glycérinée et neutralisée : petites colonies jaunâtres. Cette première culture peut être ensemencée avec succès sur d'autres milieux (gé'ose, sérum