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IL. La tuberculose a été très étudiée expérimentalement

Beaucoup de recherches ont eu pour objectif d'élucider le mécanisme habituel de contagion de la tuberculose dans les conditions naturelles.

On sait qu'il s’est constitué sur ce point deux opinions différentes. Les uns pensent que la tuberculose est d’origine digestive et se transmet par ingestion (Behring, Calmetie), Behr'ng soutient en ce sens une opinion excessive, d’après laquelle toutes les tuberculoses de l'adulte ne seraient que le réveil d'anciennes lésions, d’oriine digestive, sommeillant depuis l'enfance. D’autres, par contre, attribuent la contagion à l’inhalation de

poussières bacillifères, à l’état sec (Cornet) ou, le plus souvent, à l’état humide (Flügge). En fait, l'un et l’autre mode de contagion paraissent également très admissibles, comme nous le verrons en étudiant plus loin les effets de l'ingestioa et de l'inhalation.

A côté de ces problèmes étiologiques, la tuberculose soulève incessamment d'autres problèmes dans une orientation différente : il s’agit de reconnaître la présence du Bacille tuberculeux, et éventuellement sa qualité, c'est-à-dire le type auquel il'appartient. Dans ce but,on s'adresse à d’autres modes d’inoculation : sous-cutanée, intraveineuse, inlrapéritonéale, etc.

Nous étudierons successivement :

Les modes habituels d'inoculation (injections sous-cutanée, intraveineuse, intrapéritonéale, etc.) ;

L'inoculation par ingestion;

L'inoculation par inhalation.

A.Modes habituels d'inoculation. — Cobaye. — 1° Bacille humain. — Le cobaye est le réactif par excellence du Bacille tuberculeux humain. On peut poser en principe que tout cobaye inoculé avec le Bacille humain ou avec des produits renfermant ce bacille contracte la tuberculose et y succombe.

Inoculation sous-culante. — Après inoculation sous-cutanée, il se forme généralement, pas loujours, au point d’inoculation un foyer de nécrose qui s'ouvre à l'extérieur (chancre tuberculeux) vers le dixième ou quinzième jour; il persiste ensuite. Vers le quinzième ou vingtième jour, les ganglions correspondants se {uméfient. Puis l'animal maigrit et finalement succombe en un temps variable, un à quatre mois et même plus.

A l’autopsie, on trouve des lésions tuberculeuses étendues : la rate, brun jaunälre, très grosse, est criblée de granulal!ions ou de foyers caséeux ; des lésions analogues, un peu moins confluentes, se retrouvent sur le foie. Des tubercules gris ou blancs parsèment les séreuses, les reins et les poumons. Les ganglions correspondant au point inoculé sont ramollis et caséeux. Dans toutes les lésions, on trouve en abondance le Bacille tuberculeux. C’est le type de la tuberculose type Villemin.

Suivant la durée d'évolution, ce tableau peut varier un peu : si l’évolution est courte, ou si l'animal est sécrifié après un mois, on trouve seulement des lésions ganglionnaires et des granulations dans la rate et le foie. Si l'évolution est très lente, il peut exister une véritable cirrhose du foie.

Inoculation sur la conjonctive. — Calmette, Guérin et Grysez ont

montré qu'il suffit de la'sser tomber sur le globe oculaire d’un cobaye une goutte d'émulsion de bacilles virulents, pour déterminer l'apparition d'une tuberculose ganglionnaire typique, d'abord locale (ganglion rétro-mastoïdien), puis généralisée. Dans sa première phase, cette maladie expérimentale ressemble beaucoup à la scrofule humaine. Elle évolue sans qu'il se produise la mo'ndre lésion au niveau du globe oculaire.

Inoculation transcutanée. — I sulfit de badigeonner la peau rasée avec des produits tuberculeux pour tuberculiser le cobaye : mêmes lésions que ci-dessus; l’évolution est souvent un peu plus lente (Osman-Nouri, Courmont et Lesieur).

Inoculalion intrapéritonéale. — La mort est plus rapide, en quelques semaines; péritonite adhésive avec éruption miliaire des organes abdominaux.

Chez le mâle, l’inoculation intrapéritonéale détermine souvent une vaginalile Diet

Inoculalion intramammaire. — Après inoculation dans la mamelle d'une femelle en lactation, Les Bacilles commencent à apparaître dans le lait du huitième au quinzième jour (Nattan-Larrier).

2° Bacille bovin. — Znoz:ulation sous-culanée. — Klle ne tue pas tou- Jours, à beaucoup près. Quand Fanimal succombe, cn trouve les mêmes lésions que ci-dessus.

3° Bacille aviaire. —Résultalstrès variables. D'après Lydia Rabinowitch, qui à étudié un grand nombre d'échantillons, l’inoculation au cobaye de lésions aviaires tuberculeuses reproduit le plus souvent la tuberculose type Villemin, exceptionnellement la tuberculose type Yersin. Les cultures, après plusieurs générations, agissent presque toujours comme les cultures du Bacille humain (Courmont et Dor).

Lapin. — Le lapin, peu sensible au Bacille humain, est plus sensible au bacille bovin (Villemin), plus sensible encore au Bacille aviaire (Yersin). La plupart des auteurs s'accordent actuellement pour admettre que le lapin constitue le meilleur réactif de laboraloire pour le diagnostic entre les Bacilles humain et bovin; la virulence du Bacille bovin pour le lapin est parallèle à la virulence pour les bovidés.

1° Bacille bovin. — L'inoculation sous-culanée provoque un abeès local, suivi d’adénite; l'animal succombe en un à plusieurs mois. A l’autopsie, on trouve des tubercules ou des masses caséeuses dans les poumons et les reins, plus rarement dans les autres organes.

Après inoculation intraveineuse, la mort survient un peu plus vite (prerque toujours avant deux mois); les lésions sont les mêmes.

A la suile de l’inoculalion dans la chambreantérieure de l'œil [(Cohn-

Æ- Le

heim), le produit inoculé se résorbe d’abord ; vers le quinzième jour, apparaissent des granulations sur l'iris, puis la cornée est atteinte, et on peut assister à la fonte purulente de l’œil. Ensuite la tuberculose se généralise.

2? Bacille humain. — L'inoculation sous-cutanée ne détermine qu'un abces local ; l'animal ne succombe presque jamais. Sacrifiet-on l'animal, on ne trouie pas de lésions, ou bien de très rares granulations dans les poumons et les reins.

39 Bacille aviaire. — L'inoculation intraveineuse de Bacille aviaire détermine généralement la mort en deux à trois semaines; à l'autopsie, il n'etiste pas de lés'ons apparentes, mais les organes fourmillent de bacilles (type Yersin). Des Bacilles moins virulents tuent mo:ns vite ; on trouve alors les lésions apparentes hab'tuelles.

L'évolution de la tube:culose sous le type Yersin n’est pas absolumentspéc ale au Bacille aviaire ; on peut la reproduire en inoculant de fortes doses de Bacille des mammifères (Grancher et Ledoux- Lebard).

Après inoculation sous-cutunée, l'évolution est plus lente; les lésions se retrouvent sous les mêmes aspects. Il existe souvent en outre des localisations articulaires (Courmont et Dor).

Souris, surmulot. — Méme electivité que le lapin à l'égard du Bacille bovin : l'inoculation sous-cutanée de ce dernierentraine la morte quatr : ou cinq mois, avec lésions de la rate et du poumon : l’inoculation sous-cutanée du Bacille humain produit un abcès local suivi d’adénite, mais sans généralisation. Cette différence d'action serait constante à l'égard de la souris, de telle sorte que l’inoculation à la souris constituerait une excellente épreuve de différenciation (Beck).

Chien. — Sensible aux inoculätions sévères de virus humain ou bovin : l’inoculation de bacilles très virulents, ou de fortes doses par les diverses voies, amène la mort avec les lésions habituelles du type Viilemin.

Le chien est très résistant au Bacille aviaire, mais il n’est pas absolument réfractaire (Richet et Héricourt).

Bovidés. — Les Bovidés sont sensibles au Bacille du lype bovin, que ce Bacille provienne des bovidés, du porc ou de l’honime. Suivant le devré de virulence et la dose. linoculation sous-cutanéc ou intraveineuse produit une maladie aiguë ou une ma adie chronique, avec lésions apparentes des visc res et des ganglions.

Les Bacilles du type humain ne sont que peu ou pas virulents.

Chèvre.— La chèvre paraît pius sensible au Bacille bovin, spécia.ement par ingestion (Voy. pius loin).

L'inoculation dans Les trayons p:ovoque de la mammite (Nocard).

Oiseaux. — Le perroquet est facilement infecté par. voie souscutanée avec les trois types de Bacilles.

La poule est très sensible au Bacille aviaire ; l’ingestion de produits tuberculeux reproduit Ia maladie naturelle. L inoculation intraveineuse amène le plus souvent une tuberculose aiguë sans lésions visibles (type Yersin).

Les réactions de la poule à l'égard des Bacilles des mammifères sont plus discutées. La poule y est incontestablement moins sensible qu’au. Bacille aviaire. Néanmoins il est acquis que certains Bacilles des mammilères (la moitié des bacilles, d'après Bang) produisent par inoculation sous-cutanée une tuberculose type Villemin (Cadiot, Gilbert et Roger).

Animaux à sang froid. — Le Bacille humain tuberculise lorvel (Mæller), pariois les serpents (Varanus, d'après Bertarelli}; Morey aurait provoqué une tuberculose localisée au péritoine par inoculation intrapéritonéale à la carpe ou à la grenouille. Les autres espèces sont beaucoup moins sensibles (Voy. Bacille pisciaire).

Diagnostic des iypes humain et bovin par inoculation expérimentale. — Inoculalion intraveineuse au lapin. — On inocule une culture de première ou seconde génération, sur œuf ou pomme de terre glycérinés, à quatre lapins de 1 500 à 2 000 grammes, dans les veines, à dose de 1 milligramme pour deux animaux, de un centième de milligramme pour les deux autres. Les animaux survivants sont sacrifiés après soixante jours. Dans ces conditions, le Bacille humain provoque des lésions discrètes, non progressives, localisées surtout dans le rein el le poumon; au contraire, le Bacille bovin détermine une tuberculose généralisée (Park et Krumwiede).

De même, l’inoculation sous-cutanée de 50 milligrammes de bacilles humains chez le bœuf (Kossel, Weber et Heuss), ou l’inlroduction de ces mêmes bacilles dans la profondeur de la mamelle — sans léser la glande — chez la chèvre (Calmette et Guérin), déterminent seulement une lésion locale, alors que dans les mêmes conditions, les Bacilles bovins provoquent une tuberculose progressive qui se généralise. |

B. Inoculation par ingestion, — (juel que soit l'animal en expérience el quel que soit le virus, les bacilles ingérés ont toujours tendance à se localiser sur les ganglions trachéobronchiques et sur les poumons (fait important, qui permet de comprendre que la tuberculose hnmaine, sous sa forme commune, phtisie pulmonaire, peut être d’origine digestive).

Mais l’ingestion ne provoque de lésions que chez les espèces les plus sensibles : cobaye pour le Bacille humain; lapin, bœuf et chèvre pour le Bacille bovin ; lapin et poule pour le Bacille aviaire. Les espèces animales gardent ainsi à l'endroit des divers types de bacilels La sensibilité élective que nous connaissons.

Le Bacille humain, ingéré au cobaye, détermine souvent des lésions qui, d’abord localisées aux voies respiratoires, se généralisent ensuite; il n'existe pas de lésions locales de l'intestin (Veleminsky).

Le Bacille bovin, ingéré au lapin, se fixe de même sur le poumon, sans léser l'intestin (Veleminsky). Chez le bœuf, le Bacille bovin virulent détermine habituellement l'infection (Chauveau); les premières lésions apparaissent dans les ganglions trachéobronchiques (Calmette, Vallée).

L'espèce caprine a fourni à Calmette et Guérin des résultats parliculiers : le chevreau, soumis à l’ingestion de Bacille bovin, contracte une tuberculose pulmonaire avec lésions apparentes des ganglions mésentériques; dans les mêmes conditions, le Bacille humain ou aviaire détermine des lésions des ganglions mésentériques, sans altération plus lointaine. Au contraire, chez la chèvre adulte, l’ingestion de Bacille bovin provoque des lésions d'emblée pulmonaires, sans lésion aux portes d'entrée.

La sensibilité du chien est discutée ; suivant F. Arloing, on provoque dans la moitié des cas des lésions intestinales, souvent suivies de lésions pulmonaires.

Le Bacille aviaire, chez le lapin, détermine une tuberculose d’abord intestinale, puis pulmonaire (Weber et Bollinger); il en est de même chez la poule.

C. Inhalation. — On peut transmettre la tuberculose par inhalation ; quelques auteurs ont réalisé l'infection à l’aide de poussières sèches (Cornet), mais les résultats paraissent plus réguliers quand on s’adresse aux particules liquides finement pulvérisées.

1 semble établi, d'autre part, que la quantité de bacilles nécessaires pour jinfecter l'animal est moindre pour l'inhalation que pour l’ingestion.

Chez le cobaye, les expériences de Cornet, de Preyss, de Küss et Lobstein ont déterminé presque toujours une tuberculose localisée ou prédominante au poumon. Des essais de même ordre ont été tentés avec succès chez le chien (Tappeiner), chez le chat (Chaussé), chez les bovidés (Nocard et Rossignol, Chaussé).

SIÈGE

Le Bacille tuberculeux, agent pathogène d’affections multiples et chez nombre d'espèces animales, est extrêmement répandu.

L. Dans l'organisme humain ou animal. — Le Bacille de Koch se trouve dans les lésions tuberculeuses, granulations, nodules ouinfiltrations caséeuses; on sait que chacune de ces lésions est

essentiellement formée par un nombre plus ou moins grand de follicules tuberculeux : chaque follicule comprend au centre une cellule géante (80 en moyenne) avec noyaux multiples en bordure, entourée de cellules épithélioïdes et, plus loin, de globules blancs ; les Bacilles existent dans les trois zones, spécialement dans les cellules géantes (fig. 277). On les trouve également dans les lésions caséeuses, qui ne sont d’ailleurs que l’aboutissant des lésions précédentes (fig. 278); de même dans le pus tuberculeux. — Dans les tuberculoses sans lésions apparentes, la structure histologique des tissus est également celle que nous venons d'indiquer (follicule avec bacilles).

La présence dans le sang est exceptionnelle, aussi bien chez l’homme que chez l'animal. Le Bacille de Koch peut y circuler (surtout dans les tuberculoses aiguës), mais il ne s’y multiplie pas.

Issu des lésions précédentes, Le Bacille passe dans les excreta : crachats et urines chez l’homme, jetage des bovidés, matières fécales dans les diverses espèces, etc.

IL. En dehors de l’organisme.— Au point de vue pratique, il importe de connaître les possibilités d'infection.

Les bacilles existent dans l'air des salles d'hôpitaux, comme on peut s’en assurer en inoculant aux animaux l’air filtré (Cadéac et Malet), ou en laissant vivre des cobayes dans les salles de malades (Bartel): dans les deux cas, les animaux se tuberculisent rapidement. Il semble vraisemblable d'admettre avec Flügge et son école (Lawtchenko, Heyman, etc.) que l'infection est réalisable surtout par les gouttelettes infectantes de muecus laryngé ou pharyngé que chacun projette à toute expiration un peu vive, efforts de toux, simple parler même à voix basse: ces gouttelettes restent en suspension une ou plusieurs heures; elles sont, d’autre part, projetées jusqu’à 4 ou 6 mètres de distance et plus.

Parmi les aliments, on pouvait craindre tout d’abord que la viande d'animaux tuberculeux fût très dangereuse, mais il a été nettement établi que la viande est très rarement virulente, même en cas de tuberculose généralisée. [1 n’en est pas de même du lait; ce dernier est infecté le plus souvent par suite d’une lésion tuberculeuse des mamelles, ou par l'introduction des matières virulentes répandues sur les litières. La proportion des laits tuberculeux est considérable, parfois 30 p. 100.

Toxicité des bacilles morts. — Siraus et Gamaleia ont constalé que des bacilles, tués par la chaleur, produisent un abcès par inoculation sous-cutanée. Les mêmes bacilles tués, inoculés dans les veines du lapin, provoquent la formation de tubercules caséeux dans le poumon. Il est ainsi établi que les bacilles morts demeurent toxiques.

Les bacilles privés de leurs substances grasses sont moins toxiques. Il tuent à forte dose ; une dose moindre produit des lésions caséeuses avec réaclions générales, mais l'animal se rétablit (Cantacuzène).

Poisons extraits par les dissolvants des graisses.— En traitant les bacilles par l’éther et le chloroforme, Auclair a obtenu deux poisons différents, qu’ilappelle éthéro-bacilline et chloroformobacilline: tous deux ont une action surtout locale ; le premier produit des lésions caséeuses (pneumonie caséeuse par inoculation trachéale), le second des lésions fibreuses {sclérose pulmonaire).

Poisons diffusibles. — Les diverses tuberculines renferment à la fois des poisons adhérents et des poisons diffusibles. On a cherché à mettre en évidence les poisons diffusibles seuls.

Le procédé communément employé consiste à filtrer sur bougie les cultures en bouillon glycériné, sans faire subir au produit de manipulation spéciale. Le filtrat ainsi obtenu est nettement toxique ; concentré au dixième, il est plus toxique que la tuberculine ancienne; mais, Contrairement à cette dernière, il provoque de l’'hypothermie- (à dose non mortelle) chez l'animal sain ou tuberculeux (Bezançon et Gouget). Ces poisons diffusibles sont moins thermostabiles que la tuberculine (détruits à 100°). La tuberculine de Denys (préparation B.F.) n’est que la préparation obtenue comme il vient d’être dit.

Tuberculines. — On donne le nom générique de fuberculines à toute une série de préparations qui représentent des extraits de cultures de Bacille tuberculeux ; la plupart d’entre elles possèdent sensiblement les mêmes propriétés. La mieux étudiée est la tuberculine ancienne de Koch.

Tuberculine ancienne de Koch (ou Alttuberculin, Tuberculine brute, ou simplement Tuberculine). — Sous le nom de lymphe, Koch (1890) prépare ainsi son ancienne tuberculine : des cultures de cinq à six semaines, en voile, sur bouillon glycériné, sontstérilisées par chauffage à 110° pendant une demi-heure, puis concentrées au bain-marie au dixième de leur volume primitif; on filtre ensuite grossièrement sur papier épais, pour séparer les corps microbiens. Le filtrat constitue la tuberculine brute. Cest un liquide brunâtre, sirupeux, limpide, d'odeur agréable.

On voit que, dans cette préparation, la glycérine (non volatile) se concentre à 50 p. 100; la tuberculine comprend donc un extrait glycériné de bacilles mélangé à des produits microbiens diffusés dans le bouillon et aux principes constituants du milieu.

Le principe actif de la tuberculine est très résistant à la chaleur;

Fig. 277. — Cellule géante tuberculeuse avec Bacilles de Koch.

Fig. 278. — Bacilles de Koch dans un tissu caséifié.

il n’est détruit qu'à 2507. Par contre, la tuberculine esttrès sensible à l'oxygène de l'air, qui l’altère en quelques jours ; il faut la con-

server en pipettes scellées, à l'abri de la lumière et de la chaleur.

On n’est pas nettement fixé sur les rapports qui existent entre l’activité des tuberculines et les propriétés des Bacilles qui les ont fournies. Suivant Krompecher, l’activité de la tuberculine serait parallèle à la virulence du microbe. D'autre part, les Bacilles bovins et humains donnent une tuberculine qui paraît identique; certains auteurs (Irimescu) généralisent davantage et identifient les tuberculines humaine, bovine, aviaire et pisciaire ; mais il semble établi que les tuberculines aviaire (#orrel) et surtout pisciaire (Pinoy et Burnet) sont moins actives que les deux autres sur la tuberculose des mammifères.

Réactions provoquées par la tuberculine. — La tuberculine provoque des réactions particulières; ces réactions sont beaucoup plus marquées chez les tuberculeux que chez les sujets sains.

Chez les animaux indemnes de tuberculose, on peut inoculer sans danger sous la peau des doses relativement élevées : 2 centimètres cubes chez le cobaye ; 0cc,5 à 2 centimètres cubes chez les autres animaux, bœuf, cheval, chien, etc. L'homme, à l'état normal, est plus sensible : une dose de Occ,01 peut provoquer de la fièvre; une dose de 0cc,25 (Koch, sur lui-même) à fait apparaîitre de l’asthénie, de la dyspnée, puis un frisson, des vomissements et de la fièvre. Cette susceptibilité de l’homme est due sans doule à l’extrème fréquence des foyers latents de tuberculose.

Chez les tuberculeux (homme ou animal), la tuberculine amène des réactions à doses bien plus faibles. Le cobaye tuberculeux sucecombe à l'inoculation de Oce,5. Des doses minimes, 08r,0002 (2 dixièmes de milligramme) chez l'homme, 08r,30 à 08r,40 chez les bovidés, amènent une réaction spéciale. Cette réaction apparaît en général huit à douze heures après linoculation; elle se traduit par des phénomènes généraux el locaux. Les phénomènes généraux sont surtout appréciables par l'élévation de température. Localement, au niveau des lésions tuberculeuses, il se produit une congestion très vive; les lésions cutanées (lupus)se nécrosent parfois.

La tuberculine, en raison même de son aclion élective chez les tuberculeux, a été proposée pour le diagnostic de la tuberculose et aussi pour le traitement (Voy. plus loin).

Tnoculalion intracérébral2. — Borrel, Lingelsherm ont iuoutré que le cobaye, assez peu sensible à l'inoculation sous-cutanée, estinfiniment plus sensible à l’'inoculation intracérébrale; mais on retrouve les mêmes différences numériques entre les doses mortelles chez lanimal sain et l'animal tuberculeux : 3 à #4 milligrammes sont nécessaires pour tuer le

cobaye sain, alors que le cobaye tuberculisé depuis quarante jours environ succombe à l'injection de 1 millième de milligramme de tuberculine humaine ou bovine (la tubercuiine aviaire n’a pas la même propriété). Chose curieuse, le cobaye tuberculeux devient très sensible à l'injection intracérébrale de malléine (mais non à l'inoculition sous-cutanée); il conserve sa sensibilité habiluelle à l'égard des autres toxines, tétanique, diphtérique, etc.

Tuberculine précipitée. — Les principes actifs de la tuberculine sont précipitables par l'alcool.

L'Institut Pasteur de Paris prépare, pour usage médical, des solutions mères de tuberculine solide purifiée (mélange de tuberculines humaine, bovine, équine) ; le précipité alcoolique, desséché, se conserve très longtemps. Les solutions mères sont préparées en dissolvant le précipité sec dans l’eau glycérinée à 50 p. 100. A poids égal, la tuberculine de l’Institut Pasteur est environ 30 fois plus active que la tuberculine brute (Küss); il faut donc l’employer à doses environ {rente fois moindres.

Calmette concentre dans le vide les cullures en bouillon glycériné et précipite par l’alcool-éther.

Autre ; tuberculines. — Koch a modifié à plusieurs reprises sa tuberculine primitive; le but de ces recherches était surtout de trouver un principe qui füt actif dans le traitement de la tuberculose, sans susciter les réactions de la tuberculine ancienne; ce but n’a pas été atteint. Nouvelles préparations de Koch : TA, TR, Émulsion baciilaire.

Tuberculine TA. — Tuberculine alcaline, obtenue par filtration d'émulsions bacillaires laissées trois jours en contact avec 10 p. 100 de soude, Agit comme l'ancienne tuberculine.

Tuberculines TR et TO. — On trilure dans des appareils spéciaux des Bacilles desséchés par le vide, jusqu’à obtenir une poudre extrêmement fine ; on additionne d’eau, eton centrifuge : le liquide surnageant, opalescent estla TO.

Le dépôt boueux restant après décantation est repris, séché, broyé, additionné d’eau et centrifugé ; le dépôt restant après cette deuxième opération est repris, séché, broyé, etc., comme ci-dessus : on continue Île cycle jusqu’à ce que la masse à peu près entière des bacilles soit émulsionrmée. — Tous les liquides de centrifugation (sauf le premier, qui est TO) sont mélangés : le mélange constitue la TR (tuberculine résiduelle). Il renferme des granulations très petites, qui ne sont plus atido-résistantes, bien que venant des bacilles.

TO est à peu près identique à la tuberculine ancienne, TR a été donné par Koch comme immunisant et curateur, mais en pratique TR a paru assez dangereux (abcès, hémoptysies, etc.); on ne l'emploie guère. Au point de vue du diagnostic, TR ne vaut pas l’ancienne tuberculine (Bonhiol).

Émulsion bacillaire (B. E., Neutuberkulin). — Ce nouveau produit de Koch est constitué par une émulsion de bacilles; on dessèche et pulvérise les bacilles (comme pour TR), et la poudre obtenue est simplement émulsionnée dans l'eau glycérinée à 50 p. 100, à dose de 1 p. 200. L’émulsion bacillaire préparée par Borrel, plus forte, renferme 3 centimilligrammes de substance bacillaire par millimètre cube; Küss recommande de l’'employer à doses environ cinq fois moindres que la tuberculine précipitée.

Celte émulsion est assez employée en thérapeutique.

Tuberculine de Béraneck. — C’est un mélange de toxine-bouillon (TB) et d’acido-toxine (AT). On prépare TB en filtrant des cultures sur macération de viande glycérinée et réduisant ensuite le filtrat par évaporation dans le vide; on obtient AT en laissant macérer les corps microbiens à 60° pendant deux heures dans l'acide orthophosphorique à 1 p. 100; on neutralise ensuite. Le mélange de AT et TB, dilué au 1/20, constitue la tuberculine de Béraneck. Elle est assez utilisée, surtout en Suisse.

On peut chercher à établir le diagnostic bactériologique de la tuberculose par des méthodes directes ou par des méthodes indirectes. -

Les méthodes directes ont pour but de constater la présence du bacille, par examen direct, par les cultures ou par l’inoculation. Elles sont applicables toutes les fois qu'on se trouve en présence d’une lésion tuberculeuse ouverte, ou au moins accessible aux moyens d'investigation.

Les méthodes indirectes sont basées soit sur l’action spéciale de la tuberculine, soit sur la recherche des anticorps spécifiques (agglutinine, sensibilisatrice, précipitine) dans les humeurs des malades. Elles ont été préconisées surtout pour les circonstances où les méthodes directes ne sont pas applicables. |

Seules les méthodes directes, bien appliquées, peuvent donner une certitude. La valeur des méthodes indirectes est plus discutée.

Méthodes directes.

Observations générales. — Coloration. — Dans le cas le plus habituel, examen de crachats riches en bacilles, on peut employer l'une ou l’autre des méthodes de coloration décrites plus haut.

Il n'en est pas de même dans la plupart des autres circonstances:

il faut se méfier des bacilles paratuberculeux, qui sont acido-résislants comme le Bacille de Koch. Cette remarque s'applique particulièrement aux urines et aux produits examinés après homogénéisation (crachats, caillots) ; on utilisera alors la technique de Ziehl-Neelsen :la plupart des bacilles paratuberculeux se décolorent, alors que le Baciile de Koch reste coloré.

Cultures. — Pratiquement, le diagnostic par les cultures ne peut ètre porté qu'en présence de lésions assez riches en bacilleset ne ren'ermant que peu ou pas d’autres microbes (sérosités).

Inoculation. — (C’est la méthode de choix; mais ses réponses sont tardives. On inoculera les produits suspects au cobaye : sous la peau, s'ils sont impurs (crachats, urines); dans le péritoine, s’il n existe pas d’autres microbes associés pathogènes pour le cobaye (pus, sérosités, dans la plupart des cas). L’inoculation de produits impurs dans le péritoine tuerait rapidement, par péritonite banale.

On peut sacrifier l'animal après cinq à six semaines. Pour affirmer la tuberculose, il faut : 1° constater la présence de lésions tuberculeuses à Fete au moins dans la rate et le foie; 2° s’assurer (coloration) que les lésions trouvées à l’autopsie ren'erment le Bacille de Koch. Cette double épreuve permet d'éliminer les bacilles paratuberculeux, qui sont généralement peu pathogènes par le procédé indiqué, et les pseudo-tuberculoses spontanées du cobaye, qui ne renferment pas de bacilles acido-résistants.

Applications des méthodes directes au diagnostic de la tuberculose. — Ces applications seront traitées aux chapitres des « analyses bactériologiques ». Voir entre autres : Analyse des crachats; Analyse du pus; Analyse du sang ; Analyse des sérosités ; Analyse du liquiie céphalo-rachidien.

Méthodes indirectes.

A. Diagnostic par la tuberculine. — On a cherché à tirer parti des réactions provoquées par la tuberculine chez les tuberculeux pour établir le diagnostic de la tuberculose.

1. Chez l’homme. — Les observations accumulées sur ce sujet ont montré que la méthode est presque toujours fidèle, mais parfois trompeuse et toujours délicate. Elle est fidèle, en ce sens qu’une réaction positive indique à peu près sûrement l'existence d'une lésion tuberculeuse, mais cette lésion peut être tout à fait silencieuse et sans relation avec les incidents pathologiques qui ont motivé la recherche, de telle sorte que cette réaction positive peut alors induire en erreur. La méthode est délicate, car elle peut tou-

jours susciter des accidents sérieux avec des doses insignifiantes, inférieures aux doses habituellement employées. IL semble d’ailleurs que les tuberculeux avancés soient moins sensibles à Ia tuberculine que les tuberculeux au début.

Chezles enfants, cette méthode donne des résultats plus sûrs, ce qui s'explique par le fait que les enfants présentent rarement des foyers tuberculeux torpides.

INJECTION SOUS-CUrANÉE. — C'est la méthode la plus habituelle; on considère comme positive toute réaction caractérisée par une ascension thermique d'un degré au moins (Grasset et Vedel). Mais la sensibilité à la tuberculine est très variable suivant les sujets; la dose nécessaire oscille, pour l'adulte, entre 0M8,1 et10 milligrammes de tuberculine ordinaire.

Les deux méthodes les plus employées sont les suivantes :

a. Doses progressivement croissantes. — À la suite de Koch, la plupart des auteurs injectent des doses progressivement croissantes, tous lIcstrois ou quatre jours : on n'augmente la dose que si l'injection précédente est restée sans aucun effet. Koch donne la gradation suivante, en milligrammes de tuberculine ordinaire : 0,1 à 1 ; 0,2 à 2; 5; 10 ; 10. Grasset et Vedel injectent d’abord 2 à 3 dixièmes de milligramme ; puis, s'il n'y à pas eu réaction, à dixièmes.

b. Petites doses réilérées. — On à observé (Lœwenstein, Turban) que l'inocu'alion de très petites doses provoque de l'hypersensibilité à la tuberculine; cette hypersensibilité apparaît rapidement chez les tuberculeux, dès la troisième ou quatrième inoculation, alors qu’elle se manifeste seulement à la septième chezles sujets sains. On portera donc le diaonostic de tuberculose si la réaction apparaît avant la cinquième inoculation. La dose d’inoculation est de 1 dixième de milligramme.

Dans le but d'éviter les accidents observés à la suite des inoculations précédentes, on a proposé d’autres modes de tuberculinisalion.

Curi-RÉAGTION (von Pirquet). — On pratique une scarificalion superficielle à la région deltoïdienne ; on dépose ensuite I goutte de tuberculine dilu ‘e au quart sur le trait de scarification. Chez les tuberculeux, il apparaît en quelques heures (dix heures en moyenne) une papule entourée d’une auréole érythémaleuse, qui augmente pendant un ou deux jouts, puis s’affaisse et se dessèche. Chez les non-tuberculeux, de même que dans les formes aiguës de tuberculose, la réaction fait défaut.

OParTatMo-RÉAGtION (Calmette, Wolff-Eisner). — Instillée sur la conjonctive, la tuberculine détermine chez les tuberculeux une congestion plus ou moins intense, très apparenteaprès quelques heures.Chez les non-tuberculeux la réaction est absente.

On emploie la tuberculine purifiée, diluée à 1 p. 100 (Calmette) ou à 0,25 à 0,40 p. 100 (Küss). IL faut éviter la tuberculine ordinaire, dont la glycérine est irritante.

Cette méthode est particulièrement démonstrative, mais elle a provoqué parfois des accidents oculaires sérieux.

AUTRES MODES D’INOCULATION — On a proposé d’autres modes d'’inoculation : dans le derme (intradermo-réaction, Mantoux); dans le nez (rhinoréaction, Laffite-Dupont et Molinier); dans le vagin (Richter) ; à la surface de la peau, sans scarification, par frottement (Lignières), ou en maintenant vingt-quatre heures un tampon imbibé de tuberculine à 4 p. 100 en contact avec la peau (Lautier).

IL. Chez le bœuf. -- Depuis les recherches de Nocard etde Bang, la tuberculine est largement utilisée pour le diagnostic de la tuberculose des bovidés. La méthode est quelquefois en défaut (Arloine, Rodet et Courmont), mais il est incontestable qu'elle a rendu et continue à rendre des services considérables à la prophylaxie.

L'intensité de la réaction n’est pas en rapport avec la gravité ou l'étendue des lésions ; au contraire, les réactions peuvent être nulles chez des sujets très tuberculeux. et elles se montrent souvent les plus netles quand les lésions sont très limitées (Nocard).

Il faut inoculer chez les adultes 20 à 50 centigrammes (suivant la taille) de tuberculine brute ; chez les veaux, 10 à 20 centigrammes, L'animal est au préalable mis au repos pendant plusieurs jours ; on prend la temprrature matin et soir. Après l’inoculation, la température est prise aux douzième, quinzième, dix-huitième et vingt et unième heures. Une ascension thermique de 19,5 ou plus (parfois 30) indique la tuberculose.

Si l'ascension est comprise entre 00,8 et 10,4, l’animal est simplement suspect ; il faut recommencer après un mois.

Les injections de tuberculine ne créent pas d'accoutumance aux inoculations ultérieures, comme on Pavait cru tout d’abord; mais, chez les animaux qui ont été ou qu'on suppose avoir été (dans un but de fraude) dé à inoculés antérieurement, il est bon d’injecter des doses doubles, etil est de: plus nécessaire de prendre la température à partir de la deuxième heure, la réaction thermique étant plus précoce que chez les animaux neufs (Vallée).

La cuti-réaclion et l’ophtalmo-réaction (Vallée), de même que l’intradermo-réaction, peuvent être appliquées aux bovidés ; elles donnent les mêmes résultats que l'injection.

B.Sérodiagnostic (agglutination). — Les cultureshabituelles ne se prètent pas à l'obtention des émulsions homogènes nécessaires pour l’agglutination. Celle-ci n’est guère possible qu’à l’aide des cultures homogènes. Nous résumerons la technique telle qu'elle est préconisée par S. Arloing et P. Courmont, auteurs de la méthode.

a. Les cultures homogènes sont obtenues comme il a été dit plus haut; on s'adresse à des Bacilles bien agglutinables (Bacille A d’Arloing). On ensemence en bouillon glycériné ou en peptone glycérinée (peptone

Doprer et SACQUÉPÉE. — Bactériologie, 2€ édit. 49

Defresne, 2; glycérine, 5 ; NaCI, 1, p. 100 d'eau), dans des fioles cylin-

driques, à moitié remplies. On agite tous les jours.

Vers le trentième jour, les cultures, blanc laiteux, très riches, sont enlevées de l’étuve et conservées au froid et à l'obscurité, La culture ainsi conservée demeure utilisable pendant un mois environ. Au moment du besoin, on la dilue dans l’eau physio'ogique ; le degré de dilution est variable, en moyenne 1 p. 50 : la dilution doi être telle que l’agglutination se produise au taux voulu par un sérum étalon (sérum d'animal inoculé ou sérosité tuberculeuse), conservé comme modèle au laboratoire.

b. L'épreuve est avant tout macroscopique. On dispose des petits tubes à essais ; dans chacun d’eux on verse X gouttes de culture diluée. L'un demeure sans sérum {tube témoin): aux trois autres, on ajoute respectivement I, Il et IT gouttes de sérum sanguin ou de sérosité. On mélange par agitation, et on place ensuite les tubes dans un support, inclinés à 45° environ. On abandonne à la température ambiante.

Il est prudent de faire les mèmes dilutions avec le sérum étalon.

c. Après trois à cinq heures, on observe les tubes à l'œil nu. Est déclarée positive toute agglutination indiscutablement complète, avec clarification du liquide et formation de flocons bien apparents.

Résultats obtenus. — La plupart des auteurs confirment les résultats d'Arloing et de Courmont. Le sérum humain normal n’agglutine pas à 1 p. 5 chez l’adulte, à 4 p. 3 chez l'enfant. Le sérum des tuberculeux au début, ou des individus présentant des lésions bénignes ou discrètes, agglutine le plus souvent de 1 p 5 à 1 p. 15; mais le sérum est souvent dépourvu de pouvoir agglutinant dans les tuberculoses avancées ou dans les tuberculoses à marche rapide. |

Par contre, le sérum des typhiques agg'utine le Bacille tuberculeux, et d’une manière plus intense que le sérum des tuberculeux eux-mêmes (Bezancon Griffon et Philibert).

Les sérosités tuberculeuses (pleurésie, péritonite) sont également agglutinantes, sensiblement aux mêmes taux que les sérums (P. Courmont).

Chez les sujets traités par la tuberculine, surtout par l’émulsion bacillaire, le pouvoir agglutinant augmente notablement (Koch).

Valeur pratique de la réaction. — La valeur clinique du sérodiagnostic est très discutée ; la méthode n'a d’ailleurs pas réussi à s'imposer jusqu'ici. Des observations publiées, il semble qu'on puisse conclure :

1° Que la recherche de la réaction agglutinante du sérum sanguin a surtout une valeur négative, en ce sens que l’absence de réaction agglutinante, chez un sujet non fébricit nt, constitue un élément de forte probabilité contre le diagnostic de tuberculose ; 2° que les sérosités agglutinantes (pleurésie, etc.) sont d’origine tuberculeuse.

Séro-pronostic. — D'après P. Courmont, le pronostic des pleuré-

sies tuberculeuses est d'autant meilleur que le pouvoir agglutinant est plus élevé, et inversement.

C. Diagnostic par l'épreuve de la déviation du complément. — Widal et Lesourd, Camus et Pagniez ont montré que le sérum des tuberculeux renferme une sensibilisatrice spécifique, mise en évidence par la réaction de Bordet: Gengou. Nous étudierons successivement la technique de la réaction et sa valeur pratique.

Technique de la réaction. — La réaction sera pratiquée suivant les règles générales en pareil cas (V. chap. IV et chap. Syphilis). On aura soin en particulier de toujours inactiver (par chauffage ou vieillissement) les sérums à étudier ; de toujours titrer l’alexine et le sérum hémolytique.

Quel antigène faut-il employer ?

Il semble établi que ni la tuberculine, ni les corps bacillaires morts ou vivants, ne constituent des antigènes de valeur fixe. Il est préférable de s'adresser aux antigènes préparés suivant l’un des deux procédés suivants :

Soit l'antigène B? de Calmette et Massol : 5 grammes de bacilles lavés, pesés à l'état sec, sont mis à macérer pendant quarantehuit heures à 65°, dans 100 centimètres cubes d’une solution de peptone de Witte à 40 p. 100 dans l’eau distillée; on filtre ensuite. Le filtrat constitue l’antigène B?;

Soit l’antigène de Besredka : Des cultures de Bacille tuberculeux en bouillon à l’œuf de Besredka, après trente jours d’étuve, sont stérilisées à 1150 et filtrées. Le filtrat constitue l’antigène.

Une fois l'antigène ainsi obtenu, on emploiera de préférence la technique de Calmette et Massol.

Pour chaque sérum, il faut trois séries de tubes.

La première série, A, comporte trois tubes, qui reçoivent chacun une dose fixe d’antigène (par exemple, 1 centimètre cube de l’antigène B? dilué au dixième).

La deuxième série, B, comporte troistubes, qui reçoivent chacun Occ,5 du sérum à étudier.

La troisième série, C, comporte au moins cinq tubes. Chacun d'eux reçoit à la fois la dose d’antigène de la série A et la dose de sérum de la série B.

Dans chaque tube de chaque série, on ajoute ensuite des doses croissantes d’alexine, en débutant par le double de la dose minima susceptible de provoquer l'hémolyse en présence de sérum hémolytique inactivé (dose minima déterminée par le titrage de l’alexine). Par exemple, 0cc,01, Occ,02, Occ,03, Qcc,0%, Occ,05. On complète partout à 2cc,5 par addition d’eau physiologique à 8,5 p. 1000.

Les tubes sont ensuite portés à 37° pendantune heure. On ajoute alors dans chaque tube une goutte d'hématies lavées, et une quantité de sérum hémolytique représentant 10 à 20 fois la dose hémolytique minima (déterminée par titrage). Chaque tube est alors complété à 3 centimètres cubes par addition d’eau physiologique, puis porté à l’étuve à 37° pendant une heure.

On constate les résultats.

Partout où il n’y a pas d’hémolyse, l’alexine est déviée.

La réaction est positive, c’est-à-dire démontre la présence d’anticorps dans le sérum, si la quantité d'alexine déviée par la série C (antigène + sérum) est supérieure à la somme des quantités d’alexine déviées par les séries À et B (antigène et sérum employés séparément).

Valeur pratique de la réaction. — La plupart des observateurs s'accordent à reconnaître que la réaction de fixation, à condition qu'on ait fait usage d’un antigène convenable, est habituellement positive chez les tuberculeux avérés, habituellement négative chez les sujets sains.

Chezles tuberculeux, la réaction est, au début de l'infection, Le plus souvent négative. Dans la deuxième période de l'infection, la réaction est positive dans la grande majoritédes cas, 70 à 90 p. 100 en moyenne. À la fin dela maladie, la réaction peut à nouveau devenir négative.

D’après Bezancon et de Serbonnes, la courbe de la réaction est oscillante, sans doute en rapport avec les poussées évolutives qui marquent l’évolution de la tuberculose.

De l’ensemble des observations, on peut conclure avec Calmette,

qu’une réaction de fixation positive indique toujours une forme évolutive de la maladie.

D. Diagnostic par la précipito-réaction. — Au cours des méningites tuberculeuses, le liquide céphalo-rachidien précipite en dix à douze heures, quand on le met en présence de la tuberculine, 1 p. 100 de liquide (Vincent et Combes); on obtient d’ailleurs le même résultat chez les typhiques et les syphilitiques. La réaction à une valeur négative : son absence permet d’écirter le diagnostic de tuberculose.

Le sérum sanguin, à l'état normal, précipite souvent les filtrats de cultures ; il ne peut donc être utilisé pour le précipito-diagnostic.

VACCINATION

Quelques expériences de Grancher et Martin, Richet et Héricourt avaient montré que l'inoculation de cultures atténuées par vieillissement ou chauffage pouvait conférer aux animaux de laboratoire un certain degré de résistance, mais c’est surtout depuis les recherches de Behring (1912)

gi

VACCINATION. fera

LS

que la question de la vaccination antituberculeuse a suscité un grand nombre d'expériences et de discussions. Les travaux les plus importants visent la fuberculose des bovidés, ce qui s'explique tant par la fréquence et l'importance (économique et sanitaire) de cette maladie que par l’analosie étroite de la tuberculose des bovidés avec celle de l’homme : une méthode de vaccination sûre et inoffensive pour les bovidés trouverait peut être son application à l’homme. Dans l’état actuel des choses, nous devons éludier surtout la vaccination chez les bovidés,.

Vaccination chez les bovidés. — On a tenté de vacciner les animaux par divers procédés : inoculation de bacilles morts, inoculation des produits solubles, inoculation de bacilles vivants.

INOCULATION DE B .CILLES MORTS. — L'inoculation de bacilles morts, quels que soient les procédés de destruction des bacilles (chaleur, iode, etc.) et la voie d'introduction du vaccin, à presque toujours donné chez les bovidés des résultats nuls ou insignifiants (Vallée). L'inoculation de bacilles tués par le chlore (Moussu et Goupil) ou le fluorure de sodium (Rappin) aurait cependant conféré un certain degré d’immunité.

INOCULATION DES PRODUIIS SOLUBLES. — Le procédé à été employé largrm'nt en pratique par Heymans ; on insère sous la peau des bovidés des sacs de collodion renfermant des cultures; les animaux seraient vaccinés. Moussu, par un procédé analogue, n’a pas obtenu de résultat appréciable.

Vaccination par les bacilles vivants. — Seu'e l’inoculation de bacilles vivants est capable de conférer aux animaux une certaine résistance. Mais celte résistance n’équivaut pas à une vaccination ; en raison, en effet, de leur constitution très spéciale, les Bacilles tuberculeux inoculés ne se résorbent qu'avec une très grande lenteur, même chez les animaux rendus très résistants par des inoculations préalables de virus atténués ou de viius à petites doses. Quelle que soit la méthode employée, on constate toujours :

19 Que les bacilles inoculés comme vaccins, bien qu'ils ne provoquent pas de lésions, persistent cependant pendant plusieurs mois dans les organes ou les ganglions (Lignières, Leclainche et Vallée), parfois trente mois; en outre ces bacilles peuvent être éliminés par le lait. Quand le vaccin est constitué par le Bacille humain, on conçoit que les animaux vaccinés pourraient constiluer un danger à l'égard de l’homme.

20 Que les bacilles virulents inoculés ultérieurement chez des animaux en apparence vaccinés ne déterminent pas non plus de lésions apparentes, mais se maintiennent, eux aussi, vivants et virulents pendant de longs mois dans l'organisme des animaux, malgré la bonne santé apparente de ces derniers.

Les animaux ne sont donc pas à proprement parler vaccinés ;

mais ils sont devenus intolérants à l’égard des inoculations virulentes; les bacilles virulents inoculés demeurent en partie dans les tissus, tandis qu’une autre partie sont éliminés par la bile et par l’intestin (Calmette et Guérin).

On s’est adressé pour vacciner les bovidés, soit au Bacille humain, soit au Bacille bovin, soit à des bacilles modifiés ou atypiques.

Inoculation de Bacilles type humaïn. — Bovo-vaccin de Behring. — Nous avons vu que le Bacille type humain est peu virulent pour le bœuf; Behring a montré qu'il confère une certaine immunité.

Le bovo-vaccin de Behring est constitué par une culture de Bacille humain, avirulente même pour le cobaye, et desséchée dans le vide. On pratique chez le veau deux inoculations, toutes deux dans les veines : 08r,004 et O8r,020. Les animaux seraient immunisés.

De très nombreuses expériences ont été instituées pour contrôler les assertions de Behring. Les conclusions de l'expérience de Melun (Vallée et Rossignol) sont acceptées par tout le monde: la méthode de Behring confère aux animaux une résistance certaine, mais passagère; cette résistance s’épuise en moins de six mois à l'égard de l'infection naturelle (par cohabitation avec des animaux tuberculeux), en moins d’un an à l'égard de l'infection expérimentale par inoculation intraveineuse de Bacilles bovins.

Modifications du bovo-vaccin. — 11 à été établi tout d'abord que tout Bacille de type humain se comporte, au point de vue de la vaccination, comme le « bovo-vaccin » de Behring.

Koch et Schütz, sous le nom de Tauruman, ont proposé d’inoculer un Bacille tuberculeux virulent pour le cobaye, et à l’état humide (non desséché); les résultats sont les mêmes qu'avec le bo'o-vaccin, et la méthode est plus dangereuse pour l’homme.

Roux et Vallée ont essayé un bacille provenant du cheval (très voisin du Bacille type humain); il est résorbé plus vite que le Bacille humain habituel.

VACCINATION PAR VOIE DIGESTIVE. — Les animaux inoculés par la méthode de Behring sont moins résistants à l’ingestion qu’à l’injection intraveineuse; aussi Vallée a-t-il essayé l’immunisation par ingestion de Bacilles humains. La méthode, applicable chez le veau, ne réussit pas chez les bovidés adultes ; les veaux vaccinés résistent à l’ingestion d’épreuve, et les bacilles de l’ingestion d’épreuve sont

résorbés en sept à huit mois.

Inoculation de Bacilles bovins. — Le Bacille bovin étant très -virulent pour le bœuf, il semble difficile de pratiquer les vaccinations à l’aide de ce bacille par voie intraveineuse; Koch et Schutz, Th. Smith ont cependant proposé dans ce but des cul-

THÉRAPEUTIQUE BACTÉRIOLOGIQUE. 775

tures peu virulentes ou atténuées, mais leurs procédés ne se sont guère répandus. |

Par contre, il est démontré que l’ingestion de petites doses de Bacilles bovins procure aux animaux une résistance considérable à l'égard des inoculations intraveineuses ou digestives (Roux et Vallée, Calmette et Guérin).

Vaccination par bacilles modifiés ou atypiques. — Baciries BILIÉS. — Calmette et Guérin vaccinent les bovidés par ingestion de Bacilles bovins atténués à la suite de passages sur pomme de terre biliée. Ce procédé semble l’un des plus actifs; ici encore, le virus vaccinal est retenu pendant longtemps dans les ganglions.

CULTURES HOMOGÈNES. — Arloing a essayé des cultures homogènes; les résultats obtenus paraissent inférieurs à ceux du bovo-vaccin. BACILLES DES ANIMAUX A SANG FROID. — On à proposé l'emploi de Bacilles

modifiés par passage sur l’orvet (Moeller) ou sur la salamandre (Klimmer) : d'autre part, Friedmann a annoncé des résultats remarquables à la suite de linoculation de son Bacille des tortues (p. 778); mais ces diverses assertions ont toutes été infirmées dans la suite.

VIRUS SENSIBILISÉS. — Fr. Meyer, Calmette et Guérin ont vacciné les animaux (cobayes, bovidés) avec des bacilles sensibilisés. D’après Calmette et Guérin, les animaux vaccinés par ce procédé résorbent les bacilles du vaccin, et ultérieurement les bacilles des inoculations d’épreuve, un peu plus rapidement que les animaux va’cinés par d’autres procédés.

THÉRAPEUTIQUE BACTÉRIOLOGIQUE.

Tuberculinothérapie. — Après l’échec retentissant de la tuberculine brute de Koch, le traitement de la tuberculose par la tuberculine avait été à peu près universellement abandonné. Mais, depuis quelques années, des observations prolongées semblent avoir établi que la tuberculinothérapie constitue une méthode adjuvante nullement négligeable dans nombre de cas de tuberculose pulmonaire.

On a employé surtout les diverses tuberculines de Koch, la tuberculine précipitée et les tuberculines de Béraneck et de Denys.

Le traitement doit être appliqué seulement aux malades susceptibles de fournir une réaction efficace ; il doit être prolongé pendant longtemps, d'ordinaire plusieurs années ; il doit être conduit avec prudence, en commençant par des doses faibles et en augmentant ensuite progressivement. La dose initiale sera d’autant plus faible que la maladie semble plus grave; elle oscille de 1/10 à 1/600 de milligramme de tuberculine ordinaire, suivant les cas.

Pour le détail de Ia technique, nous renvoyons le lecteur au travail de Kuss (1).

(4) Bibliothèque de thérapeutique de Gicserr et Carnor, Thérapeutique des maladies respiratoires et de la tuberculose pulmonaire.

Sérothérapie. — Un certain nombre de sérums ont été appliqués au traitement de la tuberculose. On peut dire que tous ont connu des fortunes diverses, mais aucun d'eux ne semble présenter constamment l'efficacité, ni même l’innocuité nécessaires. D'ailleurs, les tuberculeux sont particulièrement sensibles à l'injection de tous les sérums, que's qu'ils soient, et la fréquence des accidents séro- : thérapiques limite beaucoup les applications de [a sérothérapie antituberculeuse. Aussi nous contenterons-nous d’énumérer les tentatives les plus connues et Les plus intéressantes.

Sérums de Maragliano. — Maragliano a préparé deux sérums. Le premier était obtenu par injection à divers animaux (cheval, âne, bœuf, chien) de filtrats de cultures et d'extrait aqueux de bacilles virulents. Le sérum actuel est préparé par injections de trois filtrats: filtrat de cultures, filtrat d’une émulsion de bacilles dans Le carbonate de soude à 2 p. 100, filtrat d’une macération de bacilles dans l’eau salée.

Le sérum est injecté à l'homme par petites doses, tous les jours, pendant plusieurs mois.

Sérum de Marmorek. — Marmorek inocule au cheval des filtrats de cultures jeunes sur un milieu spécial, macération de foie et sérum leucotoxique (sérum provenant de veaux traités par des globules blancs de cobaye); le sérum des animaux ainsi préparés serait actif, particulièrement dans les tuberculoses chirurgicales.

Le sérum de Marmorek a été assez largement utilisé en thérapeutique humaine, avec des résultats variables, assez souvent favorables dans les tuberculoses chirurgicales.

Sérum de Lannelongue, Achard et Gaïllard. — Ce sérum provient d’ânes immunisés à l’aide d’un extrait particulier: un extrait aqueux de bacilles chauffés à 120° est précipité par l’acide acétique; on redissout le précipité par le carbonate de soude. Les résultats thérapeutiques sont discutés.

Sérum de Vallée. — Vallée injecte aux chevaux, dans les veines, d'abord son bacille d’origine équine; après quelques mois, un bacille humain, puis des endotoxines, obtenues par broyage des microbes.

Le sérum des animaux ainsi traités est nettement agglutinant et présente une sensibilisatrice spécifique.

IL est actif sur les bovidés tuberculeux (Vallée), mais les résultats obtenus chez l’homme sont irréguliers.

Sérum de Jousset. — On inocule dans les veines du cheval à la fois le bacille et ses poisons. Les bacilles sont d'origines diverses, humaine ou bovine.

BACILLE PISCIAIRE, air

Le sérum est inoculé sous la peau, à hautes doses, 100 à 140 centimètres cubes pour l’adulte de 70 kilogrammes,

Il est actif à l'égard des réactions fluxionnaires aiguës de la bacillose débutante, mais demeure impuissant en face des lésions fibrocaséeuses.

Sérum de Ruppel et Rikmann. — Ces auteurs s'adressent là des animaux tuberculisés expérimentalement ; les animaux tuberculeux seuls (et non les animaux sains) seraient capables de fournir des antitoxines. On inocule à des mulets et à des bœufs des bacilles de type humain, et on attend que ces animaux présentent des lésions tuberculeuses ; à ce moment, on commence les injections sérothérapiques: injection de tuberculine, d'extraits microbiens 2t de cultures vivantes. Le sérum ainsi obtenu, d’après Calmette, estnettementagelutinant et précipitant, et de plusriche en sensibilisatrices.

Sérum de Rappin. — Chez les animaux inoculés avec des bacilles dégraissés, traités par les dissolvants des graisses, puis tués par le fluorure de sodium, le sérum acquiert la propriété de neutraliser la tuberculine ; il est agglutinant.

BACILLE PISCIAIRE.

I. Bataillon, Dubard et Terre onttrouvé ce bacille chez la carpe. Depuis lors, on a rencontré des bacilles analogues ou identiques chez diverses espèces d'animaux à sang froid.

Il. Le Bacille pisciaire présente la morphologie et les réactions colorantes du Bacille tuberculeux. Il diffère de ce dernier par des caractèresimportants.

a. Il se développe de préférence à 23°, alors qu’il ne se développe pas ou presque pas à 370.

b. Les cultures se font facilement sur les milieux d'usage courant : couche crémeuse sur gélose ; grains de consistance savonneuse sur pomme de terre ; en bouillon, voile à la surface et grumeaux en profondeur.

c. Le Bacille pisciaire est pathogène pour beaucoup d’animaux à sang froid : carpe, grenouille, orvet, lézard, couleuvre, etc.

d. Au contraire, le Bacille pisciaire n’est pas pathogène pour les mammifères.

IT. Quelles sont les relations exactes du Bacille pisciaire avec le Bacille tuberculeux? La question est toujours discutée.

a. Le Lacille tuberculeux des mammifères, inoculé aux animaux à sang froid, provoque parfois des lésions tuberculeuses, mais le fait paraît exceptionnel. Le plus souvent on ne constate pas de lésions, ou seulement les lisions locales qui suivent l’inoculation des banaux acido-résistants. Néanmoins l’inoculation au cobaye démontre que le bacille persiste plusieurs mois dans les organes (Bataillon, Dubard et Terre; Nicolas et Lesieur). La virulence des bacilles transplantés sur les animaux à sang froid parait évoluer différemment suivant des conditions mal connues : les bacilles s’atténuent (Auché et Hobbs) et peuvent même perdre toute virulence pour le cobaye (Herzog}, après un long séjour chez la grenouille ;

au contraire, d'après Bertarelli et Bocchia. ils conservéraient toute leur virulence originelle chez les cyprins d'eau douce.

b. Par acclimatement progressif à la température de 370, on pourrait amener le Bacille pisciaire à prendre les attributs culturaux et pathogènes du Bacille des mammifères (Aujeszkyÿ).

ce. On n’est pas fixé en ce qui concerne les tuberculines. Suivant Terre, Kamond et Ravaut, le Bacille pisciaire séciète une tuberculine identique à celle du Bacille de Koch; Pinoy et Burnet n'ont pu confirmer ces résultats.

d. Le Bacille pisctaire ne fixe pas les anticorps du Bacille tuberculeux dans la réaction de Bordet-Gengou.

Bacille de Friedmann. — Chez des tortues atteintes de lésions tuberculeuses, Friedmann a rencontré un bacille dont les propriétés sont nettement intermédiaires entre celles du Bacille tuberculeux et celles du Bacille pisciaire. Ce bacille, acido-résistant, présente les mêmes caractéres culturaux que le Bacille de Koch, mais il se développe aussi bien à 239 qu'à 37°, Il est tuberculigène à l'égard des animaux à sang froid, de mème que pour le cobaye; il a peu d'action sur le lapin, pas du tout sur Jes oiseaux et le chien. On l’a utilisé comme vaccin.

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