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RÉACTIONS A L'ÉGARD DES SÉRUMS

Le sérum des lépreux fixe le complément en présence des extraits de léprome, ou des bacilles mis en liberté par l’antiformine, suivant :e procédé employé pour le Bacille de Koch (Gaucher et Abrami, Biehler et Eliasberg). Cette réaction semble être spécifique.

11 paraît établi, d'autre part, que la réaction de Wassermann, faite à l’aide des antigènes habituels de cette réaction, est fréquemment positive avec le sérum des lépreux.

POUVOIR PATHOGÈNE

À. Chez l'homme. — Agent de la lèpre sous toutes ses formes.

B. Expérimentalement. — [1 n’est pas encore démontré qu'on ait réussi à conférer la lèpre aux animaux ; toutefois certaines recherches récentes paraissent mériter quelque crédit.

a. On a tenté d'inoculer le Bacille à l'homme lui-même: aucun succès

incontestable.

b. Les essais d’inoculation au porc, au chien, au cobaye, aux vertébrés

à sang froid ont échoué.

c. T. Sug i (1909), injectant une émulsion de Bacilles lépreux dans le péritoine ou le testicule de la souris dansante japonaise, aurait constaté la formation de granulations lépreuses du péritoine. 1l peut y avoir con-

fusion avec une pseudo-tuberculose.

d. Il n’est pas probable que les lésions trachomateuses réalisées par

Stanziale, après inoculation de produits lépreux dans la chambre antérieure de l’œil du lapin, soient réellement de nature lépreuse,

e. Ch. Nicolle (1906), en injectant sous la peau du Bonnet chinois (Macacussinicus) le suc de tubercules lépreux jeunes, a vu apparaître des nodules indurés, analogues comme structure aux lépromes humains et renfermant le Bacille de Hansen. Les nodules persistent un à trois mois, puis disparaissent. Il n'ya pas de généralisation. Plus récemment (1911), Nicolle et Blaizot ont expérimenté sur le chimpanzé: même résultat. A la suite des inoculations en série, la durée d'incubation est abrégée, et les nodules persistent plus longtemps.

f. Duval (1911), par injections sous-cutanées répétées d’émulsions riches en Bacilles, aurait reproduit une lèpre diffuse, à forme tuberculeuse, chez Macacus rhesus.

g. Duval et Couret (1912) signalent chez Macacus rhesus l’apparition de taches maculo-anesthésiques et de nodules sous la peau, dans le foie et la rate, avec bacilles dans les lésions à distance, plusieurs mois après inoculations répétées des cultures de Duval.

SIÈGE

Le Bacille de la lèpre est localisé dans les lésions lépreuses. On l'y rencontre en quantités colossales, formant une masse importante du tissu ; tantôt isolé, tantôt aggloméré en amas indistincts (globi); tantôt formant des amas irréguliers, en paquets de cigares, dans de grandes cellules vacuolaires (cellules lépreuses) ou dans des cellules très analogues aux cellules géantes tuberculeuses.

Il se trouve en particulier dans le mucus nasal, les tubercules (fig. 280), la rate, la moelle osseuse, les ganglions, le foie ; en cas de

lèpre anesthésique, dans les cellules nerveuses (non constamment).

Les fubercules ulcérés émettent une. véritable émulsion de Bacilles (Babès).

La localisation fréquente et précoce du bacille dans les fosses nasales revêt une grande importance pour le diagnostic (Jeanselme). Sticker l’a rencontré chez 128 malades sur 153; Kolle le considère comme constamment présent au cours de la forme tuberculeuse. Ces assertions ont été confirmées depuis (Arning, Lebœuf, elc.).

Fig. 280, — Bacille de la lèpre, dans un tubercule sous-cutané.

On rencontre moins fréquemment le bacille sur les conjonctives, dans l’expectoration, dans la salive, dans l'intestin, dans le lait.

Kitasato a pu le déceler dans les fosses nasales de sujets sains, en contact avec des lépreux.

Le bacille passe parfois dans le sang ; on peut le déceler en soumettant à l'hémolyse 5 centimètres cubes de sang, centrifugeant et colorant le culot (Gougerot).

1. Recherche du bacille. — Pour le moment, la recherche du bacille par examen direct constitue le seul procédé certain de diagnostic bactériologique.

À. Matériaux d'examen. — S'il existe des tubercules externes ulcérés, on examinera les frottis de la sérosité et du produit de grattage de l’ulcération.

Sinon on s’adressera au mucus nasal: racler la muqueuse avec un écouvillon et étaler le produit sur lames. La recherche est posilive dans un nombre élevé de cas, 60 à 90 p. 100 suivant les estimations. En cas d'insuccès, Leredde et Pautrier conseillent de faire ingérer au malade 4 grammes d'iodure de potassium un ou deux jours avant l'examen; on peut ainsi faire apparaître les bacilles.

Lorsqu'il existe des lésions pulmonaires, le bacille sera cherché dans les produits d’expectoration. Éventuellement, on examinerait également des ulcérations bucco-pharyngées, génitales, etc.

Ces diverses recherches sont parfois négatives; on pourra alors piquer un tubercule, laisser écouler le sang, comprimer ensuite pour faire exsuder le sue et y chercher le bacille (P. Manson).

En cas d’insuccès, on pratiquerait la biopsie d’un tubercule (l’opération est généralement indolore, en raison de l’analgésie de la région). Le tubercule enlevé peut être broyé et examiné comme les frottis ; il vaut mieux inclure et pratiquer des coupes.

On peut enfin s'adresser à la ponction d’un ganglion superficiel, dont le suc renferme souvent le bacille lépreux, même tout à fait au début de l'infection (Lebœuf, Sorel).

B. Technique de l’examen. — Les frottis obtenus comme il vient d’être dit seront soumis aux procédés de coloration indiqués. en pareil cas:

Coloration prolongée par une solution colorante habituelle ;

Coloration par la méthode de Gram ;

Coloration par le Ziehl-Neelsen.

On reconnaîtra le Bacille de Hansen à ce qu'il se colore par les trois procédés précédents. Il faut surtout apporter la plus grande attention au nombre et à la disposition des bacilles: les Bacilles lépreux sont souvent extraordinairement abondants et se disposent en gros amas, contrairement à tous les germes avec lesquels on peut êlre exposé à les confondre en raison de leur acido-résistance.

Causes d'erreur ; épreuves complémentaires. — On pour, ai: confondre le bacille de Hansen dans les frottis :

Avec le Bacille tuberculeux, surtout dans 1 s lésions pulmonaires;

Avec les bacilles acido-résistants, spécialement dans le mucus nasal.

a. La confusion avec le Bacille tuberculeux est d’autant plus facile que les lésions tuberculeuses sont loin d’être rares chez les lépreux. On pourra reconnaître le Bacille de Hansen à l’aide des réactions colorantes spéciales signalées plus haut; mais nous avons vu qu'il n'est pas certain qu'on puisse se baser sur les procédés de coloration pour distinguer les deux

MALADIE LÉPROÏDE DES RATS. Cat

Bacilles. [1 sera toujours prudent d’inoculer au cobaye : seul, le Bacille de Koch se montrera pathogène.

.b. On sait que le mucus nasal peut renfermer des bacilles acido-résistants, spécialement le Bacille de Karlinsky et le Bacille de Marchoux et Halphen. Le second n’est pas alcoolo-résistant et sera éliminé par une méthode d'examen correcte ; le premier donne facilement des cultures jaunâtres sur gélose glycérinée et provoque des granulations du péritoine | par inoculation intrapéritonéale au cobaye,

20 Les coupes seront colorées par les procédés indiqués pour le Bacille de Koch. On attachera une grande importance au nombre généralement colossal des bacilles et à leur disposition en volumineux paquets de cigares.

IL. Sérodiagnostic. — S'il persistait quelque doute, on pratiquerait l'épreuve de la déviation du complément, en prenant comme antigène l'extrait de léprome. La spécificité de cette méthode n'est malheureusement pas encore rigoureusement établie ; mais elle peut être utilisée au moins comme moyen de contrôle.

THÉRAPEUTIQUE BACTÉRIOLOGIQUE.

I. Carasquilla injecte au cheval du sang ou du sérum de lépreux; Lucca et Laverde ont de même inoculé au bouc du suc de léprome avec du sang de lépreux. Le sérum d'animaux ainsi traités paraît avoir donné quelques minimes résultats en thérapeutique. En réalité, on obtient à peu près les mêmes effets en inoculant le sérum d’animaux traités par le sang d'homme sin (Metchnikoff et Besredka): de tels sérums sont surtout leucotoxiques, et on comprend que leur action soit très irrégulière.

11. Sous le nom de nastine, Deycke désigne le produit obtenu en traitant par l’éther le Séreptothrix leproïdes, microbe qui serait très voisin du Bacille lépreux. L'efficacité de la nastine est discutée.

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