‹ Précis de bactériologieChapitre 82 sur 197 · CHAPITRE LVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVIII

SPOROTRICHUM BEURMANNI

Sporotrichum Beurmanni est l'agent pathogène d'une affection

longtemps confondue avec la tuberculose ou la syphilis, et caracté-

risée par la production de gommes multiples, disséminées, se ramollissant, puis s'abcédant : c’est la sporotrichose.

MORPHOLOGIE

Aspect microscopique. — Observé dans le pus ou les tissus, le parasite présente une forme courte, ovalaire ou fusiforme et ressemble à une levure (fig. 286). Il estlong de 3 à 5 y, large de 2 à 3 vu.

Fig. 285. — Aspect microscopique du Sporotrichum Beurmanni en culture sur lame sèche ou en goutte pendante (de Beurmann et Gougerot).

Dans les cultures (fig. 285), le germe est représenté par un-mycclium et des spores.

Le mycélium est constitué par des filaments longs, fins, incolores, irrégulièrement ramifiés, larges de 2 &

806 SPOROTRICHUM BEURMANNI.

lig. 286, — Aspect microscopique du $Sporotrichum Beurmanni dans lès lésions, : formes courtes oblongues, Diagnostic de la sporotrichose par l'examen direct sur lame du pus ou des tissus (d'après de Beurmann et Gougerot).

Les spores sont ovoï les, pigmentées, mesurant 5 à 6 y delong sur 3 à 4 uw de large; elles s'attachent isolémint par un pédicule très court sur les filaments, s'implantant ainsi latéralement ou se groupant à leur extrémilé sous forme de bouquets glomérulaires.

Coloration. — Sporolrichum Beurmunni se colore aisément par les couleurs d aniiine; le bleu de Unna donne de bonnes préparations. Il prend le Gram. Pinoy et Magrou, avec la méthode de Claudius (fig. 287) ont observé une différenciation qui le met nettement en évidente, notamment dans les tissus, où les

éléments sont parfois disséminés et risquent de passer inaperçus.

Fig. 287. — Sporotrichum Beurmanni dans un abc's hépatique. Différenciation par la méthode de Claudius]

Le parasite &e la sporotrichose est aérobie : il pousse à la tempéra'ure du laboratoire, mais mieux de 20° à 30°. Les cultures restent stériles si la culture est portée -

à l’étuve à 370.

Les milieux ordinaires lui conviennent peu; mais, sur milieux glucosés ou glycérinés, la culture est abondante.

Bouillon glucosé, — La culture en bouillon glucosé se manifeste par l'apparition d’un voile blanc à la surface; il tonbe, mais bientôt se renouvelle; le bouillon reste clair.

Dans les cultures anciennes, le voile prend une teinte brunâtre.

Gélose glucosée de Sabouraud. — C'est le milieu de choix ; il est constitué selon la formule suivante :

Gélose...... 10 grammes.

Bébtone,..s 10 — Glucose... : 40 — on..." 1l'litre.

Le pus sporotrichosique, ensemencé en tubes inclinés, non A ë capuchonnés, et laissés à la tem- Fig. 288. — Culture de Sporotrichum

; : Beurmanni sur gélose Sabouraud.

nrure du laboratoire, donne A, variété noire ; B, variété blanche, au bout de quelques jours des ca co'onies d'aspect caractéristique : elle se montrent d’abord sous forme de petites taches saillantes, blanc bleuté, « finement circonvolvées », et entourées d’une auréole plate. Elles prennent vers le sixième jour, une teinte brun-chocolat, l’auréole restant blanche et se recouvrant d’une poussière blanche (fig. 288).

Carotte glycérinée. — Au troisième jour, les colonies apparaissent, formant, parleur confluence, une coicheuniforme blanche, puis brune, qui se plisse et se recouvre comme d’une poudre blanche.

Sur betterave glycérinée, les caractères sont identiques.

Page 1