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Production de toxine. — Sporotrichum Beurmanni élabore dans les cultures des produits toxiques qu’on a mis en évidence par les épreuves de la cuti-réaction (Bruno-Bloch), de la sous-cuti-réaction (Pautrier et Lutembacher), de l’intra-dermo-réaction (de Beurmann et Gougerot).
La sporotrichosine, obtenue par broyage de corps ne (ués à 129, provoque par ces diverses méthodes d’inoculation une réaction locale; cette dernière, toutefois, n’est pas douée d’une spécificité absolue, car elle se produit parfois chez des sujets atteints d’une mycose étrangère à la sporotrichose.
Réaction vis-à-vis du sérum des malades. — Agglutination. — Les spores du parasite sont agglutinées par le sérum des malades atteints de sporotrichose (Widal et Abrami). Mais il faut savoir aussi que ce sérum est pourvu de coagglutinines vis-à: vis des cultures de divers oospora, de l'Endomyces albicans, des Oidium, des Trichophyton. Enfin les spores de Sporotrichum sont agglutinables encore par le sérum de sujets atteints d’actinomycose.
Fixation du complément. — Mises en présence du sérum desporotrichosique, les spores de Sporotrichum fixent le complément (réaction de Bordet-Gengou). Cette réaction s'opère encore (cofixation) avec les parasites de l'actinomycose et du muguet. De plus, la cofixation s'effectue aussi en présence du sérum d? actinomycosique au même titre qu'avec l’Actinomyces, l'Endomyces, elc.
Précipitation. — Elle a été signalée par Widal, Sicard et Gougerot dans les produits de filtration des cultures.
Opsonisation. — Le sérum des sporotrichosiques exerce aussi une influence opsonisante sur les spores du parasite (Milhit).
POUVOIR PATHOGÈNE
Chez l'homme. — Chez l'homme, Sporotrichum Beurmanni peut vivre en saprophyte dans les cavités naturelles, mais, sous l'influence de causes occasionnelles, il envahit l'organisme. En général, l’infection prend naissance à la suite de l’inoculation du parasite par l'intermédiaire de débris végétaux, véhicules du champignon, ou des objets souillés par ces débris (Gougerot a pu, en effet, déceler le parasite sur la coque d’avoine et de prêles).
L'inoculation peut s'effectuer soit par la voie cutanée, soit par la voie digestive. | L
La pullulation du germe dans l'organisme humain engendre la
Fig. 289, — Granulie sporotrichosique généralisée du rat,
Le foie, la rate sont criblés de granulations fines et serrées ; les granulations sont généralisées dans tous les viscères et même dans l'hypoderme. et le derme;. on voit ici les granulations sur le foie, la rate, Tintestin, les poumons, le cœur, le médiastin (de Beurmann et Gougerot).
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sporotrichose avec toutes ses formes cliniques : elle atteint Les téguments sous forme de gommes cutanées disséminées, qui s’abcèdent et s'ulcèrent, de chancre localisé, de Iymphangite. Elle peut aussi ranchir les limites du tégument externe et atteindre les muqueuses, les muscles, les os, les synoviales tendineuses, les articulations.
Inoculations à l'animal. — Le rat et la souris sont les animaux les plus réceptifs à la sporotrichose expérimentale. On peut infecter aussi le singe, le cobaye, le lapin, le chat et le chien.
L'inoculation peut s'effectuer par les diverses voies habituelles, voire même la voie digestive.
Chez le rat, l’inoculation de pus sporotrichosique ou de cultures engendre des sporotrichoses septicémiques, granuliques, généralisées . à tous les viscères (fig. 289), des sporotrichoses subaiguës avec abcès multiples.
De Beurmann et Gougerot ont observé des localisations sur tous les organes et tissus, avec toutes les variétés de réactions histologiques possibles : « granulations, tubercules, gommes, infiltrats lympho-conjonctifs et abcès polynucléaires, follicules, réactions parenchymateuses, dégénérescence et nécroses, scléroses ».
L'inoculation dans le péritoine réalise parfois la production d’une orchite.
Chez le chien, on peut reproduireles mêmes lésions, mais plus particulièrement la septicémie aiguë avec néphrite et albuminurie, l’ostéite.
Chez le lapin, on observe surtout des lésions pulmonaires avec nodules, cavernes, bronchectasies, etc. ; on rencontre encore des lésions hypertrophiques du cæcum, des lésions rénales.
Le singe et le Tobaye nouveau-nés présentent les mêmes variétés d’altérations. Il en est de même chez le chat, où l’on observe surtout de nombreuses localisations gommeuses sous-cutanées.
DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE DE LA SPOROTRICHOSE.
Recherche du « Sporotrichum Beurmanni ». — Examen. direct. — Au niveau d’une gomme ramollie, ou d’un abcès, faire une ponction à l’aide d’une seringue stérile; par aspiration on ramène du pus.
Examiner à l’état frais, entre lame et lamelle. — Entre les polynucléaires et les macrophages, on remarque la présence de Sporotricha courts, oblongs, entourés d’une auréole translucide. Mais, en général, ces élémentssont rares ; d’après de Beurmann et Gougerot,
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celte méthode ne saurait convenir à tous les cas pour faire un diagnostic précis.
Examiner après coloration. — L'examen après coloration par le Gram n’est pas plus sûr, car les Sporotricha se distinguent difficilement des noyaux dégénérés des globules de pus. Nous avons vu que Pinoy et Magrou préféraient la méthode de Claudius, qui différencie nettement les parasites. Néanmoins l'épreuve est encore souvent difficile en raison de la rareté habituelle des Sporotricha dans le pus.
Cultures. — Ensemencer le pus sur gélose de Sabouraud. Mettre à l’étuve à 227, en ayant soin de ne pas capüchonner les tubes. Examiner les colonies par la technique habituelle. Elles se montreront composées du mycélium et des spores suivant la description déjà faite. Fig. 220 — Disposition à prendre pour ner
n le Sporotrichum Beurmanni dans la couche
Gougerot conseille l’ar- de pus sur le verre (de Beurmann et Gougerot).
tifice de la couche de pus
sur le verre sec. Voici en quoi consiste celte méthode
Au moment de l’ensemencement sur le milieu de Sabouraud, on a soin de laisser couler une trainée de pus sur le verre, en face de la gélose, et dans l'angle limité par la surface du milieu et la paroi concave du tube.
Laisser à l’étuve à 229 ; les germes se développent dans la rigole inférieure et à la surface du verre grâce à la petite quantité de gélose qui imprègne le verre après la fusion du milieu; il se forme ainsi des étoiles parasitaires visibles au microscope et même à l'œil nu.
L'examen au microscope s'effectue, comme le représente la figure 290, en ayant soin d'inchner la platine et le tube pour éviter que l’eau de condensation ne baigne la culture. Observer avec un objectif n° 4 et un oculaire 6 ou 8 les étoiles parasitaires. Au milieu des globules de pus, on percoit des Sporotricha qui germent et poussent des filaments mycéliens (fig. 291), dont l'existence assure le diagnostic,
Inoculation.— Le diagnostic peut être complété par l'inoculation à l'animal (rat ou souris), mais cette épreuve est le plus souvent
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inutile, l'examen des cultures donnant une réponse habituellement peu douteuse. |
Sérodiagnostic. — Sporo-agglutination. — Le diagnostic peut être assuré par la sporo-agglutination. La technique est un peu
Fig. 291. — Aspect de Sporotrichum Beurmanni lors de l'examen du pus sur verre sec | (de Beurmann et Gougerot).
spéciale en raison de ce fait que les spores seules représentent les éléments agglutinables du parasite. | Prélever un grumeau d’une culture de Sporotrichum sur milieu de Sabouraud âgée de quatre à six semaines; le broyer à sec dans un mortier, délayer la poudre obtenue dans une petite quantité d’eau physiologique; filtrer sur papier, pour obtenir le mycélium et “4 laisser passer les spores. Dans un verre de montre, on mélange à des taux divers (4 p. 100, 200, 300, 400, 500) le filtrat et le sérum du malade. Prélever une goutte du mélange et examiner entre lame et
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lamelle ; on observe, s’il s’agit de sporofrichose, des amas de spores qui figurent une agglutination très nette (fig. 292).
Fixation du complément. — On emploie dans ce but la technique de Bordet-Gengou, appliquée au cas particulier par Widal et ses élèves Dans un tube on mélange 1 centimètre cube de sérum à éprouver, chauffé à 56° pendant une demi-heure, 0€,5 de l’émulsion de Sporotrichum (sans
Fig. 292, — Sporo-agglutination.
filtration préalable), 0°,2 de sérum alexique de cobaye dilué à moitié d’eau physiologique, enfin 00,5 d’eau physiologique.
Porter à l’étuve à 37° pendant quatre heures.
Ajouter ensuite le système hémolytique suivant : 0cc,3 de sérum de lapin anti-mouton chauffé à 569, 0ce,1 d’hématies lavées de mouton, diluées dans 00,5 d’eau physiologique.
Si l’'hémolyse se produit, le complément n’a pas été fixé et l'épreuve est négative ; si l’'hémolyse est nulle, le complément a été fixé par le Sporotrichum, et le malade est bien atteint de sporotrichose.
Cutiréaction, subeuti et intradermo-réaction. — Enfin, pour le diagnostic, on peut utiliser lesréactions des sporotrichosiques à l’inoculation des toxines du parasite, comme elles ont été définies plus haut.
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Ces opérations S’effectuent à l’aide d’une macération de cultures de sporotrichose, âgées de trois semaines environ, et tuées par chauffage à l’autoclave à 1209 pendant deux heures. À la suite de la sous-culi-réaction, on observe chez les sporotrichosiques la production d'une nodosité du volume d'une noisette ; La peau qui la recouvre est rosée, peu douloureuse. Cette réaction dure six à huit jours. Vingt-quatre heures après l’intradermo-réaction, prend naissance une papule grosse comme une lentille, rouge, infiltrée, durant six à huit jours.
Mais, comme il a été dit plus haut, ces réactions ne sont pas toujours spécifiques.