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HABITAT. — MODE D'INFECTION CHEZ L'HOMME

Aspergillus fumigatus est très répandu dans la nature sous forme de spores. Ces dernières siègent « dans l'air, sur les arbres, dans les couches les plus superficielles du sol » (Rénon). Rénon les a trouvées encore au niveau de graines provenant de divers pays. D'autre part, il a pu les déceler dans la salive, le mucus nasal de sujets sains.

L'aspergillose sévit spontanément chez les pigeons; la lésion Initiale est constituée par un véritable chancre buccal.

Ce fait aide à comprendre comment, dans la profession de gaveur de pigeons, l'homme peut s’infecter directement. Il peut se contaminer encore par inhalation de poussières véhiculant les spores du parasite : les peigneurs de cheveux utilisent en effet, pour dégraisser les cheveux, de la farine de seigle, qui peut contenir des spores pathogènes. L’aspergillose peut s’chserver aussi chez des meuniers, des grainetiers, etc.

Aspergillus fumigatus, inoculé à i’animal, est très pathogène pour le pigeon, le lapin, le cobaye; il l'est moins pour le singe; le chat et le chien semblent réfractaires. L'animal de choix est le pigeon. |

En injection intraveineuse, une culture de2 à 3 centimètres cubes en liquide de Raulin tue les pigeons en deux à trois jours. Avec une dose plus faible, la marche de l'infection est plus lente, et l'animal ne succombe qu’en une quinzaine de jours.

L'autops.e montre l'existence de tubercules disséminés dans tous les viscères, dans le foie, principalement. Ces tubercules présentent le même aspect macroscopique et histologique que dans la tuberculose ; on y décèle des granulations miliaires, des tubercules caséeux,

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fibreux, elc., mais tous sont envahis par l’Aspergillus, sous forme d’un feutrage épais de filaments mycéliens et de spores.

Quand la mort a été rapide, on ne trouve de tubercules que dans le foie; les autres viscères sont seulement congestionnés.

Chez le lapin, l'inoculation intraveineuse provoque une pseudotuberculose généralisée de tous les viscères, mais surtout du rein. L'animal succombe en quatre à huit jours.

DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE.

Le diagnostic ne peut être assuré que par l'examen bactériologique. Chez l’homme, il doit porter sur les crachats.

Examen microscopique. — Prélever une parcelle de crachat dans ses parties verdâtres.

En faire des frottis sur lame, laisser sécher, fixer. Colorer par la thionine phéniquée, ou, pendant dix à douze minutes, par la safranine, qui donne aux spores et aux filaments mycéliens une teinte orangée.

On peut encore employer la méthode de Gram.

Cultures. — Les cultures sont indispensables pour ne pas confondre le parasite Fig. 296. — Mycélium aspergillaire dans les cra- avec les filaments mycéliens chats d’un peigneur de cheveux (d’après Rénon). d’Actinomyces bovis.

Dans les tubes ou les flacons d'Erlenmeyer contenant le liquide de Raulin, on ensemence une parcelle du crachat, prélevée dans la profondeur pour éviter les souillures de l’air. Après un séjour de quarante-huit heures à l'étuve à 37°, la surface du milieu montre une culture abondante d'Aspergillus fumigatus, sous forme d’un tapis velouté blanchâtre qui, vingt heures après, se couvre de spores verdâtres, devenant noires ultérieurement.

Inoculation. — L’inoculation est utile pour se rendre compte du pouvoir pathogène du champignon. On inoculera dans la veine d’un lapin une émulsion de spores provenant de la culture. À l’autopsie, prélever un fragment de rein, l'ensemencer : il donnera une culture caractérist:que. |

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