CHAPITRE LXIL
AUTRES OOSPOROSES
A côté des oosporosc: précédentes, il est d'autres variétés encore mal définies que, à l'heure actuelle, il est impossible de classer. Ces observation; el des travaux ullérieurs le permettront peut-être.
Il existe, en eilet, un ce:tain nombre d’affections sévissant chez l’homme et l’animal dans lesquelles les examens bactériologiques ont décelé des champignons divers du genre Oospora.
Oosporoses humaines. — Ces affections, suivant leurs localisations, ont reçu des dénominations différentes.
Dans l’oosporose oculaire, qui provoque du larmoiement, de la conjonctüivite, le canal lacrymal est obstrué par une petite masse résistante; la pression fait sourdre une gouttelette purulente, où l’on décèle le Streptothrix Færsteri(Gohn). En d’autres cas (Nedden), on observe une dacryocyslile suppurée, ou une kératite parenchymateuse, ou de la conjonctivite avec ulcération de la caroncule lacrymale. Dans le cas de du Bois Séverin, Oospora aurea était en cause. Dans un autre, c'était Oospora luteola.
Dans l’oosporose buccale, on observe desplaquesblanches, crémeuses, analogues à celles du muguet, des suppurations et surtout des abcès amygdaliens. Dans l'affection nommée langue noire pileuse, Guéguen, Thaon ont décrit Oospora lingualis, à laquelle on est tenté d'attribuer le pouvoir pathogène.
Dans des abcès amygdaliens et les plaques crémeuses, Roger, Bory et Sartory ont isolé, à l'élat de pureté, Oospora buccalis. De mème dans le cas de Rénon et Monier-Vinard.
Langer a fait connaîlre une oosporose æsophagienne.
L'oosporose pulmonaire a été étudiée par de nombreux auteurs ; au point de vue clinique, elle simule la tuberculose pulmonaire, témoin l'observation de Roger, Bory et Sartory, produite par l'Oospora pulmonalis. D'autres ont isolé, en des atteintes semblables, Oospora japonica ou bien Oospora asteroïdes.
Sous le nom d’oosporoses suppuratives, on groupe des suppurations habituellement étendues, siégeant sous la peau ou se locali-
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sant au cerveau et diffusant vers les méninges (Almquist, Eppinger). Les champignons étudiés se rapprochent d'Oospora asteroïides, dont la description est due à Eppinger (p. 804).
Oospores animales. — Diverses oosporoses sévissent chez les invertébrés, les reptiles, les mammifères, mais plus particulièrement chez les herbivores : Oospora destructor chez le hanneton du blé, Oospora laccrtæ chez le lézard (Terni).
Chez le bœuf, Luginger a décrit une Oo:pora dans deux cas d’endocardite. Chezle cheval, Dean, dans deux abcès de la mâchoire, Vallée dans un cas de pasteurellose en cat décrit d’autres variétés,
Les « Oospora » dans le milica extérieur. — De nombreuses recherches ont établi que les Ovspora sont très répandus dans la nature. L'eau, le sol et l'air les véh'cu:ent en grand nombre, et, parmi elles, plusieurs sont pathogènes pour l’homme et l'animal. .
Ces parasites siègent encore sur les feuilles mortes, dans les débris végétaux en général, les fruits en putréfaction. Sur certains végétaux (légumineuses, fraisiers, etc.) même, ils provoquent des lésions nodulaires.
On les trouve sur certaines avoines, même saines (Brocq-Rousseu), et sur les graminées en général : blé, chanvre (Bellisari).
On conçoit ainsi Comment ces champignons, qui souillent les téguments et les muqueuses, peuvent infecter l’homme ou l'animal, et pénétrer même dans le tube digestif. La fréquence des oosporoses chez les herbivores s'explique donc naturellement.
Diagnostic bactériologique. — Examen microscopique. — Le diagnostic peut être effectué tout d’abord à l’aide du microscope. Celui-ci montre dans le produit examiné(des grains blancs en général) des filaments mycéliens ramifiés, dont la nature ne pourra être établie que gràce à la culture en gouttes pendantes (Roger). On voit ainsi naître des ramifications latérales; puis les filaments se terminent par des renflements en massue; certains se segmentent pour prendre une forme bacillaire; d’autres donnent naissance à des arthrospores. Enfin les coccidies apparaissent à l'extrémité d’un filament, sous formes de chaînettes plus ou moins longues.
Les caractères des cultures sont différents suivant la variété d'Oospora. Les unes poussent sur gélose, d’autres seulement en bouillon maltosé.
Réaction de fixation. —- Dans les cas douteux, il semble qu'on pourrait utiliser la réaction defixation (Garnier et Bory) en mettant en présence du sérum du malade de l’antigène constitué par une minime quantité (0cc,03) de culture d'Oospcra en bouillon maltosé.