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EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE DU PUS

nage du tube digestif ont une odeur rappelant ceUe des matières fécales, que le pus ait ete recue.lh dans la bouche, le pharynx, les an.ygdales, ou au voismage de l'intestin et de l'anus. Ce sont en gênerai les bactéries intestinales qui communiquent cette odeur infecte aux collections purulentes, et dans les conditions suivantes. La plupart de ces bactéries peuvent vivre facultativement, delà vie aérobie ou anaerobie. C'est sans aucun apport d'oxygène qu'elles se développent, dans ces cas, en exhalant une odeur repoussante On sait que presque I ouïes les cultures de microbes, anaérobies vrais, sont extrêmement odorantes (tétanos, vibrion septique). Il en est de même des microbes facultal ifs. Un fragment de gélose dans lequel on a cultivé anaérobiquement le baclerium coli, par exemple, exhale une odeur de latrines beaucoup plus forte qu'un fragment de gélose sur lequel a été cultivé, à l'air libre, le même échantillon de bactenum coli.' Pratiquement, il résulte de là : loqucdans un pus odorant, on pourra présumer la présence de bactéries intestinales; 2° qu'il ne faudra jamais négliger de faire, avec ce pus, des cultures d'anaérobies ; cela facihtera, d'une part, l'analyse, et fera, d'autre part, éviter des erreurs.

Cette précaution s'impose en particulier^ dans l'examen des pus à odeur gangréneuse où la présence de germes anaérobies est extrêmement fréquente. L'analyse bactériologique de ces collections purulentes est hérissée d'ailleurs de difficultés, car on y rencontre presque toujours, à l'examen microscopique, des germes qui ne peuvent pas se cultiver, à l'aide des méthodes de culture actuelles.

Consistance. — On a donné, surtout dans le pus des

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pleurésies, des caraclères différenliels, basés sur la consistance différente de la collection purulente. Ces caractères n'ont absolument rien de spécifique, mais peuvent constituer des présomptions. Le staphylococcus pyogenes aureus, le pneumocoque, donnent un pus (dit de bonne nature) bien lié, crémeux, sans odeur caractéristique. Le pus des pleurésies sùppurées à streptocoques est souvent séreux, mal lié. U en estdemème des abcès froids, déterminés par le bacille de Koch, ainsi que du pus gangréneux.

La densité et la quantité du pus ne peuvent donner aucun renseignement précis sur la nature des germes pyogènes qui y sont contenus.

Microbes contenus dans le pus. — Au point de vue clinique, on peut dire que, dans la presque totalité des cas, toute collection purulente reconnaît comme cause la présence d'un organisme pyogène. Si l'on peut, expérimentalement, déterminer la formation de pus par l'injection de substances telles que le mercure ou l'essence de térébenthine, par exemple, ce sont là des cas particuliers. L'absence même de micro-organismes dans un échantillon de pus donné ne prouve pas qu'à un certain moment, il n'en ait existé dans ce pus une ou plusieurs espèces, mortes a,u moment de l'examen. On sait d'autre part, nombre d'expérimentateurs l'ont prouvé, que les produits solu])lcs de certains microbes peuvent déterminer des suppurations. Les cultures fdtrées de staphylococcus pyogenes aureus, par exemple, provoquent dos suppurations aseptiques {Gra\Yitz, De Bary, Sclieurlcu, Ivarlinski).

lien est de même de la cadavérine, poison qui a été extrait de tissus putréfiés (c'est-à-dire de cultures itu-

MICROBES PYOGÈNES. • pures de microbes saprogènes), ainsi que des cultures Jiltrées du baderium coli.

On peut donc dire avec une quasi cerliLude que dans l'organisme, à l'état pathologique, et dans la grande majorité des cas, il n'y a pas de pus sans microbes, la formation du pus étant due, so.t directement, soit médiatement et par l'intermédiaire des toxines microbiennes,aux micro-organismes pyogenes.

Il peut donc, dans l'examen bactériologique du pus se produire les éventualités suivantes : ^ A. Le pus ne contient pas de microbes à l'examen microscopique et ne donne aucune culture dans les différents milieux. Dans ce cas, le pus peut être stérile, ou bien son asepsie n'est seulement qu'apparente.

C'est alors le bacille de la tuberculose qu'il faut rechercher, en ayant recours à la méthode de l'inoculation intrapéritonéale au cobaye. On sera déjà fixé, au bout de quinze jours, par la tuméfaction des ganglions inguinaux de l'animal inoculé.

D'autres fois le pus ne contient, véritablement aucun germe. Le cas se présente surtout dans les abcès du foie (Netter, Veillon, Peyrot) ; l'asepsie de ce pus a été cliniquement démontrée, en ce que, déversé accidentellement dans le péritoine, il ne provoque parfois aucune réaction inflammatoire. Rendu et Boulloche, Debove et Renault ont publié des observations d'arthrites purulentes sans microbes. Tuffier, dans certaines suppurations rénales, a observé le même fait.

Certains abcès, dont le pus est inspissé, semblable à du mastic, et dont la formation remonte à un laps

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de lemps plus ou moins considérable, ne conliennenl aucun micro-organisme. Le fait s'observe, d'ailleurs, surtout expérimentalement dans les abcès provoqués par l'inoculation sous-cutanée du streptocoque pyogène.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, cette asepsie du pus peut tenir à deux ordres 'de causes. Ou bien la collection purulente a été déterminée par l'action phlogogène d'une toxine, ou bien le microbe pyogène avait perdu, avant l'examen, sa vitalité (Rendu), soit par insuffisance nutritive du milieu, soit par concurrence avec d'autres micro-organismes, dans le cas où l'abcès était polymicrobien au début (Carré).. Un ■exemple de ce fait a été donné par M. Rçjidu, dans un abcès du foie, à streptocoques, qui avaientperdu toute vitalité au moment de l'examen.

B. Le pus contient des microbes.

Microbes pyogènes.

Les microbes que l'on rencontre le plus fréquemment dans le pus, sont :

Les staphylocoques aureus, albus, citreus ; Le streptocoque pyogène ;

Ce sont là les microbes pyogènes banals, les pyocoques.

. Viennent ensuite le staj^hylococcus cereus albus, le staphylococcus cereus aureus (Passet), le staphylococcus cereus flavus .(Passet), le micrococcus pyogènes tennis (Rosenbach), le micrococcus tetragenus (GaiTky) le pneumocoque, le pneumo-bacillc de Friediaender, le bacillus pyogènes fœtidus (Passet), le bacille typhique, le bacterium coli et le bacille pyocyanique,

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le bacille de la tuberculose, celui de la morve, le gonocoque et même le bacille de la lèpre.

On a, de plus, isolé dans un grand nombre d'observations, des microbes indéterminés dansle pus.Certains de

ces micro-organismes sont anaérobies stricts et n'ont pu être cultivés que dans le vide (Lubinski). La plupart des microbes pyogènes ordinaires sont d'ailleurs anaérobies facultatifs.

Les champignons peuvent également déterminer la formation de pus. Tels sont l'actinomyces, certains champignons du genre Aspergillus et d'autres mucédinées (Auché et Le Dantec).

Staphylococcus aureiis.

Le staphylococcus pyogenes aureus est un des agents les plus fréquents de la suppuration.

On trouvera page' 62 un tableau des principales propriétés de ce microbe. Il se rencontre, d'une façon presque constante, dans les suppurations superfici elles de la peau ; cela s'explique par le fait suivant. Il existe pour ainsi dire normalement sur la peau de l'homme ; il est également très répandu dans l'air.

Il est l'agent pathogène que l'on rencontré le plus constamment dans :

Les phlegmons et les abcès ;

L'ostéomyélite aiguë et prolongée (Pasteur) ;

Les furoncles et les anthrax (Pasteur, Rosenbach) ;

Les lymphangites (Fischer et Lévy) (1).

(I) Pour Fischer el, Lévy les Ijnipliangites sonl d'origine slaphylococciquc dans la majoriti! des cas. Elles cul d'aillenrs une éliologie complexe el ne rclÈvenl pas uniquement d'un seul microbe. On y a trouvé le bacterinni coli (Escliericli) et Ivis fréquemment (exclusivement pour Verneuil et Glado), elles relèvent du streptocoque pyogône.

WuRTz. — Bactériologie. 4

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Il peut provoquer des seplicémies, des sLaphylococcémies, primitives ou consécutives à des furoncles ou des anthrax (furonculose généralisée). Il se trouve, dans ce cas, à l'autopsie, dans le sang du cœur. 11 en est de même chez les animaux inoculés par la voie sanguine. Le pus du staphylococcus pyogenes aureus a quelquefois une coloration jaunâtre marquée. 11 existe, dans le pus, soit à l'état de-pureté, soit mêlé à d'autres microbes. Il se trouve souvent, à litre d'infection secondaire, dans le pus d'abcès monomicrobiens au début. C'est ainsi que, dans la plupart des complications purulentes de la scarlatine, le pus ne contient au début que le slreplocoque pyogène, puis l'infection devient mixte, par adjonction des staphylocoques jaune et blanc. 11 en est de même dans la blennorrhagic. Le staphylocoque coexiste fréquemment, seul, avec le bacille de la tuberculose. Dans les cas suspects où l'examen ne montre que le stapliylocoque doré, on a conseillé de procéder à l'inoculation de ce pus suspect, que l'on a préalablement tyndalisé à 50°, afin de détruire le staphylocoque.

Staphylococcus pyogenes albus. — Ce microcoque vit également en saprophyte sur la peau de l'homme et se rencontre presque aussi fréquemment que le staphylococcus aureus dans les abcès et les phlegmons superficiels. On peut, au point de vue clinique, le considérer comme une variété achromogène du précédent. Courmont et Dor ont, d'ailleurs, observé la transformation du staphylocoque blanc en staphylocoque doré et, inversement, la transformation du staphylocoque doré en staphylocoque blanc.

Le [tus qu'il détermine est i)arfois d'un blanc do. lait.

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11 se trouve dans le sang du cœur des animaux injeclés par la voie sanguine.

Les staphylocoques ne sont d'ailleurs pas exclusivement pyogènes. Ils peuvent déterminer des exsudais séreux (Lévy, Golsclieider, Schlangel, Garré), ainsi ciue le streptocoque.

Streptococcus pyogenes. — Le Slreptococcus pyogènes, actuellement, reste comme un type indiscuté de la famille des streptocoques, que l'on tend à dissocier de plus en plus et qui, vi'aisemblablement, contient un grand nombre d'espèces diflërentes, n'ayant qu'un point unique de ressemblance : la dis- ])osition en chaînettes des cocci.

Le streptococcus pyogenes se rencontre dans un grand nombre d'all'ections générales ou locales. Dans l'érysipèle, les complications suppuratives, comme la maladie elle-même, relèvent de ce microbe. De plus, les abcès de toute nature qui se forment dans les différentes septicémies, mais surtout dans le puerpérisme infectieux et les infections secondaires (celles de la scarlatine, entre autres), sont presque toujours causées par lui.

Les abcès, les suppurations [)hlegmoneuses, dans quelque endroit de l'organisme qu'ils siègent, peuvent être également provoqués par le streptocoque pyogène, dans les viscères, dans les centres nerveux, aussi bien que dans le tissu cellulaire sous-cutané ou que dans les séreuses.

Il y existe, soit à l'état de pureté, soit mêlé à d'autres microbes pyogènes qui envahissent souvent secondairement la collection purulente.

Tétragéne. — Le tétragène a été signalé par Koch dans le contenu d'une caverne pulmonaire. Il s'y

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rencontre assez fréquemment, ainsi que dans les crachats purulents des plitisiques, à la dernière période, de la maladie. On le rencontre également dans le pus des abcès buccaux ou oculaires. On trouvera page 04 un résumé des principales propriétés de ce micro-organisme.

Pneumocoque. — Le pneumocoque est un microlie nettement pyogène (Talamon), surtout dans ses manifestations extrapulmonaires. Le pus qu'il détermine est souvent épais, crémeux et bien lié.

De même que le streptocoque, on peut le retrouver dans toutes les parties de l'organisme; il détermine en etfet, avec une fréquence considérable, des collections purulentes dans les séreuses (pleurésies, méningites, péritonites, péricardites, etc.-), dans les viscères (abcès du foie, parotidi tes, thyroïdites), dans le tissu cellulaire sous-cutané et profond (périnéphrites, Tuffier).

Ses propriétés pyogènes ont été démontrées expérimen lalement (Talamon) par l'inoculation sous-cutanée aux chiens, aux cobayes, aux lapins.

L'examen microscopique d'un pus contenant du pneumocoque pourra être fait avec avantage en se servant, comme matière colorante, du liquide de Ziehl, qui met bien en évidence l'auréole de la capsule dans les préparations (Voy. p 113).

Pneumobacille de Friedlaender. - Le pneumobacille de Friedlaender, qui existe normalement dans les cavités naturelles de l'homme sain, se rencontre à l'état pathologique, dans certaines lésions de l'arbre respiratoire et aussi, mais assez rarement, dans le pus. On l'a isolé dans diverses collections purulentes.

Le lecfeur trouvera page 70 un résumé des [.rincipales propriétés de ce micro-organisme.

MICROBES PYOGÈNES. 5.'!

Bacterium coli. — Un grand nombre d'observateurs ont constaté que le bacterium coll pouvait, dans cer-

l''ig. 9. — Hacille île Frieillacndei'.

taines circonstances, produire du pus. Lesage et Macaigne ont distingué deux variétés de bacterium coli, l'un, le bacterium coli septicémique, déterminant des infections généralisées, l'autre, le bacterium coli des suppurations. Le bacterium coli pyogène (retiré des suppurations humaines), détermine la formation de phlegmons dont l'intensité règle le pronostic. Si l'abcès se localise et s'ouvre au dehors, l'animal peut guérir; sinon il meurt. On retrouve alors le bacterium coli dans le pus. Chez l'homme, c'est surtout dans les abcès voisins du tube digestif qu'on pourra déceler sa présence (Achard et Renault). Muscatello l'a rencontré dans un abcès de l'espace pelvi-rectal supérieur, con-

Si- ■ . DU pus'.

séculif à une redite ulcéreuse, Hartmann, dans des listules anales, etc. On le trouve également dans les cholécystites et dans les angiocholiles suppurées, dans le pus des péritonites, des méningites, etc.

Expérimentalement, le pus des abcès à bacterium coli est blanc, caséeux, crémeux, sans odeur, contrairement à ce qu'on observe dans les abcès situés au voisinage du tube digestif chez l'homme. Les inoculations sous-cutanées peuvent aussi produire chez l'animal des péricardites et des péritonites purulentes. Ces dernières sont déterminées directement par l'injection dans la séreuse abdominale. Lesage et Macaigne ont constaté que cette variété de bacterium coli conservait son pouvoir pyogène, par le passage à travers l'organisme d'animaux. En exaltant la virulence d'un échantillon du bacterium coli par des inoculations intrapleurales, en série, chez le cobaye, j'ai déterminé la formation d'arthrites purulentes multiples par l'inoculation sous-cutanée d'une goutte de culture à une souris blanche qui mourut en vingt-quatre heures.

Bacille typhique. — Le bacille typhique possède un pouvoir pyogène, ainsi qu'il résulte des observalions d'un grand nombre d'auteurs. C'est en dehors de l'appareil digestif et de ses annexes lymphoïdes qu'il peut déterminer des collections purulentes, (lhantemesse et Widal ont réuni une statistique de (|uarante observations de suppurations dues à l'action liu bacille d'Eberth. Ces abcès surviennent, de préférence, àla fm de la dothiénentérie, pendant la convalescence et souvent fort longtemps après la guérison. Leur siège de prédilection est le tissu osseux, puis les séreuses. Dans quatorze observations de suppura- Xions osseuses ducs au bacille d'Eberth, il n'existait

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que des péiiosUles. Le tissu osseux profond ne fierait que rarement intéressé (Mùiler), contrairement à l'opinion d'autres auteurs (Klemm).

Raymond et Veillon ont constaté la présence du bacille d'Ebertii, en cultures pures, dans un abcès de la paroi abdominale d'un individu atteint de fièvre typhoïde; Chanlemesse et Widal, dans un abcès survenu dix-huit mois après la dothiénentérie ; Sultan, dans un abcès sus-claviculaire chez une convalescenle de dothiénentérie. Les suppurations froides, consécutives à la lièvre t^q^hoïde, ont également une prédilection pour le tissu osseux et pour les séreuses.

L'ostéomyélite typhique a une localisation particulière. Les os longs et surtout le tibia, sont touchés de préférence. Le pus, de coloration variable, contient, en plus ou moins grande abondance, des bacilles typhiques qui ont souvent conservé leur virulence. Après l'incision, on peut trouver le bacille typhique à l'état de pureté dans les sécrétions qui imbibent les pansements lorsque la plaie évolue vers la guérison. Au contraire, si la suppuration persiste pendant un lemps très long, on ne trouve que les microbes ordinaires de la suppuration. .T'ai observé un cas analogue dans le service de M. Delbet. L'os atteint (le calcanéum) dut être enlevé par suite d'une suppuration intarissable, qui ne contenait que les staphylococcus aureus et albus au moment où j'ai pratiqué l'examen de ce pus. Les principales observations de périostites lypbiques sont dues h Valentini, Colzi, Achalme, lJu|)iaz, Ebermaïer, Barbacci, OrlofI', Péan et Gornil,' Molchior, Chantemcsse et Widal (1). Le bacille d'Ebertlî

(I) Cliantcniosso ot Widal, Soc. méil. des kâp., 1803, 2i

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a été mis en évidence dans la plupart de ces cas, soil à l'élat de pureté, soit mélangé à d'autres microbes. Quincke (1) a trouvé huit fois, dans la moelle des côtes et du sternum, le bacille d'Eberth. Klemm, dans un cas d'ostéo-myélite typhique, a trouvé dans le pus le slaphylococcus pyogenes aureus associé au bacille typhique. Cet auteur considère les infections osseuses ostéomyélitiques, que l'on observe dans la fièvre ty]dioide, comme une infection secondaire, c'est-à-dire une infection due au microbe spécifique de l'ostéomyélite, le staphylococcus pyogenes aureus. Il admet cependant que le bacille d'Eberth peut déterminer des ostéomyélites.

Expérimentalement, Orlofï, Roux et Vinay, ïictine (2) ont reproduit, chez divers animaux, chiens, lapins, cobayes, spermophiles, la suppuration à l'aide de cultures du bacille typhique. Ce dernier ne serait expérimentalement pyogène que pour les lapins et non pour les chiens (Dmochowski et Janowski).

Bacille de la morve. — Dans les suppurations d'origine morveuse, chez l'homme, de même que chez les animaux, le bacille de la morve existe dans le pus, soit seul, soit associé à d'autres microbes pyogenes.

Bacille delà tuberculose. - Le bacille de Koch est pyogène, mais d'une façon particulière. Il produit en eifet une nécrose spéciale, caséitiante, des tissus qu'il a contaminés. Le pus des suppurations tuberculeuses est en général un pus séreux, mal lié (pus de mauvaise nature); c'est plutôt un liquide séro-puruleiil, blanchâtre. Dans un récipient, il ne larde pas a

(1) Quincke, Ber!. liH». Wof/t., iSOI, n» tS

(2) Tictinc, Arch. de mnl. cxp., iS'Ji, n« I.

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former un dépôt pulvérulent, surmonté d'une sérosité louche. On retrouve le bacille dans les foyers de suppuration caséeuse, mais il y existe, en général, cà l'état d'unités très rares. L'inoculation est le plus souvent nécessaire pour déceler sa présence, quel que soit le point du corps où existe le foyer purulent tuberculeux, pleurésies, aljcès froids, tumeurs blanches. Arloing pense que la rareté des bacilles dans les abcès froids est due à une atténuation de la virulence du bacille.

Dans un travail sur le pouvoir pyogène du bacille de Kocb, Tavel est arrivé aux conclusions suivantes : lorsque le pus de l'abcès ne contient que le bacille de la tuberculose, c'est que l'abcès est d'origine hématogène. S'il y a infection mixte, c'est le plus souvent par l'extérieur que l'infection secondaire s'est effectuée. Quand on trouve dans le pus des bactéries autres que celles qui vivent en saprophytes à la surface delà peau ou des cavités naturelles, on n'y rencontrera que rarement le bacille dé Koch. Ce bacille n'exerce d'ailleurs aucune entrave sur le développement des microbes pyogènes vulgaires.

Expérimentalement, on sait que l'injection souscutanée d'un produit tuberculeux ou d'une culture à un cobaye produit d'abord une petite collection purulente au point d'inoculation.

Gonocoque. — Le gonocoque est le microbe pyogène ))ar excellence de l'urèthre. Ce microcoque peut d'ailleurs provoquer la suppuration sur d'autres points de l'organisme (conjonctive, annexes de l'utérus, péritoine, etc.).

Le processus blennorrhagique est avant tout une atl'ection épithéliale, suivie d'une inflammation pu-

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rulenle du Lissii conjonctif sous-jaccnL : l'organisme paLhogène, le gonocoque se trouve surLouL dans l'in- Lérieur des globules de pus. Les leucocytes ne se comportent pas en effet comme des phagocytes vis-à-vis du gonocoque ; ils ne servent que de vecteur à ce dernier, en le transportant soit en dehors de l'organisme, soit aussi dans diverses parties du corps qui n'étaient pas encore atteintes.

Le pus, dans la hlennorrhagie, peut d'ailleurs contenir d'autres micro-organismes que le gonocoque. Il y a là, comme dans la plupart des autres maladies infectieuses, des infections secondaires.

Dans le pus hlennorrhagique, on observe des cellules éosinophiles, avec un maximum de fréquence à la troisième semaine (Posner et Lewin).

Bacille pyocyanique. — Le bacille pyocyaniquc s'observait autrefois fréquemment dans les plaies et surtout dans les lésions étendues du tégument (brûlures). Il colore le pus en vert, les linges de pansement en vert bleu, sans avoir d'ailleurs d'influence ni sur l'état local des plaies, ni sur l'état général du malade. Il existe, dans le pus, associéà d'autres microbes, ou à l'état de pureté. On l'a également isolé dans un petit nombre de cas d'infections généralisées, où il semble avoir été la cause de la mort. Il est pathogène pour les nourrissons d'après Kossel. Certains auteurs le considèrent cependant comme un saprophyte inoffensif.

Proteus vulgaris. — Le proteus vulgaris peut être pyogène chez l'homme, comme il l'est chez l'animal. Hauser l'a isolé dans un abcès gangréneux, en culture presque pure, en métne temps que quelques rares streptocoques. On l'a également rencontré dans cer-

MICROBES PYOGENES.

laines collections purulentes, dans l'infecLiou urinaire (Krogius).

Tous les micro-organismes que nous venons de dé-

l''ig. 10. — Slreiitocoqucs clans k' |nis.

crire se trouvent, soit à l'état de culture pure, soit associés les uns aux autres dans le pus. La présence

e » Od

f'ig. II. — Slre|)toco(|uo pyogùnc.

de plusieurs micro-organismes dans une collection [turulente est une condition qui paraît favoriser la pro- <Uiction du pus. Les microbes non pathogènes peuvent

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même rendre de la virulence aux pyocoques allénués, d'après Trombetta.

Outre les microbes pyogènes que nous venons d'énumérer et qui sont, pour la plupart, des anaérobics

Fig. 12. - (jonocoquc (ligure denii-sclii^maliquc).

facultatifs, on peut rencontrer dans le pus des microbes anaérobies vrais (Arloing, Lewy, Fucbs, E. Fraenkel, Veillon, etcj, entre autres le vibrion septique et le bacille du tétanos : Lubinski a récemment isolé, dans une série de recherches portant sur 60 cas de suppuration, deux espèces de microbes, non déterminés, exclusivement anaérobies.

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