‹ Precis de bacteriologie cliniqueChapitre 14 sur 110 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DU PUS

Technique. — Pour déterminer les espèces microbiennes contenues dans une collection purulente, on devra, comme toujours, appliquer les trois méthodes d'investigation que nous avons décrites plus haut : examen des lamelles, cultures, inoculations.

Les lamelles devront être faites avec le fil de platine, à l'aide duquel on pratiquera, après l'avoir chargé d'une trace de pus, des stries fines à la surface du verre. De même que pour l'examen du sang, il faut se garder de mettre une trop grande quantité de pus sur la lamelle. On en met toujours assez. On colorera de préférence avec le Lieu de méthylène ou le violet de gentiane. Le liquide de Ziehl ne donne pas do bonnes préparations, à moins de le diluer. Enfm, la recherche, par la méthode de Ziehl, du bacille de la tuberculose, devra èire pratiquée dans les cas douteux.

La séparation des différentes espèces se fora, soil parla méthode dos cultures sur plaques de gélatine, soit parla méthode de Veillon, en semant dans l'eau de condensation de plusieurs tubes de gélose, une anse de platine que l'on ne chargera (|u'uno seule fois de pus.

Il ne faudra pas négliger d'ensemencer plusieurs tubes pi'éparés pour la culluic dos anaérubies.

EXÀMEN BACTÉRIOLOGIQUE DU PUS. 43

L'inoculation aux animaux ne présente ici aucune indication particulière. L'inoculation sous-cutanée sera pratiquée de préférence, car elle mettra le mieux en évidence l'action pathogène des microbes contenus dans le pus, en provoquant des abcès et des phlegmons. Si les colorations et les cultures n'ont rien donné, l'inoculation du pus dans le péritoine de cobayes s'impose, car il se peut que le pus ne contienne que quelques rares bacilles de la tuberculose. Enfin, si à côté des microbes pyogènes on soupçonne dans le pus la présence du bacille de Koch, on pourra pratiquer Tinoculation du pus, chauil'é préalablement pendant trois jours à 50", dans le péritoine de cobayes. Les microbes pyogènes auront seuls été détruits par l'action de la chaleur.

Examen bactériologique du pus. — L'analyse bactériologique d'une collection purulente est un des problèmes des plus communs à réaliser en clinique. Pour la mener à bonne fin, avant d'appliquer les méthodes courantes, il est difl'érentes données qui peuvent mettre sur la voie du diagnostic bactériologique, et en corroborer, jusqu'à un certain point, le résultat. Ces données sont fondées sur les caractères physiques du pus que l'on a à examiner. Ces caractères sont d'ailleurs loin d'avoir une valeur absolue; ils ne fournissent que des présomptions et ne peuvent servir (|ue d'une façon accessoire au diagnostic. [1 en est ici comme en anatomie pathologique. Si l'on donne une coupe de tumeur à examiner à un his[ologiste,il est indispensable de lui faire savoir dans (piclle partie de l'organisme cette coupe a été prélevée. Il eu est de même pour le diagnostic bactériologi(|ue du pus, et même de tout autre liquide pathologique.

DU PUS

Aspect extérieur. — Couleur. — Dans certains cas, où le microbe pyogène e.xiste dans le pus, à rélaL de culture pure, la couleur du pus présente un aspeci particulier. Ceci est vrai surtout pour le bacille pyocyanique, qui communique au pus une couleur d'un vert bleu. La teinte cyanique, bleu paon ou bleu turquoise des linges de pansements, de l'ouate, souillés par le pus contenant le bacille pyocyanique est un indice presque spécifique de la présence dans ce pus du Itacille de Gessard. La couleur verte, purée de pois, peut se rencontrer dans d'autres collections purulentes, en particulier dans les abcès du cerveau et du cervelet, consécutifs aux otites moyennes, sans que ceux-ci contiennent le bacille pyocyanique.

Les abcès du foie, surtout ceux qui sont d'origine dysentérique, ont une coloration lie de vin caractéristique, mais sans qu'il y ait ici aucun caractère spécifique, au point de vue microbien.

Le staphylococcus pyogenes aureus peut donner, dans certains cas, un ton jaune assez accusé au pus; le staphylococcus pyogenes albus, un aspect lactescent. Dans les infections mixtes, la couleur du pus ne peut donner aucun indice, sauf dans le cas où il contiendrait du bacille pyocyanique.

Odeur. — L'odeur plus ou moins fétide du pus tient à la présence dans ce pus de bactéries intestinales (bacterium coli, proteus vulgaris, etc.) ou de germes anaérobies ou facultatifs. Les abcès situés au voisinage de la vessie, les abcès urineux oui une odeur Kui gencris, fétide, rappelant celle de l'urine en voie de putréfaction; ceux du cerveau ont une odeur ipii rappelle celle de la souris.

Toutes les collections purulentes situées au voisi-

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