‹ Precis de bacteriologie cliniqueChapitre 3 sur 110 · MANUEL OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

MANUEL OPÉRATOIRE

Instruments. — Les insLrumeiiLs dont on se sert pour pratiquer les examens bactériologiques, tant au lit du malade qu'à rampliithéàtrc, ne diffèrent en rien de ceux qui sont usités dans les laboratoires. Ils sont bien connus et décrits dans tous les traités de technique. Nous allons cependant en donner une description succintc.

AiijitUlc de 'plalinc. — Les aiguilles de platine dont on se sert en bactériologie sont de simples iils de platine, que l'on emmanche dans des baguettes de verre, en Tondant au ciuiiumcau une des extrémités de ces baguettes. Il faut avoir plusieurs sortes d'aiguilles de platine, de grosseur et de longueur diirérenles. WuriTZ. - Buclériolo'jie. \

L'aiguille usuelle aura environ un demi-millimètre de diamètre (fig. I) et 6 centimètres de longueur. On pratiquera, à l'aide d'une pince, une petite anse à l'extrémité de cette aiguille.

Une seconde aiguille de 1 millimètre de diamètre environ et de 10 centimètres de long servira à pratiquer les ensemencements dans les milieux de culture pour anaérobies.

Enfin il est bon, surtout pour les autopsies, d'avoir à sa disposition une aiguille notablement plus épaisse, ayant 1"™,5 de diamètre (fig. 2) et 7à8 centimètres de long, dont on aura rendu l'extrémité tranchante en l'aplatissant d'un coup de marteau.

Cette aiguille sert à recueiUir avec pureté, dans les viscères à parenchyme dur et résistant, les parcelles de tissu que l'on désire ^ examiner.

^ Toutes les aiguilles, avant le prélèvement, doivent cire rougics à la fiamme d'une lampe à alcool ou d'un bec de gaz. On devra, avant de s'en servir, les laisser l'cl'roidir pendant un lemps d'au- . lant plus long (|ue le calibre île l'aii^uille es( i)lus gros, laule de

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quoi l'on s'expose à ne pratiquer que des ensemencements stériles.

Pipettes. — Les pi[ieltes dont on se sert, en Ijactériologie (pipettes de Pasteur), sont de dillerentes formes. Les plus simples sont constituées par un tube de verre, de 6 millimètres de diamètre, ayant 20 centimètres de long, avec une cl'iilurc égale à la moitié de la longueur totale de la pipette.

Ces pipettes sont bouchées à leur extrémité supérieure par une (loche d'ouate modérément serrée (llg. 3). On se sert avec avantage, pour recueillir des liquides au lit du malade, de pipettes portant, à 5 centimètres environ de leur orillce, un étranglement. Cet étranglement a un double avantage. Il empoche, dans certains cas, le liquide que l'on aspire, de monter trop rapidement et do mouiller l'ouate. De plus on [»eul, une fois le liquide recueilli, fondre à la Oammc l'étranglement, et sceller ainsi le contenu de la pi])elle,ce qui est plus commode pour le trans- |)ort (llg. 4). Dans les pipettes

Fig. J. l'ig. i. Fig. r,.

destinées à cet usage, on fera bien de pratiquer l'étranglement à5 centimètres seulement deTeffilure.

Une précaution que l'on devra observer en scellant la pipette est la suivante : 11 ne faut pas remplir complètement l'espace contenu entre les deux effilures, sans quoi on s'expose à stériliser, par la chaleur, une partie du contenu de la pipette. De même, il faut avoir la précaution de bien laisser refroidir le verre avant que le liquide arrive au contact de la partie scellée, faute de quoi il se produirait un bris et le prélèvement serait à refaire.

Rappelons que les pipettes, qui ont déjà été stérilisées au four Pasteur, doivent, au moment où l'on va s'en servir, être passées dans la flamme du gaz, brisées, puis reflambées à l'endroit où les doigts ou la pince ont touché l'cffilure. Il est bon même de pratiquer, dans certains cas, avant de casser la pointe, une petite eflilure (fig. 5), qui se cassera toute seule par son propre poids et fournira une pointe acérée à l'opérateur.

Seringue de Straus-Collin. — Des nombreux modèles de seringues utilisées en bactériologie, la seringue de Straus-Collin est celle qui, comme sûreté et comme commodité, ne laisse place à aucune critique. L'originalité de cette seringue, construite sur le modèle de la seringue de Pravaz, consiste en la substitution d'un piston en moelle de sureau au piston en cuir. La moelle de sureau supporte parfaitement l'action de l'eau bouillante ou de la vapeur d'eau ; ipiand elle a été préalablement un peu comprimée, elle a la propriété de se gonfler par l'humidité, de sorte que riicrméticilé de l'instrument, loin d'être compromise par l ébuUilion daus l'eau ou le séjour à l'autoclave, n'en devient que

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plus parfaite. D'autre part, le piston de moelle de sureau, grâce à sa souplesse et cà son élasticité, tout en se moulant exactement sur le cylindre, glisse aisément et sans ressaut le long de la paroi de verre.

Le piston de la seringue (fig. G) se compose d'un disque de moelle de sureau serré entre deux boutons métalliques B et C ; la moelle de sureau doit être choisie bien souple et doit être bien décortiquée. On la tasse transversalement à l'axe, par une pression modé-

Fig. e.

rée avec les doigts. Ce disque de sureau est traversé, suivant l'axe, par une broche de section carrée dont le bout inférieur se termine par le bouton B. Le boulon B' fait corps avec la tige creuse du piston et la broche enfdée dans cette tige est munie à son extrémité supérieure d'unpasde visFdeté qui reçoit le bouton écrou E. Grâce à ce dispositif, le piston de moelle de sureau peut être serré à volonté, dans le sens de sa hauteur, par le rapprochement des deux boutons 0 et B', d'où résullc un élargissement de son diamètre. On assure ainsi le contact étanche du piston avec la paroi de la seringue. Ce serrage est opéré par le Jeu du bouton écrou E, ei par conséquent en agissant du

dehors, sans qu'on soiL oblige de démonter la seringue ou de louclier au piston.

Dans la seringue de Pravaz ordinaire, entre chaque extrémité du cylindre de verre et la monture métallique de la seringue, se trouve interposée une rondelle de cuir qui assure rherméticité de Tinslrument, mais qui ofTre les mêmes inconvénients que le piston de cuir, car elle se racornit sous l'action delà chaleur. Ces rondelles de cuir sont remplacées par des rondelles faites également avec de la moelle de sureau fortement lassée. Faute de cette précaution, la seringue fuira et ne pourra être utilisée.

La seringue de Straus se compose ainsi e.vclusivement de métal, de verre el de moelle de sureau. Elle peut donc, en toute sécurité, se stériliser par la chaleur humide (eau houillanle, vapeur d'eau à 100° ou vapeur sous pression). 11 ne faut pas employer la chaleur sèche qui raccourcit la moelle de sureau. Pour les usages hactériologiqucs, au lit du malade ou à l'amphithéâtre, il suffira de faire bouillir la seringue pendant quelques minutes dans un vase quelconque contenant de l'eau. On aura soin de remplir préalablement la seringue de ce liquide avant de la faii'c bouillir. Si l'on veut obtenir, dansdes casdélicats, une sléi ilisalion plus pari iculièremeni rigoureuse, on met la seringue à l'autoclave à 1 15 ou à 120°, pendant dix minutes ou un fpiart d'heure.

Le piston et les rondelles de moelle de sureau peuvent servir pendant plusieurs mois sans être mis hors d'usage. Quand il sera néc(!ssaire de les renouveler, rien n'esl plus l'acile de le l'aire soi-même sans recourirau iabi'icant. Voici commeiil il l'aul procéder: On décorli(|ue avec soin un cylindi e de moelle de sureau.

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en abrasanL avec un canil' Lranchanl la périphérie, qui est inégale et siliceuse. On tasse ce cylindre perpendiculairement à son axe, par pression entre les doigts, et on riniroduit dans le cylindre de verre. On l'embroche sur la tige pleine ; on cnlile la tige creuse sur la tige pleine. On visse le bouton écrou et le piston est prêt à servir. Entre chaque extrémité du cylindre de verre et la moulure mélalliqae, on inlerposera de même une rondelle de sureau forlement tassée.

Pour se servir de la seringue avec toutes les garanties désirables, il faut que l'aiguille soitdùment stérilisée. Pour cela on devra employer les aiguilles en platine iridié de M. Debove. Elles sont d'une commodité extrême, pouvant être flambées et rougies même sur la flamme d'une lampe à alcool, immédiatement avani de faire la piqûre. Elles ont remplacé les aiguilles en acier cl en or.

Pour transporter commodément la seringue de Strausdu laboratoireà l'hôpital, il est bon delaplacei' dansun tube àessai ordinaire, bouché avec un bouchon d'ouate ; l'on stérilise le tout à l'autoclave, et on peut ainsi transporter commodément la seringue. De même, lorsqu'on a l'ait, avec les précautions voulues, un prélèvement de sang, de pus ou d'un liquide quelconque, au lit du malade, on replace la seringue, pleine ou à moitié pleine, avec son aiguille dans le même tube stérile (jui a servi à l'aiiporter et l'on |)eat, de retour au laboratdire, procéder immédialeinent, et avec une sécurilé absolue, aux ensemencenaents ou aux inoculations.

La seringue de Straus, pour les usages de la bactériologi(; clini(pie, suflit dans l'immense majorilé des cas. Si l'on a besoin d'une seringue ayant une ca|ia(:ité

plusconsidérable, la seringue de Debove, de 3 ou 10 centimètres cubes, pourra rendre de grands services. Elle a, comme la seringue de Slraus, un piston compressible, qui est en carton d'amiante. Elle se stérilise de la même façon.

Capsule de platine. — Une petite capsule de platine, d'une capacité de 15 à 20 centimètres cubes, est d'un emploi extrêmement commode pour recueillir les différents liquides pathologiques. Si, par exemple, on a recueilli du pus dans une pipelLe et qu'on veuille l'injecter, on vide la pipette dans la capsule de platine préalablement rougic à la flamme du bec de gaz, et refroidie; c'est dans la capsule que l'on puisera avec la seringue. Pendant que la capsule refroidit, on fera bien de la recouvrir d'un verre de montre, flambé extemporanément. On ne versera le liquide dans la capsule que lorsque le platine sera froid, ce dont on s'assurera en louchant l'extérieur.

La capsule rendra encore de grands services s'il s'agit d'inoculer des particules solides. On commencera par y introduire, avec une pipette, une quantité suffisante d'un liquide stérile (bouillon ou eau stérilisée), et avec l'anse de platine, ou avec une baguette de verre flambée, qui sert de pilon, on y délayera la quantité de matière à injecter que l'on jugera nécessaire. On pourra se servir également d'un mortier de verre ou de porcelaine qui aui'ont été flambés et stérilisés avec leur pilon. On arriveainsià écraser hîs grumeaux trop considérablesqui obstrueraient le calibre de l'aiguillo. (Jiiand on inocule ces sortes d'émulsions, pour éviter dos niécomplcs, il faudra toujours i'eni|ilir la stM-inguc en aspirani. par la pointe de l'aiguille, l'I non \r,w l'extrémité de (•or[)s de |ionq>e.

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Écouvillons. — Pour recueillir certains produits, tels que les fausses membranes pharyngées, ou pour prélever des micro-organismes à l'intérieur d'une cavité naturelle, les fosses nasales, de petits écouvillons en ouate sont indispensables. On les fera de la façon suivante. Sur de .ii' ;P minces baguettes de bois de lîl centimètres de long, on entortille de l'ouate (hygropliilc) à une des extrémités, de façon que l'ouate forme un petit tampon (fig. 8). On met dans un gros tube à essai une dou zaine de ces petits écouvillons et on les stérilise au four Pasteur

(fig.

Au lit du malade, on les

Fig. 8.

utilise, un à un, en ayant soin de mettre chaque tampon, chargé de la substance solide que l'on veut analyser dans un petit tube à essai stérile. On peut ainsi remporter en toute sécurité au laboratoire le matériel d'inoculation.

C'est ainsi qu'il faudra procéder lorsque l'on veut examiner les fausses membranes, par exemple.

Ce sont là tous les instruments nécessaires pour prélever les produits pathologiques. En règle générale, il vaut mieux ne ])rati([uer les ensemencements qu'au laboratoire, et pour cela se servii' soit de ])ipettes poui' les produits liquides, soit d'écouvillons pour les fausses membranes. On est, il est vrai, obligé de transvaser les li(]nides pour les ensemencer, ce qui donne une chance de contamination de plus que si l'on semait

direcLemenL au liL du malade, inais ce pelit inconvénienL, qui n'en est pas un pour un bactériologiste exercé, est compensé par ce lait qu'avec ces pipettes on peut ensemencer une bien plus grande quantité de liquide. 11 y a souvent des examens qui restent négatifs, par suite d'une inoculation ou d'un ensemencement trop peu abondant. Lefd de platine, dans ces cas, serait tout à fait insuffisant.

Pour faire un prélèvement, on devra donc emporter des tampons de coton, des pipettes et une lampe à alcool pour lesflamber. Si l'on veut, etdanscertainscas cela est suffisant, on pourra y joindre, par surcroît, un m de platine, quelques tubes de culture, gélatine et gélose. On pourra aussi ensemencer directement, soit au lit du malade, soit à l'amphithéâtre.

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