‹ Precis de bacteriologie cliniqueChapitre 36 sur 110 · IC. — Bacille do la djphl^rie · texte numérisé non relu

IC. — Bacille do la djphl^rie

Aupomt de vue clinique, il suffit de savoir que les résultats négatifs de l'inoculation, dans les cas douteux suffisent pour faire rejeter le diagnostic de diphtérie' On a essayé de différencier, de par la bactériologie les formes cliniques de la diphtérie. M. Barbier admet ' 1° une forme due au bacille deLoeffler seul, c'est l'an' gme diphtérique pure (angine toxique de Grancher) •

APPAREIL DIGESTIF

2° une forme streptococcique (forme infectieuse de Grancher). Dans ces cas, on a relrouvé le streptocoque, non seulement dans les fausses membranes, mais dans les viscères et dans le sang. Toutes les complications étaient d'origine streptococcique, démontrée ou très probable.

D'après Martin, l'association du staphylococcus pyogenes aureus au bacille de Loeffler impliquerait un pronostic généralement sérieux. Au contraire quand le bacille de la diphtérie se trouve mêlé à un coccus, disposé souvent en diplocoques, qui donne des colonies identiques, la marche de la diphtérie semble être plus bénigne.

Disons enfin que Barbier a trouvé sur les fausses membranes, dans les angines sans gravité, un diplostreptocoque, seul ou associé au bacille de Loeffler; cette association ne donnerait pas heu à une forme redoutable de la diphtérie.

La diphtérie une fois terminée, l'enfant guéri, il faut savoir que le bacille diphtérique se trouve encore dans la bouche et la gorge des convalescents. Roux et Yersin l'ont isolé six semaines après la chute de la fausse membrane;Tobiesen a observé des cas analogues.

Tézenas (1) a recherché quelle était la durée de la période contagieuse chez les diphtériques convalescents. Il a pratiqué l'examen bactériologique dès la disparition des fausses membranes. Dans six cas où la. muqueuse était encore rouge et enflammée, il trouva le bacille de Loeffler, et trois jours après, plus rien. Dans

(1) Tézenas, Prov. méd., 1893, n° 31.

ANGINE DIPHTÉRIQUE. 197

trente cas, sans écoulement nasal, l'examen bactériologique fut négatif. Le bacille reste plus longtemps dans le nez, où il détermine un catarrhe nasal, avec issue d'un mucus transparent qui contient les bacilles spécifiques.

Dans deux cas seulement il y eut dans la bouche des bacilles longtemps après la disparition de lafausse membrane.

Il n'est pas nécessaire d'insister sur l'importance de celte notion, au point de vue de la prophylaxie de la diphtérie. C'est par une désinfection prolongée de la bouche et du nez, après la guérison de la diphtérie, qu'on pourra prévenir tout contage ultérieur.

Angines chroniques. — Elles ont été peu étudiées au point de vue bactériologique. C'est le plus souvent un streptocoque que l'on a isolé (Dôrnberger, dans la moitié des cas).

Lermoyez a décrit récemment une forme d'amygdalite chronique déterminée par le bacterium coli ; cette amygdalite était caractérisée par sa résistance à tous les moyens de traitement usuels et par l'aspect des lésions amygdaliennes, qui simulaient, à s'y méprendre, la pharyngo-mycose.

Abcès rétro-pharyngiens. — Les abcès rétro-pharyngiens, de même que les amygdalites phlegmoneuses, relèvent dans la grande majorité des cas du streptocoque (Fraenkel, Deibler, Coplik).

Ce dernier auteur a étudié récemment ces abcès chez les nouveau-nés et les enfants (1). Sur huit cas, il a trouvé huit fois, dans le pus, des streptocoques en culture pure. Deux espèces appartenaient auxstrepto-

(I) Coplik, Cenlrabl. f. Bakt . Bd. XVI, p. 4S9.

APPAREIL DIGESTIF

coques longs, et deux autres espèces à une variété de streptocoques courts; dans un seul cas, le bacille lactique était associé à un streptocoque.

Tuberculose de la bouche et du pharynx.

La tuberculose de la bouche el du pharynx ne présente rien de particulier au point de vue bactériologique. On en a publié un assez grand nombre d'observations, dans lesquelles on a pu déceler par la coloration le bacille de Koch. D'après Julien, le liquide de raclage des ulcérations en contient un grand nombre.

Parotidites.

Consulter : Claisse et Dupré, /Irc/;. de méd. exp., 1894, p. 41 et 250.

En dehors des oreillons, qui seront plus loin l'objet d'une élude spéciale, les parotidites peuvent s'observer dans un grand nombre d'affections. Elles ont été, au point de vue bactériologique, l'objet d'un nombre de recherches assez restreint, parmi lesquelles nous citerons celles de Hanau (1), de Dittrich, l'étude très complète de Claisse et Dupré, dont nous résumons ici les résultats, et le mémoire de Girode.

Les parotidites relèvent d'agents pathogènes divers; les staphylocoques doré et blanc, le pneumocoque, le streptocoque, etc., auxquels peuvent s'ajouter, dans les cas de gangrène, les microbes saprogènes. On ne rencontre habituellement qu'une seule espèce microbienne.

(1) Haiiau, Centralhl. f. liakt., 1889.

PAROTIDITES.

Les microbes le plus souvent renconlrés sont les suivants :

Staplijlococcus aureus 16 fois.

PncuÊiiocoquc 6 —

Sla[ibyIococcus iilbus 2 —

SIreplocoqiic i! —

Bacille de Fi-icdIaenJcr 1 —

Microccus letragoiuis ^ —

Les parotidites à pneumocoques peuvent s'observer cbez les pneumoniques (Obs. I et IX de Claisse etDupré, Lancereaux et Besançon , Testi , Prior, Duplay); elles suppurent presque invariablement (Galand). Elles sont ordinairement simples ; on peut voir cependant les deux parotides s'enflammer et suppurer l'une après l'autre ou simultanément.

Achalme, au cours d'une fièvre typhoïde, a isolé le staphylocoque, d'une parotidite suppurée, et au cours d'un ictère grave, le staphyloccus pyogenes albus, le tétragène et un diplocoque non déterminé; Anton et Futterer ont trouvé, dans une parotidite typhique, le bacille d'Eberth, mêlé à des staphylocoques; Girode, dans douze cas de lésions suppurées des glandes salivaires, dont dix siégeaient dans la parotide, a isolé six fois le staphylococcus aureus, une fois l'albus, quatre fois le pneumocoque et une fois le pneumobacille de Friedlaender. Dans un cas de parotidite putride, le pneumocoque était associé à un bacille grêle et allongé que l'on rencontre assez fréquemment dans les épanchements putrides. Il ne se cultive pas et prend mal les couleurs d'aniline.

Curtis a publié deux cas de parotidite blennorrhagique, mais il n'est pas fait mention de la recherche du gonocoque dans ces observations. C'est d'ailleurs une complication fort rare de la blennorrhagie.

STREPTOCOQUE

HABITAT

MonPHouocin.

BOUILLON

GÉLATINE

Se Irouve, avec une fréquence et line abondance ex- Irômes, clans presq.

toutes les bouches.

Identique ou analogue au slreptococcus hrevis de Lingelslieim.

Cellules rondes, isolées ou en diplocoque.

U peut former des chainettes de plusieurs grains , de dimensions «oiivont inégales et irrégulières.

Trouble le bouillon, avec formation do petits grumeaux qui sont facilement uiSTiUl.ies [ftii 1 agi-

lalion.

A 20-25», petits points blancs discrets, serrés les uns contre les autres,

In li^ilrr Hll ll>9lt (lO

piqûre. Ne liquéfie pas.

STREPTOCOCCUS

Moins fréquent que l'espèce précédente. Se trouve sur les amygdales normales et dans certaines angines.

Cellules beaucoup plus petites que celles de l'espèce précédente , ovoïdes , presque bacillaires, en diplocoque ou en courtes chaînettes.

Ces ellipses se touclient par leur grand axe; jamais de formes en flamme de bougie ; jamais de capsule.

A peine troublé, dépôt très fin, très peu abondant.

INe pousse qu'à 37°.

STREPTOCOCCUS BREVIS

Dans la salive d'individus sains (V. Lingelslieim).

Salive normale et fausse membrane diplitéro'ide (d'Espine et Marignac).

Pus d'un plilegmon de la cuisse (Marot).

Cocci, deux par deux, rarement isolés, formant des chaînettes de 4 à 6 articles, rarement plus, disposés entre les cellules de pus.

Ces cocci ont les dimensions des grains du streptococcus de l'érj'sipèle.

Dans les cultures, cellules ovoïdes à grand diamètre, se confondant avec l'axe de la cliaine, l à 1) articles.

Trouble le bouillon pendant plusieurs jours, en formant un dépôt abondant au fond du tube.

Marot n'a pas observé de trouble avec sa variété de streptocoque.

Commence à pousser vers le second jour. Trait nuageux grisâtre.

Le quatrième jour, large strie formée par de petites colonies punctifor mes. Très léger degré de liquéfaction.

Bourges, Marot. d'Espine et Marignac n'ont pas ob serve de liquéfaction.

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