‹ Precis de bacteriologie cliniqueChapitre 64 sur 110 · MÉNINGITES · texte numérisé non relu

MÉNINGITES

et infection générale de l'organisme par le streptocoque. Vaillard et Vincent l'ont trouvé associé à un bacille, voisin par ses propriétés du bacille d'Eberth, dans l'exsudat méningé ainsi que dans la rate d'un malade mort avec des symptômes typhoïdes sans lésions intestinales.

Beck a observé un cas de méningite purulente, à streptocoques, consécutive à une angine phlegmoneuse.

Staphylocoques. — 11 existe, de cette variété de méningite, un cas de Galippe, un de Monti, où le staphylocoque doré était associé au pneumocoque, et un cas de Netter, avec la même association microbienne. La méningite avait été provoquéepar une balle de revolver.

G. Roux, en même temps que le B. coh, a isolé les staphylocoques albus et aureus. Kirchner a observé un cas de méningite purulente, consécutive à une otite moyenne, due au staphylocoque doré et au staphylococcus citreus.

Legendre et Beaussenat ont trouvé le staphylocoque à l'état de pureté dans le pus des méninges d'un homme atteint de staphylococcémie.

Bacille de la morve. — Tedeschi, a observé un cas de méningite morveuse chez un homme atteint de morve chronique.

Bacille de la tuberculose. — Au Ht du malade, on a pu faire le diagnostic bactériologique de la méningite tuberculeuse, en examinant le liquide céphalo-rachidien obtenu par ponction. En voici une observation récente de la clinique de Fûrbringer (I). Il s'agissait d'un individu d'une vingtaine d'années atteint d'accidents

(1) Freylian, Deutsch. med. Wochenschrift, 6 sept. 1804.

méningés au milieu d'une santé parfaite. Pour assurer le diagnostic, on fit une ponction lombaire entre la cinquième et sixième vertèbre. L'examen bactériologique de l'exsudat retiré permit de constater la présence du bacille de Koch.

On refit, quelques jours plus Lard, une seconde ponction, avec les mêmes résultats. Après une très longue convalescence, lemalade guérit. L'amendement des symptômes avait commencé dès la première ponction, et s'était accentué après la seconde.

A l'autopsie, l'examen bactériologique des granulations et la coloration des bacilles dans les coupes montreront les localisations de ce bacille dans les méninges. Il existe surtout dans la paroi artérielle ou à son pourtour. L'artère malade est au voisinage d'une masse tuberculeuse ; le tissu tuberculeux envahit l'artère couche par couche, et finit par transformer les méninges en un véritable tissu tuberculeux, où Ton trouve des cellules géantes et des bacilles.

L'exsudat louche, séro-purulent, contient également des bacilles de Koch.

Encéphalites suppurées.

Les abcès du cerveau relèvent de causes multiples que l'on peut ranger dans les trois groupes suivants :

1» Suppurations des organes et des os voisins ;

2° Traumatismes ;

3° Abcès d'origine interne.

La multiplicité de ces causes fait bien comprendre quelle pourra être la diversité des micro-organismes

ENCÉPHALITES SUPPURÉES.

pathogènes que l'on pourra trouver dans le pus de ces abcès. Toutes les variétés que l'on trouve dans les otites suppurées, par exemple, aussi bien que dans les suppurations de l'appareil pulmonaire, pourront se retrouver dans l'encéphale.

On n'a fait encore qu'un petit nombre de recherches bactériologiques à ce sujet. Les microbes qu'on y a mis en évidence sont :

Streptococcus pyogenes. — Un cas de Darier, dans un abcès qui fut pris d'abord pour un abcès tuberculeux mais qui ne renfermait pas le bacille de Koch. Un cas de Renault (abcès traumatique) ; un cas de Bergé, dans un abcès d'origine otique.

Staphylococcus pyogenes aureus. — Un cas de Conchon dans un abcès d'origine interne.

Micrococcus pyogenes tenuis. — Un cas de Hanot.

Le bacille de Friedlaender a été isolé dans un abcès des circonvolutions frontales consécutif à une lésion du nez (Dmochowski). Lanz a isolé d'un abcès du cerveau, consécutif à une otite moyenne, un bacille dont les cultures répandent une odeur extrêmement fétide, voisin du baciUus pyogenes fœtidus, et avec lequel il a reproduit des polyarthrites suppurées chez le lapin, par injection intraveineuse.

Dans deux cas d'abcès miliaire, Zenker et Ribbert ont trouvé des tubes d'oïdium albicans.

H est enfin certains cas où l'examen bactériologique a été négatif. Dans un abcès du cerveau consécutif à un abcès également stérile du foie, Netter n'a pu déceler aucun micro-organisme.

Expérimentation. — On n'a pas réussi jusqu'à présent à reproduire expérimentalement des abcès du cerveau. Des inoculations intra-cérébrales nombreu-

ses, faites par M. Leudet (de Rouen) et moi-même, de micro-organismes pyogènes, avec ou sans traumatisme, ne nous ont donné aucun résultat.

En dehors des abcès du cerveau, on n'a publié, dans les différentes maladies de l'encéphale, qu'un très petit nombre d'observations avec examen bactériologique. Les abcès du cervelet, qui sont le plus souvent consécutifs à des otites moyennes, suppurées, chroniques, reconnaissent comme agents pathogènes les mêmes microbes que les otites (streptocoque, staphylocoque, etc). Dans un cas de délire aigu,Rasori a isolé dans la substance cérébrale, après la mort, un bacille pathogène pour le lapin. La date de l'autopsie n'est pas indiquée. 11 faut faire des réserves sur ce cas.

Myélites.

L'origine microbienne des polymyélites aiguës est admise actuellement par la plupart des neuropathologistes, bien que dans les cas, encore rares, où l'examen bactériologique a été pratiqué, on n'ait encore signalé dans la moelle que la présence de micro-organismes banals, streptocoques ou staphylocoques (Leyden). Nous rappellerons seulement ici les hypothèses ingénieuses de M. Marie sur l'origine infectieuse de la sclérose en plaques, de la paralysie infantile, de l'épilepsie, etc.

L'expérimentation a donné, sur ce point, plus de résultats que la clinique. D'ailleurs un certain nombre de médecins se refusent à admettre l'action directement pathogène des microbes, dans les maladies du système nerveux, et, en particulier, dans les myélites (Àlbu). Ils pensent que les toxines, microbiennes ou

MYÉLITES, 317

autres, doivent être ici plus vraisemblablement incriminées dans la détermination des lésions.

Nous citerons seulement les examens bactériologiques qui ont été faits dans diverses affections médullaires.

Abcès de la moelle. — ils sont des plus rares. Schlesinger en a observé un cas, où l'infection, consécutive à un abcès de la prostate, était due au staphylocoque. La suppuration des méninges s'était étendue à la moelle.

Myélites infectieuses. — Leyden, dans une classification étiologique des myélites qu'il a récemment préconisée, admet l'existence d'une myélite infectieuse. Mais les constatations bactériologiques que l'on a faites à ce sujet doivent presque toutes faire l'objet de réserves. Curschmann (1) a publié une curieuse observation, où une fièvre typhoïde, reconnue à l'autopsie, avait évolué sous le masque d'une paralysie ascendante aiguë. La moelle contenait, dans la substance blanche, à la région cervico-dorsale, des bacilles analogues au bacille d'Eberth, le plus souvent isolés, rarement réunis en petits foyers. Des cultures et des inoculations aux animaux confirmèrent le résultat de l'examen microscopique..

L'origine infectieuse des myélites que l'on observe au cours de la blennorrhagie a été mise en évidence par Ilayem, Parmentier, Dufour, Spillmann et Haushalter. Mais elle n'est pas admise par tous les médecins. En particulier, Schlesinger nie l'existence de la myélite blennorrhagique. Dans aucun des cas publiés, selon lui, on n'a pu fournir la preuve bactériologique

(I) Curschmann, Cent. /'. klin. Med., 188".

de la nature gonococcique de la myélite, dételle sorte que, dans ces différents faits, il paraît légitime d'admettre que la myélite et lablennorrhagie étaient sim plement concomitantes.

Dans certains cas de myélite ascendante aiguë, on a isolé des microbes pyogènes (staphylocoques et streptocoques, et le Imcillus pyogenes fœtidus (Mircoli).

Chorée. — Dans la moelle d'un choréique, Pianese (1) a isolé un bacille dont les cultures ont reproduit chez les animaux une maladie rapidement mortelle, caractérisée par des tremblements, puis par des contractures et de l'amaigrissement. A l'autopsie de ces animaux, le même bacille se rencontrait dans les centres nerveux, ainsi que dans les nerfs périphériques.

L'examen du sang, chez les clioréiques, n'a donné que des résultats qui ne permettent pas actuellement de conclure à l'origine infectieuse de la chorée. Triboulet, Leredde ont trouvé, dans des cas de chorée accompagnée de fièvre, les staphylocoques blanc et doré. Mircoli, les mêmes microbes, avec le bacillus pyogenes fœtidus, dans la moelle.

Expérimentalement, Triboulet (2), par inoculation d'un bacille provenant d'un chien choréique, a pu provoquer la chorée chez un autre chien. Richet a transmis la chorée du chien au chien, par l'inoculation. H. S. Berkley considère également que la chorée du chien est une maladie microbienne, portant sur les vaisseaux des méninges. 11 pense qu'on peut induire de ce fait l'hypothèse de l'origine infec-

(1) Piauese, liiforma medica, 1891, III, p. 88.

(2) Triboulet, Soc. de bioL, 1892, p. 297.

MYÉLITES.

Lieuse de la chorée humaine. Mais il n'y a aucun rapport entre ces deux maladies.

Acluellement, il est impossible d'admettre sans les plus grandes réserves que la chorée est une maladie microbienne, le fait unique de Pianese n'ayant, jusqu'à présent, jamais été confirmé.

Expérimentation. — On a reproduit expérimentalement des myélites, en inoculant aux animaux des cultures microbiennes.

Roger (1), en inoculant au lapin des cultures sur sérum d'érysipélocoque, cultures datant de six mois, a déterminé la mort de ces animaux au bout de quinze joui's. La moelle montra des lésions de polyomyélite chronique, avec atrophie des cornes antérieures.

Bourges (2) a déterminé une myélite diffuse aiguë par inoculation du même microbe à virulence très atténuée.

Widal et Besançon ont observé des hémorrhagies des cornes antérieures, à la suite d'inoculations du streptocoque.

Gilbert et Lion (3), Thoinot et Masselin (4), par inoculation de cultures du bacterium coli, ont déterminé des altérations cellulaires de la moelle.

Thoinot et Masselin, en inoculant des lapins dans la veine marginale de l'oreille, avec une petite quantité de culture virulente de staphylocoque doré, ont produit infailliblement un état paralytique et amyotrophique. Les lésions correspondant à ces symptômes médullaires avaient pour siège d'élection la substance grise avec ses cellules motrices, et la sub-

(I) Roger, Ami. de l'Inst. Pasteur, 25 juillet 1892. (-2) Bourges, Soc. de biol., 18 février 1803.

(3) Gilbert el Lion, Jbid., 13 février 1893.

(4) Thoinot et Masselin, lievue de médecine, 1894.

stance blanche, dans lesquelles les cylindraxes des fibres nerveuses étaient plus particulièrement atteints. Les nerfs périphériques étaient indemnes.

Vincent (1) a déterminé des lésions ditîuses de la moelle, en inoculant à un lapin le bacille d'Eberth, associé à un bacille indéterminé, extrait de la rate d'un typhique.

Névrites.

On sait actuellement quels rapports étroits existent entre les névrites périphériques et les maladies infectieuses. Les polynévrites, le zona s'observent, en effet, souvent, soit au cours d'une maladie infectieuse, soit pendant la convalescence. Mais l'action pathogène directe des microbes sur les nerfs ne saurait être, ici, admise sans réserves, exception faite peut-être pour la lèpre.

Tout d'abord, l'examen bactériologique, pratiqué sur les pièces fraîches, par raclage, ne peut être d'aucune utilité, dans presque tous les cas. La maladie infectieuse a fini depuis longtemps son évolution lorsqu'on pratique l'autopsie, et la recherche directe des microbes, dans les rares cas où on l'a pratiquée (Kûssner et Brosin, Guinon et Achard), n'a donné, le plus souvent, aucun résultat. Gentanni a cependant trouvé des bacilles dans les nerfs périphériques d'un malade atteint de paralysie ascendante aiguë.

Béribéri. — Bàlz et Scheube ont trouvé dans les nerfs atteints un diplocoque, dont les cultures, inoculées à des chiens et à des lapins, ont donné naissance à des névrites périphériques.

(1) Vincent, Arch. de méd. exp., 1893, p. 370.

NÉVRITES. 321

Lèpre. — On a décelé le bacille de la lèpre en différentes parties du système nerveux, dans l'encéphale (Colella et Stanziale) dans la moelle (Souza Martins).

Soudakéwitch, Arning, Cramer, Pitres (1) l'ont trouvé dans les nerfs péripliériques. Il existe en amas, au milieu des fibres nerveuses qu'ils infiltrent. Il n'est pas nécessaire que les nerfs soient le siège d'infiltrations nodulaires ou de dégénérescence caséeuse pour y déceler le bacille de Hansen. Dans un cas de M. Pitres, ce bacille fut trouvé dans un petit fragment de nerf,' excisé sur l'avant-bras d'un malade qui avait été pris pour un syringomyélique.

On sait que les troubles trophiques et les symptômes sensitifs de la syringomyélie sont très analogues à ceux de la lèpre. « Dans les cas douteux la recherche méthodique du bacille de Hansen est le moyen le plus sûr que nous possédions pour établir le diagnostic entre ces deux affections: pour que l'examen bactériologique ait toute sa valeur démonstrative, il convient qu'il soit pratiqué sur des fragments de tubercules cutanés s'il en existe, et, s'il n'en existe pas, sur des fragments de nerfs excisés au-dessus des régions de la peau où la sensibilité et la nutrition sont notablement altérées ,. (Pitres.)

Zona. — La nature infectieuse du zona ne repose encore sur aucune donnée sérieuse, au point de vue bactériologique. On a trouvé divers microbes dans le liquide de la vésicule. Ce sont, le plus souvent, des coccus delapeau. Ce liquide estparfois stérile (Pfeiffer).

mdd., 1892, p. 733). ^ * V^""- t Acad. de

WuRTz. — Bactériologie.

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