‹ Precis de bacteriologie cliniqueChapitre 69 sur 110 · OREILLE · texte numérisé non relu

OREILLE

que de nombreux saprophytes (Proteus vulgaris).

Martha, sur cinquante malades, a trouvé vingt-sept fois des staphylocoques, dix-huit fois des streptocoques, deux fois le bacille pyocyanique, trouvé également par'Kossel et d'autres auteurs.

Otite à pneumocoques. — Elle est assez fréquente chez les enfants atteints de pneumonie (Streckheisen), plus rare chez les adultes.

L'olite primitive à pneumocoques est au contraire assez commune (Zaufall, NeLter). Secondaire, elle peut succéder à la pneumonie ou à la fièvre typhoïde.

Les otites qu'on observe comme complications secondaires dans bon nombre de maladies infectieuses (fièvres, éruptives, etc.) relèvent toujours des mêmes organismes pyogènes, en particulier du streptocoque.

Otite grippale. — Dans l'otite grippale, Zaufall a isolé, dans deux cas, une fois le pneumocoque et une fois le streptocoque. Chantemesse a trouvé, dans un cas analogue, des staphylocoques. Dans l'otite grippale, également, Scheibe a trouvé dans le pus de l'oreille moyenne, outre le pneumocoque et le staphylocoque blanc, le bacille de Pfeiffer.

Dans les otites diphtériques, Moos n'a trouvé que des microcoques.

Dans les otites scarlatineuses, qui sont les plus graves des otites des fièvres éruptives, on trouve au début le streptocoque à l'état de pureté, puis l'infection devient mixte, à streptocoques ou à staphylocoques. Souvent la tuberculose se gi'eiïe sur l'otilc à streptocoques.

On observe la carie du rocher dans ces cas. Le bacille de la tuberculose a été trouvé dans l'exsudat purulent d'otites moyennes, chez des tuberculeux (Eschl, Voltolini, Nathan).

L'examen microscopique peut souvent aussi donner des résultats négatifs (Gessier, Gottstein, liabermann).

Il n'y a que peu de données à tirer, au point de vue du pronostic d'une otite moyenne, de la présence de tel ou tel micro-organisme (Lévy et Schrader). Le pneumocoque se rencontrerait dans les formes aiguës (Gradenigo). Les otites à streptocoques seraient les plus graves (Netter).

Legendre et Beaussenat, dans un cas d'infection consécutif à une otite, ont trouvé dans le pus des méninges, de l'oreille et de l'arllirite du genou, le staphylocoque doré à l'état de pureté.

En résumé, ce sontles micro-organismes ordinaires des suppurations, staphylocoque, pneumocoque et streptocoque, qu'on rencontre dans les otites. Les staphylocoques n'apparaissent le plus souvent dans le pus que plusieurs jours après le début de l'otorrhée, et y deviennent de plus en plus abondants à mesure que Ion s'éloigne du début de la suppuration. Etienne a réuni la statistique suivante portant sur 223 cas d'otites:

Pncuiiiocotiue

Pncumo-bacillo

Stl'0|)lOCOt|llC

SUiijhvlococcus Aiir..

Mil..

Bac. |ij ocjaniquc. ..

— proLeus vulgaris

— de Pfeiffer

BORDONI- UFFREDUZI.

STATlSTIÛUlî.

pcis.

KOSSEL.

■TVJ.0.1.

Une statistique un peu plus détaillée de Bordoni- Uffreduzi est intéressante :

Oiitea moyennes aiguës ou subai^uës avec Intdgrito du tympan Perforation du tympan.

Pneumo-bacille 1 1

Pneumocoque Iii 8

Streptocoque 3 20

Staphylocoque doré fi 2

— blanc 5 2

Les complications des otites relèvent des mêmes causes. Dans la méningite, dans les suppurations mastoïdiennes, on a trouvé le pneumohacille de Friedlaender, le streptocoque, le pneumocoque, les staphylocoques pyogènes, le stapliylococcus cereus albus (Lévy et Schrader) ; dans la thrombose des sinus, avec ou sans complications, le streptocoque (Netter) ; dans les cas compliqués de paralysie faciale, le bacille de Friedlaender (Zaufall) et le streptocoque.

Mais on peut rencontrer aussi dans les otites, des champignons.

Les espèces qui ont été isolées le plus souvent sont du genre Aspergillus. Bezold a rencontré :

Aspergillus fumigatus Ig (^^^^

— niger 7

— (lavus g

Verticillium grapliii j

Aspergillus nidulans j

Mucor septatus de Bo/.old i .

Zaufali a isolé l'oïdium albicans.

Les olomycosesont été bien étudiés par Dubreuih] (Arch. de méd. exp., 1891, p. 56GJ ; nous yrenvoyons le lecteur.

Nez.

Les fosses nasales constituent un appareil filtrant de premier ordre, pour l'air inspiré. C'est là d'abord, au

niveau des nombreux replis de la muqueuse, que cet air commence à se dépouiller des microbes plus ou moins nombreux qu'il conLienl, pour arriver presque complètement librede germes dans les alvéoles pulmonaires. On n'a pas, il est vrai, fait des recherches directes pour savoir quelle était la part des fosses nasales dans ce rôle de filtre des voies respiratoires supérieures. Il est probable cependant que le plus grand nombre s'arrête dans les fosses nasales, ou en est expulsé, ou y est détruit par la sécrétion du mucus nasal.

Dans un nez sain, à l'état normal, et dans la sécrétion nasale, on ne trouve qu'un petit nombre de germes, beaucoup moins considérable que celui qu'on devrait trouver, étant donné l'apport des microbes de l'air.

Ce nombre augmente et diminue, naturellement, avec celui des ,germ'es et des poussières de l'atmosphère ambiante. A l'état pathologique, il peut devenir extrêmement considérable.

Technique. — Voici la technique conseillée par M. Straus. Pour recueiUir les produits de la sécrétion nasale, on emploiera l'écouvillon décrit page 6; on le promène dans la cavité nasale de façon à recueillir les poussières, les particules solides, les mucosités et les croûtes qui y sont contenues. On plonge ensuite le tampon dans un tube à essai contenant environ dix centimètres cubes de bouillon, on l'agite par des mouvements rapides, pour délayer dans le liquide les particules solides dont le coton est chargé. Le délayage achevé, on a soin, avant de retirer le tampon, d'exprimer le liquide qui l'imbibe par pression contre la paroi intérieure du lube. On pratiquera des ensemencements ou des examens microscopiques avec ce bouillon ainsi chargé de germes.

On peut encore, pour recueillir du mucus nasal, inlroduire un corps étranger (boulette de coton stérilisé) dans le nez, et recueillir le mucus, sécrété sous cette irritation mécanique, dans un récipient de verre stérile.

Bactériologie normale. — Tous les microbes de l'air, pathogènes ou non, se rencontrent dans les fosses nasales à un moment donné. Nous ne donnerons donc ici que l'énumération de ceux qui intéressent le médecin, c'est-à-dire, des microbes pathogènes. Pour les microbes non pathogènes que V. Besser a isolés (treize espèces) nous renvoyons le lecteur au mémoire original {Zieglers Beilrâge, t. VI, p. 4). On a trouvé, à l'état normal :

Le streptocoque pyogéne (Besser) ;

Le pneumocoque (Netter, Besser) ;

Le pneumo-bacille de Friedlaender (Platonoff, Klamann, Thost, Hajek'i.

Oe pneumobacille ne se rencontre pas très fréquemment dans le nez.

Besser l'a trouvé deux fois sur quatre-vingt-un examens. Wright, sur dix cas, jamais.

Dans le mucus normal, Deletti ne l'a jamais isolé, non plus que Paulsen, dans vingt-sept mucus normaux, ni qu'Abel, sur vingt examens de sécrétions nasales normales ou pathologiques.

Les trois organismes ci-dessus mentionnés se trouvent dans la proportion suivante sur cent individus (d'après Besser) :

Pneumocoque, 17,3 p. 100;

Streptocoque, 8,6 ;

Bacille de Friedlaender, 2,5.

Wright a trouvé les staphylocoques, aureus, albus

et citreus, six lois sur dix cas. Bosser, Ilajek, ont également trouvé des staphylocoques.

Bacille de la tuberculose (Straus). - Chez des individus parfaitement sains, mais vivant dans un milieu contaminé par des phtisiques, M. Straus a mis en évidence, dans la proportion d'un tiers descas environ la présence du bacille de Koch. Pour cela, il emploie là technique que nous avons décrite plus haut, en employant pour un seul nez sept ou huit tampons qu'il agite dans le même tube de bouillon. Le contenu du tube, très chargé ainsi de particules solides, est inoculé dans la cavité péritonéale d'un cobaye, à l'aide d'un petit trocart.

Bactériologie pathologique. — Coryza. — On n'a que peu de documents sur la bactériologie du coryza. Schrûtter et Winkler ont trouvé le staphylococcus pyogenes cereus llavus, de Passet, et le staphylococcus cereus aureusv Ils déterminèrent, en injectant leurs cultures dans les narines de jeunes lapins, du catarrhe nasal. Les vieux animaux ne réagirent point.

Pasquale a décrit, dans cinq cas de coryza aigu, un streptocoque, le rhinostreptococcus, pathogène pour le lapin et qui diminue dans la sécrétion nasale au cours de la maladie. D'abord seul, il est ensuite mélangé à d'autres micro-organismes.

Dans différentes affections suppuratives du nez, on a isolé les microbes pyogènes ordinaires.

Hajek, dans l'abcès perforant de la cloison nasale, attribue la nécrose de la muqueuse au staphylococcus pyogenes aureus et au streptocoque, qu'il a trouvés dans ces abcès sur le vivant.

11 n'a jamais trouvé de bactéries chez les sujets sains. Dans un cas de kyste suppuré des fosses nasales.

Chatellier a isolé du pus, des streptocoques. La malade eut un érysipèle bénin à la suite de l'intervention.

Coryzas à fausses membranes. — Les fausses membranes, dans le nez comme dans la gorge, peuvent être déterminées par des agents pathogènes différents.

Diphtérique, le coryzapseudo-membraneux peut être primitif, ce qui est fort rare, ou secondaire, le plus souvent, à une angine.

Les caractères de l'écoulement nasal dans ces cas sont variables, suivant la plus ou moins grande abondance de streptocoques dans les fausses membranes du nez. S'il y en a peu (diphtérie franche), il y a simplement écoulement muqueux, comme celui qu'on observe dans le coryza. Quand il y a jelage, c'est-àdire écoulement muco-purulent ou purulent, strié ou non de sang, c'est que l'on a affaire à la forme toxique de Grancher et Barbier. L'examen bactériologique se fera ainsi qu'il a été dit page 192.

Les angines pseudo-membraneuses précoces graves delà scarlatine, s'accompagnant de jetage, exactement comme dans les cas de diphtérie pure, ne contiennent que des streptocoques, à l'exclusion du bacille de Loeffler (Wurtz et Bourges).

On observe des fausses membranes nasales dans d'autres cas. Après les opérations (rhinite flbrineuse opératoire), Maggiora et Gradenigo (I) ont isolé le staphylococcus pyogenes aureus, qu'ils considèrent comme l'agentpathogène de cette affection. Lieven (2) a fait une constatation analogue.

La l'hinite flbrineuse serait due selon les uns (Stamm, Concetti) au bacille dipthérique ; d'après ce

(1) Maggiora cl Gradenigo, Centralbl. f. Bnkt., 1890, p. 041.

(2) Lieven, Miinch. med. Woch., 1891, p. 8:^0.

dernier auteur (deux cas avec examen bactériologique la rhinite librineuse ne serait qu'une forme prolongée) de la diplitérie nasale. D'autres auteurs, et en plus grand nombre, n'ont jamais pu y déceler le bacille de la diphtérie. Abel a isolé dans les fausses membranes le pneumocoque (1).

Ozéne.

Consulter : Abel, CenlralbL. f. Bakl., t. XIII, p. IGI, 173. — Lœwenberg, Le microbe de l'ozilne, Ann. de l'Inslitu't Pasteur, 1894, p.292. Schesiakow, Contrib. à rélude de l'ozène Genève, 1894. '

On a décrit un certain nombre d'espèces microbiennes, isolées dans les croûtes de l'ozène.

Loewenberg, en 1884, a étudié un cocco-bacille, ressemblant au bacille de Friedlaender, encapsulé, et qui existe chez les ozéneuxen quantités considérables, dans les filaments muqueux tendus entre les cornets et le septum.

Un certain nombre de médecins allemands, Klamann, Thost, Strazza, ont également décrit des coccus encapsulés dans l'ozène ; Abel dans une étude récente est arrivé au même résultat, et, confirmant les recherches de Loewenberg, il considère cet organisme comme jouant un rôle spécifique dans l'ozène.

Loewenberg vient de donner récemment une étude très complète de ce bacille, étude que nous résumons ici (2).

(1) Coxsui.TEn : Tissier, Gaz. des hôpitaux, 17 mars 1894.

(2) Ilajek a trouvé sept fois sur dix dans l'ozùnc, un bacille court, cxtrfimeiiient mobile qui liquéfie très rapidejiienl la gélatine en répandani , une odeur fétide. Il détermine cbez le lapin, par inoculation sous-culanée, une suppuration gangrénense. Volkmann, Demme, Hajek ont Irouvé des bacilles de Koch dans la sécrétion de l'ozène vrai.

OZÈNE.

Morphologie. — Gros bacille cocciforme, disposé souvent deux par deux, parfois en chaînettes. Ces chaînes sont entourées, comme les diplobacilles, par une masse hyaline. Cette capsule peut manquer dans les cultures.

Bouillon. — Le liquide reste clair, avec dépôt, au fond du tube, de grumeaux et de filaments.

Gélatine. — Le long de la piqûre, il se forme une bande contenant plusieurs rangées parallèles de grains jauncâtres. A la surface de la gélatine, il se forme un enduit opaque, qui s'épaissit et devient saillant, mais généralement sans atteindre la forme de clou exubérante du pneumobacille de Friedlaender. La gélatine n'est pas liquéfiée.

Gélose. — Le microbe forme sur gélose une couche unie d'un blanc sale tirant sur le gris.

Pomme de terre. — Le coccobacille de l'ozène commence par y former des traînées blanchâtres ou jaunâtres, puis brunes. La coloration brune finit par se transmettre à la pomme de terre.

Culture sur plaques. — Les colonies dans la gélatine peuvent se montrer sous deux aspects différents. Superficielles, elles sont d'un blanc plus ou moins laiteux. Profondes, elles sont petites, rondes et jaunâtres.

Principales propriétés biologiques. — Ce microbe se cultive bien à 37°, même sur milieux acides. Il meurt au bout d'une minute de contact avec de l'eau à S4°. Il est anaérobie facultatif. Les cultures répandent une odeur assez agréable. Il ne se colore pas par le Gram. 11 ne coagule pas le lait.

Inoculation aux animaux. — Le bacille de Lœwenberg est pathogène pour" les souris, par inoculation sous-cutanée pour les cobayes, par inoculation intrapéritonéale pour le lapin.

WuRTz. — Baclériologie. 22

n.'ÎS ORGANES DES SENS.

Ce bacille diffèi'e fin pneumobacille de Friedlaender en ce qu'il ne coagule pas le lait.

Rhinosclérome.

CoNSULTEH : Von Frisch, Wien. tned. Wochenschrift, 1882, n" 32. — Paltauf et Eiselsberg, Forlschrille der Mediciji, 1889, n" 19.

Cette affection, qui est très rare en France, mais moins peut-être qu'on ne le croit (Lermoyez), est caractérisée par un épaississenient considérable de la muqueuse nasale, puis du squelette du nez. Cet épaississenient peut amener la mort par obstruction des fosses nasales et du larynx.

Von Frisch y a isolé un bacille qui est presque semblable au pneumobacille de Friedlaender. Netter, Gunther déclarent ces deux micro-organismes identiques, le bacille du rhinosclérome possédant peutêtre une virulence moindre.

Nous renverrons donc le lecteur au tableau pour -les principales propriétés de ce micro-organisme.

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