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CHAPITRE XVII

Adénites. — Les ganglions lympliaLiques sont des organes trarrèt, disséminés sur le trajet des lymphatiques, et qui, dansles maladies infectieuses, sont très Créquemment touchés. Les mici'o-organismes transportés par la lymphe s'y rassemhlent et peuvent s'y greffer et s'y multipUer, en déterminant des adénites. Ces adénites peuvent reconnaître comme agent pathogène, soit le microhe spécifique de la maladie, soit les microbes des infections secondaires. Nous décrirons rapidement les adénites infectieuses ordinaires, puis les hubons vénériens.

(Certains microbes ont une prédilection pour le système lymphatique : tels sont par exemple, ceux de l'érysipèle, de la fièvre typhoïde, de la tuberculose. On retrouve dans ces cas le streptocoque, le bacille d'Eberth, et le bacille de Koch dans les ganglions enflammés.

Dans l'érysipèle, le premier ganglion où aboutissent les lymphatiques de la plaque érysipélaleuse renferme des streptocoques. Les ganglions suivants n'en renferment le plus souvent pas.

Dans la fièvre typhoïde, la lésion des ganglions mésentériques marque le début de la généralisation. Les ganglions auxquels aboutissent les lymphatiques de la dernière portion de l'intestin grêle sont, dès le |)remier jour, hypertrophiés. On y trouve à l'examen microscopique des bacilles qui so trouvent en foyers Wurnz. — BacU'riologic. 23*

dans les fentes lymphatiques, et dans la lumière des petits vaisseaux dilatés (Chantemesse).

Dans l'infection charbonneuse, les ganglions lymphatiques correspondant à la région où siègent les points d'ausculation sont augmentés de volume, rouges et contiennent un nombre parfois prodigieux de bactéridies charbonneuses (Colin, Toussaint). Ces premiers

l'ig. 24. — Ganglion mésentériqued'un cobaye alleinl d'infeclion ly[j|ii(|uc.

ganglions sont envahis dès le début par le bacillus anthracis; ils en sont déjà remplis alors que ni le sang, ni les organes voisins n'en renferment encore (i).

La tuberculose des ganglions lymphatiques est une maladie de la seconde enfance et de la jeunesse. Elle peut succéder à une lésion tuberculeuse primitive, d'ordre médical ou chirurgical (tuberculose pulmonaire pour les ganglions bronchiques, tumeurs blanches, ostéites pour les ganglions régionaux). Dans la tuberculose par inoculation, l'envahissement ganglionnaire

(1) Dans la maladie des trieurs de laine, Lodgo a décelé le li. anllinicis dans les ganglions bronchiques.

ADÉNITES.

revèt,pour ainsi dire,un caractère expérimental(Lejars).

La tuberculose ganglionnaire peut (;ncore se grefl'er sur une adénite, aiguë ou clironique, ou paraître primitive.

Les ganglions tuberculeux contiennent soit des granulations grises, soit des tubercules ramollis ou caséifiés. Dans les granulations grises, on trouve en général les bacilles dans l'intérieui' de quelques cellules géantes. Ils se montrent en très petit nombre. On peut en voir, non seulement dans l'intérieur même du ganglion, mais dans la capsule épaissie, dans le tissu conjonctif qui entoure la capsule. Les foyers bacillaires sont donc extra etpériganglionnaires. Ce l'ait est important, au point de vue de la diffusion des lésions.

Quand le ganglion suppure, ce qui est assez fréquent, on ne trouve que difficilement des bacilles de Kocli dans le pus; l'inoculation intrapéritonéale aux cobayes donne des résultats positifs.

Dans la morve, les vaisseaux lymphatiques partant des foyers purulents et les ganglions auxquels ils aboutissent sont tuinétiés et enflammé.^. Ils contiennent le bacille de la morve. Ces ganglions suppurent exceptionnellement chez l'homme.

Dans la peste à bubons, Yersin a retrouvé, dans les ganglions, le microbe qu'il considère comme spécifique. On constate également sa présence dans les ganglions des animaux inoculés avec le bacille.

Microbes d'infections secondaires. — Dans les fièvres éruptives, et surtout dans la scarlatine et la rougeole, on observe l'engorgement et l'inflammation des ganglions lymphatiques. Ces adénites sont dues à des microbes d'infection secondaire.

Dans la scarlatine, on observe parfois des adénites

suppurées. Escherich a trouvé dans les ganglions un hacillc analogue au proleus vulgaris de Ilauser. Crookes, dans un cas d'angine de Ludwig terminée au quatrième jour par la mort, a obtenu le même résultat. Babes a trouvé, dans le pus d'un bubon scarlatineux, un bacillemal défini. Combemale et Lamy ont isolé, dans un cas analogue, des streptocoques et des staphylocoques, ces derniers en plus grande abondance. Le pus était dépourvu de virulence.

Dans la rougeole, dans la coqueluche, à la suite de bronchopneumonies, on peut observer du gonflement des ganglions trachéo-bronchiques. Marfan et Nanu ont examiné au point de vue bactériologique les ganglions médiastinaux des nouveau-nés atteints d afl'ections diverses. Dans trois cas de bronchopneumonie, dont deux pseudolobaires et une tuberculeuse, ils ont isolé le pneumobacille de Friedlacnder une l'ois et deux l'ois, le pneumocoque. Dans un cas de diarrhée verte acide, ils ont trouvé le streptocoque.

Bubons vénériens. — Dans le chancre mou, les bubons ne sont qu'exceptionnellement virulents d'emblée (2,2 p. 100). Cette virulence d'emblée s'explique, d'après Dubreuilil et Lasnet, par le transport du bacille de Ducrey par les lymphatiques. Quand le bubon est stérile, il est vraisemblable, ainsi que le pense Ducrey, que la suppuration est d'origine chimique, provoquée par des toxines pyogéniques, transportées par les voies lymphatiquesjusqu'aux ganglions.

Les bubons blennorhagiques et syphilitiques relèvent vraisemblablement, dans la majorité des cas, des microbes pyogènes ordinaires; ce sont des infections secondaires. Borchardt a isolé le st. aureus dans le pus d'un bubon consécutif à la blennorrhagie.

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