‹ Precis de bacteriologie cliniqueChapitre 75 sur 110 · ÉRYSIPÈLE · texte numérisé non relu

ÉRYSIPÈLE

lanceLte flambée et on aspire, avec une pipelle, les premières gouttes de sang que l'on jette; puis, en serrant entre deux doigts le pli cutané dans lequel est comprise la piqûre, on aspire avec une autre pipette la sérosité qui infiltre le derme, et dont on fait sourdre une ou deux gouttes. On arrive ainsi facilement à avoir des cultures pures d'érysipélocoque. »

Topographie du streptocoque dans l'érysipèle. — Peau. Fehleisen distingue trois zones dans la plaque : une zone centrale, le bourrelet, et une zone périphérique avec congestion commençante. Sur des coupes colorées avec le bleu de méthylène, on voit que c'est surtout au niveau du bourrelet que siègent les chainettes de streptocoques. Elles se trouvent dans les espaces interfasciculaires, et surtout dans les vaisseaux lymphatiques, autour d'eux, ainsi qu'autour des vaisseaux sanguins. Les chaînettes sont souvent disposées parallèlement à l'axe des lymphatiques.

Le streptocoque peut pénétrer jusque dans le tissu cellulaire sous-cutané (Cornil) ; les chaînettes occupent alors les cellules adipeuses elles-mêmes; elles sont logées dans le protoplasma qui entoure la gouttelette de graisse.

On voit également des streptocoques autour des follicules pileux.

Complications de l'érysipèle. — Un certain nombre d'auteurs admettent que le streptocoque de l'érysipèle passe dans le sang du cœur pendant la vie, et détermine, par ce mécanisme, les différentes complications. D'autres au contraire, Fehleisen, Achalme (dans dixhuit cas) n'ont jamais pu l'isoler pendant la vie. On n'a pas observé le passage de la mère au fœtus (Achalme). On a même pu le retrouver au bout de

ÉRYSIPÈLE 3^9 huit jours, chez le cadavre, en cultures pures (Dallemagne).

Lymphangites. — Adénites. — Le système lymphatique est l'habitat favori de l'érysipélocoque. Ce sont les vaisseaux lymphatiques qui servent au transport de l'agent infectieux, qui peut parfois s'y arrêter et déterminer des lymphangites. Il se trouve également dans les ganglions, mais s'arrête généralement au premier ganglion qui se trouve sur le trajet des lymphatiques venant de la plaque érysipélateuse (Achalme).

Voies digestives. — Les stomatites et surtout l'angine érysipélateuse relèvent également du streptococcus erysipelatis. On a vu que, dans toutes les angines aiguës, on peut trouver, au niveau du pharynx, des échantillons de streptocoques de ditlérentes espèces qui ne sontpas pathogènes. Ici, l'inoculationfera voir que l'on a affaire au streptocoque de l'érysipèle.

L'œsophagite, les gastrites, les entérites qui compliquent l'érysipèle, n'ont pas été étudiées au point de vue bactériologique.

11 n'en est pas de même de l'érysipèle des voies respiratoires supérieures (sauf le coryza).

Voies respiratoires. — Fasano, dans un cas d'érysipèle primitif du larynx, a trouvé le streptocoque. Mosny, Achalme ont fait la même constatation dans le poumon (bronchopneumonie érysipélateuse).

L'érysipèle de la muqueuse génito-urinaire est extrêmement rare chez l'homme. Albarran a montré cependant que le streptocoque jouait un rôle extrêmement important, à côté du bacterium coli, dans l'infection urinaire.

Au contraire, chez la femme, l'érysipèle puerpéral

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