‹ Precis de bacteriologie cliniqueChapitre 76 sur 110 · ÉRYSIPÈLE · texte numérisé non relu

ÉRYSIPÈLE

présente un inlérèt capital, à cause des relations étroites qui l'unissent à l'infection puerpérale (Voy. Infection puerpérale, p. 299).

Les lésions de l'appareil circulatoire, les péricardites, les endocardites que l'on peut observer comme complications de l'érysipèle, sont également dues au streptocoque.

Dans le liquide d'épanchement du péricarde, dans les végétations de l'endocarde (un cas d'Achalme), on a constaté la présence de ce microbe. Le myocarde, les artères et les veines n'ont été le sujet d'abcune recherche bactériologique. On n'a jamais constaté la présence du streptocoque au niveau des méninges dans les méningites érysipélateuses, ni dans les autres parties du système nerveux.

Arthrite érysipélateuse. — Comme l'arthrite à gonocoque, elle reconnaît deux formes distinctes. L'une, à manifestations mobiles, avec un épanchement peu abondant; l'autre, accompagnée de symptômes généraux de l'infection purulente, caractérisée par de vives douleurs et la formation d'un épanchement qui ne tarde pas à suppurer.

Si l'on ponctionne, au début, cette articulation, on y trouve déjà, au milieu de quelques rares leucocytes, des chaînettes de streptocoques. Plus tard, le liquideblanchâtre, séro-purulent au début, devient franchement purulent.

Achalme a constaté que les couches les plus superficielles de la synoviale étaient seules envahies par le streptocoque. Les couches profondes ne contiennent que des cellules embryonnaires.

Néphrite érysipélateuse. — Dans les cas graves d'érysipèle, où le streptocoque a passé dans le sang,

ÉRYSIPÉLE.

il peut déterminer (concomitamment avec ses toxines) des altérations du rein se traduisant, soit par de l'anurie, soit par les signes d'une néphrite hémorrhagique. Dans les urines albumineuses, on peut en effet retrouver le streptocoque, mais il s'y trouve en si petites quantités que l'examen microscopique peut être un procédé infidèle. Il vaudra mieux, dans cette recherche, procéder par inoculation.

A l'autopsie, on peut retrouver le streptocoque au niveau de la lésion rénale, tantôt au milieu du sang épanché hors des vaisseaux, tantôt à l'intérieur des vaisseaux.

Dans les cas, rares, où il s'est produit des abcès miliaires, et où l'érysipèle s'est terminé par pyohémie, on trouvera, dans le pus, le streptocoque pyogène.

Foie. — Au point de vue microbiologique, les lésions bactériennes du foie, dans l'érysipèle, ne présentent qu'un intérêt tout à fait secondaire. En général, on trouve les streptocoques arrêtés dans les capillaires hépatiques, dans les lésions du foie. C'est une invasion préagonique. Dans les cas rares ou l'érysipèle s'est terminé par pyohémie, on trouvera des abcès miliaires dont le pus contient le streptocoque.

Infections secondaires dans l'e'rysipéle. — On peut enfin observer, au cours de l'érysipèle, des infections secondaires qui relèvent, non plus du streptocoque, mais du staphylocoque (Gaillard) ou du pneumocoque.' Roger a observé plusieurs cas de méningite et de pneumonie, ainsi qu'un cas de péritonite, survenus chez des érysipélateux et où l'examen bactériologique a montré, dans les poumons, dans les méninges et dans le sang, de nombreux pneumocoques, seuls ou

FIÈVRE TYPHOÏDE

associés à quelques rares streptocoques ou staphylocoques.

L'association du bacille de la tuberculose avec celui de l'érysipèle s'observe assez fréquemment. On a voulu voir un antagonisme entre ces deux microbes pathogènes. C'est ainsi que Nannotti a observé un cas de tumeur blanche guérie à la suite d'érysipèle. De même Wateau a rassemblé un petit nombre d'observations, plus que douteuses, de tuberculose pulmonaire, aiguë ou chronique, guéries à la suite d'un érysipèle. C'est bien plutôt le contraire que l'on observe. En général, le streptocoque, soit dans ses manifestations cutanées, soit dans ses localisations bronchopulmonaires, aggrave, dans la grande majorité des cas, l'évolution de la tuberculose.

Fièvre typhoïde.

La fièvre typhoïde reconnaît comme agent pathogène le bacille d'Eberth-Gaffky. On trouvera page 364 un tableau des principales propriétés pathogènes de ce micro-organisme.

Le bacille d'Eberthprésenteaveclebacteriumcoh des similitudes extrêmement grandes, aussi bien au point de vue morphologique qu'au point de vue des caractères de culture dans les divers milieux. La rapidité de l'accroissement pourrait seule les distinguer. L'absence de cils, qu'on avait considérée pendant un certain temps comme un caractère dilTérentiel, n'en constilue pas un. Le bacterium coli a quelquefois jusqu'à huit ou dix cils (Nicolle et Morax).

La seule façon pratique dedifférencicrces deux microorganismes consiste à employer le procédé du lactose

FIÈVRE TYPHOÏDE. 363

dû à Chantemesse et Widal, et dont j'ai indiqué une variante commode :

On se sert pour cela de tubes de gélose ou de gélatine ordinaires, additionnés de 2 p. 100 de sucre de lait. On fait fondre ces tubes, on y ajoute assez de teinture de tournesol, bien neutre, pour les colorer en violet améthyste, et on les stérilise à 100° (pas davantage) pendant un quart d'heure. On sème d'une part le bacille d'Eberth, d'autre part le bacterium coll. On place les deux tubes à l'étuve à 37", et, au bout d'un temps variable, on constate que le tube où l'on a semé le bacille d'Eberth est resté bleu dans toute la partie qui correspond à la strie d'ensemencement. Le tube ensemencé avec le bacterium coli est rouge vif, et porte dans sa profondeur de nombreuses bulles de gaz, qui parfois décollent la gélose des parois du verre.

En ensemençant en stries, sur plaque de géloselactose-tournesol, on obtient des résultats encore plus nets. On a d'ailleurs donné récemment d'autres procédés de dilTérenliation de ces deux bacilles (culture dansl'amygdaline), mais celui que nous venons d'indiquer nous semble le plus pratique et le plus efficace.

BACILLE

HABITAT

SIOIIPIIOLOGIE.

nOUlLI.ON.

GÉLATIMi.

Glh.OSE ET SKRUM.

So rcaconlrn dans le sang, la rate , les ganglions mésenlél'iques des typliiqiics , au début do la maladie.

Dans certaines eaux, bien que la plupart des observations où on l'a isolé de l'eau no doivent être acceptées que sous réserves.

Bacille polymorplie dans les cultures.

Ext rèmement mobile. En général il a lii forme d'un petit bâtonnet arrondi aux extrémités, d'une longueur de 2 à4 et 3 fois plus long que large.

A coté de ces formes, on en voit de très courtes et d'autres filamenteuses, les filaments ayant 2 ,'i 3 fois la longueur des bacilles. 11 a parfois une forme en navette.

Souvent, après coloration, espaces clairs au milieu de la baguette ou à son extrémité.

Ces espaces clairs ne sont pas des spores.

Cils très nombreux et touffus, partant soit de 1 extrémité du bâtonnet, soit même du corps du bacille.

A 37", trouble d'abord le bouillon, s'éclaircit ensuite en laissant un précipité blanc au fond du tube.

Dégagement d'ammoniaque constatablepar 1 ' introduction d'une baguette mouillée d'HCl dnns le tube.

A'e liquéfiepaa

En piqxXrc :

Disque très mince à la surface. JjC long du trait, strie finement dentelée. Au fond, pelites colonies puucliformes.

En strie :

Voile mince à redet bleuâtre , translucide , s'étendaut peu à partir de la strie d'ensemencement.

Strie blancliâtre sans caractère. Développ e m e u t abondant à 37°.

Sérum, !(/., môme absence de caractères particuliers.

Dans le vide, môme caractère que dans la gélatine par piqûre.

D'EBERTH

PO 11 ME DE TEnHE.

PLAQUES

PrilNCIPALES PKOPRIÉTÉS

BIOLOGIQUES

INOCULATION AUX ANIMAUX

Apros 48 licures, aspect ver nissé , glacé , Je la pomme le tenc au loint d'enscuencemenl.

Caractère in - ;onstaiil, mais jxcellent. Plus >ouvenl enduit jrun clair.

Ces variaions d'aspect ieinientàl âge Je la pomme le terre. Kien le patliognoiioniquc.

Lall.

No coagule )as.

Gélose.

Lactosée, au ournesol.

Resie bleu ont le long de a surface inlince.

Gélatine.

Aspects àiïïérents suivant la quantité de bacilles ensemencés.

S'il y en a beaucoup, petites colonies punctifornies, semblables à des gouttelettes d'huile, innombrables et serrées les unes couti'e les autres.

La surface de la plaque en parait lernie. Avec une moinfiro quantité, colonies bruu jaunâtre sans grands caractères, ayant la forme d'une lentillebiconvoxe, et siégeant dans la profondeur , aussi bien que dans l'épaisseur de la gélatine.

Très rarement, on a l'aspect suivani, dont voici la description classique;

Colonies irrégulièrement circulaires, à bords dentelés, irréguliers, minces, fortement réfringentes, bleutées par réfraction.

Avec un faible grossissement, ces colonies donnent l'aspect d'un glacicr (1 tiiiG montagne de la lune, d'une feuille de cliou .

Mobilité extrême.

Aérobie et anaérobie.

Température optima 37».

Ne donne pas la réaction de l'indol.

(Pas de coloration par le nitrite de soude et SOma.)

11 se colore bien par toutes les couleurs basiques d'aniline. 11 ne pi'end pas le Gram.

Se diirércncie du B. coli en ce qu'il ne coagule pas le lait, ne fait pas fermenter le lactose.

On peut exalter sa virulence en injeclant dans le péritoine d'un cobaye , en même temps que 5 c. c. do la culture atténuée, i Oc.c.

d'une vieille culture de B. coli (Sanarelli) ou de proteus vulgaris, ou d'érysipéloeoque, stérilisées.

Le bacille d'Ebertli est pyogènc.

Animal de choix :

souris, cobaye, lapin.

Inoculation intrapéritonéalo : septicémie avec mort rapide (24 h. ). Fausses membranes. Ascite.

Injection sous cutanée : septicémie avec mort beaucoup plus lente.

Injection intra pleurale: septicémie, mort rapide avec pleurésie séro-héniorrhagique.

Les bacilles se retrouvent dans les ganglions mésontériques, la rate et le foie (le sang du cœur, si la mort est survenue rapidement) .

FIÈVRE TYPHOÏDE

Technique. — Au lit du malade. — La recherche du bacille pourra être faite, dans le sang, soit par ponction de la rate au déhut de la maladie, ou encore en pratiquant une piqûre aseptique au niveau des taches rosées lenticulaires. On pourra le rechercher encore

Fig. 2a. — Colonies de bacilles lypliitiucs.

dans l'urine albumineuse, dans les selles au début, enfui dans le pus des abcès post-typhoïdiques.

A l'autopsie. — On recherchera le bacille d'Eberth dans la l'ate aussitôt que possible après la mort et au début de la maladie. Ce mode de procéder, pour isoler le bacille d'Eberth, ne m'a que rarement réussi. Je n'ai jamais obtenu que du bacterium coli, dans les conditions ordinaires des autopsies, c'est-à-dire vingtquatre heures après la mort.

FIÈVRE TYPHOÏDE

Topographie du bacille d'Eberth. — Le bacille d'Eberth a été trouvé dans le sang des taches rosées lenticulaires, dans la rate, dans le foie, dansleplacenta de femmes avortant au cours d'une lièvre typhoïde.

Il existe, au niveau des plaques de Peyer et dans les ganglions mésentériques, au début de la maladie

(fig. 28 et .30). Il ne se trouve dans les selles, qu'au moment de l'ulcération des plaques de Peyer, lorsque celles-ci percent leur contenu ramolli dans l'intestin.

Sang. — Les nombreuses tentatives que l'on a faites pour isoler le bacille d'Eberth du sang des typhiques nont pas donné de résultats constants. Neuhaus sur douze typhiques, n'a jamais pu le déceler dans le sang de la veine de l'avant bras.

Gafl'ky, Fraenkel et Simmonds, Rutimeyer, Chan-

Fig. 26. — Bacille d'Eberth (culliirc).

FIÈVRE TYPHOÏDE

temesse el Widal ont eu consLammenl le même résultat négatif avec le sang obtenu soit par piqûre (lu doigt, soit par ponction d'une veine. Ettlinger, eu employant ce dernier procédé, a isolé le bacille typhique une fois sur dix cas.

Le sang prélevé au niveau des taches rosées len-

Fig. 27. — Bacille d'EberlIi avec coloration des cils. (L) aprùs ClianUmesse. Traité de médecine (1).

ticulaires donne au contraire, dans la grande majorité des cas, des résultats positifs. La peau des typhiques peut en effet, ainsi que la rate, être considérée comme une sorte de filtre où s'arrêtent, vers le huitième jour les micro-organismes pathogènes.

Rate. — C'est dans la fièvre typhoïde surtout que l'examen bactériologique de la rate a pu rendre quelques services. Philippowicz, Lucatello,I\Iaraglianu

(I ) Les figures 2S, 29 et 30 sont également emiiruiiti'cs à larlicle Fikviii- TYPiiuÏDic, publié par M. Cliauleniesse dans le Trailé de Médecine, i. I'-.

FIÈVRE TYPHOÏDE. 369

Chantemesse et Widal y onl rencontré fréquemment, pendant les dix premiers jours de la maladie, le bacille d'Eberth.Il s'y trouve alors en grande quantité, disséminé sous l'orme de petits loyers (Voy. fig. 21, p. 263).

Intestins. — Les bacilles pénètrent dans la muqueuse intestinale, soit sous l'orme diffuse, soit sous forme de colonies irrégulières. Sur les coupes, on voit

Fig. 28. — Plaque de Peyer de riiomme avaiil ridcéralion .

que les cellules, dans les points où il e.xiste un grand nombre de bacilles, ont perdu leur noyau, par nécrose ou coagulation.

Les différentes tuniques de la paroi intestinale muqueuse, sous-muqueuse et musculaire, sont infiltrées de bacilles.

Les vaisseaux lymphatiques sont dilatés, et contiennent, en même temps que de nombreux leucocytes, des WiiKTz. - Uacléliologie. 24

370 FIÈVRE TYPHOÏDE

bacilles d'Ebcrlh, libres ou englobés dans les cellules.

Ganglions mésentériques. — Les ganglions mésenlériques contiennent, au début de la fièvre typhoïde, le bacille d'Eberth. La répartition dans les ganglions

Kig. 29. — Inleslin d'un cobaye ayanl succombé à une inoculation sous-cutanée do bacilles typhiques.

est la même que dans les plaques de Peyer. Plus tard les ganglions peuvent contenir des microbes d'infection secondaire, qui pullulent à ce moment de la maladie sur les ulcérations intestinales.

Foie. — Les bacilles typhiques se renconlrenl sous forme de petits amas dans le foie, dans le sang

FIÈVRE TYPHOÏDE. 371

venu de l'intestin, dans les capillaires portes, où ils sont disséminés au nombre de 4, S, 6, ou 7. Ils peuvent former, au contraire, des colonies très nombreuses, donnant, sur une coupe, l'aspect d'une véritable injection des vaisseaux sanguins par les bacilles. Ceux-ci sont libres ou contenus dans les cellules endothéliales

Fiç. 30. - Lymphangite de la partie profonde d'une plaque de Peyer.

(Voy. fig. 19, p. 260). Le foie ne contient d'ailleurs pas constamment le bacille d'Eberth. Legry l'a isolé 6 fois sur 1 1 cas

Mais il importe de remarquer que la plupart des faits mentionnes ci-dessus doivent être acceptés avec les plus extrêmes réserves.

^."y^^f.^.'f^f^' les examens microscopiques pratiqués, o.t a 1 aide de frottis, soit par la coloration de coupes n ont qu une valeur très relative, la morphologie du

FIÈVRE TYPHOÏDE

bacille d'EberLh étant absolument semblable à celle dubacterium coll.

D'autre part, la méthode de cultures sur plaques peut être, dans ces cas, tout à fait infidèle. Grimbert a montré, et nous avons souvent vérifié ce fait, qu'il est presque impossible de séparer le bacille d'Eberth et le bacterium coli, sur une même plaque de gélatine ou de gélose, même en ensemençant directement du suc d'organes de typhiques. Dans les selles de typhiques, je n'ai jamais pu isoler que du B. coli. Cela tient à l'inégale puissance de vitalité des deux organismes. Toute concurrence vitale est impossible, le B. coli pullulant là où le bacille d'Eberth végète seulement.

L'ammoniaque, que le bacterium coli sécrète en abondance dans les différents milieux de culture, joue probablement ici un rôle prépondérant. Le problème est d'ailleurs difficile à résoudre, car tout ce qui tue le bacterium coli tue le bacille d'Eberth à doses infiniment moindres.

Pour isoler de l'organisme du typhique le bacille d'Eberth, il faudra donc l'extraire d'organes où il existe à l'état de pureté, c'est-à-dire de la rate des malades, au premier septénaire de la maladie, ou bien à la même période, des ganghons mésentériques(même suppurés, d'après Lehmann). On pourra encore l'isoler du pus des abcès qui comphquent parfois la convalescence (Burci).

En dehors de ces cas, on aura bien des chances de n'isoler qu'un échantillon de bacterium coli, et c'est ce qui, d'après nous, est arrivé dans l'immense majorité des cas,, dans toutes les observations pubhées avant la fin de l'année 1892, date de la publication

FIÈVRE TYPHOÏDE

du procédé de Chantemesse et Widal (fermentation du bouillon lactosé).

Infections secondaires de la fièvre typhoïde. —

Dans l'intestin, au niveau des ulcérations des iliaques de Peyer, on trouve déjà, au deuxième septénaire, des micro-organismes ordinaires d'infection secondaire (staphylocoques, streptocoques, etc.).

La plupart des complications bactériennes (en dehors des complications d'ordre toxique) sont dues à ces microbes.

Bonardi, Flora, Silvestrini {Eev. gcn. ital. di clin, meclica, 1891) ont trouvé dans tous les cas, associés ou non au bacille d'Eberth, des microbes d'infection secondaire. Sur sept rates ponctionnées, trois fois sur le vivant, quatre fois sur le cadavre, ces auteurs ont isolé des cultures de streptocoque et de staphylocoque blanc. Six ponctions de foyers pneumoniques ont donné cinq fois le streptocoque et le staphylococcus albus ; on isola également le staphylococcus citreus. Sur trois cas de parotidites doubles, la ponction, vers le deuxième septénaire, donna les mêmes microbes, ainsi que l'examen bactériologique d'une adénite sousmaxillaire.

Dans cinq cas d'angine membraneuse grave, dans ' les otites moyennes suppurées, dans les crachats de pneumonie compliquant la lièvre typhoïde, ces auteurs ne trouvèrent pas le bacille d'Eberth, mais seulement les staphylocoques et le streptocoque. Ils eurent identiquement le même résultat avec les ensemencements de la rate et des plaques de Peyer, chez le cadavre. Pour E. Fraenkel, les ulcérations de la bpuche et de la gor<^e sont dues non au bacille d'Eberth mais à ces microbes secondaires.

FIÈVRE TYPHOÏDE

LucaLello,par contre, a trouvé des bacillestyphiqucs dans la salive et sur la muqueuse laryngée d'un malade atteint de laryngite au cours d'une fièvre typhoïde. Les abcès et les phlegmons laryngés, où l'on a cherché en vain le bacille lyphique, seraient, d'après Lucatello, dus à des infections secondaires venant se grefTer-sur la muqueuse altérée par l'action du bacille d'Eberth.

Vincent a trouvé, cinq fois sur seize autopsies de typhoïdiques, dans les glandes mésentériques, la rate, le foie, les reins, le système nerveux, le streptocoque avec le bacille d'Eberth (1891). 11 pense que l'infection simultanée par le streptocoque et le bacille typhique peut jouer un rôle assez fréquent dans la pathogénie de la fièvre typhoïde.

Nous ferons donc ici les mêmes réserves que plus haut relativement aux observations où l'on a isolé le bacille d'Eberth, dans les différentes complications deladothénientérie. On l'a, il est vrai, signalé dans les broncho-pneumonies, les pleurésies, les endocardites, les méningites, etc. Nous avons mentionné ces faits dans la deuxième partie de ce livre, et nous n'y reviendrons pas.

Les faits de suppuration dus au bacille d'Eberth nous semblent les mieux établis; un certain nombre d'entre eux, postérieurs à 1892, réunissent tous les critériums désirables, relatifs à l'authenticité du niicrobe isolé. Ces suppurations peuvent relever, d'ailleurs, d'autres microbes. C'est ainsi que Accorimboni a trouvé le slaphylococcus aureus à l'état de pureté dans un abcès de la cuisse survenu dans la convalescence d'une fièvre typhoïde. De même A. Bernheim a observé un panaris à baclerium coli dans la conva-

FIEVRE typhoïde. . 37S

lescence delà fièvre typhoïde. Spirig, dans un cas de pyohémle typhoïdique, a isolé dans le pus des abcès,' outre le bacille d'Eberth, le staph. aureus.

Déhu (Th. Paris, 1893) a étudié le rôle du bacille d'Eberth dans les complications de la fièvre typhoïde. Le bacille d'Eberth seul détermine surtout des suppurations locales (tibia, côtes), où le pus a souvent une coloration brunâtre, due à des globules rouges tenus en suspension dans la collection purulente. On l'a trouvé également dans les abcès sous-cutanés (Raymond, Burci, etc.).

Quant aux autres complications, elles relèvent, dans l'immense majorité des cas, d'infections secondaires.

Voici les conclusions de cet auteur :

Les suppurations de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, furoncles, abcès, relèvent du slapliylococcus pyogenes aureus ; dans les ulcérations, dans les phlegmons situés au voisinage de la bouche, on trouve le plus souvent le streptocoque, parfois le pneumocoque et aussi le staphylococcus pyogenes aureus.

Les péritonites aiguës sont dues au bacterium coli ; les péritonites subaiguës, enkystées, au bacille d'Eberth

Les abcès de la rate et des glandes mésentériques" les inflammations chroniques des voies biliaires aii bacille d'Eberth. '

Les abcès du foie et des reins sont d'origine pvohémique.

Quant à la nature de la bronchite, elle est indéter minee. La splénisation chronique reconnaît souvent comme cause le bacille typhique; la pneumonie le pneumocoque ; la bronchopneumonie, le streptocoque ou le bacille de Friedlaender. ^

FIÈVRE TYPHOÏDE

Les méningites sont dues au bacterium coli, au bacille d'Eberth, aux microbes pyogènes ou au pneumocoque, indifféremment.

Les endocardites relèveraient parfois du bacille typhique. Elles sont souvent d'origine pyohémique.

Enfin, c'est le bacille d'Eberth qui cause le plus habituellement les orchites et lesthyroïdites.Le corps thyroïde ne suppure, dans ces cas, que lorsqu'il y a déjà dégénérescence kystique.

Le bacille typhique se retrouve enfin dans le pus des périostites et des ostéomyélites ; ce sont ces complications qui, avec les abcès, relèvent le plus sûrement du bacille d'Eberth.

Chantemesse et Widal ont relaté [Sem. méd., 1893) une observation de néphrite à coli-bacille, survenue pendant la convalescence d'une fièvre typhoïde.

On voit donc que les nombreuses complications de la fièvre typhoïde relèvent, soit du bacille d'Eberth (c'est l'exception), soit, dans la plupart des cas, de microbes d'infections secondaires.

Il peut enfin y avoir symbiose du bacille typhique et d'autres micro-organismes. D'après Vincent, l'association du bacille typhique et du streptocoque détermine une forme très grave de la fièvre typhoïde.

Le bacille d'Eberth peut être encore associé au bacille de Koch.

Kiener etVillard ont observé un sujet mort au cours d'une fièvre typhoïde, chez lequel l'autopsie et l'examen bactériologique permirent d'établir nettement la coexistence des deux infections, tuberculeuse et typhique. Il existait une éruption de granulations tuberculeuses dans les poumons, sur le péritoine et sur la pie-mère cérébelleuse. Les plaques de Peyer étaient

CHOLÉRA

ulcérées comme dans la fièvre typhoïde, à la fin du troisième septénaire, sans traces de granulations tuberculeuses sur le fond des ulcères. La rate offrait l'aspect observé communément dans la fièvre typhoïde. En ensemençant des fragments de cet organe, on obtint des cultures de bacille d'Eberth, dûment caractérisé par la réaction du lactose. C'est le premier exemple, scientifiquement démontré, de tuberculose et de fièvre typhoïde combinées (Soc. de biol., 1893). Babes etKalindero, Porta et Villard ont publié deux faits analogues.

Choléra.

Le choléra asiatique reconnaît comme agent pathogène le bacille virgule de Koch, qui se trouve en culture pure sur l'enduit crémeux dont est revêtu l'intestin grêle des individus morts de choléra foudroyant, il se trouve également dans les selles des cholériques, et dans certaines eaux contaminées. Voici un résumé de ses principales propriétés.

CHOLÉRA

(BACILLE

HABITAT

Se rencon Ire dans le contenu inleslinal des cholériques , dans les selles, et dans l'eau contaminée. On ne le retrouve pas dans le sang du cœur après la mort.

MOUPHOLOGIE.

Petits bâtonnets recourbés, moilié plus petits que le bacille de la tuberculose, aj'anl la forme d'une cédille ou d'un S.

Ils sont extrêmement mobiles, et dans une préparation faite avec une culture jeune, s'y remuent de façon à rappeler un essaim d'abeilles.

Il existe un cil à chaque extrémité de chaque vibrion. Le cil est légèrement ondulé et beaucoup plus fin que le corps même du vibrion.

On met facilement ces cils en évidence eu colorant une préparation très diluée de bacilles du choléra avec le liquide de Ziehl, étendu de (rois fois son volume d'eau (Straus). Dans les cultures plus âgées , on constate souvent des filaments spiralés. Dans les vieilles cultures, il y a des formes d'involutions nombreuses,de grosses sphères de 3 à 4 |j.

de diamètre , et d'autres éléments irréguliers, défor-

DOUILLOiN.

Trouble au bout de 24 h., il l'éluve, à 37».

11 se recouvre d'une pellicule blanchâtre,mince, fragile, avec réaction alcaline du bouillon.

C'est dans cette pellicule que Schotellius recommandait d'isoler les bacilles du choléra.

11 mélangeait les déjections suspectes avec deux fois leur volume de jus de viande stérilisé. A 30 à 38° , dans les douze premières heures, la surface se couvrait de bacilles du choléra eu culture pure.

G i: LATINE.

Liquéfie la gélatine.

Danslagélaline, à 20°, au bout de 20 heures environ, on voit se former une petite dépression au point d'iuoculation. Cette dépression continue à s'excaver en demi-sphère pendant que, le long du trait, se forme une trainée blanchâtre. Le second jour, la cupule de liquéfaction a augmenté de volume ; en la regardant de côté, on a l'illusion d'une bulle d'air surmontant le trait de piqûre.

Après 4 Jours, la liquéfaction a gagné toute la surface de la gélatine. Le tube est alors rempli de deux cylindres de gélatine, l'un, supérieur, liquéfié, surmontant l'autre qui est solide, et où se voit le trait d'enscniencemenl.

La surface liquéfiée se couvre souvent d'une pellicule blanchâtre.

GKLOSE ET SÉHU.M.

Les cultures sur gélose n'out pas un aspect bien caractéristi que. Il se forme un enduit épais, grisâtre sur la surface.

Le sérum est liquéfié et donne uu liquide épais et visqueux, qui fourmille de bacilles.

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