FIÈVRE RÉCURRENTE
apyréUquc. Ils apparaissent dès le début de la rechute. C'est quelques heures après que leur nombre dans le sang atteint son maximum.
Examiner la lamelle à l'état frais pour observer les mouvements.
Coloration. — Le meilleur procédé est celui de Gûnther. On étale le sang sur les lamelles et on le
Fig. 43.— Spirilles d'Obermeior. Schéma d'après Soudakewitcli.
sèche. On expose aux vapeurs d'ammoniaque et on colore avec la solution d'Ehrlich au violet de gentiane. On lave à l'eau et on monte. Les spirilles sont colorés en violet. Les hématies ne sont pas colorées.
On peut encore plonger la lamelle dans une solution aqueuse d'acide acétique à 4 p. 100 et colorer avec le violet de gentiane ou la fuchsine.
Les spirilles d'Obermeier sont très longs, de IC
ÂGTINOMYCOSE.
à 40 ij:, ayant une forme régulièrement ondulée, 12 à 15 spires par élément. Leurs extrémités sont légèrement effilées.
Ils sont très mobiles, animés de mouvements ondulatoires qui parcourent le spirille d'une extrémité à l'autre. On a aussi observé des mouvements de torsion en vrille.
Expérimentalement, on a reproduit la maladie chez certains singes.
Tictine a inoculé le sang contenant des spirilles à des singes dératés, et a obtenu ainsi l'immunité chez ces animaux, contrairement aux expériences de Soudakewitch, d'après lequel les singes dératés meurent au premier accès de fièvre récurrente.
Actinomycose.
CoNSur>TER : Israël et Wolf, Arch. de Virchow, Bd. CXXVI, H. 1, 1891. — Guermonprez et Becue, Actinomycose, Bibl. Gharcot-Debove.
L'actinomycose des bovidés et de l'homme est causée par un champignon parasitaire, Vactinomyces bovis ou hominis, dont voici les principaux caractères :
ACTINO-
HABITAT
MOnPUOI.OGlE.
BOUILLON
GiiLATINE.
GÉLOSE.
11 se i'cncouti'e, à l'état saprophytique probablement (car il n'a jamais été isolé en deliors de l'animal on de l'homme), à la snrface de certains végétaux (graminées en particnlier).
Chez les animaux et cliez l'homme, au seiu des lésions actiuoinycosiques.
Dans le pus ou le liquide puriforme , où on l'isole, il se présente sous forme de grains soufrés avant de l/IO à ï millimètre de diamètre. En écrasant ces grains et en montant dans la glycérine , on voit une sorte de couronne radiée , dont les exti-émités soQt renflées en forme de massue, piriformes.
La zone centrale est formée par lui feutrage très serré de mycélium. Filaments rectilignes ou ondulés.
Dans les cultures,on voitdcs formes toutes différentes. Ce sont des fdaments droits , longs, ramifiés, scmblahlesàdes cladotlirix. Chaque milieu (le culture produit des formes différentes.
Dans le bouillon glycériné, petites sphères blanches se réunissant au fond du tube.
On y voit souvent certains filaments terminés en boule, qui partent du feutrage central et rayonnent dans toutes les directions (Pomec).
Liquéfie lentement la gélatine.
Sur gélose g 1 y c é r i n é c , l'actinomycosc se développe sous forme de petites masses miliaires,sphériques , ayant une couleur blancjaunàtre, et extrêmement adhérentes à la gélose .
MYCES
POMME DR TERRE
PRINCIPALES PROPRIÉTÉ
BIOLOGIQUES
IN0CUL.\TI01M AUX ANIMAUX
A 22», au bout de quatre à six jours, la pomme de terre Fe creuse, comme rongée.
Les colonies apparaissent, vers le huitième jour, incolores ; elles deviennent peu à peu proéminentes, grisâtres. On du'ait une fine poussière blanche répandue sur une surface incolore (Domec).
Pui^ toute la colonie devient rugueuse, jaunâtre, semblable à un Jchen.
A l'examen des cul- .ures sur pomme de erre, on voit souvent une série de petites joules en chainettes îur le trajet d'un même fdament.
L'actinomyces est facultativement anaérobie. Température eugénésique 37°.
Les grains jaunes se colorent par le picrocarmin, en jaune (Baranski).
11 se colore bien par la méthode de Weigert ou pai le Grani.
Lemière et Bécuo conseillent délaver, après dessiccation, le pus actinomycosique à l'éther, puis de le laisser quelque temps dans une solution concentrée de potasse ou de soude, puis 15 minutes dans l'éosine (soluble dans l'eau à 5 p. UiO). On lave avec une solution concentrée d'acétate de soude ou de potasse , et on monte dans la même solution.
La niasse centrale des grains est colorée en rouge vif, les massues ont une couleur qui varie du rose au jaunc^pide.
Les spores sont très résistantes; elles résistent 14 minutes à l'ébullition.
L'actinomycose a été cultivé dans les graines (Liebmann) et dans les tiges des graminées.
Les résultats des expériences d'inoculation avec les cultures ne sont pas constants.
Wolf et Israël ont réussi dans trois cas , chez le lapin, on partant de culturcs pures.
Dor et Bérard sont arrivés au mémo résultat. Le pus même, inoculé soit dans le péritoine, soit dans la peau du lapin, détermine des abcès actinomvcosiquos.
ACTINOMYCOSE.
Dans les différentes formes cliniques de Tactinomycose, chirurgicales ou médicales, l'examen microscopique rendra les plus grands services et permettra d'affirmer le diagnostic. L'actinomycose peut en effet siéger partout. On peut trouver le parasite dans le
Kig. 49. — Gianulalion d'aclinomycose.
pus des abcès, dans les crachais, dans les selles et dans les urines, sur le vivant ; dans les tissus, après ablation ou à l'autopsie.
Il faut savoir (Guermonprez) que ce diagnostic est souvent très difficile à établir, même avec laide du microscope.
Il faudra procéder immédiatement à l'examen mi-
ACTINOMYCOSE.
croscopique, car le champignon se déforme rapidement, et l'on ne trouverait plus le lendemain les formes caractéristiques des massues.
Une des formes qui intéressent le plus le médecin est l'actinomycose primitive du poumon. Elle peut simuler la bronchite, la bronchopneumonie, la pleu-
'ig. 30. — Crachat d'aclinomycose pulmonaire.
résie et surtout la tuberculose. « Les malades toussent, ont de la fièvre, des sueurs nocturnes, parfois des hémoptysies, une expectoration muco-purulente ou purulente qui renferme des touffes caractéristiques. »
Le procédé le plus simple et le plus rapide est de prendre un des grains jaunes ou blanchâtres qui flottent dans le pus et de l'écraser entre une lame et une lamelle, après avoir placé au préalable une
goutte de glycérine sur le grain actinomycosique.
Les crachats d'aclinomycose peuvent présenter parfois un aspect un peu spécial, lis sont fétides, visqueux, jaunes, avec de petites masses vertes. Abandonnés au repos, ils laissent déposer au fond du récipient, au-dessous d'une couche de mucus, une couche gluante dans laquelle on peut retrouver les rosettes d'aclinomycose. Les lamelles faites avec une trace de la partie purulente des crachats montrent des globules blancs, des cellules desquamées, des spores libres et des filaments renflés en forme de poire ou de massue caractéristique, ainsi que des couronnes complètes d'aclinomyces.
Ces mêmes renflements caractéristiques ont été trouvés dans l'urine, ainsi que dans les selles.
Dans les cas d'actinomycose pulmonaire, il esl extrêmement important de rechercher systématiquement le bacille de Koch, car on a observé des cas, en petit nombre, où les deux affections, tuberculose et actinomycose, coexistaient dans le même poumon.
Chancre mou.
Consulter : Recherches sui' le chancre mou, par Cli. Nicolle, Th. Paris, 1893.
L'organisme du chancre mou a été découvert et décrit dans le pus chancreux par Ducrey (de Naples), en 1889, puis retrouvé dans les coupes, en 1892, par linna (de Hambourg).
Ce bacille se rencontre dans le pus sous trois étals bien déterminés : isolé, en chapelets à grains plus ou moins longs, en amas.
Au point de vue morphologique, voici la description exacte qu'en a donnée Ducrey : bactérie do Ou, 50 de large sur lix, 80 de long. Ce bacille est gros et courl.
Ses extrémités sont arrondies ; il présente le plus souvent une dépression de chaque côté, ce qui lui donne laforme d'un 8. Cette dépression manque quelquefois. Il existe des formes rondes, rares, qui ne seraient que le bacille vu verticalement. Ordinairement ce bacille est libre. Il forme souvent des amas. II est parfois englobé par des globules blancs. Ducrey l'a coloré par la fuch-
Fig. 51. — Bacille du cliancre mou.
sine et le violet de gentiane. 11 se décolore par le Gram.
Il est tantôt abondant, tantôt rare, sans que rien puisse expliquer ces variations de nombre.
Laforme en chapelet, sur laquelle NicoUe a surtout insisté, n'avait point été vue par Ducrey, sans doute à la suite d'une faute de technique, l'écrasement de pus entre deux Iamelles, ce-qui dissocie le chapelet.
4i8 CHANCRE MOU.
Nicolle a renconLré au moins quelques chapelets clans tous les pus qu'il a examinés. Ils sont le plus souvent courts, formés de trois, quatre, cinq éléments. Dans certains échantillons de pus, la chaînette est beaucoup plus longue, douze à vingt anneaux.
Ils peuvent même être repliés et enchevêtrés, comme dans les coupes.
Chaque élément du chapelet est morphologiquement semblable à un bacille isolé.
La forme en amas est plus fréquente que la forme en chapelets. On trouve çà et là des amas de bacilles, soit en dedans d'un leucocyte, soit en dehors d'eux. On voit parfois deux à trois bacilles bout à bout au milieu d'un amas, qui représentent les vestiges d'un chapelet (Nicolle).
Diagnostic bactériologique du chancre mou. — La méthode la plus pratique, recommandée par Nicolle, pour faire le diagnostic bactériologique du chancre mou, est la coloration par le violet de gentiane dans l'eau anilinée.
On racle très légèrement la surface de l'ulcération, en étendant, sans Véci'aser, le pus recueilli, entre deux lamelles très propres et flambées.
On laisse sécher et on fixe par la solution de Meyer :
Sublimé 7 grammes.
Eau distillée iOO —
Aciile acétique cristallisable i gramme.
On colore avec le violet de gentianependant une demiminute ou un tiers de minute. On lave et on examine à l'eau. On voit alors les noyaux elles globules blancs colorés en violet, les hématies non teintées, lescoccus et les bactéries de la peau uniformément et fortement
violets, et les bacilles de Ducrey (extra et intraleucocytaires), avec leurs formes typiques de bacilles trapus, en navettes, isolés, en amas et en chaines.
Pour colorer le bacille, non plus dans le pus, mais dans les coupes, on emploiera la technique suivante, due à Nicolle.
La pièce, aussitôt après l'excision, sera laissée vingt-quatre heures dans la solution suivante :
Sublimé '. . . ; 3e' 5.
Eau distillée lOo grammes.
Acide acélique cristallisable 1 gramme.
On lave vingt-quatre heures à l'eau courante. On déshydrate la pièce, coupée en morceaux de peu d'épaisseur, dans l'acétone, pendant quarante-huit heures, en renouvelant trois ou quatre fois le liquide. Au sortir du bain d'acétone, les pièces sont mises dans le xylol vingt-quatre heures, puis quarante-huit heures à 55° dans un mélange à parties égales de xylol et de paraffine, puis vingt-quatre heures dans la paraffine.
Les coupes, une fois collées, seront laissées deux à trois minutes dans la solution suivante :
Bleu de toluidiue 30 centigrammes.
'^'<=°''' absolu 10 grammes.
Faites dissoudre, ajoutez peu à peu :
Eau ,n,,
100 grammes.
Acide pliéninue , „„
' ' 1 gram
me.
On traite ensuite les coupes par une solution de tannm au dixième :
Tannin à l'éther. ... ,
Eau distillée 1 gramme.
grammes.
pendant quelques secondes.
WuiiTz. - Bactériologie. 29
Le tannin rend la matière colorante insoluble. On traite alors par l'alcool absolu, puis par le xylol, et on monte dans le baume.
L'étude histologique et bactériologique des coupes a conduit M. Nicolle à admettre, avec d'autres auteurs (Krefting, Au dry, Petersen, Dubreuilh et Lasnet), l'identité du bacille de Ducrey et de celui d'Unna.
Les tentatives de culture du bacille du chancre mou sont restées jusqu'à présent infructueuses (Ducrey, Nicolle). Cependant récemment, Petersen a dit avoir réussi à cultiver ce micro-organisme.
Microbes banals du pus chancreux. — Le bacille de Ducrey n'existe pas à l'état de pureté dans le pus. On y trouve une certaine quantité d'autres organismes, qui ont été bien étudiés par Nicolle. Ce sont :
Des coccus;
Une bactérie banale, que Nicolle appelle bactérie commune de la peau ; Le gonocoque.
Le micro-organisme que Nicolle a appelé bacté-^ rie commune de la peau (B. cutis commune), est une bactérie banale, qui existe normalement à la surface de la peau, ainsi que les staphylocoques blancs et dorés. On la rencontre constamment sur toutes les ulcérations, dans toutes les pustules cutanées.
Nicolle l'a retrouvée aussi dans le liquide de certaines vulvites, à la surface des ulcérations labiales, si fréquentes dans les affections de l'enfance, dans le catarrhe lacrymo-nasal de la rougeole, etc.
Comme on est exposé à la rencontrer très fréquemment dans les examens bactériologiques portant sur la
peau, nous croyons devoir décrire ici ses principaux caractères.
Morphologie. — Ce sont des bacilles immobiles, allongés, isolés par deux ou trois. II y a des formes très longues, d'autres courtes, presque rondes ; certains éléments ont une forme en massue plus ou moins déformée.
Cultures. — Dans le bouillon, trouble au bout de vingt-quatre heures. Le liquide s'éclaircit au bout de trois ou quatre jours, avec formation d'un précipité au fond du tube.
La gélatine n'est pas liquéfiée. Il se forme, le long de la piqûre, de petites colonies blanches, arrondies, à prolongements courts, poussant dans tous les sens. Le développement est peu abondant.
Sur gélose, en strie, il se forme le long du trait une strie large, blanche, d'un blanc plus éclatant sur les bords, qui sont un peu surélevés et festonnés. En piqûre, mêmes caractères que sur gélatine, mais plus nets Les colonies, le long du trait, viennent tout au plus au contact. La piqûre conserve en général un aspect plus ou moins moniliforme.
Sur pomme de terre, il se produit le long de la strie un enduit blanc, abondant, un peu surélevé sur ses fiords.
La culture sur plaques, dans la gélose fondue montre après vingt-quatre heures, à 37o, de très pe ites colonies blanches. Elles ont, après quarantehuit heures un bord irrégulier et festonné ; ellesn'ont pas grande tendance au développement
Cette bactérie se colore bien par les couleurs d'anihn ainsi que par le Gram. Elle n'est pathogène ni pour 1 homme n. pour les animaux