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CHAPITRE II

MALADIES INFECTIEUSES OU PRÉSUMÉES TELLES DONT LES AGENTS PATHOGÈNES SONT DOU- TEUX OU INCONNUS.

SCARLATINE

Nous ne possédons actuellement aucune donnée précise sur l'agent pathogène de la scarlatine, malgré de nombreuses recherches.

Hallier (1869), le premier, a examiné le sang de trois enfants scarlatineux. 11 y trouva une série de microcoques qu'il appela filletia scarlatinosa. Klotsch (1869), moins heureux, n'obtint aucun résultat dans les différents milieux de culture qu'il employa; Coze et Feltz, Tschauer, trouvent, dans le sang, les organes, les produits de la desquamation et les urines, des éléments en baguettes, des bactéries. Klebs décrit sous le nom de monas scarlatinosum ce qu'il pense être l'agent pathogène de la scarlatine.

Riess trouve, dans le sérum sanguin de scarlatineux, après la mort, des points assimilables à des microcoques. Pohl-Pinkus, Klamann font également mention de microcoques trouvés dans la bouche et dans les squames. C'est encore un microcoque que trouve Crooke dans les organes des scarlatineux, dont la maladie, non compliquée, a été mortelle par la fièvre

SCÂRLA.TINE.

seule. Mais, jusque-là, ladiversité des résultais obtenus dans la recherche de l'agent pathogène de la scarlatine empêcha de considéi^er le problème comme résolu.

L'épidémie de Ilendon (1883) sembla donner la clef de l'énigme. Depuis longtemps, les médecins anglais considéraient le lait comme un puissant vecteur d'infection. Dans l'épidémie qui sévit alors à Hendon, chez les clients d'une vacherie, une enquête du D'' Power (1) montra que les cas avaient suivi de près l'entrée dans la vacherie d'une vache malade qui avait fraîchement vêlé, et qui contagionna les autres bêtes de l'étable. L'e.xtension de cette enzootie détermina un accroissement de l'épidémie de scarlatine à laquelle on ne mit fin qu'en interdisant la vente du lait de la ferme contaminée. M. Klein (2) isola, chez les vaches malades, un coccus qui, inoculé aux veaux, déterminait des symptômes et des lésions rappelant celles de la scarlatine. Les conclusions de MM. Klein et Power furent combattues par M. Crookshank d'une part, et par la commission d'enquête nommée par la Société médico-chirurgicale d'Édimbourg.

MM. Jamieson et Edington (3) cherchèrent l'agent pathogène dans les squames cutanées et isolèrent un bacille mobile, qui ne se rencontre qu'après la troisième semaine de la maladie, jamais avant. On l'a aussi rencontré dans tous les tubes ensemencés avec une goutte de sang de scarlatineux, à condition de le prendre avant le troisième jour de la fièvre, jamais après. Les tentatives d'inoculation de ce bacillus scar-

(1) Power, la Scai-lalim du lait à Londres, 1883.

(2) Klein, Proceedinijs of the Itnyal Society, Vol. XLII, 1887.

(3) Jamieson et Edington, llrit. med. Journal, 11 janv. 1887. '

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latinœ ont donné aux cobayes, aux lapins et aux veaux, de l'éryLlième suivi de desquamalion. Ces recherches n'ont pas été confirmées. Elles ont été combattues par Longhurst et par Smith, qui fait du bacillus scarlatinœ d'Edington un bacille septique ordinaire, qu'il a retrouvé dans un cas de suette miliaire. C'est vraisemblablement une bactérie banale de la peau. Ainsi, la recherche directe du microbe de la scarlatine n'a donné aucun résultat. Nous citerons cependant MM. d'Espine et Marignac, qui ont isolé du sang d'un scarlatineux un streptocoque différant par ses propriétés biologiques du streptocoque pyogène et des streptocoques courts.

La fréquence de l'angine incita les bactériologistes à chercher dans la région du pharynx le microbe spécifique de la scarlatine. Ces recherches ne furent pas davantage couronnées de succès.

L'étude des infections secondaires de la scarlatine, dans les cas compliqués, montra, au contraire, que toutes ces infections secondaires reconnaissent comme agent pathogène le streptococcus pyogenes. Loeffler, Heubner et Bahrdt, Fraenkel et Freudenberg, Babes, Crooke, M. Raskin, Wurtz et Bourges, Marignac el d'Espine étudièrent, au point de vue microbiologique, les différentes complications delà scarlatine : quel que soit l'organe infecté, c'est presque toujours à l'état de pureté qu'on trouve le streptocoque, à l'examen mici-oscopique, dans les coupes et par les cultures. Il peut être associé à d'autres micro-organismes, comme dans toutes les infections secondaires mixtes, au pneumocoque, au staphylocoque blanc et doré, au bacterium coli, à différentes bactéries sepliques. On trouvera au chapitre des complicalions de la scarlatine des détails

SCARLATINE

sur ce point intéressant. Le streptocoque est rare dans le sang et ne se trouve guère que dans les viscères. Raskin et Babes ne l'ont jamais trouvé dans la peau.

Les choses en étaient là, lorsqu'il y a peu de temps Kurth (1), dans un important mémoire, fit connaître, sous le nom de streptococcus conglomeratus, un streptocoque qu'il considère comme l'agent pathogène de la scarlatine. Ce streptocoque se difTérencie des autres streptocoques par sa morphologie et par les caractères de culture dans le bouillon. Il a été recueilli par Kurth, soit sur le cadavre, soit sur l'enduit des amygdales chez les scarlatineux. Chez le même scarlatineux, on peut obtenir par la culture différentes espèces de streptocoques. Tous les scarlatineux ne donnent pas les mêmes formes de streptocoques. Le streptococcus conglomeratus est pathogène pour la souris blanche, qu'il peut tuer en trois jours ; mais souvent la durée de l'infection est beaucoup plus longue. Les lésions n'ont rien de bien caractéristique. Il y a de la suppuration au point d'inoculation. Les abcès dans les organes sont rares, et ne se produisent que dans les cas lents. Il n'y a là rien qui rappelle la scarlatine.

Hallock Park a constaté sur cinquante cas vingt fois la présence du streptocoque de Kurth dans l'exsudat recouvrant la muqueuse atteinte. Il n'a trouvé dans les squames que le staphylocoque blanc. M. Park a trouvé d'ailleurs le streptococcus conglomeratus sur la muqueuse pharyngienne des enfants sains, et ne considère pas le streptococcus conglomeratus de Kurth comme l'agent pathogène de la scarlatine. Enfin Doehle, dans le sang de cinq scarlatineux, a (1) Kurtii, Avbeiten ans dem Kais. Gesundheitsamt. Bd. VII, 1893,

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décrit deux formes de parasites ayant l'aspect de petites boules transparentes munies souvent d'un cil, ou de noyaux doubles entourés d'une zone claire. Ils se trouvent dans lïntérieur aussi bien qu'en dehors des hématies. Doehle les considère comme presque identiques à ceux qu'il a décrits dans la rougeole et la variole.

Complications de la scarlatine.

Angines de la scarlatine (Voy. p. 188).

Adénites. — Les examens bactériologiques du pus des scarlatineux sont encore peu nombreux. Escherich a trouvé dans les ganglions un bacille analogue au proteus vulgaris de Ilauser. Crookes, dans un cas d'angine de Ludwig, terminé au quatrième jour par la iBort, a obtenu le même résultat. Babesa trouvé, dans le pus d'un bubon scarlatineux, un bacille mal défini, tjombemale et Lamy ont coloré dans le pus d'une adénite cervicale suppurée consécutive à la scarlatine, les staphylocoques et le streptocoque. Ici encore le pus, bien que microbifère, ne donna aucune culture et ne se montra pas virulent en inoculation intrapéritonéale.

Otites. — Comme celui des bubons, le pus des otites scarlatineuses contient les microbes ordinaires de la suppuration ; le streptocoque y existe d'abord à l'état de pureté, puis l'infection devient mixte, à streptocoques et à staphylocoques.

Néphrites. — D'après les recherches bactériologiques de Babeset de M. Raskin, il est permis de croire que la néphrite scarlatineuse est due, elle aussi, au streptocoque.

Babes l'a trouvé vingt-six fois sur trente cas, et M. Uaskin plusieurs fois, seul ou uni à un diplocoque.

VARIOLE

VARIOLE

Consulter : Besser, Ce?itratbl. f. Bald., 1893, t. XIII, p. 590.

L'agent pathogène de la variole nous est actuellement inconnu, malgré de nombreuses recherches.

Nous citerons seulement les noms de Cozeet Feltz, Weigert, Luginbûlh, Klebs, Eisenmann, Zuelzer, qui ont décrit soit des bactéries, soit des microcoques, dans le sang des varioleux et dans les boutons de variole.

11 est incontestable que l'on voit des microcoques en grande abondance dans les pustules, dans les cavités du corps muqueux de Malpighi et le long des filaments qui constituent les cloisons du réticulum (Cornil et Babes, Gohn et Weigert); mais ils n'y apparaissent qu'à partir de la période de suppuration.

Klebs a isolé des pustules, du mucus buccal et pharyngé, aussi bien que de la lymphe vaccinale, un organisme, le letracoccus variolse, qu'il considère comme spécifique. Il existe sur la peau des sujets sains (Bordoni-UtTreduzzi).

Garré a isolé des pustules, un coccus qui, inoculé à des veaux et à l'homme, produisit des pustules, mais ne confère pas l'immunité contre le vaccin.

Marotta a trouvé, dans le liquide des vésicules varioliques, un micrococcus spécial, le micrococcus tétragone, qui, d'après cet observateur, y existerait seul. Quand les vésicules sont devenues pustules, on constate alors la présence des microbes ordinaires de la suppuration.

VARIOLE

Ce micrococcus léiragone se culLive bien sur gélatine et gélose et ne pousse pas sur pomme de terre. 11 liquéfie lentement la gélatine. Avec des cultures de septième génération sur gélose, des inoculations pratiquées chez le veau ont reproduit des pustules semblables aux pustules de vaccin. Une seule inoculation sur sept aurait été négative.

Cohn et Bareggi ont décrit un organisme à peu près analogue.

Mo7iti a trouvé, dans les pustules de di.v malades, le staphylococcus aureus et une bactérie de l'épiderme.

En 1887, PfeifTer et Van der Loefï ont décrit un parasite sporozoaire, un amibe, qui se développerait dans les cellules de Malpighi et les détruirait.

Ce parasite, analogue à celui que Pfeiffer a décrit dans d'autres fièvres éruptives, est ovale, d'un brun jaunâtre, long de 33 [a sur 24 de large. 11 a l'aspect d'un kyste à contenu granuleux, avec une tache nucléaire. Il produit des spores abondantes et, après les avoir évacuées, se présente sous l'aspect d'un disque à double contour, dans le liquide des pustules. On le retrouve dans les leucocytes des animaux inoculés. Il existe également dans les pustules de vaccine animale.

Grigoriew a trouvé dans trois cas, dans le contenu des pustules, un petit bacille court. Doelile a décrit des protozoaires qu'il a vus dans le sang et dans les pustules.

Besser (Centralbl. f. Baltt., t. XIII, 1893, p. 390), a isolé des pustules un bacille différent de tous ceux décrits avant lui.

Buttersack a vu, dans des cas de variole au début, les mêmes spores et les mômes filaments que dans la lymphe vaccinale (Voy. p. 462).

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