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CHAPITRE III

S'il est difficile de se préserver de la contagion par le sol et par l'air, il n'en est pas de même pour l'eau. On peut en effet se procurer de l'eau pure, et l'on peut assainir une eau impure. Les questions de bactériologie afférant à l'eau sont mieux connues que celles qui concernent l'air et le sol; Nous les exposerons aussi complètement que possible.

Méthodes d'analyse. — Les faits non douteux de propagation de maladies infectieuses, notamment la fièvre typhoïde, par l'eau, imposent l'obligation de n'utiliser que des eaux pures Aussi l'analyse bactériologique des eaux est-elle devenue obligatoire, au même titre que l'analyse chimique, pour l'adduction des eaux potables dans les communes, les écoles. Cette analyse doit élucider deux points ; le nombre des germes et leur qualité.

Analyse quantitative ». — On peut se demander s'il y a intérêt à savoir que dans une eau il y a 100 ou 100000 bactéries, si ces bactéries ne sont pas patho-

1. Je ne fais qu'indiquer les grandes lignes de la méthode. Pour les détails, je renvoie aux livres de technique.

gènes. Oui, il y a un intérêt, car un nombre élevé de bactéries indique une pollution facile, or cette pollution peut à un moment donné apporter des germes pathogènes. Soit une source dont la teneur moyenne en bactéries est connue : si ce nombre augmente démesurément on peut être sûr qu'il s'est produit des infiltrations dans la source ou les conduites; d'où l'indication de rechercher la cause de la pollution.

Il y a deux méthodes de numération des bactéries de l'eau, celle de Miquel par les milieux de culture liquides, et celle de Koch par les milieux solides.

Le procédé de Miquel consiste à diluer une goutte ou 1 ce. de l'eau dans 100 ce. d'eau stérile et à répartir cette dilution dans un grand nombre de flacons de bouillon de culture : 50 ou 100.

On porte les flacons à l'étuve et au bout de quinze jours et plus on compte les flacons qui se sont peuplés. Chaque flacon peuplé est censé avoir été fertilisé par un seul germe et du nombre des flacons peuplés on déduit le nombre des germes renfermés dans l'eau.

Ce procédé qui a des avantages est peu employé en raison de l'encombrement occasionné par les flacons.

Le procédé de Koch ou des plaques, de gélatine est plus commode et ne donne pas de moins bons résultats.

Il consiste à mélanger intimement à de la gélatine fondue, une quantité déterminée d'eau, à couler

la gélatine dans des boîtes de verre, laisser solidifier et porter à Tétuve à 20°.

L'essentiel est qu'il n'y ait pas trop de colonies sur les plaques, car il devient alors difficile de les compter et elles se gênent mutuellement dans leur développement. Sans compter que s'il y a des bactéries liquéfiantes, ce qui est commun, la gélatine se liquéfie rapidement et l'analyse n'est plus possible. Pour bien faire il ne faut pas qu'il y ait plus d'une centaine de colonies sur une plaque de 9 à 10 cm. de diamètre. Pour obtenir ce résultat, voici comment je procède depuis longtemps : j'emploie pour l'ensemencement des pipettes titrant 20 gouttes au centimètre cube. Je fais d'autre part une dilution à 1 p. 100 de l'eau à analyser, je verse alors dans des tubes de gélatine :

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