Arch. f. hyg
que celles protégées par le papier contre la lumière se développent. L'influence de la lumière se fait sentir encore à 3 m., mais plus faiblement.
Purification des eaux par les filtres. — La nécessité d'avoir des eaux potables aussi pures que possible impose l'obligation de purifier celles qui sont suspectes ou impures, quand on n'en a pas d'autre à sa disposition.
L'emploi des filtres est un des procédés de purification les plus usuels.
Pour les habitations ou petites agglomérations on se sert de filtres poreux, en terre cuite, porcelaine, amiante, charbon, etc. Ces filtres fonctionnent bien pendant quelques jours, dix à quinze, puis l'eau qu'ils débitent n'est plus stérile. Cela tient soit à ce que les bactéries retenues dans les pores par adhésion moléculaire sont déplacées par la pression de l'eau, soit à ce que ces mêmes bactéries ont pullulé dans les canalicules poreux, se sont allongés, et finissent ainsi par tomber dans l'eau filtrée.
La surface filtrante s'encrasse rapidement de substances glaireuses qui diminuent le débit du filtre : aussi est-il nécessaire de les nettoyer, de les brosser, et de les stériliser en les faisant bouillir dans une eau légèrement acide.
Quand il s'agit d'épurer l'eau pour des villes on emploie de grands filtres à sable. Ce sont de grands bassins qui ont jusqu'à 4 000 m. de superficie, et une profondeur de 2'", 50.
La matière filtrante est disposée par couches stratifiées dans l'ordre suivant en partant du fond :
1» caillou d'un diamètre do 60 mm. sur une hauteur de O^jSO
5» sablo — 4 — — 0 ,05
On commence par remplir le filtre en faisant arriver l'eau de bas en haut pour chasser l'air, puis quand tout le sable est mouillé on fait arriver l'eau à la surface supérieure. Un tel filtre commence par filtrer très mal et ce n'est qu'au bout de quelque temps qu'il devient bon, lorsque la surface s'est recouverte d'une couche glaireuse formée de bactéries, de diatomées. Le filtre est dit alors mûr.
C'est donc cette couche bactérienne qui constitue la véritable substance filtrante. La filtration est alors très bonne, ainsi qu'en témoignent les analyses suivantes :
Eau de la Sprce, Moyenne de 3 analyses.
Avant filtration 3 009
Après filtration 63
Proportion d'épuration 98,30 p. 100
Eau de Zurich, Moyenne de 4 analyses.
Avant filtration 159
Après — 24
Proportion d'épuration , 98,5 p. 100
Ces bons résultats ne sont obtenus qu'avec une pression déterminée, 0",50 de hauteur d'eau, et une
vitesse de 10 à 15 cm. à l'heure. Si la pression augmenta, les bactéries sont entraînées et passent dans l'eau filtrée en grand nombre; quand le filtre est encrassé, son débit se ralentit, il faut alors le nettoyer, enlever la couche bactérienne.
Les phénomènes chimiques qui se passent dans le filtre sont peu importants.
Épuration des eaux par le sol. — Le sol sert à épurer les eaux sales, notamment les eaux d'égout. C'est la pratique de l'épandage utilisée à Paris, Berlin et autres villes.
L'épuration par le sol se fait physiquement par fîltration qui retient les bactéries, et chimiquement par combustion des matières organiques et nitrification de l'azote.
Les eaux vannes sont amenées sur le terrain en culture ou en prairies et distribuées dans des canaux à ciel ouvert. Les quantités d'eau pouvant être épurées varient suivant la richesse de l'eau en matières organiques et suivant le terrain. En général on ne dépasse pas 50 000 me. par hectare et par an. Le fait chimique le plus important est la transformation de l'azote organique et ammoniacal en azote nitrique. Les chiffres suivants sont les chiffres moyens de 1887 à 1895 à Gennevilliers.
Aiote nitrique. Bact<5ric8 par ce.
Eaux ( Collecteur d'Asnièrcs 4,\ 13 250 000
vannes } — do St-Ouen 3,6 16 870 000
Eau ( Drain des Grésillons 21,3 880
filtrée \ — d'Epinay 22,6 8 380
LES BACTÉRIES DANS l'EAU 199
Les bactéries nitrifiantes jouent conséquemment un rôle immense dans l'épuration et dans la végétation, car elles transforment les composés azotés en azote assimilable sous forme de nitrates.