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L'INFLUENCE DANS LA QUALITÉ

est suspendu dans des flacons de 1 litre dont le fond est garni de gros fragments de potî^stse caustique, et le goulot recouvert d'une feuille de papier à filtre stérilisé. Ces opérations doivent être faites aseptiquement. Les flacons sont portés à l'obscurité dans une étuvc réglée à 20°. La moelle ainsi desséchée pendant trois à cinq jours, ne donne la rage qu'au bout de huit jours d'incubation; celle desséchée pendant six jours, ne donne la rage qu'au bout de quatorze jours; celle desséchée pendant plus de sept jours ne donne plus la rage.

Les malades rabiques sont inoculés d'abord avec la moelle la plus vieille et par conséquent la moins virulente, puis successivement par des moelles de plus en plus jeunes et plus virulentes.

Quel est le véritable agent de l'atténuation ? Est-ce la dessiccation? Est-ce la chaleur? Est-ce l'oxygène?

Les expériences de Zagari, de Gamaleia, d'Helmann montrent que ces divers facteurs jouent un rôle dont le plus important n'est pas déterminé.

L'atténuation par les rayons X, par Yélectricité ne donne pas de résultats pratiques (voir p. 117).

Modifications du milieu de oulture. — On sait qu'il suffît d'un changement souvent léger dans la composition du milieu de culture pour modifier la végétabilité des microbes. Le fait a été mis à profit par plusieurs auteurs.

La bactéridie charbonneuse peut être atténuée en la cultivant soit dans un mélange de jaune d'œuf, de blanc d'œuf et de bouillon (de Christmas), soit dans

du bouillon additionné de fibrine (Hankin). L'atténuation par vieillissement, déjà signalée par Pasteur, n'est due qu'à une modification du milieu de culture. La modification de culture la plus intéressante est celle qui consiste à faire vivre une bactérie dans le bouillon filtré, toxines, d'une autre bactérie. Par ce procédé on atténue ou on exalte la virulence.

Zagari atténue le bacille charbonneux en le cultivant dans le bouillon ayant servi à la culture du bacille cholérique, Pavone dans la culture du bacille typhique, Pasteur dans la culture du bacille du choléra des poules, Charrin et Guignard dans les cultures du bacille pyocyanique, Metchnikoff dans le sang des animaux vaccinés.

L'exaltation de la virulence du pneumocoque et du streptocoque est obtenue par Roger en les cultivant dans le bouillon stérilisé à 120^ du Micrococcus prodigiosus. La virulence du pneumocoque s'exagère dans la culture du Staphylococcus aureus (Mosny).

Passages dans Porganisme animal. — Il y a deux manières de procéder.

Dans la première on infecte un animal, puis à sa mort, ou bien on fait des cultures avec les organes, cultures qui sont ensuite injectées à un autre animal, ou bien les sucs des organes sont directement injectés.

La seconde manière consiste à enfermer les bactéries dans un sac de collodion ou de pellicule de

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sureau, puis à placer ces sacs dans le péritoine d'animaux. Les parois de ces sacs sont imperméablés aux phagocytes mais non aux humeurs ; les bactéries vivent donc tranquillement dans leur liquide de culture mélangé aux humeurs qui y pénètrent par osmose. Au bout d'un certain nombre de jours, ou de semaines, on retire le sac qui est enfoui dans une couche épaisse de fausses membranes, on fait une culture que l'on met encore en sac et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on ait obtenu un résultat.

Le nombre de ces passages est variable. Quelquefois trois ou quatre suffisent, d'autres fois il en faut 25 ou 30 et plus.

Par ces passages on aboutit à deux résultats contraires : on atténue ou on exalte la virulence.

L'exaltation a été obtenue pour le staphylocoque pyogène par Rodet; pour le streptocoque par Marmorek, en faisant de nombreux passages chez le lapin ; pour le rouget du porc, par Pasteur, au moyen de passages chez le pigeon ; pour le bacille de la morvCy par Gamaleia au moyen du passage chez le spermophile. Vincent est arrivé, au moyen de cultures en sacs de collodion, à rendi'e virulent le bacille mesentericus vulgatus, qui est saprophyte.

Le chien est à peu près réiractaire au charbon, mais le chien enragé y est très sensible, et la bactéridie ayant passé chez le chien enragé est assez virulente pour qu'on puisse faire des passages de chien à chien. Après trente-six passages, elle twe le chien

sûrement (Martel *). Un fait digne de remarque est celui-ci. Quand une bactérie est devenue plus virulente pour un animal par des passages chez cet animal, elle peut être devenue inofîensive pour un autre animal qui y est pourtant réceptif.

Ainsi le lapin est très sensible au pneumocoque, le cobaye est peu réceptif. Pasteur ayant exalté la virulence par des passages chez le cobaye, en commençant par de jeunes cobayes, vit que les cultures tuaient bien le cobaye mais ne tuaient plus le lapin, bien mieux elles le vaccinaient. De même le rouget du porc exalté chez le lapin ne donne plus au porc qu'une maladie bénigne, dont il sort vacciné.

Mais ce résultat n'est pas atteint dans tous les cas, car les passages à travers les animaux vaccinés ou réfractaires exaltent la virulence au lieu de l'atténuer.

En passant chez des animaux réfractaires les bactéries acquièrent, par une accoutumance progressive, la faculté de résister aux atteintes des phagocytes au moyen d'une sécrétion de toxines plus actives.

Vatténuation de la virulence s'observe plus rarement. On a obtenu l'atténuation du virus rabique par des passages chez le mouton (Galtier), chez le singe (Pasteur).

La méthode des passages sert en définitive plutôt à exalter la virulence qu'à l'atténuer.

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