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T. — THÉORIE DE L'IMMUNITÉ

L'infection étant produite par la pullulation des bactéries, l'organisme immunisé doit s'opposer à cette pullulation et détruire les bactéries. Ces bactéries peuvent être détruites par nos cellules (phagocytose) ou par nos humeurs (pouvoir bactéricide).

D'autre part, la maladie infectieuse est le fait des poisons sécrétés par les bactéries; l'organisme immunisé doit détruire ces poisons ou tout au moins y rester insensible (pouvoir toxinicide, antitoxique).

a). PHAGOCYTOSE

La phagocytose est l'acte par lequel les cellules de l'organisme s'incorporent les corps solides et les détruisent par un phénomène de digestion.

264 LES BACTÉRIES DANS l'ORGANISME

Le fait do Tincorporation de corps solides dans les leucocytes était connu par les travaux de Conheim, Pfeffer, Kowalewski, mais c'est Metchnikoff qui démontra le premier que les leucocytes absorbaient les bactéries et que cette absorption jouait un grand rôle dans l'infection.

Ce savant exposa sa théorie en 1883-1884. Les objections n'ont pas manqué, surtout de la part des auteurs allemands qui tenaient pour le pouvoir bactéricide; mais par la multiplicité de leurs expériences, de leurs travaux, MetchnikofT et ses élèves ont réfuté toutes les objections et établi sur des bases solides la doctrine de la phagocytose.

Metchnikoff * a d'abord constaté la phagocytose sur l'animal vivant. En observant les daphnies, petits crustacés d'eau douce, transparents, il a vu que ces animalcules étaient sujets à une maladie infectieuse, causée par un champignon, le Monospora bicuspidata. Les spores du champignon, en forme de longues aiguilles, pénètrent avec les aliments dans le canal alimentaire, d'où, en perforant la paroi de l'intestin, elles pénètrent dans la cavité du corps de la daphnie. Mais il s'engage aussitôt une lutte entre elles et les leucocytes qui englobent la spore, la transforment en un amas de grains informes, sauvant ainsi, le plus souvent, l'animal du danger auquel il était exposé. Pour l'observation chez d'autres animaux la technique a dû changer.

i. Ann. Inst. Past., 1887.

PHAGOCYTOSE 265

Le procédé consiste à injecter sous la peau, dans une cavité : péritoine, plèvre, chambre antérieure, sac lymphatique, la culture bactérienne, puis à recueillir à intervalles variés, au moyen d'une l)ipettc effilée, une goutte d'exsudat. On examine cette goutte soit en préparation sèche, soit en préparation humide, soit en goutte pendante, en maintenant, pour ce dernier cas, la préparation à une température favorable. En préparation sèche on voit le phénomène de la phagocytose fixé; en goutte pendante on le voit se poursuivre sous le microscope.

Pour constater la phagocytose dans l'intérieur des organes : poumons, foie, rate, etc., on sacrifie l'animal et l'on fait des coupes histologiques.

La phagocytose s'exerce par les cellules libres, leucocytes, et par les cellules fixes.

Les leucocytes se divisent en :

Lymphocytes, — Petites cellules, d'un diamètre souvent inférieur à celui des hématies, constituées presque exclusivement par un noyau rond très chromatique. La couche de protoplasma, très mince, prend mal la couleur. On les fait provenir des ganglions lymphatiques et de la rate. Ils ne contribuent pas à la phagocytose. On compte, chez l'homme adulte, trois lymphocytes pour cent globules blancs.

Leucocytes mononucléaires. — Cellules volumineuses à noyau excentrique, arrondi ou incurvé, à protoplasma abondant. Ils proviendraient des gan-

glions, de la rate, de la moelle osseuse. Sur 100 globules blancs on en trouve 35 p. 100 environ.

Leucocytes polynucléaires. — Cellules volumineuses à noyau multilobé. Elles n'existent que chez les vertébrés. On en compte 60 p. 100 environ. Ils proviendraient de la moelle osseuse.

Beaucoup d'auteurs pensent que les lymphocytes sont les origines des mono-et polynucléaires.

Les phagocytes fixes sont représentés par Tendothélium des vaisseaux sanguins et lymphatiques, du péritoine, du poumon, les cellules des ganglions lymphatiques, de la rate, de la moelle osseuse.

Les leucocytes sont armés pour la phagocytose grâce à leurs propriétés de mobilité, de sensibilité, de sécrétions.

Mobilité, — Elle est connue depuis longtemps. Comme les amibes les leucocytes poussent des prolongements à l'aide desquels ils se meuvent et se dirigent, et traversent les parois vasculaires (diapédèse).

Sensibilité. — Les leucocytes sont guidés dans leurs mouvements par leur sensibilité qui les fait fuir ou accourir. On savait déjà que cette sensibilité se manifeste par la chaleur, par l'oxygène ; les travaux de Grawitz *, de Scheurlen', de Christmas^ avaient établi le rôle que jouent certaines sub-

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