Acad. des Se, 25 oct
l'immunité 261
lioiij la phagocytosp, et Fodor découvre la propriété qu'a le sang de détruire certaines bactéries, le pouvoir bactéricide. Dès lors la lutte s'engage entre ces deux théories, et les expériences tendant à les soutenir ou à les infirmer se multiplient avec intensité.
Au Congrès de Londres (1891), Buchner, Emmerich, Behring, Hankin soutiennent que l'immunité est due au pouvoir bactéricide des humeurs; Metchnikoff, Roux tiennent pour la phagocytose.
En 1890, Massart et Bordet expliquent la phagocytose en découvrant que les toxines attirent ou repoussent les leucocytes (chimiotaxle).
Puis Bouchard, Charrin, Roux et Chamberland, Rodet démontrent que dans les toxines il y a des substances empêchantes ou vaccinantes, et des substances favorisantes, c'est-à-dire aggravant l'infection. Mais du moment que le danger de l'infection réside dans l'intoxication, du moment que la maladie infectieuse peut être reproduite par les seules toxines, la phagocytose et le pouvoir bactéricide ne pouvaient expliquer l'immunité contre les toxines. 11 fallait admettre un autre moyen de défense. Le pouvoir antitoxique fut démontré par Behring et Kitasato (1890), quand ces savants établirent que le sérum des animaux vaccinés communiquait l'immunité contre les toxines à d'autres animaux. En 1894, au Congrès de Buda-Pest, Buchner développe cette idée que l'immunité naturelle est due aux substances bactéricides, et l'immunité acquise, aux substances antitoxiques. En cherchant
l'origine de ces substances on a vu qu'elles provenaient des cellules de l'organisme et spécialement des leucocytes; on a constaté aussi la présence d'autres corps qui jouent certainement un rôle dans l'immunité, les agglutinineSy les lysines, les coagulineSy les anticorps, la sensibilisatrice (voir plus bas).
Cet aperçu historique rapide nous a montré révolution de la théorie de l'immunité ; il s'agit maintenant d'examiner en détail chacun de ces phénomènes.
On distingue plusieurs sortes d'immunité : l'immunité naturelle et l'immunité acquise.
L'immunité acquise se divise en active et passive.
L'immunité active est celle qui est conférée par les microbes ou leurs toxines. Elle n'est pas extemporanée, il faut plusieurs jours pour qu'elle soit définitive. C'est la vaccination. Elle est préventive et non curatrice. Elle peut durer plusieurs années. La vaccination par les bactéries vivantes ne confère l'immunité que contre l'infection et non contre les toxines. La vaccination par les toxines confère l'immunité à la fois contre l'infection et les toxines.
L'immunité passive est celle qui est conférée par le sérum des vaccinés. Elle agit contre les microbes et les toxines, il ne lui faut que quelques heures pour s'établir, elle est préventive et curatrice. Elle ne dure que peu de temps : quelques semaines ou quelques mois.
L'immunité acquise, tant active que passive, est
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non spécifique quand la matière vaccinale provient d'une bactérie autre que celle contre laquelle on veut vacciner. Exemple : les cultures du bacille pyocyanique vaccinent contre le Bacillus anthracis.
Elle est spécifique (c'est le cas le plus fréquent) quand elle est conférée par le microbe ou la toxine même contre lesquels on veut préserver les animaux. Exemple : on vaccine un animal avec la toxine diphtérique. Cet aninial est immunisé contre rinfection et l'intoxication diphtériques, et son sérum confère aussi l'immunité contre le bacille et la toxine diphtériques.