Gongr. de Buda-Pest, i
POUVOIR BACTÉRICIDE 281
De leur côté MetchnikolT, Bordet* font diverses expériences tendant à démontrer que le pouvoir bactéricide est en rapport avec le nombre des leucocytes présents dans le liquide. Ainsi le liquide d'œdème provoqué par la ligature d'un membre est moins bactéricide que le sérum, or ce liquide renferme très peu de leucocytes : 100 à 200 par millimètre cube, au lieu de 4000 à 8000 dans le sérum. Voici une expérience de Bordet. Il ensemence des vibrions cholériques dans le liquide d'œdème et dans le sérum d'un cobaye vacciné et, après un temps variable, fait des cultures et numération sur plaques de gélatine.
S<«rum. Œdème.
27 uvrill894 5 h. du soir 15 030 11000
28 avril — 9 h. du matin 0 innombrables.
D'autre part, si l'on provoque une hypoleucocytosc du sang par une injection intraveineuse de carmin, le sérum perd son pouvoir bactéricide (Bordet) {loc. cit.). Jacob reconnaît également qu'un extrait leucocytaire fait avec du sang est plus bactéricide que le sang. Bastin détermine l'hypoleucocytose du sang en injectant dans les veines des cultures vivantes ou mortes de staphylocoques dorés, et constate la disparition du pouvoir bactéricide tant que dure l'hypoleucocytose; quand les leucocytes réapparaissent dans le sang, le pouvoir renaît.
i. Ann. Inst. Past., juin 1895.
282 LES BACTÉRIES DANS l'ORGANISME
La substance bactéricide est-elle sécrétée par les leucocytes vivants, ou bien ne s'échappe-t-elle de ceux-ci que quand ils sont altérés ou morts? Metchnikoff penche pour la dernière opinion.
La question n'est pas absolument résolue, car les expériences sont hérissées de difficulté. En effet, les leucocytes s'altèrent rapidement dès que le sang est sorti des vaisseaux et y déversent leurs produits.
Gengou^ a essayé de résoudre la difficulté, en empêchant le sang de se coaguler, soit par un mélange réfrigérant, soit en le recevant dans des vases dont les parois sont enduites de paraffine. Le plasma est débarrassé des éléments fixes par centrifugation. Une partie du plasma est réservée pour en obtenir du sérum. Le plasma et le sérum (lapin, chien, rat) sont ensemencés avec des cultures de bacillus anthracis, vibrion cholérique, coli-bacille, bacille typhique, et l'on fait des numérations en cultures sur plaques. Or on constate que le sérum est bactéricide, et que le plasma ne l'est pas. On en doit conclure que le sérum n'est bactéricide que parce que la destruction des leucocytes a été suivie de la diffusion de l'alexine (substance bactéricide). Dans un autre travail Gengou * compare le pouvoir bactéricide du sérum et de l'extrait de leucocytes et constate que ce dernier est plus bactéricide que le sérum.