Ann. Inst. Past
Le Bacillus anthracis (bactéridie charbonneuse) se présente dans le sang des animaux infectés comme un bacille isolé, long de 6 à 8[x; dans les cultures il s'allonge indéfiniment par addition d'articles.
Le vibrio7i septique est un court bâtonnet dans
Fig. 8. — Bactéridio charbonnouso. Culturo dans l'humeur aqueuse
les tissus cellulaire et musculaire; dans le sang (Pasteur), dans les séreuses (Chauveau et Arloing) il devient filamenteux.
Arloing et Chantre ont observé une transformation transitoire du streptocoque en bacille.
Ces faits, et bien d'autres encore, car ils ne sont pas rares, ont été invoqués comme des exemples de pléomorphisme.
Mais remarquons de suite que les transformations observées ne se produisent que par un changement d'habitat et en plaçant les bactéries dans des conditions dysgénésiques : addition d'antiseptiques, etc.
Au surplus les microbes transformés ^ une fois soustraits à ces influences et replacés dans les con-
Fig, 9. — Bactôridic charbonneuse. Culture sur gélose,
dations ordinaires^ reprennent leurs formes primitives.
11 ne s'agit donc là que d'une transformation transitoire et momentanée.
Il est vrai que, dans certains cas, le microbe ne reprend pas sa forme primitive dès qu'il a été soustrait aux causes qui l'ont transformé, et que cet état persiste pendant quelques générations de culture
en milieux favorables, mais néanmoins, après plusieurs générations, il revient à sa forme normale.
Ainsi le pléomorphisme, tel que l'entendent Nœgeli et Zopf, n'existe pas, les espèces restent distinctes. Mais il existe un pléomorphisme qu'on pourrait qualifier d'accidentel.
Rodet * le juge ainsi : < Les variations morphologiques sont réelles, mais très limitées; elles ne sont un peu marquées que par l'intervention de causes vraiment délétères, et elles ont alors la signification d états dégénérés ou morbides. >
Si les variations morphologiques des bactéries sont limitées et de peu de durée, il n'en est pas de même de celles qu'on peut leur imposer dans leurs fonctions de reproduction, de sécrétions, de nutrition, et dans leurs propriétés pathogènes. Ces variations très intéressantes et très importantes seront étudiées à leur place, qu'il nous suffise de dire qu'elles peuvent être profondes, durables, sinon définitives, et que l'on peut établir ainsi de véritables races de microbes.
m. — STRUCTURE
Moyens d'étude. — Je n'ai pas l'intention de décrire la technique bactériologique, on la trouvera très bien exposée dans les livres spéciaux (Courmont, Macé, Thoinot et Masselin, Besson, etc.), je