Variabilité dans les microbes, Paris
voiix nio borner à indi(iuer bricvenionl les moyens à la portée de tous.
Si les bactéries sont dans un liquide, on en prélève une gouttelette avec une anse de platine, on la dépose sur une lame de verre, on recouvre avec la lamelle.
Si les bactéries sont extraites d'un milieu solide : culture sur gélose, gélatine, pomme de terre, on en prend une parcelle et on la dilue sur la lame de verre avec une gouttelette d'eau.
Les préparations non colorées se prélent mal à l'observation en raison de la transparence des bactéries. Il vaut mieux ajouter au liquide, sur la lame, une gouttelette de solution colorée.
Les matières colorantes les plus usuelles sont : la fuchsine, le violet de gentiane, de dahlia, de méthyle, le bleu de méthyle, la thionine.
Toutes ces solutions colorées peuvent se l'aire ainsi :
Matière colorante 1 gr.
Alcool 10 ce.
Eau phéniquée à 3 p. 100 90 —
Filtrer sur papier ou du coton.
Dans les préparations liquides colorées la coloration n'est généralement pas assez intense pour observer les détails de structure. On fait alors une préparation sèche.
La goutte de liquide microbien est étalée sur une lamelle, on sèche et on fixe en passant la lamelle trois à quatre fois sur la flamme d'une lampe à alcool ou d'un bec Bunsen; on la trempe deux à
trois minutes dans le bain de couleur, on lave à Teau, on sèche d'abord avec du papier buvard, puis sur la flamme, on éclaircit avec une goutte d'essence de girofle déposée sur la lame, et l'on examine. Si l'on veut conserver la préparation, on emploie, au lieu d'essence de girofle, le baume de Canada.
Aspect des bactéries. — Dans les liquides non colorés les bactéries se voient mal et difficilement, grâce à leur transparence. Pour les apercevoir il faut incliner le miroir de façon à avoir des rayons réfléchis obliques; on distingue alors le contour des cellules par un liseré obscur, tandis que le corps cellulaire est transparent.
Dans les préparations sèches, colorées, on peut souvent distinguer la membrane d'enveloppe et le corps cellulaire de certains bacilles. Les dimensions des bactéries y sont toujours plus pietites que dans les préparations liquides, car la dessiccation contracte le protoplasma, et lui donne souvent un aspect granuleux (bacille tuberculeux). On aperçoit fréquemment dans le protoplasma des espaces clairs, arrondis ou ovoïdes qui n'ont pas pris la couleur. Ils peuvent être dus à des vacuoles, vides produits par rétraction du protoplasma, ou bien ce sont des spores. Pour savoir si ce sont des vacuoles ou des spores il faut faire une préparation sèche que l'on laisse plusieurs heures dans un bain fortement colorant; on lave à l'alcool, pour décolorer légèrement le protoplasma. Si les espaces clairs ont persisté, ce sont des vacuoles. Si ce sont
des spores elles se détachent en grains fortement colorés dans le protoplasina moins foncé. On peut même colorer les spores en rouge et le protoplasma en bleu, en se servant d'abord d'un bain de fuchsine, puis, après la décoloration par l'alcool, d'un bain de bleu.
La structure des bactéries n'est pas bien connue et ce que l'on en sait a été observé sur des bactéries volumineuses. Il ne faut donc pas s'étonner des divergences dans l'opinion des observateurs.
Indépendamment des difficultés d'observation, il y a une autre raison qui peut expliquer ces divergences : c'est que les uns examinent les bactéries en nature, et en milieu liquide, les autres, avec les matières colorantes et à l'état de dessiccation. Or les réactifs et la dessiccation exercent une grande influence sur la forme du protoplasma en changeant ses conditions d'équilibre et de tension.
Membrane. — Les bactéries sont limitées à la périphérie par une membrane d'enveloppe ou paroi cellulaire.
Pour la mettre en évidence il faut faire contracter le protoplasma par la chaleur, l'alcool absolu, une solution de nitrate de potasse à b p. 100 de chlorure de sodium à 2,o0 p. 100 (Fischer). Dans ces conditions le protoplasma so rétracte par sous-traction d'eau, la matière colorante teint diversement le protoplasma et la membrane et celle-ci apparaît plus distinctement.
La membrane est parfois très mince et ne se
dilîérencie du protoplasma que par un liseré très étroit; on la considère alors comme une simple, condensation du protoplasma. C'est ainsi qu'elle existe dans les espèces très mobiles et très flexibles.
D'autres fois la membrane est épaisse et l'on peut lui reconnaître deux couches, l'une interne, mince, transparente, la couche cuticulaire; Vautre externe, plus épaisse, moins bien délimitée, d'apparence gélatineuse; c'est la couche gèlatir^euse (Kunstler et Busquet *).
La couche gélatineuse résiste à la teinture et apparaît comme une auréole claire, hyaline, autour de l'élément. Kunstler et Busquet ont décrit sur cette couche de fines stries transversales qu'ils considèrent comme traduisant les intersections d'une série longitudinale d'alvéoles. Les capsules ne sont que l'exagération de l'épaisseur de cette couche gélatineuse.
La couche cuticulaire est plus fine, plus dense, plus résistante. Elle constitue la vraie membrane limitante de la cellule.
Chez les Algues CyanophycéeSy la membrane peut se crever et le contenu se vider, par compression entre la lame et la lamelle.
Protoplasma. — On ne peut se rendre compte de la structure du protoplasma qu'en observant des
1. Observations sur la structure des Bactériacées et des organismes voisins, Bordeaux, 1897.
espèces bactériennes volumineuses, ou des végé- .taux voisins des bactéries.
Les observations de Butschili * faites sur les CyanophycéeSy qui sont des Algues, sur le Chromatium Okeniij YOphidomoiias Yenensis , qui sont des bactéries, et en employant une coloration à l'hématoxyline et au violet de gentiane, permettent la description suivante.
La membrane reste incolore; accolée contre elle se trouve une couche faiblement teintée de i)rotoplasnia : le cytoplasme, et au centre on voit une masse arrondie plus fortement colorée.
C'est le corps ceiitral de Butschili.
Ce corps central, assimilé par l'auteur à un noyau, est formé d'un tissu aréolaire, dont les cloisons sont souvent perpendiculaires à l'axe de la bactérie.
Les espaces vides sont remplis par un liquide.
Le protoplasma a un aspect granuleux et cet aspect est dû à plusieurs causes : vacuoles, spores, granulations protoplasmiques, granulations alimentaires.
Les vacuoles sont des espaces clairs, non colorables. Leur nombre est variable. Tantôt il n'y en a qu'un situé au centre ou à une extrémité, tantôt il y en a plusieurs disposés en chapelet. Ils sont arrondis ou ovalaires. Ils sont produits par une rétraction du protoplasma. Le Spirillum undula, le Bacillus megaterium, le Bacillus subtiliSy en
\. Ueberden Bau der Bact. u. vervvand. Org. Leipzig, 1890.
présentent couramment. Les vacuoles sont souvent des artifices de préparation.
Les spores se présentent également comme un petit corps réfringent, arrondi ou ovale, unique ou multiple. Nous avons vu (p. 19) comment on les différencie des vacuoles.
Lesgranulaiionsprotoplasmiques se reconnaissent à leur affinité particulière pour les substances colorantes des noyaux; aussi certains auteurs, Macé, Wagner, Bonin, les considèrent comme de la substance nucléaire disséminée dans le protoplasma.
Les granulations alimentaires sont variées. On a signalé les granulations graisseuses qui se reconnaissent à leur forte réfringence.
Les granulations de soufre, qui sont biréfrin gentes à la lumière polarisée, solubles dans l'alcool et le sulfure de carbone. On les trouve chez les Beggiatoa, qui vivent dans les eaux sulfureuses.
Les granulations de glycogène, qui se colorent en brun par le chloro-iodure de zinc; les granulations d'amidon, qui se colorent en bleu par l'iode (Nadson *). Ernst a décrit des granulations qui, colorées par le bleu d'aniline, paraissent rouges au microscope, aussi les appelle-t-il les grains rouges. Babes a mentionné les corpuscules mètachroinatiques. La nature des grains, ou corpuscules, n'est pas bien connue.