‹ Précis de bactériologie médicaleChapitre 23 sur 398 · Duclaux, loc. cit., p. U · texte numérisé non relu

Duclaux, loc. cit., p. U

C'est là ce qui se passe quand on ajoute du sulfate d'ammoniaque à une solution de sulfate de quinine, de la présure à du lait, une trace de chlorure de calcium à une solution de sulfure d'antimoine, à de Targile eu suspension dans l'eau.

En s'agglomérant, les particules du coagulum expriment, exsudent des gouttelettes de liquide.

Chaque gouttelette qui prend naissance tend à s'arrondir en vertu de la tension superficielle, force comparable à une membrane de caoutchouc qui se formerait à la surface de la gouttelette ; et effectivement elle prend une forme sphérique si aucun corps résistant ne la gène. C'est ce qui se produit dans un coagulum se précipitant dans un vase où les gouttes peuvent prendre leur forme sphérique en liberté, sauf contre les parois du vase.

Mais dans le cas du coagulum protoplasmique, les choses ne se passent pas ainsi. En effet, le coagulum est visqueux et emprisonné dans la membrane d'enveloppe et les gouttelettes de liquide, sous la pression qu'elles subissent du fait de la tension superficielle qui tend à les arrondir, refoulent le protoplasma, y creusent des vacuoles. C'est ainsi que se forme le tissu aréolaire.

Duclaux établit, toujours en vertu de ces lois physiques, que dans un vase sphérique les cloisons des aréoles se dirigent de la périphérie au centre et que dans un cylindre elles sont perpendiculaires à Taxe. Nous avons vu que c'est précisément ce que Ton observe pour les cloisons du corps central.

Cils. Motilité. — Boaiiconp de bactéries sont munies de petits appendices, cils, ftagellay qui leur servent soit à se mouvoir, soit à agiter le liquide autour d'elles pour renouveler les ai)ports de matériaux nutritifs.

Pour apercevoir les cils il faut faire une préparation spéciale en employant un mordant qui a pour but de faire pénétrer fortement la couleur dans la bactérie.

Le plus usité de ces mordants est celui de Loeffler. Il a la composition suivante :

Solution aqueuse de tanin à 20 gr. p. 80 gr. d'eau

distillée 10 ce.

Solution saturée à froid de sulfate de fer 5 —

Solution alcoolique saturée de fuchsine 1 -

Les bactéries en émulsion très claire ont été étalées sur une lamelle et séchées. On verse sur la lamelle, tenue avec une pince, quelques gouttes du mordant, et on fait chauffer sur une flamme basse jusqu'à production de vapeurs. On fait tomber le liquide en inclinant la lamelle, et on recommence trois fois la même opération, en ayant soin d'essuyer chaque fois la face non chargée de la lamelle.

On verse sur la lamelle quelques gouttes de solution alcoolique de fuchsine et l'on fait chauffer, comme précédemment ; on recommence cette seconde opération deux ou trois fois. On lave à l'eau et Ton examine dans ce liquide.

Les cils sont de petits filaments rectilignes ou contournés. Ils sont implantés, soit aux extrémités,

soit le long du corps bactérien. Leur nombre est assez fixe dans une espèce déterminée. Tantôt il n'y en a qu'un seul, tantôt deux ou trois, tantôt huit à dix. Le Proteus vulgaris en est véritablement hérissé; les microcoques n'en ont généralement qu'un ou deux. Chez les bacilles formés de

Fig. 10. ~ Cils du vibrion cholérique.

réunions d'articles (Bacillus subtilis), les articles terminaux sont seuls pourvus de cils. Quand les articles se séparent, des cils apparaissent aussitôt.

La nature des cils n'est pas exactement connue. Van Tieghem, Butschili en font une dépendance de la membrane. Ce dernier auteur en vidant le Bacterium lineola de son contenu a vu les cils

rester à la membrane. Pour Fischer ' les cils sont une émanation du protoplasma qui traverserait la membrane par un trou.

On peut supposer aussi que l'expansion protoplasmique est engainée dans la membrane.

MotUité. — Quand on examine les mouvements des bactéries, il y a des causes d'erreur qu'il faut éviter. Ces mouvements peuvent être, en effet, actifs ou propreSj passifs ou communiqués.

Les mouvements passifs sont dus aux courants du liquide. Ces courants sont produits par la capillarité ou l'évaporation, ils cessent assez vite et il suffit d'attendre quelques instants pour éviter cette cause d'erreur qui se reconnaît du reste facilement.

Lorsque dans une culture il y a des bactéries mobiles et des bactéries immobiles, les premières déterminent de l'agitation du liquide qui imprime des mouvements aux autres. Une observation attentive et un peu prolongée permet la différenciation.

Des corpuscules inanimés du liquide peuvent avoir le m,ouvement brownnien. Ces corpuscules n'ont généralement pas la forme régulière des microcoques et petits bacilles. Au surplus, l'addition d'une goutte d'acide osmique au liquide arrête les mouvements des bactéries, en respectant le mouvement brownnien.

Les mouvements des bactéries sont variables d'in-

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