Soc. biol
phénomènes de phagocytose, car on peut facilement retirer du liquide péritonéal, soit pour l'inoculer, soit pour l'examiner. (Voyez Phagocytose, p. 263).
Influence du système nerveux. — La vascularisation, l'œdème de l'érysipèle sont évidemment réglés par le système nerveux, Roger a élucidé le rôle du système nerveux.
Il sectionne d'un côté le ganglion supérieur du grand sympathique, puis inocule les deux oreilles d'un lapin. Un érysipèle se déclare à chaque oreille, mais, du côté de l'oreille énervée, cet érysipèle est léger et guérit en six ou huit jours, tandis que de l'autre côté il est très intense, ainsi qu'en témoignent l'œdème, les phlyctènes, les plaques de sphacèle. La vaso-dilatation consécutive à la section du sympathique a favorisé la diapédèse, la phagocytose, et la lésion a été bénigne.
Si l'on coupe d'un côté le nerf sensitif auricuiotemporal, et qu'on inocule les deux oreilles avec un streptocoque peu virulent, il se développe un bel érysipèle du côté énervé, et un petit abcès local de l'autre côté. La vasoconstriction a donc eu un effet nuisible et contraire à la vaso-dilatation.
Toxine. — Les toxines sont peu actives, aussi est-il difficile de vacciner par elles des animaux.
Roger, en cultivant le streptocoque sur de la bouillie de viande recouverte d'une couche d'huile, obtient un liquide qui, filtré sur porcelaine, tue le lapin à la dose de 15 à 30 ce. Si l'on verse dans la toxine de 8 à 10 fois son poids d'alcool absolu, il se
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produit un précipité qu'on filtre. Ce précipité seul est toxique. Si après l'avoir redissous dans l'eau on l'injecte à des lapins à dose non mortelle (2 à 12 ce.) on constate que ces lapins sont devenus beaucoup plus sensibles à l'injection streptococcique. 11 y à donc des substances fa-oorisantes. Mais si l'on chauffe ce précipité à 100° il n'est plus toxique, il a au contraire des propriétés vaccinantes. Les cul* tures chauffées à 110° sont également vaccinantes. La toxine du streptocoque renferme donc comme celle du staphylocoque des substances favorisantes et des substances empêchantes, vaccinantes. Marmorek a obtenu avec son streptocoque ultra-virulent une toxine qui tue le lapin à la dose de moins d'un ce.
Vaccination. Sérothérapie. — De Paolis, Frankel, Behring, Mironoff ont essayé de vacciner les animaux en leur injectant des cultures atténuées par le vieillissement ou la chaleur, mais sans obtenir de résultats probants. Roger le premier * a réussi la vaccination et trouvé le sérum antistreptococcique. Il y est parvenu en injectant aux animaux, aux chevaux, des doses progressivement croissantes de cultures chauffées à 120o. l^ sérum de ces animaux avait acquis des propriétés préventives et curatives, mais peu marquées. La même année (sept. 1895), Marmorek* fait paraître son travail sur le sérum
!. Soc. de biol., 26 février et 30 mars 1895, 2. Ann. Inst. Past., sept. 1895.
3i6 LES BACTÉRIES EN PARTICULIER
antistreptococcique. Il se sert de son streptocoque ultra-virulent dont la virulence est conservée dans le milieu de culture dont nous avons donné plus haut la formule (p. 343). Ce streptocoque avait été isolé d'une angine. On injecte aux chevaux des doses progressivement croissantes de cultures vivantes, en débutant par un quart de centimètre cube. On attend pour faire une nouvelle injection que tout phénomène local (œdème) ou général (fièvre) ait disparu. On arrive ainsi, au bout de cinq ou six mois, à injecter en une fois une centaine de centimètres cubes. Le sérum commence alors à avoir quelque propriété thérapeutique. Il faut un an d'immunisation pour avoir un sérum sérieusement actif. Les animaux ne doivent être saignés qu'un mois après la dernière injection virulente.
La puissance du sérum de Marmorek était au début de 1/6 000, elle est aujourd'hui de 1/30 000. Ce sérum n'a d'action que contre le streptocoque ayant servi à l'immunisation de l'animal qui le produit. Ainsi des lapins qui ont reçu du sérum de Marmorek et qui sont ensuite injectés de streptocoque de l'érysipèle succombent à l'infection (Courmont). Cet échec du sérum de Marmorek vis-à-vis des autres streptocoques a été invoqué comme une preuve de la diversité d'espèces de streptocoques. Nous ne pensons pas que cette preuve soit valable, car on observe le même fait pour les vibrions cholériques. Le sérum de Marmoreck est non seulement préventif, mais curatif. Injecté aux lapins cinq heures après
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rinoculation d'épreuve, il les préserve de la mort.
Il n'a aucun effet préservatif ou curatif vis-à-vis do la toxine. Nous savons qu'il en est toujours ainsi (p. 319) quand les animaux sont immunisés par les cultures vivantes au lieu de toxines.
Pour éviter l'inconvénient de la non activité du sérum vis-à-vis toutes les sortes de streptocoque, Denys * immunise les chevaux avec des streptocoques de provenances diverses : angine, érysipèle, fièvre puerpérale, phlegmon, et pense ainsi avoir un sérum polyvalent. C'est ainsi que je prépare le sérum que je fais dans mon laboratoire de sérothérapie.
Parascandolo ' immunise des animaux en leur injectant des mélanges de cultures de streptocoques et de staphylocoques dorés et blancs. Avec ce sérum mixte il a réussi à guérir des chiennes auxquelles il avait donné expérimentalement une fièvre puerpérale.
Pathologie. — Le streptocoque n'est pas spécifique, il peut produire des affections variées, et comme il est très répandu dans la nature : eau, sol, air, poussière, ces affections sont fréquentes. On l'y rencontre soit seul, soit associé à d'autres bactéries pathogènes. On le trouve sur la peau, dans la bouche, rintestin, dans le mucus nasal. 11 peut donc être considéré comme un hôte assez habituel et suscep-