Ann. Inst. Past
Berlioz. — Bactériologib, ^^
Gram, et par doses progressivement croissantes on arrive à injecter au bout de deux ou trois mois 200 à 300 ce. en une fois. Quand le cheval supporte bien une injection de 60 à 70 ce, la vaccination peut être considérée comme solide et il faut essayer la valeur de son sérum.
Pour éprouver la valeur du sérum, on en injecte à des cobayes des quantités correspondantes à 1/25000, 1/50000 de leur poids. Douze heures ou vingt-quatre heures après, on inocule les cobayes avec un demi -centimètre cube de culture virulente, ou un centimètre cube de toxine. Les cobayes ne doivent avoir aucun œdème et rester bien portants.
Si le sérum n'a pas une puissance de 1/50 000 la vaccination du cheval n'est pas suffisante et il faut lui injecter encore «de la toxine. Si la puissance du sérum est au titre voulu, on peut l'utiliser pour les malades. Les chevaux peuvent être saignés tous les quinze jours avec une soustraction de deux à trois litres de sang, ou tous les mois, et on peut leur tirer six litres de sang. L'immunisation doit être constamment entretenue par une injection au moins mensuelle de 200 à 300 ce. de toxine. La saignée ne doit être faite que huit jours après l'injection. C'est ainsi que je procède, et depuis six ans mes chevaux sont dans un état de santé florissant et leur sérum est à la puissance de 1/150 000.
Les détails que nous avons donnés (p. 285 et suivantes) sur la sérothérapie en général nous dispen-
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seront de revenir sur l'historique, le mécanisme, etc., du sérum antidiphtérique.
Pathologie. — Le bacille diphtérique produit des affections pseudo-membraneuses, angines, laryngites (croup), conjonctivite, otite, dermite, mais toutes les affections pseudo-membraneuses ne sont pas diphtériques et, ainsi que nous l'avons dit, il y a un intérêt majeur à faire le diagnostic bactériologique dans ces affections, à savoir si elles sont causées par le bacille diphtérique ou par une autre bactérie : streptocoque, staphylocoque, colibacille, pneumocoque.
Le bacille diphtérique doit être répandu dans la nature, car on n'expliquerait pas sans cela ces cas nombreux de diphtérie éclatant chez les enfants en dehors de tout contact avec les malades. Roux et Yersin (loc. cit.), Kober^ ont trouvé le bacille diphtérique sur la muqueuse de nombreux individus sains ; Abel 2, Wright et Emerson ' l'ont décelé sur des jouets d'enfants, dans la poussière d'un pavillon de diphtériques, sur les cheveux d'une infirmière.
D'après Creignon ♦, le bacille diphtérique se rencontrerait dans la bouche de la plupart des animaux domestiques et notamment dans le mucus nasal des volailles.