‹ Précis de bactériologie médicaleChapitre 287 sur 398 · Ann. f. hyg · texte numérisé non relu

Ann. f. hyg

Nous avons indiqué plus haut la résistance du bacille aux divers agents de destruction.

Il est donc vraisemblable que le bacille diphtérique peut vivre à l'état de saprophyte à la surface des muqueuses et devenir virulent sous les influences qui affaiblissent l'organisme.

Le bacille n'a pas de tendance à se répandre dans l'organisme, il se développe à la surface et dans l'épaisseur des fausses membranes et des muqueuses, il y fabrique sa toxine qui, elle, diffuse rapidement et intoxique l'organisme. La diphtérie est un type de maladie toxi-infectieuse. Cependant dans les cas graves on trouve des bacilles dans les organes.

Cette dissémination est favorisée par les associations microbiennes qui aggravent la maladie. La plus dangereuse de ces associations est le streptocoque et la clinique permet souvent de la deviner : fausses membranes épaisses, grisâtres, saignantes, engorgement ganglionnaire quelquefois énorme, fièvre intense. On a donné à cette forme le nom de streptodiphtérie . Du reste Bernhein, Schreider, Roux et Yersin ont constaté expérimentalement que l'association du bacille diphtérique et du streptocoque exalte mutuellement leur virulence. Les associations avec le staphylocoque, pneumocoque, coli- bacille, bacille de Friedlander, Proteus vulgaris, Micrococcus tetragenus sont moins graves.

Les myocardites, quelquefois suivies de syncope mortelle, les paralysies oculaires, du voile

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du palais sont imputables à la toxine diphtérique.

Le vrai remède de la diphtérie est le sérum antidiphtérique. Le temps n'est plus de ces épidémies entraînant des hécatombes d'enfants; les résultats annoncés par Roux au congrès de Buda-Pest en 1894 ont été vérifiés, en tous pays sur des centaines de mille de malades. La mortalité de la diphtérie était avant le sérum de 60 à 80 p. 100, elle n'est plus aujourd'hui que de 12 à 15 p. 100.

Encore faut-il savoir que l'efficacité du sérum est d'autant plus grande qu'il a été injecté plus près du début de la maladie, ainsi qu en témoignent les tableaux suivants :

Mortalité^

Bouchard. Sainguine.

Injection le 1" jour Op. 100. »

Si l'on défalque des statistiques les décès de malades ayant été injectés de sérum moins de vingt-quatre heures avant la mort (ce qui est légitime, car il faut bien que le sérum ait le temps d'agir), la mortalité tombe à 5 p. 100.

Le second point important de la sérothérapie est de donner des quantités suffisantes de sérum. Sans doute l'âge peut servir de guide pour la première injection : 10 ce. au-dessous de cinq ans, 20 ce. audessus; mais pour les injections ultérieures il faut

se guider sur l'état du malade. Si au bout de vingtquatre à trente-six heures les fausses membranes ne se sont pas décollées il faut faire une nouvelle injection.

L'état général, l'état du cœur, la fièvre sont des symptômes qui doivent aussi indiquer la nécessité ou l'inutilité de nouvelles doses.

Le sérum a quelques inconvénients : il produit assez souvent des éruptions érythémateuses , avec fièvre, des douleurs articulaires, qui cèdent rapidement. La gravité de ces inconvénients a été beaucoup exagérée, et ils ne sauraient être mis en parallèle avec ses avantages. Du reste ils ne sont dus ni à la toxine ni à l'antitoxine, car les sérums des animaux non vaccinés les produisent également.

Le sérum peut être employé à titre préventif. L'immunité qu'il confère ne dure pas plus de trois semaines.

Bacille pseudo -diphtérique. — Loeffler*, von Hoffmann-Wellenhof 2, Zarniko^, Escherich, Spronk, Roux et Yersin ♦, de Simoni ' ont décrit un bacille semblable au bacille diphtérique que l'on trouve dans les fausses membranes et dans la gorge d'individus sains, mais qui n'est pas virulent. Les caractères de morphologie et de coloration sont les

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