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doit Tôtre. Esl-il donc si difficile et si long de préparer des lamelles pour faire le diagnostic bactériologique d'une angine, d'une pleurésie, d'une pneumonie, dune otite, d'une bronchite, etc.? il faut bien cinq minutes. Si des cultures sont nécessaires, un peu de bouillon dans des tubes à essai, le manteau de la cheminée de la cuisine pour étuve, peuvent suffire.
Pour quelques francs on a des matières colorantes pour plusieurs années ; pour 350 h 400 francs on peut avoir un microscope complet avec objectif à immersion. Que faut-il de plus? La volonté du médecin de faire de la vraie Médecine, c'est-à-dire de ne rien négliger pour faire un diagnostic complet, une thérapeutique adéquate à la maladie.
Il y a quelques jours un de mes jeunes confrères vient me dire (ju'il soigne un enfant atteint d'angine (liphtéri({uc, ({u'il a injecté plusieurs fois du sérum antidiphtérique, mais que les fausses membranes persistent toujours. « Envoyez-moi une parcelle de ces fausses membranes, » lui dis-je. Je les examine et j'y trouve du bacille de Loffler et du streptocoque. Je conseille d'injecter un mélange de sérum antidiphtérique et du sérum antistreptococcique, ce qui fut fait, et au bout
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de quelques jours les fausses membranes avaient disparu. Si le diagnostic avait été fait plus lot, la maladie aurait duré moitié moins de temps. Je cite ce cas entre cent autres semblables.
Je voudrais donc que la Bactériologie fût un peu plus cultivée, et c'est dans le but de la vulgariser que je publie ce précis, qui est le résumé de mon cours. Je me suis efforcé de citer le plus défaits possible, d'intéresser le lecteur par les déductions hygiéniques ou médicales qu'il en doit tirer lui-môme, par les preuves expérimentales qui appuient les propositions. Sans doute j'ai dû me borner dans l'exposé des faits et des preuves, mais je pense en avoir dit assez pour satisfaire l'exigence du lecteur. De nombreuses questions attendent leur solution, il y a encore du travail, beaucoup de travail en réserve, mais les travailleurs ne manquent pas et sont infatigables. Donnons-leur du temps, et ne soyons pas avares envers eux de notre admiration et de notre reconnaissance.
D'' Fernand Berlioz.
Grenoble, 15 février 1902.