‹ Précis de bactériologie médicaleChapitre 40 sur 398 · Trans. of chem · texte numérisé non relu

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le rôle des minéraux dans l'alimentation des microbes que le travail classique de Raulin fait sur la nutrition de VAspergillus niger et qui date de 1870. Il n'est sans doute pas légitime de conclure d'une seule plante à toutes les plantes et à plus forte raison aux bactéries. Cependant nous en sommes réduits aux seuls résultats issus de ces expériences.

Raulin cultive VAspergillus nigery moisissure qui croît fréquemment sur le pain acide, les fruits acides, dans un liquide dépourvu de substances albuminoïdes, mais renfermant comme substance hydrocarbonée du sucre, de l'acide tartrique, et enfin des minéraux.

Voici du reste sa composition :

Eau 1500»',00

Sucre candi 70 ,00

Acide tartrique 4 ,00

Nitrate d'ammoniaque 4 ,00

Phosphate d'ammoniaque 0 ,00

Carbonate de potasse 0 ,C0

Carbonate do magnésie 0 ,40

Sulfate d'ammoniaque 0 ,%

Sulfate de zinc 0 ,07

Sulfate de fer 0 ,07

Silicate de potasse 0 ,07

Dans ce liquide, VAspergillus niger donne en trois jours son maximum de récolte, qui desséché à 100° et de 25 gr.

Si l'on supprime successivement chacun des éléments minéraux, la pesée indique la diminution de la récolte résultant de cette suppression :

Poids Substances supprimt^cs. rlc la récolto.

Ammoniaque 0«',16 au lieu do ^S»"" = 0,6 p. 100.

Acide phosphoriquo . . 0 ,13 — =0,6 —

Magnésie 0 ,27 — = 1,0 —

Potasse 1 ,00 — = 4,0 —

Acide sulfuri(iue 1 ,00 — = 4,0 —

Oxyde de zinc 2,50 — =10,0 —

Oxyde de fer 9 ,20 — = 36,0 —

Silice n ,80 — = 71,0 —

On voit par ces chiffres l'importance de chaque minéral. Il est à noter surtout l'influence de l'oxyde de zinc. La suppression de 08'',032 de zinc suffit à abaisser la récolte de 25 gr. à 28'',50.

Le rôle des aliments minéraux n'est pas bien connu. Sans doute ils interviennent pour favoriser les courants d'osmose qui s'établissent entre le protoplasma et le liquide ; sans doute aussi ils s'opposent dans une certaine mesure à la formation de substances vénéneuses nuisibles au végétal. Ils servent enfin à l'édification du protoplasma.

Influence des produits de la nutrition sur les bactéries. — Dans un liquide nutritif, les bactéries finissent par dépérir et par mourir au bout d'un temps plus ou moins long. Ce fait est dû soit à l'appauvrissement des matériaux alimentaires, soit, ce qui est le cas le plus fréquent, à la présence des produits de la nutrition.

Ainsi la levure s'arrête quand le milieu renferme 15 p. 100 d'alcool; elle s'arrête également quand la proportion d'acide carbonique est trop forte. Si l'on chasse l'acide carbonique, la culture reprend.

Les acides lactique, acétique, formique, formés par la combustion de l'alcool peuvent arrêter la végétation en rendant le milieu acide. L'addition de chaux qui sature l'acide au fur et à mesure de sa production évite cette influence nuisible.

La bactéridie charbonneuse fait de l'ammoniaque avec les matières albuminoïdes; en chassant l'ammoniaque, la bactéridie recouvre sa vitalité.

D'après Malfitano * la même bactéridie sécrète une protéase^ diastase qui a pour effet de désagréger et dissoudre le protoplasma de la bactéridie.

Cette protéase est détruite par la chaleur à 65°.

Toutes ces substances et beaucoup d'autres agissent à la manière des antiseptiques, et si les bactéries ne sont pas tuées rapidement, cela tient à ce que ces substances fabriquées peu à peu s'oxydent, se transforment au fur et à mesure, et à ce que les bactéries ont le temps de s'accoutumer à leur présence.

Les bactéries ont en effet une grande puissance d'adaptation et, par des accoutumances lentement progressives, on peut les faire vivre dans des milieux aussi peu favorables que possible.

Les produits de nutrition ne sont pas seulement nuisibles à la bactérie qui les a fabriqués, mais surtout à d'autres espèces bactériennes. C'est l'antagonisme des bactéries, antagonisme in vitrOy qu'il ne faut pas confondre avec l'antagonisme in vivo,

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