‹ Précis de bactériologie médicaleChapitre 39 sur 398 · Journ. de ph. et de cliim · texte numérisé non relu

Journ. de ph. et de cliim

Alimentation hydrocarbonée. — Beaucoup d'aliments hydrocarbonés doivent être préparés pour l'absorption.

La cellulose a besoin d'être dissoute, puis transformée en glucose. Le Bacillus butyricus et le Spirillum rugula sécrètent une diastase qui fait cet office.

L'amidon de môme est liquéfié d'abord, puis transformé en glucose par Vamylase^ diastase très répandue dans le monde des bactéries. Le sucre cristallisé, saccharose, n'est utilisé par les cellules que lorsqu'il a été interverti, dédoublé en glucose et lévulose, par la sucrase ou invertine.

Le glucose formé est absorbé et subit des étapes successives d'oxydation : il se transforme en alcool, l'alcool en acide acétique, l'acide acétique en acide carbonique.

La bactéridie charbonneuse cultivée sur de l'empois d'amidon liquéfie l'amidon, le transforme en douze heures en glucose et maltose, qui après vingtquatre heures sont transformés en acides lactique et formique, qui sont transformés en acide acétique, lequel est finalement transformé en acide carbonique (Mlle Napias *).

La réaction n'est pas en réalité aussi simple, car il se forme aussi de la glycérine, de l'acide succinique, etc., qui eux-mêmes s'oxydent ultérieurement.

Les substances hydrocarbonées sont surtout des-

i. Ann. Inst. Past., i900.

tinées à fournir de la chaleur et de l'énergie, mais servent aussi à l'entretien et à la croissance des cellules.

Les bactéries sont assez délicates sur le choix des hydrocarbones, comme du reste pour les autres aliments.

Ainsi la levure fait fermenter les sucres qui renferment 3 atomes de carbone ou un multiple de 3 :

CMI«0% C«H'*0« CH"0'

GlycéroKO. Glucose. Mannonosc.

Elle ne fait pas fermenter les tétroses C*H*0\ les pentoses C*H*^0', les heptoses CH^^O', les octoses C*H*«0®, qui peuvent au contraire être utilisés par d'autres microbes.

Le choix des bactéries est encore guidé par la configuration de la molécule. Les sucres en C'H^^O» se divisent en aldoses et en cétoses suivant qu'ils renferment le groupe aldéhydique ou le groupe cétonique. Or dans les cétoses il n'y a qu'un sucre fermentescible, le lévulosCy tandis que presque tous les aldoses sont fermentescibles.

Le pouvoir rotatoire dirige également le choix des microbes.

Pasteur a montré en 1860 qu'un Pénicillium consommait d'abord tout l'acide tartrique dextrogyre et n'attaquait qu'ultérieurement l'acide tartrique lévogyre.

Fischer observe que le Pénicillium glaucum, la levure mis en présence de sucres inactifs, les dédou-

blcnt en sucres droits et gauches, et que le sucre droit fermente seul.

Percy-Frankland et Mac Grégor* ont constaté que le lactate de chaux inactif fermente sous l'influence d'un bacille non décrit et se transforme en acide lactique gauche.

Une transformation semblable a été observée par Péré * avec un coli-bacille.

Le bacille typhique elle coli-bacille ïoni fermenter le glucose et donnent de l'acide lévolactique.

Le bacille typhique ne fait pas fermenter le lactose, que le coli-bacille décompose rapidement. Ces faits démontrent la grande sensibilité des microbes vis-à'Vis des aliments.

Corps gras. — Ils ne paraissent pas jouer un rôle important dans l'alimentation des bactéries ; nous avons vu cependant qu'on en trouve dans le protoplasma. Pour être absorbés, ils doivent être saponifiés, ou transformés en acides gras.

Les bactéries peuvent alors les utiliser, les oxyder à nouveau en les faisant passer à l'état d'acide car bonique.

Les corps gras sont les principales sources d'énergie et de chaleur. Ils fournissent en brûlant un nombre de calories double de celui des matières albuminoïdes et hydrocarbonées.

Alimentation minérale. — On ne connaît guère sur

Page 1