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SÉCRÉTIONS

Le terme de sécrétion n'est peut-être pas tout à fait exact, car on attache généralement à la fonction de sécrétion une idée de différenciation entre les phénomènes de nutrition pure et ceux de fabrication d'un produit spécial appelé à jouer un rôle physiologique. Cette distinction, facile dans les organismes compliqués où les éléments anatomiques se divisent la besogne, devient impossible dans les organismes unicellulaires.

Les substances fabriquées sont-elles des produits de sécrétion ou d'excrétion? Le plus souvent on l'ignore. Nous savons bien à quoi servent quelquesunes des diastases fabriquées par les bactéries, mais quant aux ptomaïnes, leucomaïnes, toxines, matières colorantes, nous ignorons leur utilité, nous constatons même leur nocivité vis-à-vis de la bactérie qui les a produites.

Quoi qu'il en soit, nous entendons sous le nom de sécrétions certains produits fabriqués par les bactéries.

Parmi ces produits nous en connaissons quelques-uns, les diastases, qui sont utilisés dans les phénomènes de nutrition et que nous avons étudiés à ce propos. Nous n'y reviendrons pas. Les autres

produits sont les toxines, les ptomaïnes, leucomaïnes, matières colorantes, et autres substances diverses.

Les toxines sont des produits microbiens de nature chimique peu connue, mais albuminoïde, agissant à la façon des diastases, et produisant dans l'organisme des phénomènes morbides de plus ou moins grande gravité.

Quand Pasteur eut découvert le rôle pathogène des microbes, il chercha naturellement à l'expliquer par diverses hypothèses : absorption de l'oxygène, embolies, épuisement du milieu nutritif.

Toussaint en 1878, Chauveau en 1879 émettent ridée que la maladie charbonneuse est due à des poisons de la bactéridie. En 1880 Pasteur filtre sur porcelaine une culture du bacille du choléra des poules et observe que ce liquide privé de microbes détermine chez la poule des phénomènes de somnolence semblables à ceux de la culture vivante. Mais il ne tire pas de conclusion nette de ce résultat expérimental.

Il était réservé à Charrin de démontrer (1887) que les produits solubles des cultures du bacille pyocyanique produisent les mêmes effets morbides que le bacille vivant. De là à conclure que les bactéries sont nocives par les produits qu'elles sécrètent, il n'y avait qu'un pas, il fut vite franchi.

La même année Bouchard démontre que les urines

des animaux infectés de JDacille pyocyanique étant injectées à d'autres animaux reproduisent la maladie. C'était la preuve que les bactéries fabriquent dans l'organisme les mêmes poisons que dans les liquides de culture et que les poisons s'éliminent par les urines.

Alors les découvertes se succèdent rapidement. Arloing (1888) trouve la toxine du bacille de la péripneumonie, Roux et Yersin (1888) trouvent celle de la diphtérie, Kund Faber (1890 *) celle du tétanos, etc. ; Koch celle de la tuberculose (1891). Bref, il est admis aujourd'hui que toute bactérie pathogène possède sa ou ses toxines.

Les toxines n'ayant pas encore été isolées à l'état pur, il est bien évident que le liquide de culture peut en renfermer de nature diverse, et c'est en effet ce que l'on constate. Bouchard et après lui Rodet et Courmont ont trouvé dans ces liquides complexes des substances, dites favorisantes, possédant leiïet nuisible des vraies toxines, et d'autres vaccinantes ayant un effet contraire.

Propriétés physico-chimiques. — Les toxines présentent les caractères des substances albuminoïdes, aussi les appelle-t-on encore toxalbumines. Elles sont amorphes, solubles dans l'eau, la glycérine, insolubles dans l'alcool, l'éther, le chloroforme; elles sont précipitées par le sulfate de magnésie, le sulfate d'ammoniaque, les nitrates de mercure, d'argent,

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