VI. — AGENTS GHlMZQUlSa
Nous ne parlons pas, bien entendu, des agents chimiques qui peuvent servir d'aliments aux bactéries (voir p. 54), mais de ceux qui peuvent leur nuire, et qui portent le nom d'antiseptiques. Ce n'est pas ici le lieu de faire une étude des antiseptiques qui ont leur place dans les livres de thérapeutique*, je veux seulement indiquer quelques points.
Action sur la végétabilité. — Le mot antiseptique est un terme général indiquant une nuisance pour les bactéries, mais en pratique il doit être défini suivant ses effets. Or, on peut se proposer simplement d'empêcher les bactéries de se multiplier, auquel cas l'antiseptique se contente de rendre le milieu infertile, par une dose infertilisanté ; ou bien on veut tuer les bactéries, auquel cas il faut une dose microbicide ou bactéricide. La mort des bactéries exigera un certain temps pour se pro^ duire, et ce temps sera d'autant plus court que la dose sera plus forte. D'où la nécessité de faire intervenir la notion du temps dans l'acte bactéricide. Un exemple. Soit un litre de bouillon auquel nous ajoutons 3 milligrammes de bichlorure de mercure et que nous ensemençons largement avec de la bactéridie charbonneuse. Ce bouillon restera clair, la bactéridie ne s'y développera pas. Et pourtant elle
1. Fernand Berlioz, Manuel de thérapeut., 4*" édit., 1901. Berlioz. — Bactériologie. 9
d30 CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES BACTÉRIES
n'est pas morte, car si on injecte ce bouillon à un cobaye ou un lapin, l'animal mourra du charbon. C'est là Vin fertilisation, la dose infertilisante. Si dans un litre de bouillon déjà peuplé de bactéridies nous ajoutons Oe',10 de bichlorure de mercure, les bacilles seront tués en quelques heures. Si nous avons ajouté au bouillon Os^oO, de bichlorure, les bacilles sont tués en une minute. C'est là la dose microbicide en un temps donné. A mon avis, ce temps, dans la pratique médicale , ne doit pas excéder dix minutes. On comprend sans peine l'importance de cette distinction. Un lavage du péritoine, de la vessie, de la plèvre, de l'utérus fait avec la dose infertilisante ne peut donner aucune sécurité.
Il s'ensuit que les termes : dose, équivalent, antiseptique, tout courts, n'ont aucune signification.
Les doses infertilisantes et microbicides varient suivant chaque microbe, et, pour un même microbe, suivant son âge, suivant la température, la nature du liquide ambiant, suivant que la bactérie a des spores ou non.
Quand une bactérie a subi le contact d'un antiseptique et qu'on la transporte dans un milieu nutritif, la culture subit un retard de un à plusieurs jours.
De môme les bactéries s'accoutument aux antiseptiques. Kossiakoffi met diverses bactéries en contact avec des doses infertilisantes d'antiseptiques divers, puis les transporte dans des bouillons ren-