Ann. de l'agricul. franc
les bactéries descendront en profondeur plus vite dans le sable que dans le terreau.
La pénétration de l'eau et par suite de la matière organique et des bactéries est réglée encore par le volume des grains du sol, ou si l'on préfère par le volume des espaces lacunaires.
Dans une masse de terre donnée, le volume total des espaces lacunaires ou vides pouvant être occupés par l'air ou par l'eau est le même, quel que soit le diamètre des grains. Le rapport du volume du vide à la masse solide est d'environ un demi. Ainsi dans un mètre cube de terre il y a environ 500 litres de vide.
Mais le volume de chacun des espaces lacunaires a une grande influence sur la circulation de l'eau.
Si les grains et par suite les vides sont volumineux, comme par exemple dans un sol de cailloux, l'eau circule avec facilité et pénètre rapidement en profondeur.
Si les grains sont petits, par exemple de 1 mm. à 0™™,03, la capillarité intervient à la fois pour ralentir le courant d'eau et pour le conduire plus loin, par sa force adhésive.
Si les grains sont encore plus fins, la terre fonctionne comme un filtre. Les substances en suspension dans l'eau, les bactéries sont arrêtées non pas parce qu'elles ne peuvent passer dans des vides trop étroits, mais parce qu'elles sont happées au passage par l'adhésion moléculaire (Duclaux).
Enfin il peut se faire que le terrain soit formé de grains si fins et tellement tassés que tout passage soit intercepté : c'est ce qui arrive avec les glaises et argiles qui, ne se laissant pas pénétrer, forment le fond des nappes souterraines.
Une autre propriété du sol intervient dans la répartition des substances dissoutes, c'est son pouvoir absorbant ou mieux sélectif (Duclaux).
Cette propriété consiste dans ce fait que les substances en dissolution contractent des adhésions physiques ou chimiques avec les éléments du sol, de telle sorte qu'une solution saline, par exemple, ne ressort pas avec la même composition.
On conçoit que pour tous ces motifs la répartition de la matière organique et des bactéries soit très irrégulière dans un terrain et, dans un même terrain, suivant ses différentes couches.
D'une façon générale le nombre des bactéries, très abondant à la surface du sol, diminue à mesure que l'on pénètre en profondeur et à partir de 4 à 6 mètres on n'en trouve presque plus. C'est ce dont témoignent les diverses analyses cidessous.
Analyse de Reimers * :
Surface d'uu champ 2 564 800 germes par ce.
A 2 mètres (argile) 23 100 —
A a-jSO (gravier) 6 170 —
A -1 ,50 (sable) 1580 —
A 6 mètres (grès) 0 —