Ann. de microg
l'analyse de l'eau suivant les méthodes exposées plus loin.
Si l'on se rappelle que pour l'analyse du sol on emploie un procédé analogue, on voit qu'en définitive l'opération terminale est une analyse d'eau.
Distribution des bactéries dans l'air. — On conçoit que la distribution des germes dans l'air varie suivant des causes multiples. Nous les examinerons successivement.
Influence de la saison. — Voici les chiffres trouvés par Miquel, comme moyenne de dix années (1885 à 1894) à l'observation de Montsouris.
Janvier 180 bactéries par me.
Février 130 —
Mars 200 —
Avril 340 —
Mai 255
Juin 295 —
Juillet 345 —
Août 355 —
Septembre 335 —
Octobre 235 —
Novembre 175 —
Décembre 170 —
Moyenne annuelle 250 bactéries par me.
Ce qui donne pour les saisons :
Hiver 170 Été 345
Printemps. . . . , 205 Automne 195
La lecture de ces tableaux indique que le minimum est en hiver (décembre, janvier, février), que le nombre des bactéries augmente au printemps, atteint le maximum en été, et décroît en automne.
Ces renseignements sont sans doute intéressants, mais il serait plus intéressant de connaître l'influence des conditions météorologiques : température, pluie, humidité, insolation, etc., qui constituent les saisons; or nous manquons de données sur ce sujet.
La pluie et l'humidité du sol doivent, ce semble, jouer le nMe principal, car d'une part la pluie épure l'atmosphère en entraînant les bactéries en suspension, et d'autre part les germes sont moins facilement détachés d'un sol humide que d'un sol desséché. D'autre part, quand le soleil succède à la pluie, les bactéries pullulent dans le sol et une fois celui-ci desséché le nombre des bactéries de l'air doit augmenter.
Influence des lieux habités. — Cette influence se comprend d'elle-même. Il suffit de la mettre en évidence par la comparaison des tableaux suivants et de ceux relatifs à l'altitude.
Miquel qui s'est depuis longtemps attaché à ces études, nous donne les chifl*res suivants :
Place Saint-Ger vais 6 975 bactéries par me. d'air.
Rue deJ[livoli 3 480 — —
Maison neuve à Paris 4 500 — —
Vieille maison de Paris 36 000 — —
Hôpital do la Pitic (salle Michon). 9 426 (moyenne do 9 mois).
— (salle Lisfranc). 9 800 — — Hôpital St- Antoine (salle Roux).. 53 100 (Straus).
— (salle Marjolin). 55 500 —
Laboratoire de la faculté 3 600 —
Parc Montsouris 480 —
Air de la mer (océan Atlantique). 0,G —
Les analyses du D"* Levin », qui a pris part à l'expédition polaire de NatthorstsurrAn(arh*c, sont des plus intéressantes.
Cet auteur a fdtré 20 fois 1 000 litres d'air, soit 20000 litres, au Spitzberg, sur la terre du Roi- Charles, sans y trouver une seule bactérie. L'eau de mer, l'eau des glaciers ne donne des bactéries que lorsqu'on ensemence plusieurs centimètres cubes. Mais le plus curieux est que le contenu intestinal des ours, phoques, requins, oiseaux est presque toujours aseptique.
Cette observation est une preuve à l'appui de l'opinion qui admet que les bactéries ne sont pas indispensables à la digestion.
Influence de l'altitude. — L'altitude n'a par ellemême aucune influence. Si l'on trouve moins de bactéries en s'élevant c'est uniquement parce qu'on s'éloigne des lieux habités. Il est bien probable que dans l'air de Mexico il y a autant de bactéries que dans celui de Paris.
Miquel a déjà constaté qu'il n'y avait que 28 bactéries au sommet du Panthéon.
Cristiani ^ en faisant une ascension en ballon a compté les germes à diverses altitudes et ^ trouvé les chiffres suivants :