CHAPITRE II
La présence des bactéries dans l'air a été prouvée pour la première fois par Pasteur, et c'est grAce à cette découverte qu'il a pu ruiner définitivement la doctrine de la génération spontanée.
Ces germes proviennent évidemment du sol et de tous les objets qu'il supporte. Une partie minime provient des gouttelettes d'eau que le vent enlevé à la surface de la mer ou des eaux continentales.
Le nombre des bactéries est beaucoup moins considérable dans l'air que dans le sol et l'eau. Pour la numération des bactéries du sol et de l'eau, l'unité de culture est le centimètre cube, pour l'air c'est le mètre cube. Kn prenant un chiffre très faible : 100 bactéries pour un centimètre cube d'eau ou de terre, le calcul donne 10 millions par mètre cube; or les analyses de l'air les plus chargées (salle d'hôpital) ne donnent que 50 000 bactéries par mètre cube. A l'Hôtel de Ville de Paris, la moyenne est de 6 975 (Miquel).
Méthode d'analyse. — Nous ne parlerons que pour mémoire des procédés de Koch, Hesse, qui
LES BACTÉRIES DANS l' ATMOSPHERE 153
projetaient le courant d'air sur des plaques de gélatine solidifiée.
Frankland * fait passer l'air dans un tube muni de bourre de coton de verre, puis dissocie la bourre dans de la gélatine fondue. On conçoit que beaucoup de germes doivent rester adhérents au coton.
Straus et Wurtz 2 assurent la répartition des germes en faisant barboter l'air dans de la gélatine fondue. Ce procédé est un progrès, mais il exige un appareil spécial.
Pétri 3 fait passer l'air dans un tube bourré de sable fin. Le sable est ensuite mêlé à de la gélatine fondue.
Le procédé de Miquel * est bien meilleur. Dans un tube en verre de 30 à 40 cm. de long on introduit du sulfate de soude ou du sucre très finement pulvérisés; la hauteur de la poudre est de 10 cm. environ; elle est retenue d'un côté par un étranglement où on a logé une bourre de coton. On tasse la poudre en imprimant au tube tenu verticalement de petites secousses. L'appareil est stérilisé. Au moyen d'un aspirateur on fait passer dans le tube la quantité voulue d'air, puis la poudre filtrante est jetée dans un volume déterminé d'eau stérilisée ; elle s'y dissout et par conséquent les germes sont mis en liberté dans l'eau; on agite fortement et on fait
i. Proceed. of the Royal Society London, 1886.